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4.0 étoiles sur 5 POUR ECRIRE "ROCK" IL VOULAIT VIVRE "ROCK".
Le bouquin commence le 31 décembre 1969. Nick Kent va entamer sa traversée des années 70. Une dernière prise d’élan (retour sur ses années de jeunesse et la découverte des Stones quand il n'a que 12 ans) avant de mieux sauter. Puis c’est le début de la grande aventure, lorsqu’à tout juste 19...
Publié le 21 novembre 2012 par Luc B.

versus
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Virée backstage
Nick Kent est un journaliste musical anglais né en 1951 à Londres. Après des études de littérature anglaise au Bedford College il fait ses débuts dans la presse underground naissante. Durant l'été 1972, il rejoint le New Musical Express (NME) pour lequel il travaille comme jeune journaliste. Apathy for the devil...
Publié il y a 15 mois par Eminian


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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 POUR ECRIRE "ROCK" IL VOULAIT VIVRE "ROCK"., 21 novembre 2012
Par 
Luc B. - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
Le bouquin commence le 31 décembre 1969. Nick Kent va entamer sa traversée des années 70. Une dernière prise d’élan (retour sur ses années de jeunesse et la découverte des Stones quand il n'a que 12 ans) avant de mieux sauter. Puis c’est le début de la grande aventure, lorsqu’à tout juste 19 ans, Nick Kent refourgue quelques articles au fanzine Frendz, avant d’être repéré par le News Musical Express. Son rêve devient réalité : il sera critique rock. Un métier encore inédit, dont il réinvente avec quelques autres les contours. Pendant la première moitié de la décennie, il suivra Led Zep en tournée, rencontrera Bowie, se liera d’amitié avec Iggy Pop, se fera aussi pas mal d’ennemis. Sa rencontre à Detroit avec Lester Bangs (journaliste à Creem) le persuade que pour écrire « rock » il faut « vivre rock ».

Sa rupture amoureuse avec Chrissie Hynde aura une conséquence dramatique : il plonge le nez dans la poudre, l’héro, persuadé de pouvoir gérer les choses, alors qu’il plonge de plus en plus dans une dépendance sans fin. Nick Kent sera aussi là quand le punk explosera, aux premières loges (il fut même un temps guitariste des Sex Pistols), avant de regarder tristement la fin de la décennie, avec le décompte des disparus, Lennon, Bonham, Moon…

Un bouquin fascinant, drôle, cocasse, tragique, et infiniment subjectif. Ce sont les années 70 de Nick Kent, ce qu’il en a vu, vécu, aimé, admiré, glorifié ou détesté. Aucun apitoiement personnel, Nick Kent ne rejette la faute sur personne d’autre que lui pour sa longue descente aux enfers, aucune glorification de cette vie de junkie, juste le constat d’une longue souffrance. Les anecdotes se bousculent, les stars aussi, évidemment, qu’il a croisées pendant 10 ans. Nick Kent dresse des portraits parfois attachants, souvent respectueux, avec quelques vacheries bien senties aussi. Un style concis, enlevé, le mot juste quand il faut, un journal de bord plus qu’une divagation nostalgique. Passionnant.
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4.0 étoiles sur 5 Tristes seventies...., 20 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for the Devil (Poche)
L'auto dérision sauve pas mal de choses et le fait est que nick kent en a énormément.

Un triste constat des seventies et du mouvement punk. On a moyennement envie d'écouter "anarchy in the UK"' une fois refermée le bouquin. Et une chose est sure, si quelqu'un a envie de se droguer ensuite, c'est vraiment le dernier des cons. Aucune indulgence pour personne, et surtout aucune indulgence pour lui même. A l'opposé d'un keith richards qui dans "life" accuse tout le monde et rend tout le monde responsable de ses problèmes, nick kent ne s'épargne pas. Le plus réjouissant est qu'il finit par être heureux. A lire pour l'envers du décor.
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5.0 étoiles sur 5 KENTLUCKY (BLUEGRASS AND WHITE POWDER), 30 mai 2013
Par 
BAGRATION "MOLTO LENTE" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
Powder to the dealer ! Vu ce qu'en dit Luc B...il va falloir l'acheter...L'Histoire est connue (on passe des années 60 du siècle dernier des bulles "pop" aux fonderies "hard" parsemées de trainées blanches)...Là ça tourne noir et ça casse...L'auteur a vécu tout cela...Visiblement un excellent témignage...Je completerai quand je l'aurai lu.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 L'un des 10 meilleurs livres rock, 21 avril 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for the Devil (Poche)
Depuis quelques années on assiste à une belle inflation de traductions de livres sur l'histoire du rock. Tous ne sont pas indispensables, loin s'en faut, mais celui-ci figure assurément parmi les 10 meilleurs (dans une liste comportant notamment "Personne de sortira d'ici vivant", "Chroniques vol 1" ou "Just Kids"). Bref, à lire sans attendre. Car c'est le genre de bouquin qu'on ne peut plus lâcher dès qu'on l'a commencé.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 sixties et seventies in the U.K., 5 mars 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
bio de Nick Kent, autre rock-critic réputé.
on y croise Iggy Pop, les Pretenders etc...et on assiste également à la naissance des Sex Pistols dans le swinging london.
passionnant !
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5.0 étoiles sur 5 Shooting star, 25 janvier 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for the Devil (Poche)
J'en sors à l'instant. Merci Nick pour cette intraveineuse des vénéneuses seventies. Pas de fausse pudeur, un ton juste, droit au but, de la sincérité sans orgueil. "Apathy for the devil", traduit l'essence même du rock, la musique, la vie au jour le jour, à donf, speedé, l'imprudence, tout droit, la défonce, la chute, la transe. "Apathy for the devil" c'est le bras d'honneur à la morne normalité, aux modèles stéréotypés, c'est la recherche de l'absolu. Magnifique...
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5.0 étoiles sur 5 Autobiographique ... en diable., 29 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
Il fallait bien en arriver là ! L'autobiographe "autobiographé" par lui-même. Nick Kent est au journalisme rock, ce que "la nouvelle fiction" est à la littérature : une façon de traduire les choses. On aime ou pas, moi j'adore. C'est un style d'écriture et d'analyse qui me fait dévorer chacun de ses écrits. Ce livre a - de par son angle - un goût romanesque inédit chez l'auteur. Bien sûr, l'homme n'échappe pas à une forme de nostalgie que beaucoup de commentateurs de ce site fustigent cruellement. Je ne suis pas sûr qu'ils auraient mieux réussi l'exercice de l'autoportrait, mais ça...
Nick Kent est à mes yeux une référence absolue en matière de musique, un parti pris rock radical qui a dicté mes goûts et je ne le regrette pas. Les fringues, les guitares, les groupes et les postures du rock'n'roll qu'il a toujours défendues m'apparaissent - aujourd'hui encore- comme synonymes de bon goût.

J'attends fébrilement son prochain livre. Merci pour tout Monsieur Kent.
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4.0 étoiles sur 5 Légende du Rock écrit, 28 janvier 2013
Par 
crew.koos (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
(Petit) frère british de Lester Bangs, Nick Kent, monument incontournable de la "rock critic", se livre pour la première fois à l'exercice de l'autobiographie et décide de commencer sa vie à 12 ans, âge auquel il rencontre pour la première fois d'une très longue série, les Stones. De Marc Bolan aux New York Dolls, des Sex Pistols à Bowie, de Led Zeppelin à Iggy Pop, en passant par Syd Barrett, les Clash et nombre d'autres, il aura côtoyé tout au long des 70s tout le gratin du rock, partageant même longuement la vie de Chrissie Hynde alors encore inconnue.

Sa plume, immédiatement reconnaissable, il la mettra au service du légendaire New Musical Express (NME), après l'avoir trempée dans la même encre que Truman Capote, Tom Wolfe et quelques autres tout aussi "gonzos". Son esprit, sans cesse au cours de cette décennie, il choisira de le noyer sous un déluge de poudre, d'amphétamines, de speed, d’héroïne et d'à peu près tout ce qui pourra le stimuler, le calmer, le réveiller bref l'égarer. Dès les premières pages, tout à fait conscient de l'état dans lequel il a traversé la période, Nick Kent nous met en garde contre le caractère tout à fait subjectif et aléatoire de la mémoire, rappelant cette vieille blague attribuée par la légende populaire à Keith Richards, selon laquelle "ceux qui peuvent se souvenir des 70s, c'est qu'ils ne les ont pas vécues".

Nick Kent lui les a vécues, et du cœur de la bête même, dans les loges des Stones, en virée anglaise avec les Stooges d'Iggy, en repet avec les Pistols, partageant son speed avec Hawkwind, hébergeant Sid Vicious (qui en prend largement pour son grade dans l'ouvrage) et finissant, comme bien d'autres à la même époque, sous méthadone. "L'essence des seventies s'est produite sur 6 ans, de la naissance de Ziggy Stardust a la mort des Sex Pistols" analyse t'il dès l'entame du dernier chapitre (78/79), le seul de l'ouvrage qui ne soit pas consacré à une année complète. De fait, de son ascension fulgurante, le hissant au rang de figure de proue du NME, à sa chute, prévisible, il ne se sera guère passé beaucoup plus de temps et c'est cela que Kent raconte aussi, la longue descente aux enfers d'un camé au dernier degré, de sa plume inimitable, mélange de lucidité, d'humour, de panache et, finalement, d'une élégance toute british

Nick Kent nous laisse sur une promesse: celle de raconter "ses" 80s, commencées bien tardivement, quand il se décida finalement à reprendre la plume après une traversée du désert (musical), (ré) enflammé qu'il fut par la découverte des Smiths. C'est dire si ses facultés de défricheur étaient alors mal en point ;)
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3.0 étoiles sur 5 Virée backstage, 25 septembre 2013
Par 
Eminian - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for the Devil (Poche)
Nick Kent est un journaliste musical anglais né en 1951 à Londres. Après des études de littérature anglaise au Bedford College il fait ses débuts dans la presse underground naissante. Durant l'été 1972, il rejoint le New Musical Express (NME) pour lequel il travaille comme jeune journaliste. Apathy for the devil sous-titré Les seventies, voyage au cœur des ténèbres, est une autobiographie du journaliste et/ou une plongée dans le rock entre 1970 et 1979, puisque sa vie est intimement liée à celle de cette musique. Paru l’an dernier, le livre ressort dans une collection de poche du même éditeur.
Dès les premières pages du bouquin on est bien obligé de constater que si l’expression « The right man, in the right place » n’avait pas été inventée, il serait urgent de le faire pour parler de Nick Kent. Imaginez, le 28 février 1964 il est à Cardiff pour voir les Rolling Stones sur scène, lui n’a que treize ans et eux n’ont sorti que deux singles ! Deux ans plus tôt déjà, il était tombé dans la marmite en entendant à la radio, le premier titre des Beatles, Love me do. « Comme c’était bon d’avoir dix ans quand ils ont débuté ; mon adolescence entière a été illuminée par leurs chansons et par leur existence. »
La suite du bouquin mêle des éléments de sa vie, passe en revue tous les groupes rock de la grande époque fondatrice qu’il a côtoyés et l’histoire du New Musical Express hebdomadaire consacré à cette musique et concurrent du Melody Maker. Rock’n Roll, drogues et sexe, les trois axes et dans cet ordre d’importance de ce voyage au cœur des ténèbres. Si vous étiez trop jeune ou pas né à l’époque, en route pour ce Magical Mystery Tour.
Pour le rock, les gros morceaux pour ne citer que ceux-là, ont pour nom, Rolling Stones, Led Zeppelin, Roxy Music, Iggy Pop, Sex Pistols. Nick Kent va les suivre dans leurs tournées, les côtoyer dans des fêtes privées ou dans les coulisses, assister aux enregistrements en studio, partager l’alcool et la dope avec eux. Pour les drogues, il n’hésite pas à balancer les noms et les accoutumances des uns et des autres, sans oublier de nous décrire par le menu sa propre déchéance en 1975 quand il tombera sous l’emprise de l’héroïne. Devenu SDF, il squatte des taudis ignobles ou des piaules sordides avant de finalement parvenir à se désintoxiquer. Pour le sexe enfin, il balance là encore les pratiques échangistes de certains, il nous révèle sa douloureuse liaison avec Chrissie Hynde avant qu’elle ne monte les Pretenders ou plus truculent, son étonnement ébahi en voyant Iggy Pop uriner, « ce n’est pas une lance à incendie, c’est son pénis. »
Nick Kent évoque aussi son mentor, Lester Bangs, autre grande figure du journalisme rock, « c’était pour moi un rêve : rencontrer Lester Bangs », rêve qui se réalise aux Etats-Unis dans les locaux du fameux mensuel Creem. Nick Kent n’écrit par sur le rock, il est le rock. En dix ans il vivra plus d’aventures et d’expériences qu’un citoyen lambda en une vie entière. En cela il perpétue la tradition du journalisme gonzo inaugurée par Hunter S. Thompson ou Lester Bangs. « Je n’écris pas sur l’idée du rock : je le décris en tant que réalité de chair et de sang, peuplée de gens surréels menant tambour battant des existences tout aussi surréelles. »
Bien plus tard il y aura aussi ses velléités de musicien, les Flamin’ Groovies lui proposant mais sans donner suite, de devenir leur clavier et son passage de deux mois en tant que guitariste des Sex Pistols, avant que Johnny Rotten intègre le groupe. En 1981 il finira par devenir chanteur d'un groupe appelé The Subterraneans et aujourd’hui il mène une vie plus rangée avec un grand fils et sa compagne, tout en continuant d’écrire.
Le bouquin s’adresse aux amoureux de musique rock évidemment. Etant de la même génération que Nick Kent et fan de cette musique, j’ai vécu ses mêmes émois musicaux et si j’ai pu suivre la carrière de ces groupes, c’est grâce à des types comme lui, en lisant leurs articles dans la presse spécialisée. Tout en avançant dans la lecture de ce livre, c’est ma vie que j’ai vu défiler devant mes yeux. Sa description du milieu musical et les travers des acteurs corrobore en gros, ce que j’en savais pour l’avoir suivi depuis cinquante ans à travers la presse spécialisée. Pour autant, Nick Kent n’est pas Dieu et son livre n’est pas les Tables de la Loi, il faut donc le lire avec le recul nécessaire car revers du journalisme gonzo, à trop s’immerger dans son sujet on peut être sincère mais perdre parfois de vue l’objectivité de ses propos.
Un bon bouquin qui viendra rejoindre le rayon déjà fourni de ma bibliothèque, section musicale. J’allais oublier, un précieux index en fin de livre permet de retrouver facilement les pages où sont cités les artistes.

« La toxicomanie renforce inévitablement le sentiment d’isolement de ses proies, mais je ne suis pas seul dans cette situation. Courant mai [1976], je passe quelque temps avec les Rolling Stones qui eux aussi se délitent dans une spirale d’abus de stupéfiants. Leur musique a perdu toute son énergie primale. Ian Hunter, plus tard, demandera à Bob Dylan, qui les voit sur scène à cette époque, ce qu’il a pensé du groupe qui incarnait les seventies. Il lui a simplement répondu, affichant un sourire cynique sur son petite visage insolent : « Apathy for the devil » »
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Dis, Kent, reviendras-tu ?, 21 juin 2013
Par 
ecce.om - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Apathy for The Devil (Broché)
J'ai adoré détester ce livre.

Il raconte l’ascension puis la chute au cours des années 70, de Nick Kent, ancien critique musical d'une célèbre revue spécialisée (NME).

Heureusement, cette crise d'adolescence exacerbée ne finira pas de manière tragique.

A travers son parcours, tout le gratin du rock de l'époque défile sous nos yeux et c'est passionnant quand on s'intéresse à la bande son de ces années là.

Le tout est raconté d'un ton joyeusement désespérant et de manière sincèrement hypocrite et talentueuse.
Car Kent a du style, une culture littéraire omniprésente. Il ne confond pas James Joyce et James Gang.

Toutefois, comme toute une école de critiques, Kent ne s'est pas remis d'un mélange Burroughs/Kerouac/Bangs.

On retrouve donc sous sa plume, tout ce qui depuis, est devenu un poncif.
Kent est trop intelligent et lucide pour perdre tout recul, mais s'il attribue ses déboires à l'époque, à sa faiblesse ou à son immaturité, il ne remet jamais en cause les principes gravés dans le marbre du rock comme les têtes du quintette pourpre sur le Mont Rushmore.

En effet, dans cette autobiographie, apparaissent en filigrane, tous les postulats du rock critique :
- le rock, c'est ce que je définis comme tel.
- le rock, c'est subversif.
- pour comprendre le rock, il faut vivre rock
- le critique rock est un visionnaire.

1er commandement : le rock, c'est ce que je dis être du rock !

Pour Kent, l'étiquette rock se mérite et c'est lui qui la colle.
"Night At the Opera" et Queen ?
"Ce sont des "poseurs aux prétentions arty, du kitsch qui se fait passer pour de l'Art…" C'est du "rock progressif…prétentieux…etc".

Bon, pourquoi pas.

Mais ces épithètes peu flatteuses ne conviendraient elles pas également à Roxy Music qu'il adore ?
En quoi Brian Ferry est-il moins poseur ou moins prétentieux que Freddie Mercury ? Qui des deux a le plus de recul et d'humour par rapport à ce grand cirque ou le moins de prétentions arty ?

(Comme par hasard, on retrouvera en France dans Métal Hurlant sous la signature de Manoeuvre, la même posture roide et stéréotypée : "Roxy music est l'ultime degré de sophistication que je supporte, moi qui clame partout qu'il faut châtrer les musiciens de Queen").

Autre exemple : Cat Stevens.

"Sa musique est tellement sucrée" qu'elle lui donne "mal aux dents".., "ses textes sont nuls"…

Bon, là encore, pourquoi pas ?

Mais comment interpréter quelques lignes plus loin, les reproches qu'il adresse à Cat-man et qui tournent autour du fait que ce dernier attire toutes les filles (tandis que Kent lui, garde leur sac et ronge son frein) et que du coup, son revirement religieux prête à rire ?

Il y a donc des "rockers" qui ont le droit de se taper des camions de groupies et d'autres, non ?
Quand on a succombé à Sodome et Gomorrhe, tout autre engagement ultérieur est mécaniquement suspect ?
"Father and Son" est-il vraiment beaucoup plus nul que "No fun" ?
Kent aurait du mieux écouter pourtant : « It's not time to make a change, Just relax, take it easy, You're still young, that's your fault, There's so much you have to know ».

Mais au fond, ce 1er principe ne mérite pas qu'on s'y attarde, même si j'aurais aimé que Kent s'interroge davantage sur sa subjectivité (berk, quel vilain mot !) érigée en mètre étalon du rock.

2ème commandement : le rock, c'est subversif !

Alors, là…

Sous la plume de Kent, on colle au poteau, tous les traîtres à la révolution. Quand il croise un Eagle (Glenn Frey) cocaïné et rigolard dans la rue devant un spectacle de junkies allongés sur le trottoir, il y voit ipso facto, la preuve d'une arrogance triomphante car les disques des Eagles sont "creux" et que "leur attitude n'est en rien provocante et ne fait l'apologie d'aucun mode de vie alternatif".

Il y aurait donc des rebelles qui ont le droit de se shooter (et d'enrichir le crime organisé en signe de révolte sans doute) et les autres, qui ne sont pas légitimes ?

Kent rameute tous les stéréotypes : comme tous les rocks critiques moutonniers (mais lui, il a au moins l'excuse de les avoir souvent précédés), il ne jure que par Iggy Pop précurseur des punks qui ont sauvé le rock bla, bla, bla….

Il conchie le "rock yuppie" qui est coupable d'avoir de l'énergie, d'offrir des "suites d'accords plus sophistiqués, de véritables vocaux et de meilleures compétences musicales…" et surtout, crime ultime, de ne pas afficher une "authenticité destroy".

Une authenticité destroy ?!

Peut on entendre pire imbécillité pré pubère à l'est du Pécos ?

Autres fadaises du même acabit : Joe Strummer est un "Che Guevara avec une guitare électrique", les trépanés du bulbe que sont Steve Jones, Paul Cook ou Sid Vicious, sont anoblis au rang de "rebelles", poètes de la sédition" et lui, Kent, sert "la même juste cause"…

Donc, les voilà les anarchistes du binaire. Des pigeons, des pauvres gosses, de parfaits abrutis aux mains de marchands tireurs de ficelles ou de sympathiques exaltés qui s'imaginent révolutionnaires parce qu'ils s'habillent en treillis…

Police ? Ils sont bons, mais "ils ne menacent personne". Ah, évidemment, s'ils ne menacent pas… (quoi au juste : la vilaine société qui nous rend tout méchant ?).
C'est vrai qu'en voyant Iggy faire de la pub pour les Galeries Lafayette, la menace semble davantage réelle….

Tremble société ! Risible et pathétique…

3ème commandement : pour comprendre le rock, il faut vivre rock !

Ah le mal qu'aura fait Lester Bangs auprès de tous ceux qui ont décontextualisé son malaise et pris au sérieux son précepte : "plus on s'empoisonne, plus on développe ses capacités".
Car être rock dans ces années là, ça passait par l'abandon de la mythologie "Sur la route", pour rejoindre celle de "sur les rails"…de coke.
Autodestruction systématique, on cherche à approcher le modèle ou ce qu'il devrait être. Pour être libre.

Kent est surtout libre d'aller rôder en permanence à la recherche d'un dealer et de vivre comme une épave.

Complètement paumé, junkie au dernier degré, immature, incapable de relativiser son importance (eh oh, tu écris des articles dans le NME, tu ne ponds pas "De grandes Espérances" non plus).

Il est prêt "à risquer la mort ou le ridicule" plutôt que d'être assimilé à "ceux qui regagnent le confort de leurs vies privées bien en dehors de l'univers du rock".
Tant de falbalas d'opérette pour se retrouver aujourd'hui marié, un enfant, en train d'écouter Steely Dan et Joni Mitchell et surtout semble t-il, apaisé et heureux. Heureux ? Quelle horreur ! C'est pas rock, ça, coco !

D'ailleurs, il est tellement rock, que quand il se fait virer du "NME" où il n'est plus à l'aise, il est tout "vexé, outragé". Décidément il n'est pas à une contradiction près…

4ème commandement : le critique rock est un prophète combattant.

Titre de gloire de Kent : avoir lutté pour que le rock soit sauvé.

Car c'est grâce à lui si les Pistols se sont débarrassés des "idioties sixties" quand il les a dirigés "droit vers l'avenir" …en leur faisant reprendre "No Fun" des Stooges pendant leurs premières répétitions !

Reprendre en 75 un titre de 72, même en tenant compte de la lenteur intellectuelle de ces pistolets, ce n'est pas vraiment ce que j'appelle de la réactivité.

Et puis sauver le rock, est encore une baudruche à dégonfler.

Ils sont où, tous ceux qui criaient "Pas d'Elvis, de Beatles, ou de Rolling Stones en 1977" ?
Elle fait quoi la "Blank generation" ces temps ci ?
Elle a combien d'amis sur Facebook ?
Il en est où le compte d'épargne retraite du héraut du "No future" ?

Elles deviennent quoi toutes ces stryges stymphalides ?

Le rôle du journaliste nourri aux mamelles Rolling Stones/Creem/NME, c'est de créer la hype du moment et se faire plaisir en statufiant des disques que plus grand monde n'écoute.

Car c'est bien connu : le monde n'est jamais prêt, ou il a tort, car il est trop stupide pour ne pas suivre l'odeur de la daube universelle.

Et Kent de regretter en 1978 que les "Dire Straits", Blondie", "Talking Heads" aient du succès (horreur !) grâce à des hits (horreur !) internationaux (horreurs !), alors que les malheureux "Television", "Richard Hell" ou "Patti Smith" n'en ont pas…(Patti Smith n'avait pas de succès en 1978 ? Je pense que Kent n'a vraiment pas pris que de la "bonne").

J’arrête là !

N'allez pas croire que ce n'est pas un bon livre pour autant. Je me suis régalé et je le conseille vraiment. Nick Kent est très attachant et il a du talent. J’ai plutôt ressenti de la pitié pour ce gamin, dandy bourgeois qui par idéalisme adolescent, se retrouve, lui qui a lu l’Ulysse de Joyce, plongé parmi des brutes épaisses qui pour la plupart n’ont même pas feuilleté "Pim, Pam, Poum". Il va se faire insulter, humilier, tabasser, être traîné plus bas que terre, avant d’avoir un ultime sursaut.

Simplement, j’aimerais qu’on enterre définitivement ces oripeaux idéologiques d'un autre temps et qu’on arrête de prendre au sérieux tout ce fatras pour revenir au plaisir unique de l'écoute et du jeu.

Pourquoi ne pas retenir les bons conseils de l'ex petite amie de Kent. Alors qu'il est au fond du trou et qu'il s'apitoie sur son sort, elle lui fait comprendre que ce qu'il vit "ce n'est pas une tragédie, c'est une comédie".

Alors, assez de ces héros de carton-pâte et chacun à sa place. Nous, on joue le jeu de l’adoration, eux ils jouent le jeu de la séduction. Et basta. I love Rock'nRoll, put another dime in the juke box Babe…et pas plus.

Mais par pitié, faites les descendre !

Dream is over
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