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J'avais lu, en son temps, avec intérêt le livre de Serge Halimi "les nouveaux chiens de garde" qui dénonçait le journalisme de connivence et la médiacrature des experts autoproclamés pour lesquels aucun reforme n'est jamais possible, hormis celles favorables aux classes dominantes, fidèles en cela au principe bien connu selon lequel on ne mord pas la main qui vous nourrit. l'ouvrage était argumenté, pratique, rendant la dénonciation efficace. Quinze ans après, l'ouvrage est devenu un classique, complété par un film du même nom qui montre que, malgré la crise, rien n'a vraiment changé...Les nouveaux chiens de garde

Le Livre de Serge Halimi tirait son titre d'un ouvrage antérieur, "les chiens de garde", écrit en 1932 par un normalien agrégé de philosophie, condisciple de Sartre et de surcroît communiste, du nom de Paul Nizan. Dans cet ouvrage Nizan, rompant avec ses maîtres, s'en prenait à la philosophie à laquelle il reprochait de ne s'intéresser qu'aux idées pures et de négliger les problèmes concrets des classes populaires. D'ailleurs "la philosophie" n'existait pas, il y avait plusieurs philosophies, une philosophie de dominants et une philosophie des dominés qui n'avaient d'ailleurs pas grand chose à se dire.

Nizan s'en prenait ensuite aux philosophes. c'est ainsi que l'on rencontre au fil des pages Descartes, Voltaire, Kant, Leibniz, Saint Simon, Benda.... mais la critique reste timorée, comme si la figure de ces grands ancêtres impressionnait encore le jeune essayiste. Nizan choisit alors une cible plus abordable, celle des pontes de l'Université d'alors, des professeurs qu'il accuse d'avoir partie liée avec les intérêts du pouvoir et de pratiquer une philosophie bourgeoise, une philosophie d'Etat. Ces professeurs ont pour nom Leon Brunschwicg (sa bête noire !), André Lalande, Paul Fauconnet, Dominique Parodi...autant de noms qui ne rencontreraient que peu d'échos aujourd'hui si ne se trouvaient parmi eux quelques figures connues en la personne de Durkheim ou de Bergson.

Pour Nizan, depuis la Révolution Française et son accession au pouvoir, la bourgeoisie n'aurait eu de cesse de renforcer sa légitimité en s'appuyant sur une morale recyclant les valeurs du christianisme en les laïcisant. Pour ce faire, la cléricature laïque aurait remplacé la cléricature ecclésiastique, la morale bourgeoise aurait pris la place de la religion et l'Université celle de l'Eglise, tout en prenant bien soin toutefois de ne pas trop s'éloigner de cette dernière qui a toujours entretenu de bons rapports avec la classe dominante. Nizan accuse donc l'Université de la IIIème république et ses professeurs de distiller une morale de l'obéissance sous couvert de l'enseignement de grandes idées universelles telles que la Raison, la Vérité ou la Justice et de négliger volontairement le sort des opprimés. Selon lui, le temps est venu de changer de philosophie et d'adopter une philosophie authentiquement révolutionnaire. "Contre la philosophie présente doit s'élever une nouvelle philosophie chargée de ces travaux modestes et certains. Une philosophie qui ne sera nouvelle que dans ce pays et dans ce temps, une philosophie qui a fait sa preuve. Il n'est pas question d'une invention, d'une création miraculeuses, mais d'un ralliement à la philosophie de Marx et de Lénine"...La couleur est donc d'emblée annoncée.

Certes, il est plus facile de philosopher sans risque, au chaud, le ventre plein que de prendre concrètement le parti des déshérités. Et ce n'est pas sur ce point que la position de Nizan est contestable. Mais que vaut un combat politique si celui si ne s'appuie pas sur des valeurs universelles dont justement la Raison, la Vérité et la Justice ? Paul Nizan est l'archétype de ce que dénonçait Julien Benda dans "la trahison des clercs" La Trahison des Clercs, un intellectuel renonçant à la défense des valeurs universelles pour tomber dans le vulgaire des passions politiques et l'apologie du cynisme, du mensonge et de la force. Contrairement à ce qu'affirme Nizan, en l'attaquant mollement il est vrai, Benda n'a jamais soutenu que l'intellectuel ne devait pas mener de combats politiques, qu'il devait rester dans sa tour d'ivoire à observer le monde au travers du prisme des idées pures, Benda insistait simplement pour que l'intellectuel ne sombre pas dans l'arène des passions et reste fidèle à une certaine éthique et notamment celle défendue par la philosophie occidentale depuis Socrate . Et on ne peut pas dire que la postérité ne lui ait pas donné raison. Malgré ses imperfections, il demeure toujours préférable de vivre sous l'empire de la démocratie bourgeoise que sous celle de la dictature du prolétariat et l'on pourrait dire la même chose de tous les totalitarismes; une réalité historique que n'aura pas le temps de découvrir Paul Nizan qui se fera tuer à Dunkerque, lors de l'offensive allemande, le 23 juin 1940 ...

Avec le recul, l'ouvrage de Nizan tient plus de la profession de foi romantique d'un jeune intellectuel engagé de 27 ans que d'une réflexion approfondie sur les réalités du pouvoir. Le style y est assez lourd, privilégiant les effet rhétoriques sur les démonstrations argumentées. Dans son introduction, l'ouvrage de Serge Halimi retenait en exergue cette citation : "Nous n'accepterons pas éternellement que le respect accordé au masque des philosophes ne soit finalement profitable qu'au pouvoir des banquiers". Quatre-vingt ans plus tard, ce n'est plus tant auprès de l'Université et des professeurs de philosophie que les classes dominantes vont chercher leurs soutiens, mais auprès de la caste des journalistes employés dans ses journaux ou des "experts" rémunérés dans ses conseils d'administration. Et c'est bien là l'intérêt majeur du livre de Paul Nizan : montrer que même si nous avons changé d'époque, rien n'a vraiment changé...
1515 commentaires|38 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 29 septembre 2008
Attachante figure que celle de Paul Nizan. Je trouve un peu pénible son obsession de la trahison, mais c'était l'époque... Et comme l'a dit un lecteur, ses flèches frapperaient aujour'hui les BHL, Ferry et autres Comte-Sponville. Ce serait à meilleur droit que ce pauvre Léon Brunschwig contre qui il s'acharne assez injustement, quand on sait la contribution éminente de celui-ci à la philosophie des mathématiques et les circonstances tragiques de sa mort. Que ces deux-là aient connu somme toute un destin parallèle pimente le livre, et le relativise un peu.
22 commentaires|11 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 29 juillet 2014
Excellent tant dans l'analyse que dans ces conclusions. Remise à leur place de certains "philosophes" toujours d'actualité et pour longtemps quand on voit l'évolution du marché des idées.
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le 21 mai 2014
Une lecture rapide et assez aisée. Assez éloquent de voir comme les écrits d'hier décrivent parfaitement notre quotidien d'aujourd'hui. Un livre qui permet de prendre un peu de recul.
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le 28 janvier 2016
J'ai été très surpris à la lecture de cet ouvrage, qu'il soit signé Paul Nizan, je ne m'attendais pas vraiment à lire ça de l'homme que je connaissais surtout comme écrivain.
En tout cas, pas de regret pour cette lecture particulièrement instructive, et pas du tout daté, bien au contraire.
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le 13 novembre 2014
Un ouvrage étonnamment d'actualité. Même si les acteurs et médias ont changé, les flagorneries et réseaux restent les mêmes. Un récit très argumenté et d'une grande lucidité par ailleurs d'une grande qualité littéraire.
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le 14 décembre 2015
C'est en regardant le documentaire "Les nouveaux chiens de garde" que nous avons commandé ce livre. Que de choses à savoir et à transmettre pour ne pas être leurrés.
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le 2 février 2016
Livraison sans encombre d'un livre peu disponible.Je recommande au plus grand nombre la lecture de cette oeuvre qui n'a pas pris une ride
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le 17 décembre 2015
Un livre de Paul Nizan qui est très révolté contre les philosophes de son époque.
J'ai beaucoup aimé son écriture et sa fougue.
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le 7 janvier 2013
excellent livre. difficile à trouver car déjà ancien. ma patience a été récompensée. livre paru en 1932. conflits entre idéologie et profits. pour quoi luttons-nous dans notre monde moderne?
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