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... ont partagé le même amour des lettres, la même culture cosmopolite (celle de deux francophiles), le même exil dû aux mêmes circonstances. Tous deux se sont suicidés : le premier, au Brésil, le 22 février 1942, le second, à Cannes, le 21 mai 1949.

Pourtant tout oppose dans la personnalité et l’attitude devant le monde l’écrivain autrichien immensément célèbre, et son cadet, fils du prix Nobel de littérature Thomas Mann, lui-même écrivain, mais dont l’œuvre ne devait être vraiment lue et appréciée qu’après sa mort.

L’essai « Jeunesse et radicalisme » (publié ici en annexe) nous présente Klaus Mann à son plus incisif : lorsque Zweig parle en 1930 à propos de la progression des nationaux-socialistes aux élections de « révolte de la jeunesse » (tous nos résistants du surlendemain auraient-ils été bien plus perspicaces ?), Klaus Mann, du haut de ses 24 ans, lui répond vertement : non, la « jeunesse » n’a pas forcément raison, si l’Europe de la SDN est lente et un peu ridicule avec ses institutions impuissantes, ses détracteurs n’en sont pas plus respectables pour autant. « Le radicalisme ne peut être à lui seul quelque chose de positif », écrit Klaus Mann, qui voit violence, aveuglement et manipulation là où Zweig veut encore voir une forme d’impatience légitime. « Comprendre » les nationaux-socialistes ? Il faut les combattre, non les comprendre.

Chez Klaus Mann, l’absence complète de fascination pour l’esthétisation nazie de la politique, fascination qui dans les mêmes années fut celle de tant d’intellectuels en mal de dépassement de leur névrose individuelle, la saine défiance à l’égard du « radicalisme » qui est en elle-même une forme de radicalité lucide, n’ont rien perdu de leurs vertus.

La correspondance entre les deux hommes (82 lettres conservées entre 1925 et 1941) est pour une part importante la chronique d’une dérobade et d’un rendez-vous manqué. Klaus Mann veut publier Stefan Zweig dans une Revue littéraire qu’il fonde en exil, Die Sammlung, et qui doit réunir les intellectuels anti-nazis ; Zweig demande des garanties (il veut être certain que la revue ne sera pas « agressive »), puis annonce des retards, puis refuse, puis envisage de se raviser sous conditions… L’épisode révèle de profondes divergences entre un Zweig qui refuse de prêter le flanc à l’accusation « les juifs sont les ennemis de l’Allemagne » et un Mann qui pense qu’il faut agir, prendre position et rendre coup pour coup. Plus profondément, Zweig apparaît pessimiste et souvent résigné (il conçoit son livre sur Erasme comme un « hymne aux vaincus » -p. 50), Klaus Mann comme un homme résolu dont on s’explique qu’il finisse par rentrer en Allemagne sous l’uniforme américain.

Contrairement à son père, volontiers sarcastique à l’égard d’un Zweig qu’il ne prenait pas complètement au sérieux, Klaus Mann accueille les réponses de celui-ci avec une déception qui est à la mesure de son estime pour son aîné, et de la conscience qu’il a de tout ce qu’il représente. Même si les notations du journal intime (citées en note) mettent souvent en perspective ses propos.

L’épisode de Die Sammlung passé, les deux hommes finissent par se rapprocher, unis qu’ils sont loin de leur lieu de naissance par des soucis communs, des connaissances communes, des lectures croisées ((Zweig admire le Volcan). Zweig demeure toujours énigmatique et insaisissable derrière son exquise politesse, il parle de son « cadavre » pour parler de lui-même. Vivre semble être devenu pour lui une résistance épuisante, qui absorbe toutes ses forces.

Face à ceux qui ont voulu juger le suicide de Zweig, Klaus Mann, dans sa nécrologie, se refuse à le condamner et il écrit :

« L’acte de désespoir de Zweig dans la brésilienne Petropolis semble donner un nouveau poids à la fluidité élégante de sa prose » (p. 176).

Pour le contexte, on se tournera vers ces deux autobiographies exceptionnelles que sont Le Monde d’hierLe monde d'hier : Souvenirs d'un européen et le TournantLe tournant : Histoire d'une vie.

Saluons le travail éditorial : notes éclairantes de Dominique Laure Miermont, préface et traduction de Corinna Gepner, à laquelle on doit déjà la belle traduction du roman Point de rencontre à l’infini en 2010Point de rencontre à l'infini
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