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5.0 étoiles sur 5 La Grande Terreur : un Crime contre l’Humanité..., indicible !!!, 6 décembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 (Poche)
Dans ce passionnant ouvrage, l'historien du Communisme (Bolchevisme), Nicolas Werth, décortique la monstrueuse machine exterminatrice que fut l'effroyable : Grande Terreur ou "Iejovschina" (du nom de Nikolaï Iejov, Commissaire du peuple à l'Intérieur et chef de la Police Politique Soviétique : le N.K.V.D.). En effet, il s'agit du plus grand massacre perpétré par un Etat contre SON PROPRE PEUPLE, en Europe, en temps de paix, au 20ème siècle !
Depuis l'effondrement de U.R.S.S. en 1991, Nicolas Werth a pu consulter un nombre incalculable d'Archives qui viennent compléter les témoignages et éclairer le déroulement et l'analyse de la Grande Terreur. Pour appuyer son argumentation, l'auteur utilise une partie des ces exceptionnelles et fondamentales Archives.
Notamment, ces Archives permettent de démystifier le "Rapport secret" de Khrouchtchev lors du XXème Congrès du Parti Communiste, en 1956. En effet, après la mort de Staline, le 5 mars 1953, les hauts dirigeants du Parti Communiste ont odieusement voulu tenter de se dédouaner de leur totale implication dans la Grande Terreur (nous le verrons plus loin...), en rejetant toute la responsabilité sur le dos de Staline : la "Déstanilisation", en minimisant la Grande Terreur, en la réduisant à une "simple Purge" à l'intérieur du Parti. Or, les Archives démontrent parfaitement bien que la "Purge" des cadres du Parti Communiste ne représenta, en réalité, qu'une infime partie : 7 % de l'ensemble des arrestations et des exécutions de la Grande Terreur, soit 117 000 membres du Parti arrêtés par le N.K.V.D., 44 000 responsables et cadres Communistes condamnés, dont 85 % à la peine de mort. L'instruction et l'exécution de la sentence de ces "Purges" des élites Communistes s'effectuaient dans un circuit "judiciaire" différent de celui des "opérations de masse" visant les citoyens ordinaires.
De surcroît, les Archives permettent de mettre également en évidence que la Grande Terreur ne fut pas la conséquence de l'assassinat de Sergueï Kirov (contrairement à la thèse développée, entre autres, par Robert Conquest : "La Grande Terreur"), mais qu'en réalité elle fut la continuation et l'aboutissement dans cette impitoyable décennie de 1930, d'un processus d'immenses répressions dans le cadre de la politique du Totalitarisme Communiste Stalinien, dont voici en résumé, le déroulement (pages 48, 49, 50 et 51) :

En 1930-1933, près d'un million de foyers paysans furent expropriés, des centaines de milliers de personnes arrêtées, près de 2,5 millions d'hommes, femmes et enfants déportés, dans le cadre d'une vaste campagne politique lancée, fin 1929, sous le mot d'ordre de "liquidation des koulaks en tant que classe". Cette campagne avait un double objectif : "extraire", tel était le terme employé dans les instructions confidentielles, les éléments susceptibles d'opposer une résistance à la collectivisation forcée des campagnes et "coloniser" les vastes espaces inhospitaliers de la Sibérie, du Grand Nord, de l'Oural et du Kazakhstan. Le premier objectif répondait à la vision, clairement exprimée par les bolcheviks dès leur arrivée au pouvoir, selon laquelle la société paysanne, traversée d'antagonismes de classe, recélait des "éléments exploiteurs" - les "koulaks" - irrémédiablement hostiles au régime et qu'il fallait éliminer. Le second objectif s'inscrivait, au moment même où était lancé le Premier Plan quinquennal, dans une vaste entreprise de mise en valeur, par une main-d'oeuvre pénale ou déportée, d'un certain nombre de régions vides d'hommes, mais riches en ressources naturelles. Ces objectifs s'appuyaient sur la conviction que le nouvel Etat, parce qu'il était fondé sur la connaissance scientifique et la maîtrise des lois du développement historique des sociétés, était en mesure de modeler celles-ci, d'en exciser les éléments hostiles, parasites ou nuisibles "polluant" la nouvelle société" socialiste en train de s'édifier. (...) Au moment du lancement de la campagne de "liquidation des koulaks en tant que classe", la plus haute instance du Parti, le Politburo, fixa des "quotas de dékoulakisation en 1re et 2e catégorie" (note n° 2 : Directive n°44-21 du 30 janvier 1930, signée de Genrikh Iagoda) - au nombre initialement programmé de 60 000, les "koulaks de 1re catégorie" définie comme des "activistes engagés dans des actions contre-révolutionnaires" devaient être arrêtés et transférés en camp, après un "passage rapide devant une troïka", juridiction d'exception de la police politique. Quant aux "koulaks de 2e catégorie" - 129 000 à 154 000 familles - définis comme les "paysans les plus riches, mais moins activement engagés dans des activités contre-révolutionnaires", ils devaient être arrêtés et déportés, avec leur famille, dans les régions éloignées du pays (note n° 3 : La commission spéciale du Politburo chargée de la "dékoulakisation", sous la présidence de Viatcheslav Molotov, définit dans le cours des évènements une 3e catégorie de "koulaks". Qualifiés de "loyaux envers le régime", ces "koulaks" devaient être expropriés, puis réinstallés aux marges des districts ou des provinces où ils résidaient, "hors des zones collectivisées, sur des terres nécessitant une mise en valeur"). En fait, le terme de "koulak", paysan "riche", n'était guère plus qu'une étiquette, qui permettait aux "brigades" et autres "commissions de dékoulakisation" de se débarrasser de tous les éléments socialement ou politiquement suspects, ex-propriétaires fonciers, serviteurs du culte, commerçants, voire anciens membres du parti socialiste-révolutionnaire, encore nombreux dans certaines régions.
(...) Les deux premières années (1930-1931), la désorganisation la plus complète, l'absence totale de coordination entre les opérations de déportation menées par l'OGPU et l'installation des déportés, du ressort d'autorités locales débordées, transformèrent la "dékoulakisation" en une déportation-abandon sans précédent. Après des semaines de voyage dans des wagons à bestiaux, des centaines de milliers de déportés furent abandonnés à leur sort, regroupés dans des baraquements de fortune le long des voies de chemins de fer, sans ravitaillement régulier, ni travail, voire débarqués au milieu de la steppe ou de la taïga, sans que la moindre infrastructure d'accueil ait été mise en place. Épidémies et disettes décimèrent les déportés, en premier lieu les enfants et les personnes âgées. En deux ans, 500 000 personnes moururent ou parvinrent à s'enfuir des lieux où elles avaient été déportées."

Après ces terribles déportations du début de la décennie de 1930, Staline organisa le Génocide que l'on nomme aujourd'hui : le Holodomor, c'est-à-dire la gigantesque Famine Ukrainienne de 1932-1933, faisant 6 000 000 de morts.
Pour revenir à notre sujet : la Grande Terreur, elle se déroula de concert avec les centaines de Procès politiques publics truqués qui eurent lieu à cette époque à travers toute l'U.R.S.S., et notamment, les trois grands Procès de Moscou (confer l'ouvrage de Nicolas Werth : "Les Procès de Moscou"), entre 1936 et 1938, concernant l'"ancienne garde bolchevique (communiste)" de l'époque de Lénine : Trotski, Kamenev, Zinoviev, Boukharine, etc.. Voici un récapitulatif des parodies de Justice concernant les Procès politiques publics provinciaux (page 40, note n° 3) :

Comme l'atteste un rapport envoyé, le 19 décembre 1937, par le procureur général de l'URSS, Andrei Vychinskii, à Staline, en trois mois (10 septembre-10 décembre 1937), 626 procès publics avaient été tenus : 181 "dans le domaine de la liquidation du sabotage dans l'élevage" et 445 "dans le domaine de la liquidation du sabotage dans le stockage des céréales". Au total, 5 612 personnes avaient été condamnées, dont 1 955 à la peine capitale (...)".

Les deux grands organisateurs de la Grande Terreur furent Staline et Iejov. Leur objectif était de "purifier" la société Soviétique, en éliminant les "gens du passé" susceptibles de nuire à la "nouvelle société en cours d'édification" et donc considérés comme : "socialement nuisibles" et "ethniquement suspects". Malheureusement, ces deux terminologies se transformèrent concrètement (comme nous le verrons dans le déroulement de ce commentaire), en une gigantesque réalité macabre...
Le but de ce commentaire est de dérouler le processus de cette Grande Terreur conduisant à ce terrible bilan humain...

P.S. : Ce commentaire étant trop long pour figurer intégralement sur ce site, vous pouvez le retrouver en intégralité sur ma page Facebook : "Communisme Totalitarisme (Unvola)".
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 histoire contemporaine, 5 août 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 (Poche)
Dans le domaine de l'inconcevable, on ne fait pas mieux. Et dire que c'est au nom du peuple! Et, pire, du peuple des travailleurs et petites gens que tous ces massacres ont été perpétrés. Alors lisez cela et surtout n'oubliez pas
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8 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Les mots manquent, 8 mai 2011
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 (Poche)
Les mots me manquent pour qualifier cette épisode terrifiant parmi tous les épisodes terrifiants de l'histoire soviétique.
Comme d'habitude, le travail de l'historien Nicolas Werth est remarquable. Il recoupe les sources historiques récemment rendues accessibles, les ordres et les rapports des exécutants et sait rendre l'absurde et meurtrière application de la politique de planification en matière de répression, le cynisme meurtrier poussé à son acmé.
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5 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le visage humain mis à nu, 2 septembre 2012
Par 
Luc REYNAERT (Beernem, Belgium) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 (Poche)
Cette autopsie d'un meurtre de masse durant les années 1937-1938 en URSS vous donne froid dans le dos. Comment un membre de l'espèce humaine peut-il en toute lucidité prendre le meurtre de centaines de milliers de personnes sur sa conscience ? De plus, cette tactique meurtrière pour garder le pouvoir a été (et continue à être) utilisée partout et tout au long de histoire de l'humanité. Elle en dit beaucoup sur la vraie nature de l'individu, de chaque individu.

Ce livre examine en détail l'histoire de gens ordinaires qui ont été happés dans le mécanisme des opérations de masse de la `Grande Terreur' durant laquelle 750000 personnes (1600 par jour) ont été froidement abattues et 800000 autres condamnées à des travaux forcés à l'issue d'une parodie de jugement.

Raisons et Origine
La Grande Terreur visait à purifier l'Etat soviétique de tous les éléments `socialement nuisibles' et `ethniquement suspects', qui constituaient un potentiel insurrectionnel dans l'Etat et qui pourraient former une cinquième colonne d'espions et de terroristes à la solde de Puissances étrangères hostiles à l'URSS, notamment dans l'éventualité d'un conflit mondial.
Les éléments `socialement nuisibles' étaient en premier lieu les ex-koulaks, mais aussi des gardes blancs, des ex-fonctionnaires du régime tsariste ou des anciens membres de partis politiques opposés au bolchevisme (rappel : le parti bolcheviste n'avait obtenu que 17 % des voix, lors des premières élections libres en URSS). Les `ethniquement suspects' étaient les citoyens soviétiques d'origine étrangère ou ceux qui avaient (eu) un `lien' (famille, amis, contacts, voyages, prisonniers de guerre) avec des pays ennemis.
La grande majorité des éléments nuisibles avaient été créée par l'Etat lui-même lors de la collectivisation forcée de l'agriculture et de la déportation concomitante de millions de paysans.

Les bourreaux et les méthodes d'inculpation
Toutes les `opérations' étaient menées par les services secrets, le NKVD avec l'aide d'unités spéciales militaires.
Pour `faire du chiffre', tous les moyens étaient bons, même les tortures les plus perverses et les plus bestiales, pour forcer les détenus à avouer leur `crimes'. Les `troïki' (juridictions d'exception) utilisaient aussi des faux témoignages ainsi que des documents fabriqués ou falsifiés.
La `Grande Terreur' dévoilait l'arbitraire absolu du Pouvoir en place avec des retournements de situation tout à fait inattendus : les bourreaux pourraient être transformés en victimes eux-mêmes ! Le cas de Genrikh Jagoda en est l'exemple-type.

Révélations publiques
Le `Rapport secret' de Khrouchtchev a passé totalement sous silence la `Grande Terreur' et n'évoqua que les purges politiques à l'intérieur du PC. Le régime continuait à cacher la vérité, notamment pour les familles des victimes. Il prétendait que ces derniers étaient tous morts en détention.
Ce n'est qu'après l'implosion de l'URSS en 1991 que des documents officiels sont venus à la surface. Néanmoins, la victoire de 1945 continue à effacer les crimes perpétrés sous le stalinisme.

Il faut un estomac en béton pour digérer, comme l'auteur l'écrit d'une manière si pertinente, `cet événement majeur de l'histoire mondiale' : un immense scandale politique, une automutilation sanglante par un Etat, dans lequel le pouvoir était monopolisé par un Parti unique et, en fin de compte, un désastre pour la face de l'espèce humaine.
Lecture obligatoire pour tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté.
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Tout Français devrait lire ce livre, 26 juillet 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'ivrogne et la marchande de fleurs : Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938 (Poche)
Tout Français devrait lire ce livre, comme "La France au cœur du génocide des Tutsi" de Jacques MOREL ou "Les racines occultistes du nazisme" de Nicolas GOODRICK-CLARKE !
Le titre surprend : il s'agit de deux exemples de russes de base broyés par la Grande Terreur de STALINE.
Ce livre est une mine et une leçon pour notre temps. La Grande Terreur s'appuie sur des invariants :
- arrestations au hasard p219, quotas p24, culture du chiffre p49 et 55,
- fichage p 116, 161, 173, 183,
- "chantiers" (invention des griefs) p149, PV modèle p214, méthode dénoncée par les jeunes cadres staliniens contre les vieux staliniens qui montent des dossiers contre les jeunes p297 !
- secret p88, 92, 93, 164, 176,
- le NKVD manipule les chiffres p255-256,
- aveu par STALINE lui-même p292-293 !
- le système se dévore lui-même : Procès de Moscou et Iejov la tête de la Grande Terreur qui y succombe au final.

Une perle page 298 : l'accord de non-agression BONNET-RIBBENTROP fin 1938 ! Qui a donné l'exemple à STALINE ?

Ce livre comme tous ceux de Nicolas WERTH et de Stéphane COURTOIS est incontournable et complète l'œuvre d'Hannah ARENDT.
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