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Jacques Bainville (1879-1936), historien royaliste (Action Française), libéral, démontre, à nouveau, dans ce chef d'oeuvre de concision, écrit juste avant sa mort et publié à titre posthume, avec éclat la brillance de son intelligence en Histoire.

Jacques Bainville défie le temps. Qui lit encore Michelet ? Qui lit encore, sauf dans une analyse précise du contexte historique de l'époque dans laquelle vécut l'historien, justement, ces historiens des temps révolus ? Rares sont ceux qui conservent une fraîcheur d'actualité par le double jeu de l'intelligence de l'histoire - qui lui ôte sa dimension de relativité temportelle - et de compréhension des enjeux futurs.

Bainville a une méthode. Son confrère et ami Léon Daudet, AF comme lui, comparait cette méthode à celle du jeu de jonchet (assimilable, aujourd'hui, au jeu de mikado), "où il s'agit de lever, à l'aide d'un petit crochet, des brins confondus d'ivoire, de bois ou de paille, sans que branle aucun de ceux, adjacents ou subjacents, que le joueur ne cherche à mouvoir. (...) Bainville s'approche, sa fine aiguille de discernement à la main. Il dissocie, soulève et met à part tel motif général, telle raison, telle force, ou circonstance initiale. En quelques pages, en quelques lignes, l'inextricable écheveau se trouve ainsi délié" (p.9 de l'excellente préface de Christophe Dickès).

Bainville affirme que "l'histoire, au lieu d'être l'art de se souvenir, est l'art d'oublier." Dickès poursuit : "Le véritable historien devient, sous la plume de Bainville, celui qui saura avec le plus grand talent littéraire raconter les événements passés, en éliminant le superflu et l'inutile pour ne retenir que le nécessaire dans l'explication des faits." (p.9) "L'histoire constitue un vivier d'expériences, un laboratoire à l'usage de l'homme politique."

L'ouvrage "Les moments décisifs de l'Histoire de France" aborde 10 thèmes pour le plus grand régal du lecteur exigeant :

1/ "La Gaule romaine" - dont je retiens, par un saisissant trait qu'au rythme de 3 générations par siècle, seule une soixantaine d'ascendants sépare le contemporain de Bainville du jour où Vercingétorix se rendit à César. "Jusqu'à la chute de l'Empire romain, il s'écoule ensuite un demi-millénaire. Le quart de nos ancêtres a donc partagé la vie de Rome, ce qui équivaut, dans une existence humaine, au temps qu'il faut pour élever un enfant et le conduire jusqu'à l'achèvement de ses études classiques. De là découle l'importance énorme de la romanisation des Gaules sans laquelle nous ne serions pas ce que nous sommes." (p.17)

2/ "La chance des Capétiens"
3/ "L'ouvrage de Jeanne d'Arc" - avec une crainte exprimée (?) de ce qui advint le 22 juin 1940 : "Jamais la France n'est tombée plus bas que le 20 mai 1420. Le traité de Troyes est le plus honteux de notre histoire. La pire honte est que tous les corps constitués, le Parlement, l'Université, les états généraux l'avaient accepté et contresigné. Les Français livraient leur pays." (p.25) La thématique exposée par Georges Duby sur Jeanne d'Arc (notamment sur le film Procès de Jeanne d'Arc) est contenue dans l'écrit de Bainville.
4/ "Le dévouement de Henri III" - "Henri III avait tout sauvé en exposant sa vie pour le respect du principe héréditaire, fondement de la monarchie et de l'indépendance nationale." (p.31)
5/ "La vérité sur le siècle de Louis XIV"
6/ "Louis XVI auteur de la Révolution"
7/ "La Révolution et la Belgique" : fondement des guerres de la Révolution qui se terminèrent par Waterloo - "Malgré les avertissements de quelques hommes plus clairvoyants que les autres, la réunion de la Belgique à la France fut proclamée le 1er octobre 1795. C'est la date décisive de la Révolution parce que la Révolution, ce jour-là, se condamnait à une guerre perpétuelle. Elle ne pouvait plus renoncer à la Belgique. L'Angleterre ne devait jamais reconnaître cette annexion." (p.43)
8/ "La scission de 1830"
9/ "Richelieu" - "Il avait sous la pourpre une fierté bourgeoise et il était orgueilleux pour son pays. C'est encore une chose qu'en lui les Français ont aimée." (p.50)
A propos de la fameuse journée des dupes : "Ce fut un de ces moments de "patrie en danger" où les chefs jouent leur tête. Mais, et c'est là que Richelieu excellait, il fallait encore savoir "négocier en combattant", et il eut à résoudre des contradictions dont nul autre que lui, peut-être, ne pouvait sortir, par exemple lorsqu'il devait appuyer en Allemagne les princes protestants rebelles à l'Empereur, sans trahir la cause du catholicisme et tout en réduisant les protestants français à l'obéissance." (p.55)

"Comme presque tous les hommes qui ont eu du génie politique, comme César, comme Frédéric II, comme Napoléon, Richelieu a eu des moyens d'expression supérieurs, ce qui prouve qu'on ne conduit pas les hommes sans savoir leur parler. Et il n'y a pas non plus de véritable grandeur sans celle de l'esprit." (p.56)

10/ "Vie de Napoléon" - Ce thème historique constitue l'essentiel de l'ouvrage. L'auteur a beaucoup écrit sur Napoléon (Histoire de France,Napoléon,Le dix-huit brumaire et autres récits sur Napoléon), personnage historique dont il honore l'intelligence, le pouvoir, le charisme, l'énergie, l'immense talent tout en le critiquant sévèrement. Ce qu'il importe de retenir, et que nombreux encore parmi les hommes politiques des décennies plus tard n'auront pas compris, hélas, lors de la ratification du Traité de Versailles (je pense à Clémenceau exprimant des regrets sincères - Grandeurs et misères d'une victoire à opposer à l'analyse prophétique de Les Conséquences politiques de la paix de Jacques Bainville) : Napoléon continue la Révolution et porte la responsabilité de l'émergence des nationalismes du XIX° siècle.

Bainville par ailleurs fait oeuvre utile de démythification, de dé-religiosité (Napoléon avait créé sa Religion centrée sur lui : "Il s'appelait lui-même le Messie de la Révolution" - p.128) de ce grand personnage de l'Histoire de France, déboulonnant ainsi la fausse image "libérale" qu'il sut créer à son retour de l'Ile d'Elbe, dans ces fameux cent jours qui enfument encore l'esprit de certains tristes sires (Les Cent jours)

L'ouvrage se termine par un magnifique texte : "Comment on écrit l'Histoire" dont le titre et le développement seront repris et clairement approfondis par Paul Veyne (Comment on écrit l'histoire).

Je vous invite à partager ces passionnants moments de réflexion enthousiasmante.
1515 commentaires|13 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
500 PREMIERS RÉVISEURSle 18 décembre 2014
Ne voyez pas là un résumé de l'histoire de France. Les 3/4 des pages sont dédiées à Napoléon, très peu sur le reste. Bainville est mon historien préféré, j'étais curieux de découvrir ce petit livre mais pour celui qui veut lire une histoire de France, il est très insuffisant. Pour celui qui a lu une histoire de France (celle de Bainville est magnifique), il n'apporte pas grand chose.
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