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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
De père en fils,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Starman Omnibus, Tome 1 : (Relié)
Ce tome regroupe les épisodes 0 à 16 de la série Starman, initialement parus en 1994 et 1995. Cette série (avec les numéros annuels et miniséries associées) a fait l'objet d'une réédition en 6 tomes dont ce tome est le premier. Tous les scénarios sont de James Robinson, et la majeure partie des illustrations de Tony Harris pour les dessins, et Wade von Grawbadger pour l'encrage.L'histoire se déroule à Opal City (une cité américaine fictive créée spécialement pour cette série). Cette cité fut fondée en 1864 par Burnley Ellsworth. Elle bénéficie depuis longtemps de la protection du superhéros Starman (Ted Knight). Étant vieillissant, ce dernier a raccroché son joli costume rouge et vert, ou plutôt il l'a passé à son fils Dave pour que ce dernier reprenne le flambeau et assure la tranquillité de la ville. Mais The Mist (le supercriminel spécifique de Starman) a décidé de faire souffrir une dernière fois son ennemi de toujours. Par la force des choses, Jack Knight (le frère de Dave, propriétaire d'un magasin de curiosités, c'est-à-dire des objets de décoration et gadgets issus de la culture populaire) va se retrouver dans l'obligation de reprendre le flambeau à son tour, contre son gré. Au fil des épisodes, il va devoir se rapprocher de son père, comprendre son histoire, comprendre l'histoire de la ville, et découvrir quelques unes de ces composantes immuables. Il va également devoir affronter The Mist, ainsi que d'autres adversaires. Dans l'introduction (2 pages), James Robinson explique qu'il avait des ambitions démesurées pour cette série (et pour son introduction qui s'est transformée en une postface de 8 pages dans ce tome). Il souhaitait fusionner le merveilleux propre aux comics de l'ancien temps, avec le ton adulte et l'efficacité des comics de Frank Miller et Alan Moore. Au fil des pages, le lecteur peut ainsi découvrir de nombreuses thématiques élaborées. Cela commence tout naturellement par l'idée d'une dynastie de superhéros de père en fils. Il s'agit d'un concept déjà utilisé dans l'univers partagé DC, mais pas avec ce degré de sensibilité pour les relations père / fils. Cela commence également avec le principe de ville fictive. Cet aspect là est assez habilement amené car il indique au lecteur que le scénariste construit un monde de fiction fabriqué sur mesure pour l'histoire, tout en s'inspirant d'une ville réelle (Robinson indique qu'Opal City est modelée sur Boston). Il met ainsi en avant l'aspect artificiel de la construction narrative, tout en insistant sur le fait qu'il se nourrit du monde réel, déjà un métacommentaire en soi. Puis le lecteur découvre que le métier de Jack Knight ne se limite pas à une simple qualification superficielle. Au fur et à mesure que le personnage recherche des objets pour sa boutique, le lecteur a accès à ses réflexions grâce à un monologue intérieur et il découvre l'étendue de sa culture (de celle de Robinson) sur des choses aussi diverses que des posters d'Elvis, ou des chaises en fibre de verre. Le collectionneur de comics devine vite derrière ces éléments hétéroclites que Robinson est du genre collectionneur compulsif, avec une soif de savoir peu commune pour ces vestiges éphémères de la culture populaire. Cette composante donne lieu à l'un des épisodes les plus remarquables dans ce tome, pendant lequel Jack Knight parcourt la campagne avoisinante (Turk County), de ferme en ferme, à la recherche de trésors dans les greniers de paysans (épisode 7). De la même manière la volonté de créer une ville fictive s'accompagne d'un réel travail pour la doter de monuments spécifiques et reconnaissables et d'une géographie (très sommaire dans ce tome). Une recherche dans une encyclopédie en ligne permet de se rendre compte que le nom du fondateur de la ville est un hommage au dessinateur et à l'éditeur du premier Starman apparu en 1941 : respectivement Jack Burnley et Whit Ellsworth. James Robinson a de grandes ambitions narratives pour sa série, mais il n'en sacrifie pas pour autant les personnages, les intrigues, ou les scènes d'action. Jack Knight se révèle peu à peu comme un individu finalement assez ordinaire essayant de faire de son mieux dans une situation extraordinaire, essayant de développer sa relation avec son père dans une nouvelle direction, faisant le deuil de son frère, refusant de se laisser marcher sur les pieds, et surtout collectionneur d'objets à la valeur douteuse, tel un vrai collectionneur de comics. L'empathie avec ce personnage est assurée. Et il croise d'autres individus au comportement aussi adulte et aussi attachant, que ce soit Charity (une sorte de clairvoyante qui lui annonce ce qui va lui arriver dans l'année à venir, épisode 2), la fratrie des O'Dare (tous policiers de génération en génération), The Shade (un individu doté de superpouvoirs à l'allégeance incertaine, et au code moral élastique), Mikaal Tomas (un extraterrestre ayant également porté le nom de Starman), les monstres d'un cirque (hommage appuyé au film de Tod Browning, avec la séduisante Octavia femme pieuvre), Oscar Wilde pour une petite absinthe, Nash (la fille de The Mist), etc. Tous les épisodes sont dessinés par Tony Harris, et encrés par Wade von Grawbadger, à l'exception des épisodes 6 (Teddy Kristiansen, prestation sympathique pour une histoire consacrée à Shade), 11 (Matt Smith dans un style plus quelconque pour une histoire de Ted Knight), et 14 (Tommy Lee Edwards, Stuart Immonen, Chris Sprouse, Andrew Robinson, Gary Erskine, Amanda Conner). Ces dessinateurs intérimaires sur la série permettent à Harris d'avoir le temps de finir ses épisodes, et Robinson fait en sorte de faire coïncider des histoires un peu à part pour ces occasions. Harris et Grawbadger ont une approche graphique déjà affirmée dans ces épisodes, surtout par l'utilisation d'aplats de noir qui figurent les zones restant dans l'ombre, avec des formes à tendance expressionnistes. Ils effectuent un beau travail de conception graphique pour donner une apparence particulière et une forte personnalité à chaque individu. Ils font des efforts manifestes pour se montrer à la hauteur des ambitions architecturales du récit, avec des bâtiments qui ont dû mal à faire croire à leur réalité. Il leur reste des progrès à faire sur la mise en page, tant pour la lisibilité d'une case, que pour l'enchaînement des cases. D'un coté, leur style fait déjà preuve d'une volonté affirmée de s'émanciper des codes graphiques habituels des superhéros, et de créer une ambiance spécifique pour cette série. De l'autre coté, ils n'ont pas toujours les moyens techniques de leurs ambitions. D'un coté, le lecteur pourra apprécier des illustrations plus sophistiquées que l'ordinaire des superhéros, de l'autre il pourra regretter des maladresses chroniques. En fonction des pages et des épisodes, il ressort des visuels plus marquants que d'autres, Nash en Mist est vraiment ambivalente. Mikaal apparaît comme un individu extraterrestre, Solomon Grundy n'appartient pas à l'humanité malgré son apparence anthropoïde, etc. Ce premier tome des aventures de Starman (version Jack Knight) bénéficie de l'ambition de ses créateurs et se place largement au dessus des séries de superhéros produites à la chaîne. Il souffre également de la jeunesse de ses créateurs (combat obligatoire dans chaque épisode, peu inspiré, noyé dans le flux de pensées de Jack Knight, visuels au niveau de qualité oscillant entre le mémorable, et le difficilement déchiffrable). La série continue dans Starman Omnibus, tome 2 qui comprend les épisodes 17 à 29 de "Starman", ainsi que "Showcase '95" 12, "Showcase '96" 4 & 5 et "Starman annual" 1. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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5.0 étoiles sur 5
A la recherche du temps perdu,
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Starman Omnibus, Tome 1 : (Relié)
Starman est une merveilleuse série, un voyage au pays des super-héros aussi original que nostalgique. Elle possède un style rétro et moderne à la fois, évoque l'univers des pulps et flirte même avec l'esprit des récits steampunks. James Robinson, scénariste brillant mais irrégulier, signe ici une œuvre d'une richesse folle.Starman est à l'origine un super héros de l'âge d'or chez DC comics, du temps où Superman et Batman étaient encore débutants, dans les années 40. Ancien membre de la JSA tombé en désuétude. Il faut dire qu'il est assez kitsch, pour le moins ! Mais ici, Robinson s'intéresse au(x) Starman(s) contemporain(s). Et oui, il existe en vérité toute une lignée de Starmans ! Ainsi, David Knight, fils ainé du premier Starman Ted Knight, est le sixième du nom. Quant à son frère cadet Jack, il semble tout naturel qu'il soit destiné à porter un jour le numéro sept. Sauf que ce dernier n'en a cure ! Dans une mégalopole envahie par les super-criminels les plus machiavéliques, la lignée des Starman est-elle menacée d'extinction ? Tout le talent de Robinson va consister en une entreprise de réinvention constante : - Le héros est trop ringard ? Ok, il meurt dès la 3° page(1) et on le remplace par son frère cadet qui va jeter ce costume ridicule ! - La série est l'occasion de rendre hommage à l'Histoire des comics et à son âge d'or ? Très bien, Jack est antiquaire et collectionneur d'œuvres et d'objets issus de la culture populaire, tel le 1° geek venu, ce qui permet de citer un siècle de pop-culture ! - L'univers DC est l'occasion de créer des cités imaginaires ? D'accord, "Opal City" sera la ville la plus originale, la plus baroque et la plus "Halloweenesque" depuis Gotham City" ! - Starman a ses propres Super-vilains ? Formidable, on va leur conférer une caractérisation moderne d'une densité rare. "Ombre" et "La brume" sont les "méchants" les plus fascinants imaginés depuis belle lurette ! - La série est prévue pour être longue ? Alors on va lancer les personnages dans un ensemble de relations riches et œdipiennes en diable ! - Le concept de l'œuvre oblige des bonds dans le temps ? Parfait, on va faire de ce principe un leid-motiv et par cette occasion, intégrer certains personnages hauts en couleur issus de toutes les époques des comics (DC) et même de la littérature (Oscar Wilde intervient entant que personnage récurent), permettant au lecteur de se prendre un bain de nostalgie ou de recevoir une leçon d'histoire ! On l'aura compris, Starman est une œuvre au dessus du lot ! Postmoderne (j'ai tendance à souvent utiliser cette notion, mais là c'est vraiment le cas !) et définitive. Elle est avant tout l'occasion de se plonger dans une série d'aventures qui nous baladent entre l'époque présente et l'âge d'or des comics. Entre les vieux super-héros de chez DC comics et leurs héritiers. Le scénario de James Robinson est éblouissant. Les pensées de Jack Knight, le héros, constamment présentes en voix off, apportent à la lecture une richesse d'une densité inouïe ! Quasiment chaque planche nous gratifie d'un flot de réflexions sur un tas de choses, souvent en rapport direct avec le medium "comics". Certains lecteurs pourront trouver cela ennuyeux, fatiguant ou peut-être un peu "lourd". Mais objectivement, c'est exceptionnel ! Car c'est vraiment très riche et particulièrement poétique. Et toutes ces réflexions n'empêchent jamais l'action de se développer, ni l'humour ou le suspense de s'installer. Les amateurs de comics plus légers passeront tout simplement leur chemin... Le dessin de Tony Harris et l'encrage de Wade von Grawbadger sont encore très inégaux. Ils s'affirmeront superbement sur le tome suivant (ceux qui l'ont lu auront du mal à revenir sur ce premier recueil, car les planches du second Omnibus, au découpage "art-déco" du plus bel effet, y sont magnifiques, même si parfois, les deux artistes sont remplacés par d'autres dessinateurs moins "racés"). Néanmoins, les deux compères ne chôment pas et composent déjà des décors formidables. Opal City se développe majestueusement sous toutes ses coutures et la ville devient un personnage à elle seule ! Quant à écrire ici un résumé de l'histoire, disons que c'est peut-être un peu trop riche et compliqué pour tenir en quelques lignes. Mais si vous êtes amateur de comics postmodernes, bien écrits, poétiques, plus cérébraux que la moyenne, qui enrichissent votre culture et élèvent le débat, sachez que Starman est aux comics ce que l'œuvre de Marcel Proust est à la littérature ! (1) : Effectivement, le héros meurt à la 3° page ! Mais il s'agit en fait d'une pirouette scénaristique. Dès lors, c'est le fils cadet qui va devenir, bon gré mal gré, le nouveau héros sous le regard tantôt désapprobateur, tantôt admiratif du patriarche (le Starman de l'âge d'or de la JSA des années 40) qui, trop vieux, a passé le flambeau(2). L'occasion de mettre en rapport les diverses époques et toutes leurs différences sous la thématique du poids de l'héritage. Idée génialissime ! (2)Le bâton qui permet aux diverses générations de Starman de voler ressemble d'ailleurs au flambeau de la statue de la liberté ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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Starman Omnibus, Tome 1 : de Wade von Grawbadger (Relié - 14 octobre 2009)
D'occasion et Neuf à partir de : EUR 19,90
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