Commentaires en ligne 


2 évaluations
5 étoiles:
 (2)
4 étoiles:    (0)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Postmodernisme, 14 janvier 2012
Par 
Tornado (Provence Côte d'Azur) - Voir tous mes commentaires
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les héros Marvel (Album)
Le projet initial de cette collection n'est pas, contrairement à ce que l'on entend souvent, de présenter sous un angle original les origines des plus grands héros du label Marvel (Daredevil, Hulk, Captain America et Spider-Man, en l'occurrence). Il s'agit plutôt d'une relecture de ces aventures dans leurs premières années. Ainsi, le scénariste Jeff Loeb et le dessinateur Tim Sale vont se concentrer sur une période mythique de chaque personnage et vont en proposer une version développée, davantage postmoderne que simplement "modernisée". La différence entre ces deux notions est importante : Une version modernisée consiste à remettre les choses "au goût du jour", c'est-à-dire "à la mode". Dans certains cas, cela peut fonctionner et permettre aux nouvelles générations de lecteurs de découvrir ces univers sous un angle qui leur convient (le matériel d'époque ayant extrêmement vieilli du point de vue de la mise en forme, de la narration et des dialogues, il peut vraiment rebuter les lecteurs élevés aux images virtuelles). Mais ce principe de remise au goût du jour peut également être pernicieux et tomber dans le racolage, via une esthétique orientée manga, des dialogues "chébrans" hors-sujet et un changement de valeurs, l'ensemble trahissant le matériau originel que constituent ces histoires. Mettons-nous bien d'accord, il ne s'agit pas d'un principe réactionnaire tendant à prétendre que "c'était mieux avant", mais de rappeler que ce sont des concepts qui ont été créés au début des années 60 pour la plus-part, voire des années 40 (Captain America !), et qu'ils ne supportent pas n'importe quel traitement. L'intégrité de chaque figure est ainsi tributaire d'un univers précis et codifié, qui prend toute son essence dans le contexte de son époque.
Le projet de Jeff Loeb et Tim Sale consiste donc à trouver un équilibre entre le passé et le présent, entre le classique et le contemporain. Cela s'appelle le postmodernisme, et consiste à préserver tous les codes propres à l'intégrité de chaque univers défini, en les mêlant aux canons actuels de mise en forme. Ainsi, les histoires de notre duo d'auteurs ont un look à la fois rétro et moderne. L'ambiance proposée est un florilège de l'ambiance de l'époque telle qu'on pouvait la voir au cinéma (imagerie largement plus universelle que celle des seuls comics), à travers les films noirs, les films fantastiques et surtout les serials (séries B très connotées, projetées dans les salles de cinéma en 1° partie d'un film). En revanche, la mise en forme est strictement actuelle : Dialogues épurés, voix off, narration axée davantage sur le vocabulaire graphique que sur les phylactères, etc.
Au final, les œuvres estampillées Loeb/Sale sont de vraies œuvres d'art, qui laissent la part belle à l'émotion, et où la nostalgie se mêle aux canons actuels pour accoucher d'œuvres intemporelles. Les auteurs régurgitent plusieurs décennies de références scénaristiques et esthétiques, nourrissant un scénario qui puise sa densité au cœur de ces références. L'expérience qu'ils font vivre au lecteur, à travers une sorte de nostalgie universelle, est alors purement émotionnelle et c'est ce qui lui donne sa dimension.

- "Spiderman Bleu" : La première page, toute bleue, nous électrise immédiatement. Et puis c'est parti pour ne plus lâcher cet histoire magnifique : Peter Parker, au soir de la Saint Valentin (de nos jours), se remémore sa rencontre avec Gwen Stacy et ses débuts de super-héros. Sa rencontre avec Mary-Jane, Harry Osborn, ses combats de jeunesse avec le Vautour, le Bouffon vert, le Lézard, le Rhino et Kraven le chasseur. La maestria de Jeff Loeb fait que le néophyte apprendra un maximum de choses sur le passé de Spiderman là où le vieux fan revivra avec délice des souvenirs d'enfance. Le tout sans une once d'infantilisme, car les six épisodes sont brillamment racontés et dialogués, de sorte qu'on puisse les lire avec le même plaisir de 7 à 77 ans ! Précisons le afin que cela soit clair : On ne nous raconte rien ici que l'on sache déjà si l'on connaît la période référencée, car il s'agit au contraire de nous raconter la même chose, mais d'une façon nouvelle.
Personnellement, lorsque je me suis remis à lire des comics, adulte, et que j'ai relu les anciens Spiderman de mon enfance, j'ai été particulièrement déçu par l'obsolescence de ce matériel des années 60 et 70, particulièrement infantile. "Spiderman Blue" a donc été une révélation, la preuve que l'on pouvait raconter une histoire sur ce personnage pour un lectorat de plus de 9 ans...
Découpé en six chapitres portant chacun le titre d'un standard de jazz de l'époque ("My Funny Valentine", "Let's fall in love", "All of me"... que des ballades romantiques, proche du blues, d'où le titre de l'album), le livre s'écoule tout seul et on le referme avec le cœur serré, bouleversé à l'idée de quitter des personnages aussi attachants.
- "Daredevil Jaune" : Pour les fans de "Daredevil, L'Homme sans peur", la célèbre et définitive version des origines du personnage signée Frank Miller et John Romita jr, cette histoire en est purement et simplement la suite directe, qui peut se lire immédiatement après (Loeb et Sale nous avaient déjà fait le coup avec "Batman : Un long Halloween", se situant au lendemain de "Batman Year One", du même Frank Miller !).
Comme pour "Spiderman Bleu", le récit tourne également autour des relations amoureuses. Ainsi, Matt Murdock se souvient de sa rencontre avec Karen Page, l'amour de sa vie. De la même manière, le scénario est ponctué de rencontres avec les figures importantes de la mythologie développée, comme de combats de jeunesse. L'ambiance générale joue à fond la carte de la nostalgie et développe un décor de série noire très rétro. Effet "Madeleine de Proust" garanti. Ce récit est certainement celui qui réussit le mieux à saisir l'alchimie entre l'univers originel du personnage référencé, l'émotion toute en nuances et l'originalité du traitement.
- "Hulk Gris" : C'est le seul récit proposé ici qui développe réellement les origines d'un super-héros. Le scénario est également axé sur le personnage principal, qui se remémore son passé. Mais cette fois, l'histoire se déroule dans les trois premiers jours de son passage dans l'univers Marvel, c'est-à-dire à partir du moment où il a récolté ses pouvoirs. De son accident à sa rencontre avec le jeune Rick Jones, et de ses premiers combats avec l'armée du général Ross, à l'époque où il était encore gris...
Encore une fois, les auteurs développent la relation amoureuse des personnages principaux, et trouvent l'équilibre entre l'émotion, la retenue et les morceaux de bravoure. La force de leur travail est de réussir à préserver la naïveté des figures originelles tout en les débarrassant soigneusement de leur niaiserie et de leurs oripeaux surannés. Le personnage de Hulk est alors bien plus qu'une brute complètement décérébrée : Il vit et évolue, ressent, souffre et suinte une humanité primaire et troublante.
- "Captain America White" : Il s'agit de l'épisode "0" d'une série laissée en l'état. Il n'est pas impossible que les auteurs décident un jour de la terminer. Mais pour le moment, il ne s'agit que d'un épisode unique et à suivre, qui revient au cœur de la seconde guerre mondiale, au moment où Captain America faisait équipe avec le jeune Bucky Barnes.

Le dessin, pour tous ces épisodes, est absolument exceptionnel. Tim Sale nous offre un cadeau graphique inestimable, ponctué d'illustrations pleine-page, de gros plans et de compositions sophistiquées. Il développe généreusement ses décors en jouant à fond la carte de la nostalgie, apportant un soin et un sens du détail aussi bien à l'architecture qu'aux vêtements ou aux accessoires, le tout jeté comme si ça coulait de source ! Son style a quelque chose de si intemporel, de si romantique, qu'il s'est ainsi fait le spécialiste des relectures et des histoires se déroulant dans le passé. Cette édition "Absolute" permet de profiter d'un format géant et, cerise sur le gâteau, contrairement aux autres volumes de cette collection, offre un très beau papier glacé.
Au total, plus de 500 pages de bonheur !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


5.0 étoiles sur 5 Très bien, 7 mai 2014
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les héros Marvel (Album)
Super! Je me suis régalé malgré le faite que je ne suis pas fan de marvel les dessins sont très beaux et les histoires touchantes
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

Ce produit

Les héros Marvel
Les héros Marvel de Collectif (Album - 9 novembre 2011)
D'occasion et Neuf à partir de : EUR 149,99
Ajouter à votre liste d'envies Voir les options d'achat
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit