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3,2 sur 5 étoiles
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Quand arrêtera-t-on d'exploiter la notion de résilience pour irriguer la littérature jusqu'à la noyer ?
Exemple frappant avec ce "Canada".

Dell Parsons est un jeune homme de15 ans, qui aime l'école, les abeilles et les échecs (le jeu). Il vit à Great Falls, triste bourgade du Montana, avec Berner, sa sœur jumelle et ses parents, Bev et Neeva.
Bev est un ancien capitaine de l'armée de l'Air, viré pour sa participation à un trafic minable, Neeva est institutrice.
Une famille ordinaire, dont le destin va basculer quand, de mauvais choix en mauvais choix, les 2 parents vont braquer une banque et finir en cabane.

Avec un bel à propos, Dell part alors pour le Canada afin d'échapper à l'orphelinat. Là bas, dans l'agreste région du Sakatchewan, il est recueilli par Arthur Remlinger, un propriétaire d'hôtel qui cache manifestement un secret.

Le roman traite de la perte de l'innocence, du destin au fil ténu, des façons de surmonter un traumatisme.

Comme le dit le personnage principal : "nous disposons tous d'un éventail de "moi" parmi lesquels choisir."
Certes.
Mais avant d'arriver à cette platitude (prochain sujet du bac Philo : "l'éventail de "moi" finit-il par faire du vent ?"), il vous faudra affronter les trois parties que comporte ce livre :
- la 1ère dure environ 230 pages. Elle est vaguement intéressante et très languissante.
- la 2ème est à peine plus courte (215 pages), mais largement plus ennuyeuse.
- la 3ème est très courte (30 pages), mais sans intérêt.

Chacune contient son lot d'aphorismes, des épars qui lassent le plus bienveillant des lecteurs : ""Faire sens"...ça veut dire qu'on accepte les choses. Si on les comprend, alors on les accepte. Si on les accepte, alors on les comprend", "Avec les années, j'ai tendance à croire que toute situation humaine se retourne comme un gant. Tout ce que tel ou tel m'assure être vrai peut ne pas l'être", "Dans ce monde, il y a deux sortes de gens...ceux qui comprennent qu'on ne sait jamais ; et puis ceux qui pensent qu'on sait toujours", "On ne laisse jamais tout derrière soi. Autrefois je l'ai cru, mais passer une frontière ne change rien au fond", "il faut parfois semer le trouble pour tirer une situation au clair"...Bref, les platitudes sont enquillées sans discontinuer.

C'est long, lent, exagérément descriptif, porteur d'espoirs parfois, vite déçus, avec des personnages qui devraient avoir de l'épaisseur et qui n'en ont curieusement, aucune. On dirait qu'aucun caractère n'est creusé, ce phénomène étant accentué par la narration détachée de Dell revenant sur son parcours.

Même les évènements importants (notamment un passage inattendu sur la relation entre les 2 jumeaux) sont traités de manière totalement neutre. Cela pourrait être une force, mais Ford n'est pas Camus et on n'a pas envie de s'intéresser à ces ombres qu'il agite mollement sur 500 pages d'un puzzle littéraire paresseux où tout serait dans tout, la vie n'étant qu'un espace unique, malgré les frontières, Bla, bla, bla...Franchement la Frontière physique comme métaphore de celle du passage à l'âge adulte, il fallait oser.
Et pourquoi pas le grand fleuve de la vie pendant qu'on y était ?!

Du coup, cette vie de Dell est tellement téléphonée, qu'on a rapidement envie de raccrocher.

Prix Femina Etranger 2013. Dont acte.
1717 commentaires| 10 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
500 PREMIERS RÉVISEURSle 18 septembre 2013
Ce Canada s'inscrit dans une thématique chère à Richard Ford, au moins pour la première partie du roman.
Dell, adolescent indécis, dont les parents vont commettre un minable hold-up, se retrouve seul et abandonné, contraint de fuir vers le Canada. Cette expérience de la désillusion, de l'amertume, de la déception, on la retrouve chez au moins deux autres personnages de Ford : Larry, le jeune protagoniste de « Jealous » ( dont le titre en français est: La frontière, première nouvelle d' Une situation difficile) qui, accompagné de sa tante quitte son père pour retrouver sa mère à l'occasion de Thanksgiving et dont le voyage en train aura des allures de rite d'initiation au malheur, et, bien sûr, Joe d' Une saison ardente (dont le père absent est également un repris de justice), qui va assister impuissant au naufrage du couple de ses parents.
Dans ces deux romans (voir mes commentaires), l'auteur nous abandonne avec ses personnages dans ce sentiment de déchirement.
Cette fois, Dell va traverser la frontière, qui n'est pas seulement celle du Canada, mais aussi celle du cheminement vers l'âge adulte. Ce thème de la frontière, de l'ailleurs, qui vous change pour le meilleur et le pire, c'est aussi une constante dans l'oeuvre de Ford qui avoue volontiers qu'il a toujours un frisson inquiet lors du franchissement d'une de ces limites qui lui paraissent porteuses d'une tragédie potentielle. Affronter la réalité du monde, c'est bien l'enjeu de la deuxième partie de Canada, qui est la moins réussie. Mais la dernière partie, dans laquelle se mêlent les voix du Dell de 16 ans et celle du vieil homme qu'il est devenu, me parait du meilleur Ford.
Peut-être pas le livre idéal pour ceux qui ne connaissent pas ce grand écrivain (voir alors Un week-end dans le Michigan ou, encore une fois:Une saison ardente), mais pour ceux qui le suivent, un incontournable..
44 commentaires| 15 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
A lire le quatrième de page ou la présentation éditeur on a l’impression que les rédacteurs (les pro)n’ont pas lu le livre. Les hommes rencontrés par le narrateur dans cette cavale au Canada ne sont pas particulièrement brutaux, la nature sauvage se limite à quelques dépotoirs de campagne. Dell ne choisit rien et se laisse porter par les évènements. Quant à la puissance et la beauté exceptionnelles on ne les retrouve ni dans les paysages ni dans le style peu flamboyant de l'auteur. Enfin, affirmer que c’est là un chef-d’œuvre qui capture…blablabla… est typiquement une phrase passepartout livrée avec son emballage cadeau. Pour autant l’écrivain est de taille, un imaginaire puissant qui fouille le moindre détail jusqu'à nous faire perdre patience. Lui aussi pratique la prophétie apocalyptique. La moitié du Canada va s’enfoncer dans la mer. J'exagère le sarcasme bien sûr, car au bout du compte notre drame se transforme en draminette, un petit meurtre entre voisins, rien de bien méchant. Mais pour en arriver là il aura fallu se taper ces grandes et mornes plaines du Saskatchewan repaire de bleds pourris où se minéralise une population de petzouilles qui ne sont même pas tous d’origine anglo-saxonne. C’est dire ! Il aura encore fallu se coltiner des personnages indéfinis dont le sort semble décidé un peu au hasard pour enfin parvenir au chapitre final et la rencontre en phase terminale des rescapés de cette famille décomposée. C’est là que l’on ne regrette pas d’avoir persisté et qu’enfin l’auteur parvient à rendre ses personnages attachants et émouvants. Mais qu’il est long le chemin vers la sortie !

L'écrivain bien que lassant est de grande qualité descriptive et imaginative et si ce récit m'a ennuyé souvent il s'agit d'une question de préférence personnelle. Aussi donner 3 étoiles ne serait pas conforme à la qualité de l'auteur mais pourtant plus conforme à mon commentaire.
33 commentaires| 51 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 28 octobre 2013
Cela a le goût et annoncer comme un chef d'oeuvre, mais cela n'en est pas un. Comment peut-on passer pratiquement 500 pages aussi bien écrites certes mais en laissant transpirer aucun sentiment et ne déclenchant aucun empathie pour le personnage central... Cela vaudrait 3 étoiles, mais j'en mets deux pour contre-balancer tout ce marketing autour de ce livre...
11 commentaire| 19 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 4 janvier 2014
J'ai acheté ce livre car j'avais vu beaucoup de bonnes critiques ... (cela m'apprendra !)

Le roman est divisé en trois parties, la première raconte comment les parents du héros, deux loosers, finissent par faire un hold-up, cette partie occupe presque la moitié du bouquin, et c'est long, très long. La deuxième partie raconte le passage au Canada, il y a un peu plus de suspens, avec des personnages surprenants. Et la dernière partie, très courte, où le héros retrouve sa saeur mourante, est la seule qui vaille la peine, et qui mérite notre persistance à continuer ce livre.
Plus globalement, le récit est très déshumanisé, on a l'impression que le narrateur observe et analyse de loin, sans jamais s'investir émotionnellement, par exemple quand ses parents sont arrêtés : « Vous vous dites peut-être que voir ses parents menottés, traités de braqueurs de banque et conduits en prison tandis qu'on est abandonné à soi-même, il y a de quoi perdre la tête. Qu'on va traverser toutes les pièces de la maison en courant comme un fou, en se lamentant, en s'abandonnant au désespoir puisque rien ne rentrera plus jamais dans l'ordre. Et pour certains, ça se peut. Mais on ne sait pas à l'avance comment on réagira dans une situation pareille. Je vous garantis que presque rien de tout ça ne s'est passé, ce qui n'empêche pas que la vie ait changé à jamais. »
Tout le livre est pareil, et c'est sans doute cela qui m'a gênée, et empêche de s'attacher aux personnages. Sans compter la tristesse qui se dégage tout au long du bouquin, à éviter le jour où vous avez un petit moral.
Au final, je ne regrette pas de l'avoir lu, mais je ne le conseillerais pas.
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le 16 décembre 2013
Déçue par ce roman au thème prometteur. J'ai trouvé l'écriture "correcte", donc terne, et le récit ne m'a accrochée à aucun moment. Lecture ennuyeuse en ce qui me concerne, on attend que ça décolle...et cela ne se produit pas!
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le 12 septembre 2013
Trois étoiles c'est un peu trop juste, 4 un peu trop. Un commentateur précédent (Arribat) ayant pensé de même, et mis 4 étoiles, j'en mets 3 pour arriver à une moyenne de 3,5.
Ce livre est divisé en trois parties. Dans la première, le narrateur, Dell, raconte comment ses parents, couple américain sans histoires quoique dysfonctionnel ont pris la décision délirante d'attaquer une banque (je ne révèle rien, c'est dit tout au début). Cette première partie est rythmée et assez prenante. La seconde partie raconte sa fuite au Canada, morne plaine. La troisième, très courte (et très réussie) fait le bilan, la vieillesse venue. Mais avant d'en arriver là, il aura fallu se taper toute la seconde partie qui m'a paru (comme d'autres l'ont signalé) trèèèès longue, avec des personnages dont aucun n'est attachant et dont finalement je n'ai pas très bien compris les motivations. Finalement, un livre que je suis assez contente d'avoir lu, et très contente d'avoir fini.
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le 11 avril 2015
Ce livre est ennuyant. Il se divise en trois parties. L'auteur y dresse 3 instants de la vie de Dell Parsons : sa jeunesse et l'avant hold-up de ses parents qui va mettre un terme à celle-ci plus vite que prévu, l'après hold-up où ce jeune ado se retrouve propulsé dans la campagne canadienne chez un homme qu'il ne connait pas mais qui l'intrigue, et enfin un très courte dernière partie de la fin de sa vie (histoire de savoir comment le personnage a évolué). Ça aurait pu valoir le détour, mais pour le coup, j'ai trouvé cela très long et lent. Le récit est fait de descriptions qui s’enchaînent, donnant de l'importance à des choses qui n'en ont pas. On s'attend à des développements sur certains personnages qui ne viennent jamais, il n'y a pas d'action, c'est très plat. Et surtout, le titre "Canada" parait anecdotique. Certes, à partir de la deuxième partie, Dell part vivre au Canada, mais ça s'arrête là. Tout se qui s'y passe n'est pas lié à ce pays, ça pourrait se passer n'importe où ailleurs. On ne parle pas vraiment de la culture canadienne, ni de "nature sauvage" comme c'est dit sur le résumé, on nous décrit juste une vague campagne insipide où rien ne se passe. En bref, plus de 500 pages pour si peu, ça n'en vaut pas le coup. J'ai uniquement fini ce livre car je pensais qu'il y aurait une révélation ou un rebondissement qui n'est jamais venu...
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le 30 septembre 2013
De la part d'un auteur capable de produire, ici un roman remarquable avec du fond ("Indépendance"), là un recueil de nouvelles où il ne se passe presque rien mais où tout mouvement ou pensée est parfaitement décortiqué ("Pêchés innombrables"), ce "Canada" - vendu comme l'événement littéraire de la rentrée - constitue une cruelle déception.

D'habitude brillamment contemplatif, Richard Ford se montre ici très statique, et sur le mode poussif, en plus... L'action n'évolue guère, de surprise il n'y a pas, et toutes les pensées et/ou peurs et/ou observations du personnage principal sont décortiquées d'une manière assez scolaire, avec de nombreuses répétitions à la clé. Bref, sur une histoire presque vide, ce subtil orfèvre du sous-entendu qu'est Ford tombe ici dans le récit très appuyé, avec un style beaucoup moins convaincant que dans ses écrits précédents.

Au final, l'absence de style et la linéarité de l'histoire évoquent Douglas Kennedy, et un Kennedy dans lequel il n'y aurait même pas de rebondissements dans le récit !

Auteur à lire (pour ceux qui ne connaissent pas encore), mais livre à éviter.
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le 12 juin 2014
Et bien j'ai commencé ce livre, je l'ai abandonné, je suis revenue , j'ai re-abandonné....toutes ces descriptions à n'en plus finir...aucune vie dans ce livre....
Vraiment passez votre chemin il y a tellement de livres plus passionnants.
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