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La richesse des Chroniques de Billancourt injustement contestées par certains récalcitrants au style de Berberova, se trouve dans le regard aiguisé de cette auteure d'exception, à mi chemin entre l'anthropologie, la réflexion critique et l'ethnographie. Quand Nina entreprend la rédaction de ces souvenirs d'un quotidien long et éprouvant mais chargé d'expériences humaines inoubliables qui dura plus de 30 ans, elle est déjà une femme mûre, consciente de son désir de transmettre l'histoire de l'exil et passionnée par l'exercice d'écriture. Ainsi se forge-t-elle une histoire et une identité en se nourrissant de sa littérature et en observant ses pairs dans ce que l'on pourrait appeler une banlieue ghetto pour les exilés de la Russie Communiste.
En vivant aux côtés de ces Russes de l'exil dont elle fait partie avec tout ce que cela comporte de souffrance et de surpassement, Berberova décrypte son époque, la France des immigrés et critique le "célèbre esprit d'accueil français" qui trouve ici toutes ses limites bien que Nina Berberova soit une "intellectuelle" maîtrisant parfaitement la langue française et soumise aux pires petits travaux pour manger ... Le récit non romancé, écrit à la manière d'un journal de bord assez peu confident, est fouillé et fourmille de détails sur la vie de l'époque et sur les mentalités tant russes que françaises et au final franco-russe dans cette microsociété repliée sur elle-même. Plus de 30 ans de vie parisienne pour une Russe obligée de renoncer à ce qu'elle est pour découvrir la survie et condamnée à rester parmi des Russes qu'elle finit parfois par exécrer, sont décortiqués avec justesse et pudeur...
En 1921, Nina Berberova, pourtant jeune, est obligée de fuir la Russie après la condamnation de son père pour haute trahison. De jeune femme promise à un brillant avenir qui avait fait des études et qui vivait dans le confort d'un Saint Petersbourg presque flamboyant, elle devient apatride, un temps à Berlin peu accueillant où dans l'urgence elle retrouve Pasternak et d'autres amis proches, puis à Paris où elle va vivre à Billancourt jusqu'aux années 60. Elle décrit le déchirement des exilés, la misère, la famine même, l'impossible intégration de tous ces Russes, certains issus de la bourgeoisie qui ont du renoncer à leur pays sous peine de mort par les Communistes. Elle raconte le quotidien de l'exilée dans sa noirceur et ses souffrances intérieures ; la difficulté étant de savoir comment vivre dans un pays étranger où la reconnaissance et la légitimité semblent impossibles et pourtant nécessaires pour trouver un véritable emploi qui permette de se nourrir et d'aider ses proches sans se contenter de couture alors qu'on est obsédée par la Littérature ! Nina y confie aussi les contradictions entre le sentiment d'"être" pleinement dans la tragédie ou l'épreuve et de n'avoir plus de véritable identité ou encore la solitude terrible à laquelle elle s'est retrouvée confrontée, si souvent, même si Billancourt ressemblait à l'époque à une Russie miniature, ravagée par les angoisses, le désespoir et le sentiment pour beaucoup de n'être plus rien et d'être voués à la perte de leur propre histoire !
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