Commentaires en ligne 


1 Evaluation
5 étoiles:    (0)
4 étoiles:
 (1)
3 étoiles:    (0)
2 étoiles:    (0)
1 étoiles:    (0)
 
 
 
 
 
Moyenne des commentaires client
Partagez votre opinion avec les autres clients
Créer votre propre commentaire
 
 
Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien

4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 UN GENRE COMME UN AUTRE, 19 juin 2009
Par 
Luc B. - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Age d'or du cinéma érotique, 1973-1976 (Broché)
François Jouffa reste connu pour être un journaliste de rock, de presse écrite, ou à la radio. Ce que l'on sait moins, c'est qu'en 1972, il fut réalisateur d'un des premiers films pornographiques français, en collaboration avec Jean François Davy : LA MICHETONNEUSE. Forts des nouveaux idéaux propulsés par mai 68 et de la Nouvelle Vague, de jeunes cinéastes, avec trois fois rien, se mirent à tourner des films sur leur génération, de leurs aspirations, et sur l'air du temps. Apparaissent des thèmes nouveaux, comme l'écologie, les communautés, l'amour libre, les voyages initiatiques, le tout sur fond de musique pop. Il ne s'agissait pas, à l'époque, du faire du « X » mais de rendre compte, sans tabou, de l'état de cette génération. Et de se défaire d'un cinéma sclérosé, et des carcans bourgeois. De plus, un certain GORGE PROFONDE Deep Throat avait déjà fait sensation à Hollywood... LA MICHETONNEUSE est classé « art et essai » et acclamé par une certaine presse de gauche. Gros succès d'estime.

Le cinéma « traditionnel » avait beaucoup évolué, faisant sauter des tabous un à un. Kubrick et son ORANGE MECANIQUE, Bertolucci et son TANGO A PARIS, Canavi et PORTIER DE NUIT, Ferreri et sa GRANDE BOUFFE La Grande Bouffe plus tard Blier et ses VALSEUSES.... autant de grands réalisateurs qui montraient de front, sexe et fantasmes. En 1973, Jouffa récidive donc avec LA BONZESSE. C'est là que la censure lui tombe dessus, par l'intermédiaire de Maurice Druon et son ministère des affaires culturelles.

C'est donc avec son regard de journaliste et de cinéaste, que François Jouffa nous narre par le menu dans ce livre, les aventures trépidantes du cinéma porno, entre 1973 et 1976. Un cinéma jugé non dénué de sens ni d'intérêt sociologique, mais que le public français n'est pas encore prêt à voir... Ben voyons ! Ainsi la censure s'abat une première fois sur ce type de production, en 1973, avant de les autoriser en 1974 (à la mort de Pompidou), puis de les censurer de nouveau l'année suivante. Enfin, le classement « X » est instauré, ce qui signifie la création d'un réseau de distribution en marge, et que 30% des recettes doivent être reversées... à l'Etat ! On ne censure pas, on asphyxie ! Cela n'empêche pas de grands succès commerciaux, comme EMMANUELLE de Just Jaeckin, qui n'était pas classé « X », contrairement à l'épisode n°2, pourtant moins explicite, mais qui a eu le tort de sortir en 1975.

Jouffa passe en revue un panorama d'une centaine de films, français ou étrangers. D'HISTOIRE D'O à SPERMULA ou SALO, d'EXHIBITION 1 et 2 (gros succès) aux JOUISSEUSES ou à TARZOON LA HONTE DE LA JUNGLE en passant par BANANE MECANIQUE... autant de productions qui firent beaucoup parler d'elles, réalisées par des inconnus ou des célébrités (avec pseudonymes). Le porno de ces années là, c'est un vent de liberté qui souffle sur le cinéma, et la société entière. On défie les conventions, les institutions, on se dégrise, on jouit, et surtout on s'amuse follement.

Mais le ton se durcit en avril 1976, avec la condamnation du film L'ESSAYEUSE de Serge Korber, vilipendé par les Associations Familiale Catholiques, l'Union des Association Familiales, les Scout de France, et toutes sortes de lobby, ulcérés, réclamant que les négatifs du film soit brûlés, et les auteurs condamnés. Quelques films sont encore réalisés jusqu'en 1978, avant que le genre ne meurt de lui-même, dans un ghetto économique.

A partir des années 80, et l'apparition des VHS, de la vidéo, le genre retrouvera un second souffle. Mais ce qui n'était qu'un genre mineur, poilant, subversif, pour un public consentant, devint une monstrueuse industrie transnationale...

Ce livre, richement illustré de photos explicites, est donc à réserver aux lecteurs avertis...
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non


Du plus utile au moins utile | Du plus récent au plus ancien
ARRAY(0xaa22cbf4)

Ce produit

L'Age d'or du cinéma érotique, 1973-1976
L'Age d'or du cinéma érotique, 1973-1976 de Tony Crawley (Broché - 16 décembre 2003)
D'occasion et Neuf à partir de : EUR 38,00
Ajouter à votre liste d'envies Voir les options d'achat
Rechercher uniquement parmi les commentaires portant sur ce produit