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4.0 étoiles sur 5 "Le sport est la « nouvelle » école de la violence et du racisme" (Marc Perelman ), 12 mai 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le sport barbare : Critique d'un fléau mondial (Broché)
"Le vrai sport n'a rien à voir avec le fair-play. C'est plein de haine, de jalousie, de vantardise, de non-respect des règles et d'un plaisir sadique à regarder la violence; en d'autres mots, c'est la guerre, sans les coups de feu" (Georges Orwell).

Marc Perelman, approfondit dans cet essai sa réflexion sur les dérives totalitaires et "néofascistes" du sport. Le Sport barbare, n'est pas seulement une tentative de démystification du spectacle sportif, cette "vraie religion du XXIe siècle" et de la "modernité décadente", c'est surtout le dévoilement de l'"économie pulsionnelle" qui l'étaye. Perelman analyse, de manière stimulante, les engouements sportifs contemporains à la lumière d'une entreprise de "régression collective" de l'imaginaire vers "des stades infantiles archaïques et narcissiques". Sport barbare, démonte l'obscénité du "spectacle sportif contemporain" qu'il qualifie de "sporno". On reconnaîtra que ses piques sur le dopage, l'abrutissement de la jeunesse, "la civilisation du travail sportif" et la négation de l'homosexualité masculine chez les athlètes touchent juste.

Le sport n'est ni un jeu, ni une simple activité physique, car en lui s'investit une vision du monde avec ses "valeurs" : la combativité, l'agressivité, la hargne, la haine, le désir de vaincre, l'obligation de résultats, l'exclusion des "pas doués", la soif d'honneurs, le rendement (et sa longue liste de sportifs cassés à vie), le record (et son adjuvant essentiel le dopage), la productivité (et son lot de laissés-pour-compte).

Même s'il n'en revêt pas tous les caractères, le sport est devenu la religion des temps modernes. Comme elle, il fonctionne suivant un pôle de valeurs indiscutables et un ensemble de pratiques à prétention universelle.

Le sport est devenu un tabou plus indiscutable encore que la croissance. Pour être rangé parmi les asociaux demi-fous et sans doute dangereux, il suffit de bâiller devant Roland-Garros, de déplorer la prostitution pécuniaire du rugby, de s'ennuyer des matchs de football répétitifs. "La critique est devenue impossible. Le sport est devenu une seconde nature, c'est comme le soleil, on ne critique pas le soleil." Les valeurs de compétition, d'avidité, de triche, de corruption peuvent donc être répandues sans complexe ni remords.

Le sport est porteur de toutes les « valeurs » capitalistes qu'il contribue à plébisciter en les présentant comme « naturelles », comme allant de soi et nécessaires : lutte de tous contre tous (struggle for life), sélection des « meilleurs » et éviction des « moins bons », transformation du corps en une force essentiellement productive, recherche du rendement maximum, de son exploitation optimale (la performance), etc.

Le sport, parce qu'il est le plus puissant facteur de massification, un « agrégateur » et un intercepteur de foule exceptionnel, a toujours rempli des fonctions socio-politiques essentielles pour le maintien de l'ordre, et notamment l'édification d'une identité nationale. Le sport galvanise, électrise les passions et les coagule dans un même élan patriotique et chauvin. Il est en temps de paix un élément permettant de maintenir et d'exprimer un sentiment national : « Les équipes étrangères deviennent des ennemis à abattre ».

Extraits:
"Le sport, en quelques décennies, est devenu le plus grand phénomène de masse mondial du XXe siècle, sans doute la nouvelle et vraie religion du XXIe. Le sport tire toujours sa grande et sa principale force d'une adhésion planétaire, une adhésion de tous ; le sport mobilise d'immenses masses coagulées dans les stades ou solidifiées devant les écrans de télévision (au foyer ou sur les places des grandes villes), des masses qui se déversent ensuite et se vaporisent dans les rues des villes pour fêter la victoire, leur victoire. Par le biais de ses structures locale, nationale, internationale, le sport s'est élevé à la hauteur d'un pouvoir mondial au sens d'une autorité qui tend à couvrir, surplomber et pénétrer toutes les activités d'une société en proie au plus grand désarroi. Le sport s'est constitué comme le fer de lance d'une armée en ordre de bataille vis-à-vis de laquelle, curieusement, ceux qu'il méduse sont écrasés par lui. Rouleau compresseur de la modernité décadente, le sport lamine tout sur son passage et devient le seul projet d'une société sans projet."

"La Nation ce n'est plus un peuple mais une équipe; ce n'est plus un territoire mais le stade; ce n'est plus une langue mais les beuglements des supporters. De grandes poussées de nationalisme aiguës ont désormais lieu lors des compétitions sportives. L'engouement pour le sport, les foules compactes d'adhésion, les mobilisations de masse orientées - et sans précédent dans leur ampleur - auxquelles il donne lieu dans les rues des villes ou devant les écrans de télévision indiquent le niveau de régression atteint dans le pays des Lumières. Le déchaînement des supporters, chauffés à blanc, participe de la violence généralisée dont le sport est le garant. S'exhibent partout culte de la force, mépris des faibles, chauvinisme, racisme, xénophobie, antisémitisme, violences dans et hors les stades et brutalités sur tout les terrains. Le sport est la « nouvelle » école de la violence et du racisme puisque, d'abord, le seul but est de battre l'adversaire : l'« autre »; alors, malheur aux vaincus et malheur lorsque l'autre, par exemple dans le football, n'est pas tout à fait de la même couleur de peau. Et, surtout, le sport ne permet pas de contenir la violence ou de la canaliser, comme le croient certains intellectuels bien naïfs mais, tout au contraire, il la crée, la génère, l'entretient et la diffuse partout : le principal lieu de violence dans la société est aujourd'hui le stade et ses abords, espaces d'incubation sonore et visuelle de la masse, lieux de décharge d'une violence primitive" (p.18)
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Le sport barbare : Critique d'un fléau mondial
Le sport barbare : Critique d'un fléau mondial de Marc Perelman (Broché - 10 avril 2008)
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