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1000 PREMIERS RÉVISEURSle 9 juillet 2009
Pour faire suite à une précédente chronique sur Billie Holiday All Or Nothing At All, voici un petit bouquin remarquable de David Margolick, entièrement consacré à la chanson « Strange Fruit ». Bien que la célèbre chanteuse s'en soit parfois attribuée la paternité, le texte de cette chanson est de Abel Meeropool, professeur d'université, blanc, juif, qui publiait des poèmes sous le pseudonyme de Lewis Allan. Meeropool s'est ensuite rendu célèbre pour avoir adopté les enfants des époux Rosenberg, au lendemain de leur exécution. Plus tard, il dut fuir au Mexique pour échapper à la vindicte du sénateur Mc Carthy, qui le soupçonnait d'avoir reverser ses royalties (300 000 dollars) au Parti Communiste.

« Strange Fruit » dénonce ouvertement les lynchage, pratiqués dans les états de Sud. On en dénombre officiellement 3800 entre 1889 et 1940. Ce chiffre pourrait être aisément réévalué.

Meeropool apporta ce texte à Billie Holiday, en 1939, alors qu'elle se produisait au Café Society de New York, une boite de jazz connue pour ne pas pratiquer la ségrégation, repère de progressistes et d'intellectuels de gauche. Billie Holiday refuse la chanson, ne lui trouvant aucun intérêt, son répertoire étant porté sur les chansons d'amour. Son entourage l'a convainc, et c'est après plusieurs interprétations qu'elle se rend compte de la portée et de la signification du texte. Elle l'enregistre en studio le 20 avril 1939. Ce n'est pas un blues, mais une sorte de complainte, pour cabaret.

La presse progressiste salue cette chanson comme il se doit, comme la première à aborder de front un sujet si grave. Le blues est une musique revendicative, mais avec des allusions voilées, codées. La chanson ne rencontre pas franchement un succès auprès des radios, parce que le sujet est éminemment politique, tabou, mais surtout parce que cette chanson est déprimante !

On se presse pour entendre la diva, Lana Turner ou Judy Garland la réclamaient souvent. En concert, Billie Holiday ne chante « Srange Fruit » qu'en fonction de l'auditoire, pour un public réceptif. Elle quitte la scène ensuite. Le pianiste Bobby tucker raconte qu'un soir, à Los Angeles, Billie Holiday arrive pour son show, ivre, de mauvaise humeur, en retard, sous les insultes du public. Elle grimpe sur scène, et indique à Tuckler « Strange fruit ». Celui-ci s'étonne, il sait qu'après cette chanson elle n'en chante plus d'autre. Holiday se fâche, lui claque le couvercle du piano sur les doigts (qu'il retirent à temps) insiste, ordonne, chante... et quitte la scène.

« Strange Fruit » fut interdit dans certains pays, les radios avaient pour consigne de ne pas la diffuser, et peu d'artiste l'ont reprise. Nina Simone l'a chantée, Eartha Kitt et Dee Dee Bridgewater (qui jouaient au théâtre la vie de Holiday). Bridgewater ne la chante sur scène quand elle juge la sensibilité du pianiste en accord avec la chanson. Au cinéma, Diana Ross la chante dans une version tronquée, et récemment Abbey Lincoln et Cassandra Wilson (NEW MOON DAUGHTER) l'ont enregistrée. En 1998, l'album de Cassandra Wilson était disponible en écoute sur les vols de la compagnie United Airlines. Mais amputé de son premier titre : « Strange Fruit »...

Dans les années 60, années de contestation sociale, années des Droits Civiques, « Strange Fruit » avait été remplacé dans les meeting par des titres comme « We shall overcome » ou « This little light of mine » que l'on peut entendre par Springsteen sur Live In Dublin

Voilà quelques infos glanées dans ce petit livre, une centaine de pages, qui aborde d'autres sujets en filigrane.

Et bien sûr, voici le texte de « Strange Fruit » :

Southern trees bear a strange fruit / des arbres du sud portant des fruits étranges
Blood on the leaves and blood at the root / du sang sur les feuilles et du sang aux racines
Black body swinging in southern breeze / un corps noir oscillant à la brise du sud
Strange fruit hanging from the poplar trees / fruit étrange pendu dans les peupliers

Pastoral scene of the gallant south / scène pastorale du valeureux sud
The building eyes and the twisted mouth / yeux exhorbités et bouche tordue
Scent of magnolia sweet and fresh / parfum de magnolia doux et frais
And the sudden smell of burning flesh / et une odeur soudaine de chair brûlée

Here is a fruit for the crows to pluck / ce fruit sera cueilli par les corbeaux
For the rain to gather, for the wind to suck / ramassé par la pluie, aspire par le vent
For the sun to rot, for a tree to drop / pourri par le soleil, lâché par un arbre
Here is a strange and bitter crop / c'est là une étrange et amère récolte.
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