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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une certaine facette de l'Angleterre, ou la vie vue par le regard skin
Plus qu’un simple roman sur les skinheads anglais, c’est une réelle incursion dans leur monde que nous propose John King. L’occasion pour nombre d’entre nous sans doute (en tout cas pour l’auteur de ces lignes) de découvrir un univers et une culture plutôt mal connus. Nous avons en effet un certain nombre de clichés sur...
Publié il y a 22 mois par Madamedub.com

versus
3.0 étoiles sur 5 100% King
Je recommande ce livre à tous les fans de John King.

Moins bien que Football Factory mais ce livre est agréable à lire et fera plaisir aux adeptes du genre.
Publié il y a 4 mois par bhoy


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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une certaine facette de l'Angleterre, ou la vie vue par le regard skin, 28 février 2013
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Skinheads (Broché)
Plus qu’un simple roman sur les skinheads anglais, c’est une réelle incursion dans leur monde que nous propose John King. L’occasion pour nombre d’entre nous sans doute (en tout cas pour l’auteur de ces lignes) de découvrir un univers et une culture plutôt mal connus. Nous avons en effet un certain nombre de clichés sur les « skins », les apparentant tantôt aux mouvements néo-nazis ou d’extrême droite, tantôt à des hooligans à la violence systématique ; nous découvrons sous la plume de King un monde beaucoup plus subtil et divers, et en son sein la spécificité des skinheads anglais.

Le livre suit les histoires de Terry, le personnage principal, de son neveu Ray, de son fils Laurel, dit « Lol », et d’autres personnes qui gravitent autour d’eux. Terry est skinheads depuis son adolescence, et cela fait partie de son identité, c’est un trait fort qu’il met un point d’honneur à revendiquer ; mais cette identité revêt aussi d’autres aspects : il est propriétaire d’une petite société de taxis, il entreprend d’ouvrir un bar, il est veuf, il est père, il est atteint d’une maladie. Chacun de ces éléments a son importance, et l’auteur les combien pour dépeindre un moment particulier de sa vie. Ray quant à lui est divorcé et peine à remettre de l’ordre dans sa vie et dans sa tête. Laurel enfin se fraye un chemin entre le monde de l’enfance qu’il vient de quitter, et le monde d’hommes dans lequel il évolue, maintenant que sa mère est décédée. A eux trois ils représentent trois générations d’anglais, trois générations de skinheads qui évoluent dans un univers social marqué par une forme de désolation, entre résignation face aux difficultés sociales de l’Angleterre du début du 21è, et tentation constante de la rebelion. Mais la désolation est aussi en partie psychologique : chacun est en proie à des difficultés personnelles qu’il parvient plus ou moins bien à canaliser.

S’il est écrit à la troisième personne, le livre nous donne cependant le point de vue des protagonistes : c’est en réalité comme si l’auteur nous plongeait dans leur tête, s’adaptant chaque fois à un nouveau langage et à de nouvelles expressions, pour mieux nous faire passer leurs ressentis. Quelque chose nous saisit tout de suite : il s’agit d’un monde d’hommes ; c’est un monde d’hommes au sens de la « nécessité » de mettre en avant la virilité (ils doivent montrer qu’ils dont des « durs », ils se battent, ils picolent, ils doivent faire face et ne pas avouer leurs faiblesses, ne pas faire part de leurs problèmes) ; et c’est aussi un monde d’hommes en cela qu’il est caractérisé par une certaine absence des femmes. Elles sont présentes dans le récit, interviennent dans certaines scènes, ont une forte prégnance lorsque nous sommes plongés dans les souvenirs ou les pensées des personnages. Mais elles ne sont que des personnages secondaires, comme une toile de fond. Il y a certes des femmes skinheads, cela est dit, montré, répété ; mais c’est l’histoire vécue par et à travers le prisme de plusieurs générations d’hommes qui est ici mise en scène. Les incursions intimes sont celles qui sont faites dans la tête des hommes : nous entrons donc dans le monde des skins à travers leur regard. John King les accompagne sans les juger, et sans non plus en faire les victimes d’un système social difficile qui légitimerait leur colère.

Chaque époque (le récit est fait de va-et-vient permanents entre souvenirs et moments présents) et chaque ambiance sont fixées par le recours aux chansons, aux odeurs, aux saveurs. Et on découvre alors, autour notamment de « l’aventure » dans laquelle se lance Terry en décidant de rouvrir un bar abandonné, le fort aspect culturel et identitaire qui mêle au fond des éléments très divers : la forte importance de la musique comme élément originel autour duquel se fédère le mouvement skins, le football comme élément de rassemblement mais aussi d’affrontement, la fierté identitaire mêlée d’accents nationalistes. Les personnages sont en effet fiers d’être anglais, forts attachés à leur drapeau l’Union Jack, et désireux de garder leur spécificité insulaire, éloignée du reste de l’Europe. Enfin, l’auteur nous rappelle les racines populaires du mouvement skins, qui nous permet d’éclairer différemment cet enracinement identitaires : « Marston était différent d’eux, il sortait des universités, avait sans doute dû suivre des cours consacrés à l’empire, à l’esclavagisme. L’Union Jack lui parlait différemment, pour lui il symbolisait l’impérialisme et la droite dure, alors que pour les mecs ici présents c’était beaucoup plus fondamental que ça, c’était une part de leur identité, ça n’avait pas la même signification. Tout dépendait simplement du point de vue, du regard que l’on portait sur les choses ».

Cet aspect identitaire est également marqué par l’idée latente au fil des pages de liens et de transmission entre les générations, mais aussi inquiétude des plus âgés qui perçoivent des formes de « dérives » des plus jeunes vers une violence plus systématique. Car, si les personnages sont comme « pris » dans un univers empreint de violence, ils aspirent en réalité au fond d’eux à une vie plus tranquille, une vie de mari et de père de famille, faite de musiques, de potes, de bons moments : « Terry mit une livre dans le juke-box et sélectionna les quelques titres convenables. Le plus jeune était assez bon au billard et le rattraperait sans problème. La voix de Desmond Dekker emplit soudain la salle, tout le monde se réveillant sur Israelites, qu’il mit à un volume correct, bien fort, bien sympa. Terry sourit et avala le tiers de sa pinte tandis que Hawkins revenait du bar, traversant le pub en articulant les paroles du refrain. Les gars se préparaient à un après-midi tranquille. Et c’était ça le plus important dans la vie ».

On regrettera peut être la longueur de certains passages et de certains chapitres, ainsi que la lourdeur du style par moment (si John King parvient à nous plonger totalement dans la tête de ses personnages en adoptant des formes de langage particulières et bien maniées, il tend cependant à en abuser, ce qui peut rendre la lecture un peu pénible par moments) ; Mais au final, le lecteur reste accroché par cette fresque d’une certaine facette de l’Angleterre, violente et attachante à la fois, qui, tout en demeurant dans le registre de la fiction, nous en apprend plus que bien des ouvrages savants.

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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 playlist, 18 août 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Skinheads (Broché)
Une virée dans l'univers de trois générations de skinheads, le foot la musique la bière et la baston.
Le livre de John King est très dur à lâcher, outre son écriture soignée et ciselée, des personnages attachants, une humanité à la Ken Loach, il cite page après page les titres phares du mouvement Oï, du reggae au streetpunk en passant par le ska et le hardcore.
J'aime ces oeuvres qui nous immergent dans une culture, font à leur tour découvrir des films, des livres et toujours plus de musique.
Bien que certains passages un peu trop patriotique,un brin d'homophobie et de misogynie m'aient fait serrer les dents, ce livre reste la bonne surprise de mon été.

J'ai fait la playlist des morceaux cités dans Skinheads :

[...]
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Du John King dans toute sa splendeur !, 13 octobre 2013
Par 
Pierre-yves Champenois (Lyon, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Skinheads (Broché)
Malgré sa relative rareté dans les librairies (sept ouvrages seulement parus depuis 1998, dont deux non-adaptés en français), John King balade une réputation tant sulfureuse que flatteuse. Il faut dire que l'homme s'y connaît pour trouver des sujets et des thèmes polémiques pour ses romans, en alliant propos provocateurs et descriptions sociologiques épatantes de réalisme des maux qui animent notre monde contemporain.

Après s'être intéressé au hooliganisme ("Football Factory"), au mouvement punk ("Human Punk"), voilà donc ce "Skinheads", sorte de mélange plus ou moins avéré de punks et de hooligans. Le héros principal, Terry English, est un skinhead de la vieille école. Comprendre pas ceux catalogués comme tels par les médias : pas raciste, pas marginal, avec de vrais valeurs patriotiques héritées de la glorieuse histoire britannique, et surtout ne jurant que par le ska (et répudiant pour partie le punk "Oï").

Le lecteur va donc suivre ce skinhead presque bedonnant qui fait le point sur sa vie. King nous fait passer chapitre après chapitre du quotidien aux souvenirs de ce Terry English, en passant par quelques parties consacrées au neveu de Terry et à son fils. Celui qui espère trouver dans ce livre une intrigue au suspense glaçant en sera pour ses frais. L'auteur s'emploie surtout à redonner ses lettres de noblesses au mouvement skinhead : ses raisons d'être historiques et sociétales ainsi que la manière dont les médias en ont dévoyé le sens. Bref, le but du livre est globalement d'abattre les clichés sur le genre.

Si on peut regretter que le fil conducteur soit aussi ténu (avec quelques passages un peu ennuyeux car répétitifs), on ne pourra qu'apprécier de lire un ouvrage qui sort des sentiers battus (et rebattus). Certains passages pourront également être facilement taxés de populistes, l'auteur s'en étant fait une spécialité, mais ils ne nuisent nullement à la qualité générale de l'ouvrage ; celui-ci préfère s'axer sur le destin d'hommes (et de femmes) qui ont choisi de ne pas se placer dans la conformité que le modernisme ambiant exigeait. Peut-être pas le meilleur John King, mais globalement très satisfaisant !
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3.0 étoiles sur 5 100% King, 14 août 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Skinheads (Broché)
Je recommande ce livre à tous les fans de John King.

Moins bien que Football Factory mais ce livre est agréable à lire et fera plaisir aux adeptes du genre.
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4 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 100% John King, 9 novembre 2012
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Skinheads (Broché)
N'attendez pas une révolution littéraire... mais ceux qui ont déjà lu John King et qui ont aimé dévoreront ce bouquin.
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Skinheads de John King (Broché - 31 mai 2012)
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