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109 internautes sur 122 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 « Nul n’est censé ignoré la réalité »…
Cela fait longtemps que j’observe l’auteur… de loin (un peu trop extrémiste à mon gout !) Et pourtant ! J’ai franchi le cap de lire un de ces bouquin. Et s’il avait raison ?
Je crois maintenant à une véritable sincérité de ce monsieur. Alain Soral revendique de défendre le peuple. A la...
Publié il y a 20 mois par Frédéric Bastani

versus
46 internautes sur 54 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Instructif.
A mon avis, livre tres interessant et instructif. Ca change de ce que les medias officiels nous montrent (ou nous imposent). Chacun se fait son propre opinion et l'on est pas oblige d'etre d'accord avec Alain Soral mais il me semble important, pour quiconque souhaite elargir sa vision sur l'evolution du monde actuel de lire "Comprendre l'Empire". De plus, je trouve le...
Publié le 25 avril 2012 par Frederic


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34 internautes sur 63 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Le tapis ou la Croix, 4 mars 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comprendre l'Empire (Broché)
Cela fait quelques années maintenant que je suis Alain Soral, bien avant ses apparitions télévisuelles. J'avais été fasciné par sa rhétorique qu'il avait pu ciseler grâce à une initiation de la rue, la vraie, et à un communisme d'appareil - une très bonne école où l'on associait lambertisme qui fera dire à Pasolini « Gauchisme, maladie verbale du marxisme ! » et léninisme acéré - et son analyse sociétale, ouvertement pamphlétaire. Le personnage me plaisait très vite ; induction vérifiée complètement par le visionnage de son film, « Confession d'un dragueur », sorte d'application sur pellicule (éphémère, hélas, mais guère anodine...) de l'essai coriace bien que non dénué d'humour, « Sociologie du dragueur », dans la tradition des films populaires italiens ou français des années 50 qui ne nous servaient pas des images d'Épinal comme du ketchup à la française style « Bienvenue chez les Chtis » - ce dernier étant ouvertement raciste, selon la stricte tradition républicaine, si on se prend la peine de bien regarder ; à ce titre, on attend l'appel au procès de messieurs de SOS racisme - on vous paie pour ça et puis y aurait du fric à se faire, n'est-ce pas ?

Au fil des années, j'ai suivi en silence son parcours, avec une vraie tendresse intellectuelle.
Aujourd'hui, je me dois de révéler certaines choses qui ne lui plairont sans doute pas, mais qui sont toujours animées d'une critique généreuse. Cette critique s'adresse aussi à cette génération qui l'écoute avec un vrai esprit de curiosité et une envie de révolution.

Je ne reviendrai pas sur le constat : il est logique, lucide, implacable, et justifie l'achat du livre pour comprendre les mécanismes économiques et géo-stratégiques d'une véritable Société qui se met en place, peu à peu depuis au moins deux siècles.
Je salue également son courage qui, malgré les coups, obéit aussi à une victimisation (j'y reviendrai) qui me fait penser à ces personnages dostoïevskiens ultra lucides jusqu'à la folie romantique des Les Démons, tome 1 (peu aimés de Lénine, évidemment), occasion de jouer un personnage historique, au service de ce qu'il faut bien appeler un mythe.

L'objet de ma critique constructive (j'espère qu'il me lira) repose sur des propositions de lectures que j'ai à lui faire, à lui et à ses camarades, pour éviter ce qui m'apparaît plus que jamais comme de très regrettables raccourcis. Je vais tenter de faire bref, promis.

D'abord : l'éternelle confusion entre la théologie et la sociologie. Même s'il reconnaît ne pas avoir la compétence et l'autorité pour traiter de la question théologique qu'il travaille toutefois en silence, il n'évite pas la confusion - hélas, Fourest fait la même -, surtout quand il parle de Vatican II.
Très curieusement, autant appelle-t-il de ses voeux une distinction entre le spirituel et le temporel dans le cadre français au nom de l'universalisme républicain, autant se refuse-t-il à faire cette distinction lorsqu'il traite de Vatican II ; il a tellement fini par croire, avec raison, que la social-démocratie n'avait rien de chrétienne - Pasolini l'avait très bien vu -, qu'il a été jusqu'à réduire l'Eglise à la social-démocratie !
S'il est vrai qu'au cours de son histoire, l'Eglise a pu avoir des tentations théocratiques, elle a en retour produit des hommes d'exception et peut même remercier, d'ailleurs, ceux qui n'en faisaient pas partie - c'est l'un des objets sublimes du discours de Vatican II - et qui, s'élevant contre ses dérives, parfois en ennemis, la redressèrent, selon une dialectique de l'histoire qui échappe évidemment à ceux qui en sont restés à la grille de lecture « sociologique », non moins pertinente.

Vatican II est la reconnaissance de la matrice judéenne du christianisme ; c'est un fait, ce n'est pas un aveu de faiblesse.

En conséquence, afin de sortir des délires sur les « turbulentes écritures orientales » comme le déclarait avec cynisme Maurras, j'encourage sérieusement, Soral et ses camarades, la lecture des travaux de Genot-Bismuth Homme Nomme Salut qui anéantissent scientifiquement de tels fantasmes. Il faut revenir au sérieux et je le dis sans hauteur mais avec une vraie préoccupation.
Quant à l'anti-judaïsme prétendument philosophique : si Céline avait lu la Bible en profondeur, il aurait été Ernest Hello ou Huysmans et il aurait compris jusqu'au bout cette déchirure du judaïsme de tradition pharisienne, qui hésite ou refuse à suivre le prophétisme hébreu pour des raisons qui sont très bien expliquées par la théologie sérieuse. Si le gauchisme est l'idiot utile de la mondialisation comme le rappelle si bien Soral, il faut croire que "l'antisémite", lui, est une sorte de délirant utile à son interprétation : Fabrice Hadjadj fait observer dans La profondeur des sexes : Pour une mystique de la chair « que le plus spirituel puisse se donner à travers la chair et que l'union des sexes puisse en être le signe majeur, le mystère d'Israël est là. Alors que les autres peuples sont enracinés à une terre et rendus par là périssables au gré des conquêtes, l'enracinement est ici d'abord sexuel. Là-dessus, l'antisémite a l'instinct de cette aberration. Son rationalisme le pousse à la réduire. Nationaliste, il accuse le Juif d'être cosmopolite. Universaliste, il l'accuse d'être trop national. Spiritualiste, il le trouve trop charnel. Epicurien, il le trouve trop légal. »
Les prophètes de l'Ancien Testament, s'ils ne sont pas anti-juifs, sont résolument anti-nationalistes. Il y a une opposition constante entre le nationalisme hébreu et le prophétisme hébreu dans le développement de la Torah ; il est encore opérant aujourd'hui avec la question du sionisme mais, à aucun moment, on ne doit le confondre avec la question spirituelle : le sionisme étant, au départ, qu'on le veuille ou non, une aspiration de gauche imprégnée d'universalisme franc-maçon repris, plus tard, il est vrai par une aspiration théocratique. Ce n'est pas anodin si, dans cet étrange paradoxe que je vais tenter de montrer, Soral a balayé les remarques de Michel Collon à ce sujet. Je m'empresse d'ajouter que le sionisme trahit une méconnaissance radicale du prophétisme hébreu, prophétisme hébreu qui refuse depuis le départ la création d'une nation juive. Un paradoxe emblématique de beaucoup de Juifs qui ne le sont que par tradition familiale - à titre d'exemple, Alain Finkielkraut (ou BHL) ne connaît guère que quelques mots d'hébreu et, pourtant, il n'hésite pas à parler de "destin" d'Israël. Cela "le dépasse", bien qu'il soit athée. Nous savons que le sionisme est la création d'un état d'Israel élaboré par des Juifs assimilés, parfois convertis au catholicisme (ou protestantisme), et qui veulent se débarrasser de leur histoire ; j'ajoute que beaucoup de sionistes comme Herlz sont d'ailleurs ouvertement antisémites ! Ce qui m'invite à dire que le sionisme est un judaïsme falsifié, sorte de gnose au service du marché et l'anti-sionisme, un anti-judaïsme qui, souvent, ne s'assume pas parce qu'il réduit le judaïsme orthodoxe à une Kabbale ou à un Talmud. Les sionistes qui envoient de l'argent à Israël me font penser aux goïm qu'ils raillent, qui envoient leurs parents abandonnés dans des camps en leur payant le séjour à coups de repas et d'opulence hygiénique. Si le judaïsme authentique est la reconnaissance de la victime de manière quasi scientifique, le sionisme serait son exhibition. Leibowitz ne dit rien de moins... et bien plus.
Mais je veux aller plus loin que la sociologie et vous propose un extrait d'un grand Monsieur :

« L'antijudaïsme et l'anti-christianisme, c'est la même chose.
L'antisémitisme chrétien n'existe pas, n'a jamais existé et ne peut pas exister, pour la même raison qu'un cercle ne peut pas être carré. Ce qui a existé, depuis les origines, en Gaule, en Germanie, en Russie, dans les pays slaves et ailleurs ce sont des populations païennes plus ou moins christianisées, prétendues chrétiennes ou supposées chrétiennes, qui ont massacré leurs frères judéens dispersés, comme des païens qu'ils étaient restés en réalité. L'Empire prétendu chrétien de Constantinople a aussi massacré les Samaritains, c'est-à-dire les Hébreux du royaume du Nord et les Judéens. Ce qu'on appelle improprement l'antisémitisme, et qui est en réalité l'anti-judaïsme, est essentiellement païen.
Il faut soigneusement distinguer, dans tous les cas, une doctrine - et ceux qui prétendent la recevoir et qui la trahissent le plus souvent. Cela est vrai pour le christianisme comme pour le socialisme ou tout autre doctrine.»
Judaïsme et christianisme, Claude Tresmontant.

Il est à repérer une montée de ce glissement historique : l'antisémitisme du XIXe siècle, durant l'ère des nationalismes, est une réponse à l'anti-judaïsme prétendument philosophique, celui de la plupart de l'idéalisme allemand qui remonte au moins à Luther, jusqu'à Heidegger - qui se révèle au grand jour, durant notre ère cosmopolite ; ce glissement sémantique se trahit en reconnaissant, bien malgré lui, que le judaïsme est une métaphysique (de la création) DONC une philosophie digne d'interrogation métaphysique qui ne fait qu'un avec l'expérience.
Avant, on ne voulait pas en entendre parler, les Romains, si religieux, s'en moquaient ; les Grecs, religieux même dans les mathématiques, la trouvaient totalement folle ; Fichte disait que l'idée de création est l'erreur philosophique absolue ; Léon Brunschvicg estime que c'est un enfantillage, une idée qui relève de la mentalité primitive ou archaïque, loin de ce fameux Logos.
De leur côté, les philosophies de Platon, de Plotin, comme celles de Spinoza, de Fichte, de Hegel, de Schelling, et finalement de Marx, sont loin d'être délivrées du contenu mythologique hérité, par-delà la philosophie grecque archaïque, des religions helléniques antiques.
Les mythes de la divinité de l'âme, de la pré-existence de l'âme, de la chute de l'âme, la divinisation des astres, le mythe de l'éternel retour, les mythes théogoniques qui informent la philosophie de la religion chez Hegel, les thèses métaphysiques qui confèrent au monde les prédicats de l'absolu - aséité, infinité, éternité, suffisance ontologique, etc - et qui reviennent à diviniser le cosmos, tout comme Héraclite et Aristote le faisaient, tout ce matériel pré-rationnel, et en fait irrationnel, hante les philosophies jusqu'aujourd'hui. Nos libres penseurs sont moins libres qu'ils ne le pensent, et encore trop religieux, quoique dévots de religions qui fleurissent bien des siècles avant notre ère. La philosophie moderne actuelle est encore tributaire des religions égyptiennes, assyro-babyloniennes, helléniques, et même indiennes, qui régnèrent avant le christianisme.

De plus, laisser entendre que l'ouverture au dialogue de Vatican II avec les autres religions serait une « validation » de celles-ci est une malhonnêteté ou une méconnaissance. Les valider, OUI, comme faits religieux à l'intérieur desquels Dieu se manifeste en quelque manière ; les valider, NON, s'il s'agit de les considérer comme des voies alternatives au christianisme pour aller vers Dieu. L'Eglise n'a pas attendu Vatican II pour évoquer les « semences du Verbe » dans les autres religions (cf. les pères de l'Eglise). Et Vatican II présente le catholicisme comme l'unique vraie religion (cf. Dignitatis Humanae, n°1 :[...]doctrine réaffirmée récemment dans la Déclaration Dominus Jesus :[...]

Contrairement à ce que Soral écrit, L'Evangile ne vient pas « abolir » l'Ancienne Alliance, mais l'accomplir, l'achever. C'est complètement différent.
Le sachant ou non, Soral rejoint ainsi la tradition de Marcion qui séparait déjà l'Ancienne Alliance de la Nouvelle, tradition qui va au moins jusqu'à Hegel avec lequel il sympathise - ne serait-ce que par la méthode adoptée de son essai - même s'il rejette l'avènement de l'Esprit dans l'histoire - Soral est du côté de Nietzsche pour l'éternel retour : il ne voit pas le mouvement qui s'opère de plus en plus vers la Révélation (=pas dans le sens théogonique hégélien), même s'il admet que les temps ont un parfum d'apocalypse... Dès le début de son livre, dans son chapitre "Dieu et la raison", il déclare : « L'Histoire n'a ni début ni fin » !
Force est de constater que si l'Histoire a des analogies très bien repérées, il est vrai, par Asselineau, elle n'a pas de répétitions. Bergson a très bien (dé)montré que nous allons du plus simple au plus complexe, n'en déplaise à Guénon qui voit dans cette montée aux extrêmes une pure dépravation en vue d'illustrer un éternel retour dans la tradition d'une gnose hindoue totalement déconnectée des sciences expérimentales et des exigences de l'astrophysique dont se moque volontiers Guénon, ce qui ressemble, en substance, à une posture puritaine qu'il condamne, par ailleurs ; si le rejet de l'aristotélisme de sa La crise du monde moderne est le rejet de l'expérimental donc de la raison qui la valide, il retrouve Kant et sa misologie ; Kant, que je sache, n'était pas catholique mais luthérien ; Luther, pour qui, rappelons-le, la raison est « la putain du diable ».
Oui, nous sommes dans un monde qui tue beaucoup de victimes... mais nous sommes aussi dans un monde qui en a le plus sauvé.
Et ça, on ne veut pas le voir, on ne veut pas aller au bout du message.

D'ailleurs, dans le passage consacré à Vatican II, c'est très frappant, il dit "au delà de l'alibi pastoral et doctrinal," il le balaye alors que c'est LUI qui compte.
Il faut qu'il sache une bonne fois pour toutes que l'Eglise n'est pas une institution au même titre que le conseil du Culte musulman ou la caisse de prévoyance qui sont des créations humaines. C'est un fait : l'Eglise est un CORPS spirituel qui n'est dû qu'à la résurrection du Christ. Sans cette résurrection, il n'y aurait pas eu d'Eglise. C'est aussi simple que cela. Si on ne croit pas à cela, on n'est pas chrétien. On est, tout au plus, christianisé.
J'invite à la lecture du très lucide Claude Tresmontant ; qu'on se rassure, ce n'est pas de « l'obscure scolastique », ce n'est certes pas très attrayant comme la philosophie tentante de l'idéalisme allemand qui n'est, bien souvent, qu'une psychologie transposée en philosophie (avec ses belles intuitions) mais ça a le mérite d'être limpide comme de l'eau de roche.

Ainsi, observe-t-on une telle confusion entre théologie et sociologie, y compris chez certains intellectuels brillants se revendiquant du catholicisme comme Pierre Hillard ; même s'ils reconnaissent volontiers, au départ, une distinction, ils sombrent aussi dans cette tentation ô combien réductrice. C'est bien connu, au nom d'une virilité souvent fantasmée qui ne trahit que la fragilité de leur foi, les traditionalistes veulent se faire plus catholiques que le Pape ! Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un brillant géopoliticien, comme Soral dans une autre mesure, avec cette authentique sociologie des rues dont il se réclame, dans la tradition d'un Audiard, d'un Céline, d'un Bloy.

Ce qui m'amène au point suivant : la foi. Il faut s'entendre sur ce mot. Soral fait toujours cette erreur de mettre le Logos du côté des grecs et la compassion du côté du christianisme, comme s'il y avait la raison d'un côté, la foi de l'autre. (p.169). Il ne semble pas sortir de ce constat ; il faut le marteler : c'est faux.
Le fidéisme qui voudrait que ce soit le Logos d'un côté, la « compassion » et les bons sentiments chrétiens de l'autre, n'est pas la tradition du monothéisme hébreu ; le fidéisme nous vient, en partie, du platonisme et de la Réforme, jusqu'à Kant, le véritable ange exterminateur de la théologie pour avoir réduit la foi à un principe de morale, un jugement a priori.
Le fidéisme, c'était aussi Averroes, très apprécié des « penseurs » musulmans, par ailleurs, surtout aujourd'hui redevenu à la mode pour légitimer un Islam intellectuel (soufisme) - ce n'est d'ailleurs pas anodin si une partie de l'élite de la civilisation musulmane a pu pactiser économiquement avec l'élite puritaine de la côte-Est américaine : comme la foi n'est pas de l'ordre de la raison, on peut très bien s'entendre par des contrats... jusqu'à provoquer des conflits de civilisation.
Mais tout le projet de Saint Thomas s'est efforcé d'aller contre cette pensée, à juste titre : "Je crois car j'ai des raisons de croire". Le reste n'est qu'initiation, gnose, théosophie, et ne repose sur aucune donnée expérimentale. A la pensée "a priori", la conviction subjective - et Dieu sait si elle est fragile ; dès la moindre crise affective, elle éclate ! -, il faut préférer le rationalisme intégral qui n'érige pas la raison en absolu mais comme MOYEN d'atteindre des vérités, la vérité.
Je rappelle que "Emounah" en hébreu signifie "certitude", "savoir" - "amen" : "cela est vrai !" ; on l'a traduit en grec par "pistis" (croyance)/ En France, quand on dit "je crois que" on sous-entend une hypothèse. On n'est pas certain. On a perdu le sens des mots... et le sens de la foi.
Sur la dialectique du peuple hébreu, je renvoie au Le prophétisme hébreu de Claude Tresmontant ; il explique très bien que chaque prophète, au départ, va à l'encontre de Dieu ; que le peuple hébreu attaché à la terre plutôt qu'à Dieu finit par connaître cette étrange punition historique qui choque forcément des sociologues superficiels ou des journalistes aliénés.
Ainsi, dans la tradition judéo-chrétienne, foi ne désigne pas le mot de croyance, dans le sens d'une sensibilité, d'une intimité à confiner dans la sphère privée, n'en déplaise à l'universalisme républicain, dégénérescence historique du christianisme orthodoxe - raison pour laquelle sa doctrine relativiste a été condamnée par l'Eglise.
Ce n'est que l'apport grec qui traduit foi par « pistis », classée par Platon comme une « croyance sujette à erreur », bien en-dessous de la divine Sophia, du Logos, du discours, du verbe tant vénérés des Républicains - ce style du panache (très beau mais aussi très faux) dont se revendique Soral.
La foi, chez Saint Paul ne s'oppose pas à la connaissance, comme chez les gnostiques. Elle est connaissance, connaissance de Dieu, intelligence du mystère de Dieu manifesté en son fils AVEC ses oeuvres, à partir de ses poèmes. Cette tradition hébraïque se retrouve aisément dans les Livres de Sagesse.

C'est pourquoi cet obscur et éternel « helleno-christianisme » d'inspiration maurrassienne, est une falsification. Elle trahit tout de suite une expression gnostique absolument contraire au christianisme orthodoxe. Il faut le savoir tout de suite : les deux sont incompatibles (lire absolument Le Realisme Chretien Et L'Idealisme Grec (1904) du géant Lucien Laberthonnière pour s'en convaincre). L'un révèle l'autre (=Saint Thomas d'Aquin) et si l'un interpénètre l'autre, alors cela devient une gnose qui a pu donner, notamment, les belles idées de la République avec sa belle Marie-Anne, dont se réclame ouvertement Soral au nom de la « réconciliation nationale » toute hégélienne (et donc optimiste). La taquinerie n'étant que "la méchanceté des gentils" d'après Balzac, je ferais observer que tout le système hégélien vient de... la Kabbale de la théosophie de Jakob Böhme. Tout cela est cohérent. C'est du pur romantisme philosophique.

Comment comprendre cette dégénérescence qui n'est jamais mise en avant par Soral ? Fabrice Hadjadj a tenté de comprendre cette évolution :
« Le temps n'est plus celui de la mère allaitante mais de la séduisante vedette. Le temps n'est plus de la nation orgueilleuse ni du jacobinisme austère. C'est celui du divertissement commercial. (=très bien vu par Soral et Debord)
Nous sommes passés d'une Marianne nationaliste-nataliste (=celle qu'aime Zemmour jusqu'à la mélancolie) à une Marianne libérale-malthusienne (=celle que déplore Soral à juste titre). La première est la figure d'un patriotisme abstrait, la seconde est l'image d'un consumérisme spectaculaire. Celle-là est l'avorteuse à mort, car il faut, contre les Prussiens, repeupler le pays. Celle-là est favorable à l'avortement, car chaque femme doit pouvoir disposer de son corps pour mieux les livrer à l'emploi et à la marchandise. Le natalisme de la première a certainement provoqué, en réaction, l'abortisme de la seconde : mon ventre n'est pas l'antichambre de la caverne. Mais l'une et l'autre s'accordent pour ne voir dans l'enfant qu'un MOYEN de puissance nationale ou de bien-être individuel.» (La profondeur des sexes : Pour une mystique de la chair p.231)

Achever Clausewitz de Girard fait s'effondrer l'engagement marxiste-léniniste et, surtout, Hegel, décidément trop optimiste quand il croit que la réconciliation du maître et de l'esclave - sorte de collaboration de mythes - est le salut national qui ouvre le champ d'un tiers, lui aussi mythique : l'universalisme rousseauiste.
Quand on se réclame du Logos et de la logique intégrale, il faut aller au bout : le roman national est un roman romantique qui ne fait pas sens avec la réalité ; et le christianisme est bien cette révélation avec, surtout, le judaïsme.
C'est pourquoi, me semble-t-il, on peut parler de « mythe » républicain qui ne repose sur aucune Révélation et explique la pudique discrétion des « sociétés secrètes » associées au royaume Bancaire qui prend une coloration éminemment satanique - bien qu'il ne faille pas la diaboliser, si on est chrétiens. Je rappelle que Satan signifie « accusateur » comme le confirme très nettement René Girard qui ne semble, là encore, pas avoir été compris, je le crains, par Soral.
A ce titre, dans son très court passage consacré à la rivalité mimétique, il écrit :

« Comprendre la force du réseau c'est aussi comprendre sur le plan psychologique, la construction, par ce laborieux travail d'initiation et de rites d'un véritable "être collectif" où le succès de l'autre, considéré comme succès de soi, permet de surmonter la "rivalité mimétique" cette rivalité inter-dividuelle dont René Girard nous apprend par toute son oeuvre qu'elle est un des moteurs du rapport à l'autre, et qu'elle constitue - en dehors des rivalités de classes- l'obstacle psychologique majeur à la solidarité collective... » (p.111)

1) Le succès de l'autre ne permet JAMAIS de sortir de la rivalité mimétique. Il reste dans son hégélianisme qui croit qu'il y a consensus pacifique entre le maitre et l'esclave (même entre l'apprenti et le compagnon...); "Achever Clausewitz" de René Girard démontre très bien que cette "réconciliation" est un authentique « combat sans merci entre deux jumeaux » qui n'est plus conscience humaine acquise par la raison mais par le DESIR, dont Clausewitz est l'antidote, révélant, entre autres, que le léninisme n'est rien d'autre qu'une forme d'hégélianisme militaire.

2) La rivalité mimétique n'est absolument pas en dehors des rivalités de classes qui, si elles vont de plus en plus éclater, sont mises en lumière grâce à la psychologie inter-dividuelle qui va bien plus loin que la grille de lecture marxiste restée prisonnière de sa critique de l'économie - même avec toute la lucidité d'un Clouscard ; Voir les travaux de Dumouchel ou de Dupuy (qu'on ne soupçonnera pas de complicité science-po ; d'ailleurs L'enfer des choses est totalement déconsidéré, pour ne pas dire rayé de toute édition, et ils ne crient pas au complot de la Banque) : « La théorie économique, libérale ou marxiste, repose sur la conception la plus simple, la plus mensongère, des rapports sujet-objet : le sujet désire l'objet, ou il a besoin de lui : goûts, préférences, besoins subjectifs, besoins objectifs, c'est toujours une flèche qui part du sujet et vient se fixer sur l'objet. La figure géométrique qui dessine "l'effet de signe" n'est plus la flèche, mais le triangle. Ses sommets sont : le sujet, l'objet et les Autres. Le sujet désire l'objet parce qu'il pense que ce n'est que par sa MEDIATION qu'il captera le regard des autres : regard d'admiration, de considération, de respect, d'estime, de confiance, de reconnaissance, d'amour. » (p.23)

3) La solidarité collective est un optimisme philosophique qui lui vient de son proudhonisme d'inspiration rousseauiste. C'est folie de croire cela dans le monde occidental, tout au moins. On est solidaire toujours CONTRE un bouc-émissaire.
Nous sommes passés à la fin de la guerre qui est l'autre nom de l'apocalypse, pour Girard et « la dialectique du maître et de l'esclave [lui] a toujours semblé irénique. Elle ressemble à ce que les éthologues nous disent des réseaux de dominance dans les sociétés animales. »
Preuve que le parcours de Soral est très cohérent, Girard fait observer : « Ce qui manquait au léninisme, c'était le religieux [...] il y avait déjà dans l'idéologie diffusée par Staline des éléments para-religieux qui annonçaient des contaminations de plus en plus radicales, à mesure que le temps passerait. » (p.359)

En conséquence, "Egalité et réconciliation" peut être considéré, sans provocation, comme « l'organe utile » de la franc-maçonnerie et de ses idées théosophiques : immanentisme qui professe l'étincelle divine à l'intérieur de chaque être, union sacrée de toutes les spiritualités au service d'un relativisme religieux sans Révélation avec, sur l'autel, le fameux Logos, la Raison virtuose comme absolu qu'il faut sans cesse sacrifier pour le jeu hégélien du chaos, expression typiquement issue de la gnose juive, qui peut tout à fait s'associer au soufisme qui, lui, peut intégrer la sphère républicaine car séparant ouvertement foi et raison.

Il se situe, non sans logique, dans la tradition du « club » pré-révolutionnaire, exactement comme le début des loges naissantes, empreinte d'une exigence Gramscio-guénonienne. Quant à « la gauche du travail et la droite des valeurs », c'est, pour ceux qui l'auront compris, au mot près, la logique d'un national-socialisme dédiabolisé, avec espace vital non pas à répandre mais à sauvegarder (la patrie Française et son mythe à régénérer), c'est-à-dire païen, exactement comme l'universalisme français... mais exactement, aussi, comme le sionisme.
Après avoir lu A rebours de Huysmans, l'écrivain catholique Barbey d'Aurevilly, avait soumis une étrange prédiction à l'auteur, exactement comme avec Baudelaire : il lui resterait à choisir entre « la bouche d'un pistolet ou les pieds de la croix ».
A Soral, christianisé mais guère catholique, je réponds, en guise de clin d'oeil sincère : il lui reste « le tapis ou la croix » et, pour l'aider, je l'invite déjà à découvrir les travaux absolument fascinants de Bruno-Bonnet-Eymard ainsi que ceux de Edouard-Marie Gallez consacrés à l'Islam...

Jérémy Marie, honnête homme.

(les deux étoiles, c'est pour qu'on me lise au bout, je recommande ce livre pour comprendre les stratégies de réseaux ; le paradoxe est qu'il aura fallu un intellectuel dissident pour faire le boulot du jacobinisme français totalement déconnecté, dans ses universités, de la question sociologue reléguée à une science "sortilège" : l'économie)
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5.0 étoiles sur 5 Du grand art. 20/20, 28 décembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Comprendre l'Empire (Broché)
Ce livre est juste parfait. Si vous voulez enfin savoir la vérité, faut le lire, elle est dedans.
Bien écrit et simple à comprendre. A.Soral n'a pas essayer de faire de la "littérature" et c'est tant mieux. Il va droit au but et c'est pour cela que ce livre est aussi bon.
Si seulement des types comme lui pouvaient se multiplier, le monde changerait rapidement.
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5 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 grand classique à lire absolument, 6 juillet 2013
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Celui qui veut mieux comprendre comment on en est arriver là et celui qui veut se rêveiller et cesser de croire dans les politiquement correcte qu'on nous fais gober ce livre est fait pour vous.
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4 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Très fort!, 30 mars 2014
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Un grand merci a un grand homme; Alain Soral a fait l'boulo! Rien a dire; a lire de toute urgence!
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6 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 ENORME, 18 juillet 2013
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tout deviens limpide et clair comme de l'eau de roche! ouvrez les yeux , la révolution n'est pas loin. Excellent ouvrage, donne envie de rencontrer l'homme car il n'a pas peur de dire la vérité.
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Aucun internaute (sur 2) n'a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Interessant, 1 décembre 2014
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Intéressant mais un peu "brouillon". On se perd facilement dans les explications et dans le cheminement de sa pensé. Le plan n'est pas très clair. Même si le fond est intéressant et pose de réelles questions, la forme (pour moi en tout cas) manque de clarté.
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3 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très bien, 30 mars 2014
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Excellente analyse du système en place , ou comment le système met en place "l'antisémitisme" pour protéger l'idéologie , racialiste , raciste , et d'apartheid qu'est le sionisme .
Les plus antisémites sont bien les sionistes par les actes , la prise en otage de la communauté juive et la pseudo légitimité des associations de défense qui en réalité alimentent l'antisémitisme .
Livre à lire , au moins pour avoir une vison autre que celle des "Merdias" dominant .
Après chacun est libre de ce faire sa propre opinion , même si elle est contraire à ce que pensent les "bien-pensants".
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2 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Intéréssant mais difficile, 5 avril 2014
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C'est un livre très intéréssant mais très difficile à lire.
Il s'adresse à un public averti.
Autant son auteur est très pragmatique et compréhensible dans ces conférences, autant il est trés compliqué à comprendre dans ces écritures.
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3 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Comprendre l'empire : Demain la gouvernance globale ou la révolte des..., 14 décembre 2012
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Une tentative d'imposer par la ruse un pouvoir dictatorial qui met, à l'horizon 2012, le monde occidental face à un choix qui l'engage tout entier : la dictature de l'Empire ou le début du soulèvement des peuples ; la gouvernance globale ou la révolte des Nations. NOTRE FUTUR !
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4 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 un classique, 30 décembre 2012
Par 
Daniel Roux - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Comprendre l'Empire (Broché)
Ce livre est désormais un classique de la pensée résistante moderne.
Trés bonne introduction à la dissidence , il est à la fois un rappel historique, sociologique, économique, financier et religieux.
Beaucoup d'informations qui appellent d'autres lectures futures.
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Comprendre l'Empire
Comprendre l'Empire de Alain Soral (Broché - 10 février 2011)
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