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"Le Quai de Wigan" (The Road to Wigan Pier, en anglais), ouvrage de George Orwell, est d'abord une sorte d'essai anthropologique sur les mineurs de Wigan, site industriel minier du nord de l'Angleterre dans les années 1930. Pour l'occasion, Orwell s'est totalement immergé dans le milieu ouvrier, se logeant chez l'habitant, accompagnant les travailleurs jusqu'au front de taille. L'expérience a fortement marqué l'auteur qui a découvert à cette occasion le travail effroyablement épuisant des mineurs, leurs conditions de vie difficiles parfois proches de la misère, mais aussi la dignité humaine de ce milieu par rapport à leurs homologues petits bourgeois paupérisés dont les revenus étaient parfois inférieurs aux leurs.
La seconde partie de l'ouvrage est plus directement politique : Orwell essaye de comprendre pourquoi l'idée de socialisme apparait souvent comme un repoussoir aux prolétaires. L'idée finement développée ici est que quiconque est incapable de pratiquer quotidiennement le travail des prolétaires [classe formelle], ne peut exprimer à leur place leurs positions et leurs aspirations de classe (car, par exemple, n'est pas mineur qui veut). Or, tous ceux qui professent les idées socialistes (ou communistes) sont soit des petits-bourgeois, soit d'ex-prolétaires qui ont définitivement quitté la vie productive via la bureaucratie syndicale [classe définitionnelle].
L'un des derniers chapitres (XII), magistral et visionnaire (avant Ellul) est consacré au développement irrésistible du machinisme dont le rôle pourrait être fatal au genre humain. La compromission totale entre le "progrès technique" et le "socialisme scientifique" est d'ailleurs l'un des facteurs donnant au socialisme une couleur inquiétante. Orwell se demande si la finalité ultime du progrès mécanique n'est pas d'aboutir à un monde peuplé d'automates (p.212). L'analyse est d'autant plus pertinente qu'elle ne pouvait avoir anticipé le développement de l'informatique qui allait lui donner corps.
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19 sur 21 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
100 PREMIERS RÉVISEURSle 8 juillet 2012
Dans l'essai qu'il a consacré à George Orwell, " Orwell - anarchiste Tory" Orwell, anarchiste Tory: suivi de A propos de 1984, Jean Claude Michéa fait référence à de nombreuses reprises à un ouvrage méconnu de l'écrivain britannique : "The road to Wigan Pier", traduit en français sous le titre "le quai de Wigan". Intrigué, je m'étais promis de lire un jour ce livre et bien voilà...c'est chose faite !

Début 1936, George Orwell part enquêter sur les conditions de vie des classes laborieuses du nord industriel de l'Angleterre, symbolisé par des villes comme Sheffield, Manchester, Leeds ou Wigan...A mesure qu'il s'enfonce toujours plus au nord, il y découvre des paysages ravagés, dépourvus de végétation, parsemés de terrils fumants et d'usines puantes, autour desquelles s'agglutinent des rangées de maisons ouvrières, délabrées et insalubres...L'écrivain, qui s'est installé dans une pension de famille miteuse où l'on dort à quatre par chambre, découvre les conditions de vie effroyables de la classe ouvrière, mineurs, métallos, mais surtout chômeurs qui ne subsistent plus que grâce à de maigres allocations publiques. Car la crise est passée par là, importée des USA (déjà !) et en cette année 1936, deux millions de personnes, dont 250.000 mineurs, sont inscrites au chômage !

Orwell décrit méthodiquement tout ce qu'il voit. Il se rend au fond des puits de mines pour appréhender au plus près les conditions de travail des mineurs. il visite les maisons, juge de leur confort et de leur insalubrité. Il étudie les revenus et les budgets des familles, observe leurs us et coutumes (alimentation, habillement...). Il évalue les politiques publiques à l'oeuvre....bref un véritable travail d'anthropologue urbain, ne ménageant ses critiques, ni vis à vis des autorités, ni à l'égard des ouvriers.

L'un des passages les plus intéressants du livre concerne l'analyse que fait Orwell de la société de classes britannique. Il constate que si les différences d'éducation et de richesse sont un facteur déterminant dans la hiérarchisation des classes, l'hygiène joue également un rôle extrêmement important. Exerçant des métiers physiques dans la crasse et la sueur, habitant des logis poisseux dépourvus d'eau courante, les ouvriers, et particulièrement les mineurs, se trouvent dans l'incapacité matérielle d'avoir une hygiène corporelle correcte (peu de mines possèdent alors des douches ..) et donc ils puent, ce qui renforce les préjugés de classes. Pour autant, l'écrivain est impressionné par la dignité et la franchise des relations qui imprègne cette société, respecte ses propres valeurs et où, malgré des conditions de vie abominables, la solidarité n'est pas un vain mot...

Dans la seconde partie du livre, Orwell s'interroge sur son positionnement de classe (questionnement typiquement britannique !) et son engagement en faveur d'un socialisme démocratique. Malgré l'absence de patrimoine et des revenus proches de ceux d'un ouvrier, l'écrivain estime toutefois appartenir, compte tenu de son éducation, à la "classe moyenne inférieure supérieure". S'en suivent des développements tout à fait savoureux sur la société anglaise et ses distinctions de classes, propos totalement incompréhensibles pour nous français...Comme quoi, Mars est moins loin qu'on ne le croit parfois !

Sur le socialisme, en revanche, bien que sa pensée demeure encore embryonnaire et confuse sur certains points, Orwell fixe dans ce livre les grandes lignes qui guideront son engagement et sa réflexion jusqu'à la fin de sa vie. Pour lui, et compte tenu de ce qu'il vient de décrire dans la première partie, le socialisme doit avoir pour but la défense de la justice et de la liberté et donc, en premier lieu, l'amélioration du sort de la classe ouvrière et, par extension, celle du plus grand nombre. Mais Orwell constate à ce propos que le pire ennemi du socialisme pourrait bien être les socialistes eux-mêmes. L'écrivain s'inquiète en effet de ce que le mouvement socialiste attire tout ce que la Grande Bretagne compte d'illuminés, de naturistes, de suffragettes, de végétariens et autres amateurs de régimes macrobiotiques, ce qui a pour effet de faire fuir un grand nombre de sympathisants potentiels. Cette critique s'adresserait plutôt aujourd'hui aux écologistes qui ont récupéré tout ce que le socialisme comptait encore d'utopistes. Plus sérieusement, Orwell s'en prend ensuite à l'intelligentsia de gauche à laquelle il reproche de ne rien connaitre réellement à la condition ouvrière et de croire notamment que le machinisme constitue la solution à l'amélioration du sort des ouvriers. Orwell se livre alors à une critique très moderne du machinisme, dont il ne nie pas l'apport en termes de progrès, mais qui lui semble recéler au moins autant de menaces en termes d'aliénation du genre humain; un critique qui sera reprise et développée par toute une école de pensée à venir et, singulièrement, proche de l'écologie politique...

Le seul point sur lequel la pensée d'Orwell ne semble pas encore définitivement fixée, c'est sur la rupture avec le socialisme scientifique (le communisme), car l'écrivain semble encore considérer le recours à la violence (la dictature du prolétariat) comme une option envisageable. Par ailleurs, son concept de "décence commune", qui apparait seulement deux fois dans "le Quai de Wigan", semble encore à l'état d'ébauche. Sa conversion définitive au socialisme démocratique se fera en juillet 1937, à son retour de la guerre d'Espagne, après avoir constaté de visu les ravages du stalinisme...

Pourquoi lire ce livre aujourd'hui ? J'y vois trois raisons :

- une raison littéraire : trop d'ouvrages, notamment d'anthropologie, au demeurant fort savants, sont écrits dans une langue rébarbative. Je pense notamment à la collection "Terre Humaine", remarquable collection, mais où le langage de la science y est rarement celui de la littérature; tout le monde ne s'appelant pas Claude Levi Strauss Tristes tropiques ou Pierre Jakez Hélias Le cheval d'orgueil: Mémoires d'un Breton du pays bigouden. Et celui ci est plutôt bien écrit...

- une raison historique : prendre connaissance des conditions de vie d'une majeure partie de la population britannique, mais qui devaient également être celles de la population française, d'il y a à peine 80 ans, c'est prendre conscience de la relative nouveauté et du caractère précaire du confort matériel dans lequel nous vivons aujourd'hui, mais c'est aussi interroger l'avenir. Ne devrons nous pas renoncer à la partie la plus artificielle de ce confort pour conserver l'essentiel demain ? Des choix difficiles s'annoncent qui devront être faits...

- une raison politique : qu'est ce que le socialisme aujourd'hui ? tour à tour utopiste, scientifique ou démocratique, Orwell en proposait une conception qui est loin d'être devenue désuète . A l'heure de la nouvelle montée des extrêmes, qu'ils soient nationalistes ou islamistes, Il est plus urgent que jamais de le relire pour que la politique se concrétise enfin par une action en faveur du plus grand nombre.
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Livre en deux parties.
La première est un reportage au cœur de la misère de la classe ouvrière anglaise du 19ème siècle .

La seconde partie, la plus intéressante, est un essai sur le socialisme, ou plutôt la vision qu'à Orwell du socialisme, qui, bien loin d'être un socialisme machiniste et progressiste, est un socialisme que Michea appèlera Anarchist tory.
La vison de la technique qu'à Orwell est formidable. Elle précède de plus de 30ans les analyses qu'auront plus tard Ellul et Ilitch.

Ce livre est une clef pour comprendre le socialisme orwellien.

On sent vraiment dans ce livre l'inspiration qu'il a apporté à JC Michea, et plus particulièrement dans son dernier opus les Mystères de la Gauche.

Encore un très grand Orwell.
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George Orwell à nouveau, George Orwell toujours : en 1937, juste avant de partir en Catalogne pour se battre contre le fascisme (et pour la justice et la liberté), le futur auteur de 1984 publie un livre à mi-chemin entre le journalisme d’investigation et l’essai politique, le revigorant et très socialiste Quai de Wigan.

De ce fameux quai de Wigan, il n’est question que le temps de dire qu’il n’existe plus, constat dressé par l’auteur durant son séjour dans les bassins houillers du Lancashire et du Yorkshire : il a entendu parler du chômage et des ravages parmi la classe ouvrière, et, refusant de s’en tenir au simple constat journalistique, il décide d’aller voir par lui-même ce qu’il en est. A ceci près que Orwell ne fait pas que visiter ces villes minières, ravagées par le chômage, et les taudis où survivent des familles d’ouvriers, ou de chômeurs : il partage des logements infâmes avec des travailleurs, partage aussi leur pitance immonde servie par des propriétaires peu regardants, descend dans la mine et décrit, entre autres et de façon saisissante, la douleur physique que représente pour lui le seul trajet du puits à la veine de charbon. En ce sens, il convie le lecteur à une véritable expérience, lui faisant toucher du bout des doigts la réalité ouvrière de l’époque dans le Nord de l’Angleterre (comme il l’a fait pour les chemineaux avec Dans la Dèche à Paris et à Londres) : dans un souci d’objectivité, Orwell se livre ainsi à des calculs très simples, en venant à se demander comment on peut vivre décemment avec un salaire misérable mais toujours supposé à la hausse par la presse de la classe moyenne – la réponse est simple : on ne peut vivre décemment, surtout quand on en vient à s’entasser à douze dans une roulotte, ne disposant même pas de la superficie d’une toilette publique pour chaque membre de la famille…

Pourtant, aucun misérabilisme dans le propos tenu durant les premiers chapitres, très durs, du Quai de Wigan : il est surtout question de respect, de dignité, d’absence de condescendance pour une classe ouvrière dont Orwell ignore juste qu’elle va disparaître. Il ne se positionne pas pour autant en admirateur fantasmant cette classe, lui qui sort de la classe moyenne, mais il refuse qu’on la regarde de haut, qu’on décide pour elle de ce qui est le mieux (des nouveaux quartiers avec des logements sociaux mais sans pubs et avec l’interdiction d’élever des pigeons…), qu’on ne comprenne pas que l’instruction offerte par l’école est inutile aux yeux de la majorité des ouvriers, plus lucides qu’il y semble – et ne pas comprendre cela, ce serait faire preuve de hautaine condescendance : la classe ouvrière possède une dignité propre, qui lui est en fait déniée par les classes « supérieures », par paternalisme ou sottise, ou une désolante combinaison des deux.

Cet écart, cette mécompréhension entre la classe ouvrière et la classe moyenne fait l’objet des réflexions d’Orwell dans la seconde partie du Quai de Wigan, à cause de la non-adhésion de la seconde à la seule solution aux problèmes de société selon Orwell : le socialisme. Orwell est même atterré de voir cette classe moyenne embrasser en masse le fascisme alors (durant les années trente) montant un peu partout en Europe, et en vient à se demander pourquoi ce déni de la solution socialiste – d’où une brillante analyse portant successivement sur l’écart supposé entre la classe moyenne et la classe ouvrière, et les raisons pour lesquelles le socialisme ne parvient pas à séduire.

Quant à l’écart, il n’est basé que sur un jeu d’apparences, mais celles-ci empoisonnent la société anglaise – Orwell lui-même reconnaissant son incapacité à véritablement comprendre la classe ouvrière puisqu’il n’en émane pas, tout en insistan sur le fait que malgré son éducation différente de celle d’un ouvrier, tout ce qu’il a à perdre à accepter qu’il fait partie de la même classe, c’est « nos H bien aspirés », référence à la « bonne prononciation » que ne pratique pas le mineur de Wigan... Aujourd’hui, cette absence de dissemblance est à nouveau à l’ordre du jour : la classe moyenne s’appauvrit mais vote toujours pour la protection des riches ; un parti d’union de ceux qui ne détiennent pas le pouvoir pourrait exister, à condition de mettre de côté, même si c’est malaisé, les différences culturelles entre classes sociales, effort à fournir de la part de toutes les classes, en toute humilité. Cette humilité, dont veut faire preuve Orwell, est l’une des grandes forces de cet essai : la modestie intellectuelle de son auteur, qui se refuse à jargonner pour défendre sa thèse (il use d’un style d’une grande simplicité pour démonter des concepts), au contraire de nombre de socialistes (et de ce qu’il appelle leur « logomachie ») tout en ne prétendant pas posséder des solutions universelles.

Cette tendance à jargonner est donc l’un des grands défauts des socialistes, selon Orwell : « L’homme de la rue ne serait pas effarouché par une dictature du prolétariat, pour peu qu’on la lui présente en y mettant les formes. Mais offrez-lui une dictature des pharisiens, et il sera prêt à prendre les armes. » Ces mêmes socialiste peuvent quant à eux rebuter l’éventuel adhérent, puisqu’ils forment « la sinistre cohorte des femmes à l’esprit élevé, des porteurs de sandales et des barbus buveurs de jus de fruits attirés par l’odeur du « progrès » comme des mouches vertes sur un chat crevé ». C’est contre eux entre autres qu’Orwell proclame sa foi en un socialisme revenu à des principes simples mais pertinents (justice et liberté), nettoyé de toute terminologie compliquée et inutile, de toute foi immodérée en la machine libératrice et un monde ordonné à tout prix (ce qu’il dénoncera d’ailleurs lui-même dans 1984) : un socialisme rêvé, avançant avec à l’esprit cette « commune décence » chère à l’auteur et à toute personne pensant que le bon sens n’est pas un autre nom de la bêtise, comme veulent encore le faire croire aujourd’hui les intellectuels de gauche, qu’ils soient rouges, verts ou mauves à petits pois jaunes.

Ces idées sont grandes, posées et surtout raisonnées ; elles sont tout le contraire du socialisme tel que mis en pratique en 2014. D’ailleurs, ironiquement et involontairement, Simon Leys ne s’y est pas trompé dans sa présentation du Quai de Wigan, puisqu’il n’en évoque, à tort d’ailleurs, que l’aspect « roman sans fiction », comme pour oblitérer le fait que ce livre est avant tout un appel vibrant à l’union de tous les socialiste – alors pour contrer le fascisme montant, alors encore et aujourd’hui toujours pour un société fondée sur les principes de justice et de liberté. On en est loin, mais le rêve peut toujours se transformer en réalité : « common decency », justice et liberté, joli programme.
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le 27 novembre 2013
Dès les premières pages de cet essai, on comprend comment Orwell en est arrivé à écrire La Ferme des animaux puis 1984 une dizaine d’années plus tard.

Dans la première partie, il nous raconte la vie quotidienne des mineurs du nord de l’Angleterre. A ses côtés, on visite une mine et jamais aucun autre auteur n’en a mieux décrit les souffrances physiques et les dangers qu’on y trouve. On visite également beaucoup de maisons, une chambre « chez l’habitant » où s’entassent vendeurs de journaux, chômeurs et journaliers. On dissèque le budget des travailleurs pauvres et aussi celui des chômeurs. Car en ce milieu des années trente, le chômage prolifère et les aides sociales ne suffisent pas. On voit fleurir la misère, sous forme de roulottes, de carcasses de bus transformées en abris de fortune ou de logements dont l’insalubrité n’a rien de commun avec ce qu’on nomme de la même façon de nos jours : Orwell effectue un travail journalistique d’une épouvantable précision.

Dans une deuxième partie, il nous emmène en Birmanie, où il fut un membre de la police coloniale durant sa jeunesse, et dont il est revenu avec une haine farouche du colonialisme et de la peine de mort, de l’injustice et de l’arbitraire.

La troisième partie trace les grandes lignes de ce que Bourdieu décrira bien des années plus tard sous le terme d’habitus. Orwell nous parle des classes sociales, et expose tout le danger qu’il y a de les définir uniquement par le revenu ou par le fait d’effectuer un travail manuel ou pas.

Enfin, il exhorte ses contemporains à ne pas laisser l’idée de socialisme aux pires illuminés, sectateurs et constructeurs du mythe de la Russie angélique. Il y voit, sous conditions, un remède nécessaire au fascisme grandissant en Europe.

Le Quai de Wigan n’a rien d’un roman. C’est un essai sociologique et pragmatique sur cette fin des années trente, et un document historique indispensable. A sa lecture, il est impossible de ne pas entendre l’écho de la situation économique que nous connaissons actuellement. Le chômage grandissant, on y entendait déjà nombre de personnes prétendre que les chômeurs sont des assistés, des fainéants, en dépit d’une réalité économique calamiteuse. On y découvre une gauche divisée, incapable de faire face à la montée des fascismes, fascismes qui eux savent attirer les classes moyennes et tous ceux qui craignent la perte des traditions et des valeurs face à la mécanisation du monde et du travail. Orwell savait déjà que la guerre était inéluctable et invitait, par cet essai, ses contemporains, malgré tout ce qui pouvait à juste titre les en éloigner, à gonfler les rangs des socialistes, à ne pas laisser l’idée de socialisme à ses défenseurs les plus dogmatiques, et à repousser ainsi l’inexorable avancée du fascisme.

En lisant le Quai de Wigan, c’est notre époque que nous comprenons. C’est une lecture instructive et indispensable, tant pour comprendre notre temps que l’œuvre et le parcours de George Orwell.
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le 24 février 2015
Livré dans les délais en parfait état.

Après 1984, j'ai voulu lire d'autres œuvres d'Orwell. Celle-ci nous raconte la condition ouvrière à Londres dans les années 30. Séparé en 2 chapitres, le premier se focalisant sur les mineurs, leur conditions de vie et de travail, le deuxième sur le climat politique de ce temps et le fossé entre les classes sociales et politique.
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13 sur 18 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 1 mai 2002
Ce livre d'Orwell qui reste quasi inconnu, éclipsé par le succès de "1984" ou de "la ferme des animaux", n'en demeure pas moins une oeuvre prenante basée sur l'expérience personnelle de l'auteur : George Orwell y décrit les conditions de vie des plus pauvres Parisiens et Londoniens, travaillant, ou plutôt exploités dans des hôtels ou se réfugiant dans les institutions caritatives.
On y reconnait bien là Orwell le socialiste qui dénonce, et ce dès 1933, une société de consommation et de loisirs et évoque avec précision la vie de ses laissés pour compte .
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