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J'ai déjà écrit tout le bien que je pense de ceux des films de Jane Campion que j'aime le plus - An Angel at My Table /Un Ange à ma table et Bright Star au premier chef. Mais même dans les films d'elle pour lesquels j'ai moins de passion, je trouve de l'intérêt. La grande valeur du livre de Michel Ciment - au-delà de la très haute qualité de réalisation de l'album, richement illustré - réside en partie dans le fait qu'il est une défense et illustration de tous les films de la réalisatrice néo-zélandaise, y compris les moins prisés, et qu'il fait émerger la cohérence de la démarche et de l'œuvre sans pour autant refuser à l'auteur les évolutions, les heurts, les contrepieds, etc.

Le plan de l'ouvrage est simple : une introduction générale est suivie de "Jane avant Campion", résumé en quelques dates de la vie de l'auteur et de sa famille jusqu'à ses débuts comme réalisatrice ; chacun des chapitres suivants est consacré à un film donné (ou à un ensemble de films dans le cas des courts métrages), avec une analyse critique qui précède un entretien. Fidèle à ses choix de toujours (cf. par exemple le récemment paru Une renaissance américaine : De Woody Allen à Robert Zemeckis, Entretiens avec 30 cinéastes), Michel Ciment ne propose que des entretiens menés au moment de la première sortie du film et non rétrospectifs. En ce qui concerne Jane Campion, avec qui il a conversé pour la première en fois en 1986 à l'issue de la présentation de ses courts métrages, les entretiens couvrent toutes les étapes de la carrière jusqu'à la série Top of the Lake (2013), dont elle a été l'instigatrice et la co-réalisatrice.

Toujours en sympathie admirative avec Jane Campion, Ciment pose des questions qui à maintes reprises permettent des éclairages assez vifs sur les raisons de certains choix, qu'ils engagent la direction d'un film dans son entier ou des points de détail. Les premiers échanges, y compris celui sur Sweetie, donnent à la réalisatrice l'occasion de commenter son parcours, de sa formation artistique à ses études d'anthropologie. Les suivants se posent naturellement plus la question du rapport à la source littéraire - trois de ses films sont des adaptations de romans, tandis que La Leçon de piano est saturé de souvenirs romanesques et Bright Star se nourrit de la biographie du poète John Keats - tout en cherchant toujours à cerner les composantes audiovisuelles de son art et la singularité de son apport. Tout comme les analyses du critique, qui multiplient les angles d'approche, du relevé des biographèmes - Ciment utilise pas mal l'approche ouvertement psychocritique d'Alistair Fox dans Jane Campion: Authorship and Personal Cinema - à l'analyse des références avouées en passant par des parallèles éclairants avec d'autres œuvres et cinéastes, et bien sûr la mise en valeur d'un motif ou d'un effet de style récurrent.

Ces textes déjà relativement conséquents (trois pages par film, sans compter celles consacrées aux seules reproductions), on regrette seulement qu'ils ne soient pas plus longs et ne rentrent pas un peu plus dans l'analyse fine de certains des traits singuliers les plus marquants. Mais en l'état, au fil des films, on voit se dessiner un tapis déjà tissé assez serré, d'autant que les entretiens viennent ajouter quelques fils essentiels pour nous aider à y distinguer une figure. Si je ne peux m'empêcher de trouver le tout un peu trop court, c'est à l'évidence parce que d'une part je connais ces entretiens pour les avoir lus au fur et à mesure de leur parution dans la revue Positif, d'autre part parce que les analyses de Ciment gagneraient à être développées ici et là pour donner toute leur mesure. Il reste que l'on ne peut pas reprocher à cet album d'être chiche en textes, qui comme ils s'avèrent assez denses et ne font pas dans la redite satisfont amplement. On saura par ailleurs gré à Ciment d'avoir fait un tel sort aux premiers essais de Campion, de ses courts métrages à son premier long, en étudiant avec soin tout ce qui met en place une manière et trouvera des échos et déclinaisons dans les œuvres suivantes ; de s'être fait le champion des films les plus critiqués et / ou délaissés de la réalisatrice, en particulier Holy Smoke et In the Cut (dont on pensera in fine ce qu'on voudra mais qui valent en tout cas que l'on se penche sur eux avec autant de pertinence que les autres) ; d'avoir inclus des textes de Jane Campion, qu'ils éclairent son cheminement relativement à un film ("John Keats et moi"), ou bien qu'il s'agisse de véritables nouvelles ou de textes à forte dominante autobiographique (cf. "Ciel bleu - Mémoire de douleur inspiré par les événements du 11 septembre 2001", texte gonflé dans lequel elle parle de l'hébétude liée à la douleur en évoquant de façon sensible l'état dans lequel elle se trouvait après la mort, à onze jours, de son fils Jasper).

Ciment a choisi "Le point de vue d'une rebelle amoureuse" comme citation pour ouvrir le chapitre sur Bright Star. A la lecture de cet ensemble de textes, à se souvenir des films, plus ou moins fraîchement revus, on se demande si ce n'est pas là un bon résumé de ce qu'a apporté au cinéma mondial des dernières décennies cette cinéaste des antipodes, dont la production est intégralement attachante à défaut d'être toujours aussi également réussie.

Sur le plan de l'iconographie, cet album est une réussite majeure. A commencer par la très belle photo de couverture, et tout autant celle de la 4ème de couverture (où ne figure aucun texte), prise en 2006, dans laquelle la fille de Jane Campion a la tête délicatement posée sur son épaule. Les photos de famille ne sont pas de trop (Jane à 7 ans, image qui pourrait presque passer pour le photogramme d'un de ses films ; Jane à 9 ans, qui fait beaucoup plus que son âge). Les documents tirés des archives de la cinéaste (pages de storyboard, collages...) sont tous bienvenus. Pour ce qui est des films, au-delà des photos déjà maintes fois reproduites, on a droit à nombre de captures d'écran qui permettent d'appuyer le propos de façon idoine - la page 167 fait ainsi merveilleusement se répondre trois images liées aux papillons dans Bright Star. Certes, dans quelques cas, la qualité de reproduction s'en ressent un peu et quelques photogrammes sentent leur origine vidéo. Mais dans l'ensemble celle-ci s'avère très bonne et les couleurs sont fort bien restituées. On est heureux que certaines photos de tournage, parfois déjà vues quant à elles, soient présentes : ainsi de celle de Jane Campion tenant dans ses bras Kate Winslet, sur la route, qui fait rêver à ce qu'elles peuvent bien regarder hors-champ tout en illustrant la toujours très grande proximité de Campion avec ses actrices.

Au total, un album superbe, qui propose une approche unitaire et pourtant ouverte d'un œuvre pas démesuré mais déjà conséquent. Un ouvrage que l'on ne peut que conseiller sans réserves, qui fait honneur à ses concepteur et éditeur. On est d'ailleurs heureux de voir revenir les Cahiers du cinéma à des ouvrages de bonne taille sur des cinéastes et pas seulement sur des acteurs. Qu'ils ne s'arrêtent pas en si bon chemin!

NB À tout seigneur tout honneur : Michel Ciment entame son livre par une dédicace à "Pierre Rissient, sourcier" - une pensée pour ce grand dénicheur de talents, qui a contribué à imposer tant de grands noms du cinéma mondial (dont Jane Campion bien sûr, et nombre de metteurs en scène asiatiques), qui sont autant de figures singulières - et le clôt naturellement par des remerciements à Jane Campion, indiquant qu'il est seul responsable de cet ouvrage, "auquel elle a permis de voir le jour".
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