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10 internautes sur 13 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Réhabiliter la pensée et l'action, 26 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gouverner par le bien commun : Un précis d'incorrection politique à l'usage des jeunes générations (Broché)
Je me contente de reproduire l'excellente critique de Christian Authier, parue dans l"Opinion indépedante:

"Le livre de Claude Rochet, Gouverner par le bien commun, est un essai d'une ampleur étonnante. Face aux discours nous annonçant la fin de l'Histoire, du politique, de l'État ou de la nation sur l'autel de la modernité techno-marchande, l'auteur réhabilite la pensée et l'action.
Difficile de résumer la richesse de cet ouvrage roboratif dont l'une des premières qualités tient en la trajectoire de son auteur. Historien de formation, ancien élève de l'ENA, tour à tour travailleur social, professeur, haut fonctionnaire, cadre dirigeant d'une grande entreprise industrielle, consultant au sein de firmes nord-américaines : Claude Rochet n'appartient pas à quelque cénacle de penseurs officiels et ses écrits sont frappés autant par l'empreinte du praticien que du théoricien. Gouverner par le bien commun veut renouer avec la tradition d'une pensée globale nécessaire pour comprendre une époque chaotique livrée aux "experts" autoproclamés et aux "autorités morales" douteuses. Face à la déliquescence du débat public, son ouvrage résonne comme un défi. Perte de la responsabilité et nihilisme sont, selon l'auteur, parmi les maux principaux qui ont gangrené notre société. En abdiquant devant des totems aux pieds d'argile (sens de l'Histoire, marché conquérant), les individus ont abandonné à la fois leur responsabilité et leur liberté. Sur ce double renoncement a prospéré un nihilisme doucereux où toutes les régressions sont masquées derrière un habillage moderne inspiré par la vulgate libérale libertaire post-soixante-huitarde. Claude Rochet s'élève contre ce pernicieux déclin et s'interroge sur le sens à donner au "bien commun". Qu'est-ce qu'une bonne société ? Comment endiguer l'irresponsabilité collective ?

Contre le renoncement

"Il faut faire bouger la France" martèlent de concert des politiques en mal de programmes, les idéologues de l'air du temps et les maĩtres de l"économie. On sait que sous ces appels sympathiques au mouvement perpétuel et au grand bond en avant quotidien se dissimulent des arrière- pensées beaucoup moins avouables (à savoir la marchandisation intégrale de la société). Or, si l'auteur ne tombe pas ici dans le piège du "bougisme", il n'en délivre pas moins un examen critique et précieux d'un système français qui a réussi à combiner coûteuse lourdeur bureaucratique et laisser-faire libéral.
De propositions concrètes à la nécessaire réforme de l'État (qui ne consiste pas à l'abattre au profit de super-régions et d'une hyper-bureaucratie européenne) au démontage de quelques idées reçues - ainsi, la mobilité et la flexibilité du marché du travail génèrent au final (selon la très libérale OCDE) une baisse de compétitivité des économies nationales par la perte des savoir-faire - Gouverner par le bien commun passe en revue les défis présents.
Riche en informations, bourré de références, ce stimulant panorama débusque l'obscurantisme des faux prophètes en s'appuyant sur des exemples évocateurs. Les passages sur la destruction de l'enseignement (ainsi que ceux consacrés aux violences à l'école) ou sur l'effacement démocratique dans la construction européenne frappent juste et fort. Maniant la satire du moraliste et le sérieux du philosophe politique, Claude Rochet signe avec ce livre, qui se présente comme "un précis d'incorrection politique à l'usage des jeunes générations", un puissant antidote au fatalisme. Une lecture d'une actualité brûlante. "

C. A.
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9 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Gouverner PAR le bien commun, 30 avril 2011
Par 
L. ROBERT (France) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Gouverner par le bien commun : Un précis d'incorrection politique à l'usage des jeunes générations (Broché)
Bien sûr, gouverner PAR le bien commun, et non POUR le bien commun, est une bien belle trouvaille littéraire - et l'on aimerait espérer que cela ne reste pas un simple formule de style, mais parvienne à s'incarner dans une réelle pratique politique. Mais ce n'est pas le seul mérite du livre de Claude Rochet, car on peut y lire bien d'autres choses excellentes.

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Bien sûr, on pourra, dans la première partie, « Sans idées il n'y a rien », qui intéressera surtout les aficionados du « politiquement incorrect » mais qui aurait tord de décourager définitivement les lecteurs « sérieux », passer sur les pseudo-anecdotes du type « la route a tué », aboutissant (pp 41 - 47) à une étrange et confuse dénonciation d'un consensus « stalino pompidolien » autour du développement de l'automobile, à la fois « parée des attributs de l'individualisme et fortement syndicalisé par la CGT », de manière à « affaiblir et les structures collectives et fortement syndicalisées de la SNCF », un fatras qui suit un cheminement « intellectuel » qui m'a plongé dans un abîme de perplexité, ou sur cette autre pseudo-anecdote (pp 59-65) relative au petit Mohamed de la Cité des Myosotis, même si je partage entièrement l'indignation de Claude Rochet à propos de l'ouvrage « La violence à l'Ecole » de l'inspecteur d'académie Jean-Claude Cayla (et bien que je n'ai trouvé aucune information sur Jean-Claude Cayla sur Google, ce qui semble indiquer que ce personnage est loin de faire partie du Who's Who du gratin des intellectuels français ; ses écrits ne mériterait-ils pas simplement de figurer, comme tant d'autres sur d'innombrables sujets, dans un sottisier ?), sur la dénonciation de l'opération PACS (« Porter aux nues l'homosexualité quasi divinisé était la synthèse de toute l'idéologie du jour »), ou ces divagations tirées de l'ouvrage de Jean-Claude Guilllebaud « La tyrannie du plaisir » et complaisamment rapporté : « A ceux qui imputaient aux déviances homosexuelles librement assumée la responsabilité de la maladie [le Sida], on opposa la figure quasi-christique du séropositif victime de l'indifférence collective, [déchargé] de toute idée d'imprudence fautive... », sur la présentation du « Traité de savoir vivre à l'usage des jeunes générations », dont j'ignorais jusqu'à ce jour qu'il était le Manifeste idéologiques du monde dans lequel nous vivons depuis 40 ans, que - comme 99.99 % des mes contemporains - je n'ai pas lu et n'ai pas l'intention de lire, écrit par un auteur, Raoul Vaneigeim, dont je suis fier de dire que je n'en avais encore jamais entendu parlé à ce jour, sur le chapitre « Le post-modernisme et le basculement de la gauche dans l'obscurantisme », où l'on apprend que la post-modernité, assimilée ici à la gauche politique (pourquoi seulement, ou plus particulièrement, à la gauche politique ?), ne devrait pas « jeter le bébé avec l'eau du bain, la science avec le scientisme, la raison avec le RATIONALISME », alors que l'on lit, quelque ligne plus loin, que « les revendications légitimes des [mouvements antiracistes, homosexuels et féministes] peuvent trouver une base bien plus solide dans la tradition égalitaire, radicalement démocratiques et RATIONALISTE issues des Lumières » (Alors, le rationalisme, moderne ou post-moderne ?), sur les rapports entre la « technique » et « nihilisme », où Claude Rochet reprend les tristes divagations de Martin Heidegger sur ce sujet, pour finir en beauté sur les nouvelles technologies et les nouvelles tentatives de vivre une humanité hors corps (Evidement, si Claude Rochet se drogue dans des « chat room »...), sur le « droit de l'hommisme » (dont Claude Rochet oublie de nous donner sa définition ; est-ce « la politique de remplacement qui prend acte de notre incapacité à intervenir, y compris sur le plan militaire » que dénonçait en son temps Hubert Védrine), opposé à la défense des « Droits de l'Homme » (telle que les promouvrait, par exemple, Nicolas Sarkozy, en intervenant militairement en Libye ?), sur la dénonciation du fait que la population française compterait dix millions de Français d'origine étrangère (dénonciation qui me touche personnellement d'autant plus que, pour ma part, rien que du coté maternel, mes ascendances allemandes, suisses, russes et polonaises représentent plus de 75 % de cette ascendance - bien que ma mère ne soit jamais considérée comme une « immigrée », pour des raisons très politiquement incorrectes que je suis obligé de taire), et que je me sens par suite profondément stigmatisé par cette dénonciation, ou encore sur la nécessité que « l'homme accepte sa contingence, la première de toute étant le sexe et le caractère insurmontable de la différence sexuée », phrase au sujet de laquelle je me perds en conjectures quant il s'agit de lui trouver une signification concrète quelconque...

Dans bien des cas, on notera que Claude Rochet a un esprit beaucoup plus ouvert que bien des auteurs qu'il cite, et que ce sont sans doute certaines de ses mauvaises fréquentations qui expliquent certaines de ses prises de positions... A-t-il des comptes personnels à règler avec la Société ? De plus, imagine-t-il que son Maître, qui est ausssi un peu le mien, aurait pu songer un seul instant à s'abaisser au point d'entrer dans de telles polémiques, à ce point sordides ? Qu'il relise ses « Mémoires » !

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Les réflexions de Claude Rochet relatives à la notion de responsabilité me semblent tout à fait intéressantes ; néanmoins, si la notion de « responsabilité collective » est très bien dénoncée (pp 49-55) dans le paragraphe « Etre responsable » - seule la responsabilité individuelle a un sens, la notion de « responsabilité collective » ne pouvant déboucher que sur « l'irresponsabilité (individuelle) » - affirmer que la notion de responsabilité est « fondamentalement une prise de risque » et « n'a rien à voir avec la faute ! » revient à jouer sur l'ambiguïté qui existe dans le grand public (mais pas chez les juristes) entre « décideur » et le « responsable », c'est à dire entre :

- celui qui fait les choix et prend les décisions (le « décideur »), et :

- celui qui assume la responsabilité des actions concrètes qui découlent de ces prises de décision (le « responsable »),

« décideur » et « responsable » qui, suivant les Principes du Droit sont nécessairement UNE SEULE ET MEME PERSONNE, le « décideur-responsable », qu'il appartient si nécessaire à un juge d'instruction d'identifier, et qui peut (et doit s'il y a plainte) être traduit devant un tribunal à chaque fois qu'il commet (non pas une erreur, car « l'erreur est humaine », mais) une faute ayant des conséquences pour autrui, que le « décideur-responsable » soit automobiliste, conducteur de train, professeur d'université, ingénieur, chirurgien, chef d'entreprise, ministre, Chef de l'Etat, ou simple femme de ménage.

Bien sûr, tous ceux qui voulaient, veulent et voudront un jour devenir « Responsables » (ils préfèrent souvent le mot « Managers » - ce qui ,dans leur esprit, signifie « faire les choix, prendre des décisions et, fondamentalement, prendre les risques » - rêvent tous d'être IRRESPONSABLE au plan pénal ! ! Et, hélas, sans doute pas méconnaissance des Principes du Droit, Claude Rochet, comme beaucoup de ceux qui se serve du mot « responsabilité » comme d'une arme destiné à faire rougir de honte tous ceux qui ne sont pas des « Managers » (peu d'entre nous le sont vraiment dans leur activité professionnelle), semble leur emboiter le pas, et les encourager dans cette voie :

- comme lorsque, à propos de « l'Affaire du sang contaminé », un Homme politique, madame Georgina Dufoix, déclara en substance « Je suis responsable, mais pas coupable » , ou lorsque des médecins célèbres, dont des Prix Nobel, signèrent une pétition, dans la même affaire, pour que l'un des leurs, le docteur Guaretta, ne soit pas jugé (il serait, à mon sens, parfaitement déplacé d'accabler ici ces personnes, sous prétexte que ce serait des Politiques ou des Médecins, car ces particularités ne jouent ici, à mon sens, aucune rôle).

- comme lorsque, à l'occasion de « l'Affaire de la vache folle », à la question « Qui est responsable ? », le Directeur du Comité scientifique qui avait été chargé de traiter cette question au plan sanitaire, répondit, au nom de tous : « C'est le Prion ! ! ! ! ! ! » ;

- de même, comme à l'occasion d'un récent procès relatif au crash du Concorde, où le responsable de l'accident désigné par un « tribunal » bidon fut un objet en métal (il y avait quand même eu plus de cent morts ! Je ne suis évidemment pas non plus favorable à une condamnation d'individus à de la prison ferme, 30 ans après les faits délictueux) ; ne doutons pas qu'il en sera à peu près sûrement de même lors du procès relatif au crash du vol AF 447 Rio Paris, etc. Etc. Etc.

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La valorisation de « l'individu libre qui accepte son imperfection et sa quête permanente d'un accomplissement de son humanité » (p 93) est une belle formule à laquelle je souscris entièrement.

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« Le Concile de Trente fut à l'origine d'une séparation des pays européens entre « sociétés de défiances » - pays catholiques - et « sociétés de confiance » - pays protestant faisant confiance à la capacité de jugement de l'Homme, les premiers stagnant et les seconds décollant », pourrait être un excellent sujet de philo au bac. Quoi qu'il en soit de la pertinence de ce jugement sur le Concile de Trente, l'éloge que fait Claude Rochet, à la suite d'Alain Peyrefitte, des « sociétés de confiance » me paraît être très judicieux et profond.

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« Il faut contester les contestataires ! » (p 103) me paraît être un plagiat d'un slogan de mai 68, presque aussi drôle mais tout aussi vain que l'original dont il s'inspire...

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L'idée que « la langue française serait rattachée à une représentation du monde liée à humanisme, ce qui créerait un corps de valeurs communes, la francophonie, alors qu'il n'y aurait pas d'anglophonie, le monde anglophone ne se vivant pas sous une unité culturelle, mais comme une pure unité fonctionnelle », me paraîtrait intéressante à discuter, même si cette idée me convainc a priori fort peu.

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Très intéressant enfin (p 97), la mention qu'aux Etats-Unis, un adulte blanc sur quinze est en prison, alors que ce pourcentage est de un sur sept pour un homme de couleur - exactement en rapport avec les taux de chômage respectifs au sein de ces deux populations.

Le lien quasi-mécanique entre chômage et violence est scientifiquement établi, et ce lien statistique a été mesuré avec précision par de nombreuses études faites sur la violence depuis maintenant un siècle. Le livre « Réponses à la violence » réalisé sous la direction d'Alain Peyrefitte vers la fin des années 1970 était particulièrement éloquent à cet égard. Cet aspect est toutefois souvent occulté dans les débats politiques qui se déroulent devant le grand public, pour des raisons purement idéologiques que l'on comprend aisément.

Le « plein emploi » est un IMPERATIF, une condition NECESSAIRE (mais certainement pas suffisante, car une société de plein emploi qui n'aurait, ni politique de prévention, ni politique de répression, connaîtrait sans aucun doute la violence !) à la réussite de TOUT gouvernement par le bien commun. Sans « plein emploi », TOUT projet de politique de la ville, TOUT projet de promotion de la vie associative, TOUT projet de travailler dans les quartiers sur des problèmes concrets est NECESSAIREMENT vouée à l'échec.

Il faut donc chaleureusement remercier Claude Rochet de l'avoir, même succinctement, rappelé ici. C'est l'un des plus grands services qu'il pouvait nous rendre.

Mais la suite de son ouvrage est encore plus passionnante que son début !
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