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67 internautes sur 70 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La naissance de la science politique, 9 novembre 2008
Par 
Latour07 (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (TESTEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Claude Lefort rapprochait La Boétie de Machiavel car l'un et l'autre, les seuls en leur siècle s'agissant proprement du politique, mais combien parlant en leur isolement, tirent radicalement les conséquences du surgissement d'une figure inédite de la domination et parlent du même coup pour l'avenir.

"Pour le moment, je désirerais seulement qu'on me fit comprendre comment il se peut que tant d'hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d'un Tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'on lui donne, qui n'a de pouvoir de leur nuire, qu'autant qu'ils veulent bien l'endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s'ils n'aimaient mieux souffrir de lui, que de le contredire. Chose vraiment surprenante (et pourtant si commune, qu'il faut plutôt en gémir que s'en étonner)! c'est de voir des millions et de millions d'hommes, misérablement asservis, et soumis tête baissée, à un joug déplorable, non qu'ils y soient contraints par une force majeure, mais parce qu'ils sont fascinés et, pour ainsi dire, ensorcelés par le seul nom d'un, qu'ils ne devraient redouter, puisqu'il est seul, ni chérir, puisqu'il est, envers eux tous, inhumain et cruel."

L'exigence de liberté est radicale :

"Si pour avoir la liberté, il ne faut que la désirer; s'il ne suffit pour cela que du vouloir, se trouvera-t-il une nation au monde qui croie la payer trop cher en l'acquérant par un simple souhait ? Et qui regrette sa volonté à recouvrer un bien qu'on devrait racheter au prix du sang, et dont la seule perte rend à tout homme d'honneur la vie amère et la mort bienfaisante ?"

Comme l'explicite l'auteur, "la première raison de la servitude volontaire, c'est l'habitude" :

"Il est vrai de dire, qu'au commencement, c'est bien malgré soi et par force que l'on sert; mais ensuite on s'y fait et ceux qui viennent après, n'ayant jamais connu la liberté, ne sachant pas même ce que c'est, servent sans regret et font volontairement ce que leurs pères n'avaient fait que par contrainte."

Les Tyrans savent amuser / droguer le peuple :

"Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes curieuses, les médailles, les tableaux et autres drogues de cette espèce étaient pour les peuples anciens les appâts de la servitude, la compensation de leur liberté ravie, les instruments de la tyrannie."

L'auteur poursuit par une superbe critique que nous transposons immédiatement dans notre actualité de la société de communication et de publicité qui prévaut sur celle du sens, du signifié, du politique :

"Ainsi, les peuples abrutis, trouvant beau tous ces passetemps, amusés d'un vain plaisir qui les éblouissait, s'habituaient à servir aussi niaisement mais plus mal encore que les petits enfants n'apprennent à lire avec des images enluminées."

Lire et relire Etienne de la Boétie vous conduit à mieux comprendre les limites du discours politique démocratique et révolutionnaire. C'est se doter d'une table de questions, vivante, sur la liberté politique.
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56 internautes sur 60 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La Boétie fournit les plans de l'édifice; il ne reste qu'à placer la dynamite, 9 janvier 2009
Par 
Adam Zitten "neio" (France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Vous avez une heure devant vous? Passez-la sur ce livre, elle ne sera pas perdue.

On peine à croire qu'un homme ait pu penser ça au milieu du 16ème siècle. Parce qu'il a occupé des postes qui lui ont permis d'observer le fonctionnement de la société depuis le commandement jusqu'aux commandés, le jeune La Boétie pose cette question simple: Pourquoi obéissons-nous au tyran?
Nous sommes si nombreux, tandis qu'il est vil et si ...seul. Il semble qu'il suffirait de ne plus lui obéir pour le déposséder de tout pouvoir !
"Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux", disait La Boétie.

La principale raison est tout simplement l'HABITUDE. Comme La Boétie le dit dans son analyse: "On ne regrette jamais ce qu'on n'a jamais eu." A cette époque et depuis des centenaires, l'état de servitude et la privation de liberté pouvaient paraître comme l'état naturel des hommes (celui de tous les hommes, à l'exception du tyran, bien sûr).
Il identifie aussi d'autres artifices (superstitions, magie, prestige, etc.) jouant un rôle pour cantonner le peuple dans la servitude, mais aux effets moindres sur une partie de la société (la moins crédule).

La Boétie faisait partie de ces rares personnes qui ne "s'apprivoisent jamais à la sujétion" (je suppose que sa culture n'y était pas pour rien). Petite consolation: il avait constaté que ceux qui "souffraient" le plus, étaient les quelques subordonnés directs du tyran, les "petits tyrans", c'est-à-dire ces "maillons" entre le tyran et le peuple. Ils étaient détestés du peuple d'une part et toujours à la merci du tyran capricieux et tout-puissant.

Le manuscrit de La Boétie fut publié en 1576, soit 13 ans après son décès. Sage précaution que de mourir avant...
Comment faire publier cet ouvrage sous une monarchie, sans en subir quelques "désagréments"?
Anne du Bourg, l'ancien professeur de droit de La Boétie lui-même a fini pendu et brûlé pour avoir pris position pour les huguenots (les protestants de France).

C'est une étude à la fois politique et psychologique. Un texte très court, limpide et d'une valeur intemporelle. Tant qu'il y aura des humains, et probablement quelque soit le régime politique, des rapports de domination-servitude pourront s'installer. Vigilance, donc!
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30 internautes sur 32 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 La liberté, 3 septembre 2008
Par 
steka "STL" - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Ce livre fut écrit il y a cinq siècles. Pourtant, chez tous ceux pour qui le mot Liberté a encore du sens et qui accessoirement savent lire, son actualité s'impose cruellement. Car si la domination a changé de visage, il reste que: « Toujours s'en trouvent-ils quelques-uns qui sentent le poids du joug et ne peuvent tenir de le secouer ; qui ne s'apprivoisent jamais de la sujétion et qui toujours ne se peuvent tenir d'aviser à leurs naturels privilèges ; ce sont volontiers ceux-là qui, ayant l'entendement net et l'esprit clairvoyant, ne se contentent pas de regarder ce qui est devant leurs pieds ; ce sont ceux qui, ayant la tête d'eux-mêmes bien faite, l'ont encore polie par l'étude et la connaissance.
Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et toute hors du monde, l'imaginent et la sentent en leur esprit, et encore la savourent, et la servitude ne leur est de goût, pour tant bien qu'on l'accoutre. »
Quelques-uns trouveront donc dans ce livre un précieux soutien ...
D'autres qui n'imaginent ni ne sentent plus rien n'y verront probablement qu'une relique du passé.
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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Patrimoine, 27 mai 2010
Par 
Zarak (Saintry-sur-Seine, Essonne, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Texte archi-célèbre de La Boétie (dont la sublime amitié avec Montaigne fut non moins célèbre), texte porté en étendard à chaque grande insurrection populaire ; il faut dire que ce discours est d'une force rare, à la fois précis, efficace, pétri de culture classique et appel à la liberté d'esprit plus qu'à l'insurrection. Et écrit par un tout jeune homme de 18 ans, ça calme.

La Boétie commence par un rappel qui frappe d'évidence : la peur du tyran est ridicule, ce dernier étant un homme comme les autres, que le peuple pourrait faire tomber avec une facilité déconcertante. Mais voilà... en a-t-il envie ? Aujourd'hui, en Occident, les tyrans n'ont pas vraiment disparu, ils ne font plus couler le sang des corps mais continuent d'asservir les esprits ; ils ont changé de forme et de visage et prennent parfois l'apparence d'une télévision, d'une publicité, d'un discours idéologique bien-pensant ou d'un appel larvé à la troupeauïsation décérébrante, appel toujours religieusement écouté. Comment ne pas voir dans cette modernité l'une des dérives de cette fameuse "servitude volontaire" décrit par La Boétie il y a presque 5 siècles dans une perspective disons plus tocquevillienne ?

Réflexion sur l'habitude et l'habitus, sur la peur et le refus de la liberté, sur le modèle organisationnel de la tyrannie (passage sur le système pyramidal, extraordinaire de lucidité) comme sur le suicide du peuple, ce texte classique est un pur joyau de notre patrimoine. Et la question, toujours hélas, demeurera : voulez-vous vivre en Maître (de vous-même) ou en esclave (de fantoches) ?
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13 internautes sur 15 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 La Boétie, révolutionnaire on ne peut plus actuel, 12 septembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Essai politique concis (50 pages) et très clair (car (peut-être trop) traduit dans un français moderne, et non pas laissé dans la langue rébarbative du XVIème siècle. A lire pour le fond donc, non pour la forme). On ne peut plus actuel, cet analyse est de "tous les temps" (Séverine Auffret), en ce qu'elle dégage les caractères généraux qui conduisent à la "servitude volontaire". La Boétie s'insurge, en révolutionnaire, de la servitude de millions d'hommes souvent envers un seul. Eux-seuls mettent le tyran en position de les commander. La Boétie en appelle à l'insoumission...
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4.0 étoiles sur 5 Servitude involontaire, 9 septembre 2012
Par 
Arribat - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
La Boétie tente d’expliquer cette anomalie humaine qui laisse souvent un seul tyran soumettre à peuple entier à sa volonté. La réponse est dans la rencontre de deux courants. L’un partant du bas et dominé par la peur, la menace, le conditionnement à la soumission. L’autre partant du haut de la pyramide fait de partage du butin et corruption de tous ceux qui doivent transmettre la menace et qui ont plus d’avantage à tourner leur arme vers le peuple que de risquer à la retourner contre le bras qui les nourrit. C’est compréhensible mais insuffisant, car il est question ici de servitude contrainte dont on ne peut s’extraire sans grand danger. La véritable servitude volontaire n’a pas besoin d’un tyran. Elle fait son nid un peu partout, jusque dans cette admiration incompréhensible que des gens apparemment libres et normaux ont souvent envers les grands de ce monde. Divinisation des stars de cinéma, du showbiz, des princesses inutiles, de ces rois archaïques qui encombrent encore aujourd’hui un monde enchaîné à ses mythes. Elle est là la véritable servitude volontaire, dans ces cris admiratifs là où on devrait entendre des hurlements de colère. Celle-là La Boétie l’ignore et ne l’explique pas. Moi non plus. Rappelons que c’est lui qui a dit (en gros) les rois ne sont grands que pour ceux qui vivent à genoux. En tous cas un classique, court, 48 pages, et toujours d’actualité pour les tyrans, mais pas seulement, hélas!
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un patrimoine inestimable de la France, 18 mars 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
un pur chef-d'œuvre émouvant et d'une rare intelligence.
Quand on pense à l'age de l'auteur (18 ans) et à l'année de publication (1576) on ne peut qu'être admiratif de La Boétie, de son courage intellectuel et politique, de son engagement citoyen, de son grand sens de l'analyse et de la Justice ainsi que de la pertinence et de la force de son ouvrage.
Court mais passionnant et réellement touchant par son humanité magnifique; 434 ans après sa parution (toujours moderne et d'actualité) à découvrir, lire, relire sans retenu (en plus c'est pas cher!).
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Eloge de la liberté, 28 octobre 2011
Par 
Johan Rivalland (LEVALLOIS-PERRET France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Cet essai très courageux et perspicace est surprenant par la maturité absolument exceptionnelle et impressionnante de son auteur, qui n'avait que 18 ans lorsqu'il l'a écrit.
En des temps où la liberté de parole à l'égard du pouvoir n'était certainement pas celle d'aujourd'hui, voilà quelqu'un qui n'avait pas froid aux yeux et se permettait d'écrire sans complexe, avec un regard sur la société particulièrement avisé pour quelqu'un d'aussi jeune, bien plus que beaucoup de philosophes même présumés sages, qui ne sont parfois arrivés à des conclusions proches que bien plus tard au cours de leur vie et maturation, tel un Sénèque, dont Etienne de La Boétie rappelle d'ailleurs la mort cruelle qu'il connut, pour avoir eu le malheur de se mettre au service d'un tyran (Néron).

La servitude est, en effet, à ce prix ; celui de la privation de liberté, pour servir un tyran dont on ne tirera que sacrifice et ingratitude. Pas même un illusoire enrichissement matériel dont on n'aura pas le temps de jouir véritablement.
A cette aune, même les paysans malmenés par ces sujets asservis sont plus heureux et plus libres, affirme La Boétie.
Et le jeune auteur de dénoncer la fascination suscitée par le tyran, l'obéissance qui lui est accordée, par pure bassesse, complaisance, ou flagornerie.
Une forme de fascination qui remonte, selon lui, à la naissance de l'Etat et aux artifices utilisés par le tyran pour s'attacher le peuple, qu'il s'agisse du pain et des jeux ou de la religion.
Le résultat est que le peuple s'asservit, se soumet, est aveugle à la liberté qui lui échappe, alors même qu'il s'agirait de s'entendre collectivement pour refuser cette obéissance aveugle à des ordres injustes.
Même les animaux domestiques (chevaux, éléphants) n'obéissent qu'après avoir dû renoncer à leur liberté par la contrainte.
Le problème vient de ce que les êtres humains ont perdu le sens de leur liberté, s'étant accoutumés à vivre au sein de la servitude, sans se rendre compte que le despotisme n'est jamais bien loin.

Etienne de La Boétie étudie ensuite les différentes formes de pouvoir et catégories de tyrans, pour tenter de mieux comprendre les mécanismes qui conduisent à une telle restriction de liberté.
Dans le système en vigueur à l'époque (monarchie), par exemple, l'auteur montre le rôle que jouent les courtisans dans cet état de fait. Analyse transposable aussi à d'autres systèmes (La Boétie s'appuie beaucoup sur des exemples tirés de l'Antiquité, probablement aussi pour éviter la censure), y compris en démocratie, et c'est ce qui fait la qualité de cet essai au caractère quasi-universel.
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 A recommander, 27 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Je recommande la lecture de ce livre aux femmes notamment. Il démontre magistralement comment nos petits renoncements de la vie de tous les jours donnent aux tyrans (domestiques dans ce cas) tous les pouvoirs sur nos destinées d'êtres libres. Il n'y a aucune fatalité à être enchaîné-e, revendiquer notre liberté dépend de nous.
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 UN RÉGAL !, 23 mai 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Discours de la servitude volontaire (Poche)
Extralucide, La Boétie nous décrit avec brio la soumission volontaire des hommes au tyran.
Ecrit en 1546-1548 alors que l'auteur est seulement âgé de 16-18 ans, ce discours est intemporel !
Il se lit d'une traite tellement le style est fluide ( traduction excellente du français du 16ème siècle)et le fonds clairvoyant.
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Discours de la servitude volontaire de Etienne de La Boétie (Poche - 1 juillet 1997)
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