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Les mésaventures de la critique
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100 PREMIERS RÉVISEURSle 23 novembre 2012
L'ouvrage regroupe les versions remaniées de cinq contributions publiées dans divers journaux et revues entre 2002 et 2011 et entre lesquelles on a parfois un peu de mal à faire le lien...

Dans l'introduction l'auteur rappelle que, si la gauche gagne encore les élections, elle se montre en revanche incapable, depuis 30 ans, de conceptualiser et de mettre en oeuvre une politique alternative au néo-liberalisme; une incapacité qui frappe non seulement les partis de gouvernement, mais également l'extrême-gauche anticapitaliste et le mouvement altermondialiste.

S'agissant du Parti Socialiste, les explications sont connues. Avec le tournant de la rigueur de 1983, la gauche (hors PCF) se convertit au "réalisme économique" et abandonne le terrain des luttes sociales pour se concentrer sur celui de la lutte contre les discriminations, évolution qui se manifeste par la création de "SOS Racisme" et le retournement de veste d'un journal comme "Libération" Libération de Sartre à Rothschild. Ce faisant la gauche sacrifiait le combat pour la réduction des inégalités sociales au profit d'une reconnaissance de la diversité culturelle. Elle abandonnait ainsi à son triste sort "la majorité invisible" des citoyens des classes moyennes et populaires pour se concentrer sur celui des "minorités visibles" (homosexuel(le)s, immigrés, féministes...), seul moyen désormais de cliver avec une droite défendant les mêmes concepts économiques : libéralisation, privatisation, dérèglementation... La diversité contre l'égalité... Et 30 ans après, la situation n'a pas changé. Le pouvoir socialiste continue d'appliquer les solutions néo-libérales à la crise, sous la pressions des institutions européennes et des agences de notation et à limiter sa "politique de gauche" à la promotion du mariage pour tous et du vote des étrangers aux élections locales, prenant ainsi le risque à terme de voir son électorat, las du statu quo, opérer un exode massif vers les partis extrêmes...

L'auteur constate toutefois que le reste de la gauche n'a pas mieux réussi :

- le mouvement altermondialiste, dynamique au début du siècle, s'est enlisé dans une contestation sans contenu, où les moyens d'action sont devenus une fin en soi, l'occasion de faire la fête pour les uns ou de s'adonner à la violence gratuite pour les autres...

- l'extrême gauche, plus conceptuelle, n'en demeure pas moins composée de "partis ouvriéristes sans ouvriers", des partis de militants professionnels tenant des discours codés à destination d'autres militants et inaudibles pour le citoyen lambda...

- les autonomes, fuyant la société de consommation, partent créer des communes libres, des communautés utopiques qui ne sont pas sans rappeler les phalanstères du XIXème siècle, mais qui demeurent des expériences limitées dans le temps et l'espace et certainement pas généralisables à la société toute entière...

l'auteur s'intéresse ensuite à la situation de l'Amérique du Sud, et particulièrement au cas de la Bolivie où le président Evo Morales a réussi le tour de force de lier lutte identitaire ("l'indianisme") et luttes sociales, lui attirant ainsi à la fois le soutien des électorats indien et métis lors des élections de 2005 et 2009 qui lui ont permis la mise en oeuvre d'un programme ambitieux de nationalisations des ressources naturelles (pétrole, eau, télécom...) et d'une réforme constitutionnelle en faveur d'un Etat plurinational avec la reconnaissance de l'indianité. Une voie originale, non sans ambiguïté, mais qui a permis un recul de la pauvreté en Bolivie et qui démontre, après 30 ans de TINA ("There Is No Alternative"), qu'un autre monde est possible... Nous serons des millions : Evo Morales et la gauche au pouvoir en Bolivie

Le quatrième chapitre est consacré à la crise des banlieues de 2005 et à son interprétation. Manifestation de l'islamisme radical pour l'extrême droite (ce que démentiront les autorités de police), conséquence du "racisme d'Etat" pour l'extrême gauche, le moins que l'on puisse dire c'est que ces émeutes de 2005 serviront de révélateur et de réceptacle pour toutes les haines et toutes les peurs traversant la société française. Les explications à cette soudaine montée de violence sont multiples et auraient mérité mieux que des réactions à l'emporte-pièce sous la pression des médias. Cet exemple témoigne de la difficulté qu'il y a à analyser sereinement les évènements pour y apporter les solutions adéquates et montre combien trente années de politiques néo-libérales nous ont éloignés de la réflexion touchant à la réduction des inégalités sociales...

Le cinquième chapitre s'intéresse à la sociologie de la domination, mais en abusant du jargon sociologique il se rend difficilement compréhensible. En résumé, au delà des controverses opposant Pierre Bourdieu et Jacques Rancière, il s'avère que les dominés contribuent par ignorance ou par passivité à leur propre domination et à la légitimation des valeurs des classes dominantes. Loin des présupposés néo-libéraux qui postulent que nous sommes tous libres, autonomes et responsables, il s'avère que nous obéissons tous à des déterminismes sociaux et que ces déterminismes sont d'autant plus prégnants que l'on appartient à un milieu social défavorisé. C'est ce qui explique que des personnes de milieu modeste, peu politisées, continuent de voter, par habitude ou victimes de manipulations, pour des partis conservateurs, alors qu'objectivement elles n'ont rien à attendre d'un tel vote. Rendre visibles à tous les ressorts de la domination permettrait aux citoyens victimes de l'oppression capitaliste de se politiser et constituerait un évènement que les partis ne pourraient pas continuer d'ignorer plus longtemps.

Un premier pas vers une réduction effective des inégalités sociales...
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