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9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Plus provocateur que subversif
Cet opuscule anonyme serait sans doute passé inaperçu du grand public si les services de police ne lui avaient pas fait une publicité plus ou moins involontaire en cherchant à lier son ou ses auteurs inconnus à un petit groupe marginal accusé sans preuve de sabotage d'une ligne TGV pour cause de proximité géographique au...
Publié le 12 avril 2009 par Jean-paul Lacharme

versus
49 internautes sur 57 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Mode d'emploi pour une insurrection fantasmée
Ce livre nous présente un première partie critique brillante avec des formules sublimes qu'on découvre au fil des 7 chapitres ou "cercles" qui dévoilent les multiples rouages nous déterminant comme des pantins soumis au mérite de notre travail, à notre bonne conscience citoyenne et à notre statut familial.
La...
Publié le 17 février 2009 par Bernelas


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49 internautes sur 57 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Mode d'emploi pour une insurrection fantasmée, 17 février 2009
Par 
Bernelas "l'insoumis" (sèvres) - Voir tous mes commentaires
(TOP 1000 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Ce livre nous présente un première partie critique brillante avec des formules sublimes qu'on découvre au fil des 7 chapitres ou "cercles" qui dévoilent les multiples rouages nous déterminant comme des pantins soumis au mérite de notre travail, à notre bonne conscience citoyenne et à notre statut familial.
La société a fait de nous "des sujets naturellement productifs, contents de consommer".Ainsi notre économie se révèle être une politique de sélection.
Exemple:notre engouement pour l'écologie n'est que la lubie d'une nouvelle modalité économique qui ne cesse de nous rappeler presque insolemment qu'"à chaque poussée de catastrophisme correspond désormais une volée de solutions industrielles"."L'hyper bourgeoisie planétaire ne saurait faire passer pour respectable son train de vie si ses derniers caprices n'étaient pas scrupuleuseument respectueux de l'environnement".
Nos dirigeants configurent des espaces où la démocratie et la République ont l'air de fonctionner.Ainsi administrés nous consentons à cette civilisation qui se précipite aveuglément,"constamment poursuivi par la proximité de son effondrement"."Ce qui nous fait face n'est pas la crise d'une société mais l'extinction d'une civilisation".
Alors que faire?
Ranimer notre intelligence d'insurgé nécessaire à toute émancipation."L'intelligence, ce n'est pas de savoir s'adapter - ou si c'est une intelligence c'est celle des esclaves.Notre inadaptation,notre fatigue ne sont des problèmes que du point de vue de ce qui veut nous soumettre".
La seconde partie du livre se présente comme un mode d'emploi insurrectionnel.C'est à ce moment que l'on retombe dans un idéalisme franchement puéril.C'est du grand n'importe quoi: on part de l'amitié "politique" pour aboutir à de petites communes autonomes, seules garanties d'un réel affranchissement.L'insurrection peut alors venir...Pour illustrer leurs propos les auteurs s'éparpillent de la Révolution Française aux émeutes des banlieues de 2005 en passant par La Commune,le CPE,la Révolution Russe,la Kabylie,Oaxaca,la catastrophe de Boumerdès,de Katrina et du Sud-Liban...bref tout y passe,un bazar révolutionnaire en moins de 40 pages!
Bon cessons de fantasmer avec le comité invisible et plongeons nous plutôt dans le livre de John Holloway "Changer le monde sans prendre le pouvoir" (avec comme sous titre: Le sens de la révolution aujourd'hui)qui lui,offre de sérieuses propositions pour tout libertaire qui se respecte!
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5 Intellectuellement stimulant mais finalement peu convaincant, 21 novembre 2011
Par 
KRIK "Last night a DJ saved my life" (Brive-la-Gaillarde, France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Comme beaucoup, j'ai découvert et lu ce livre suite à la "publicité" (et quelle publicité !) que lui a fait une certaine ministre de l'Intérieur et un petit président de la République ("petit" comme on distingue par exemple un grand homme d'un homme grand) à la recherche d'un ennemi intérieur, dérivatif médiatique aux problèmes économiques et sociaux (et démocratiques) d'une société productiviste à la dérive. Personne mieux qu'eux n'auraient pu aussi bien contribuer à la diffusion des idées qu'il contient...
Il est l'œuvre du Comité Invisible dont par définition les membres sont anonymes, même si l'État terroriste a tenté d'attribuer la paternité de cet ouvrage à un prisonnier politique afin d'étayer la thèse de l'ennemi intérieur et d'étoffer un dossier d'accusation "désespérément" vide de toute preuve et au contraire plein d'incohérences ou faux témoignages (la suite de la procédure l'a prouvé !). À vrai dire, ce Comité Invisible est décrit dans un autre ouvrage comme « une fraction déterminée du Parti Imaginaire, son pôle révolutionnaire-expérimental. » Si j'ai bien compris (il faut un temps pour s'acclimater à leur novlangue), ce Parti Imaginaire regroupe de fait l'ensemble des communautés réfractaires à l'Empire.

Cet ouvrage se scinde en deux parties. La première constitue une description impitoyable de l'état de délabrement de notre société. Non pas une vision désenchantée - d'abord parce que cet adjectif peut évoquer une forme de résignation alors qu'il est ici question de contestation et de combat, ensuite parce qu'on n'est pas déçu lorsqu'on n'attend rien - plutôt un regard de défiance puisqu'ils considèrent que « ce qui nous fait face n'est pas la crise d'une société mais l'extinction d'une civilisation » (p. 79). Ce qui n'est pas faux.
Cette partie est passionnante, certains chapitres (dits « cercles ») en particulier. On y constate « la grande débâcle sociale » (p. 25), on y conteste que le travail soit « la seule façon d'exister » (p. 31) et affirme qu'« on n'a pas trouvé à ce jour de meilleure méthode disciplinaire que le salariat » (p. 34). On y dénonce aussi la métropole, c'est-à-dire cet espace indifférencié dénué de toute vie authentique, l'uniformisation, la dépossession (le Bloom) et les flux continus.
L'individu est considéré comme un pion au sein d'une logique qui n'est pas la sienne, et dont il s'extrait de plus en plus souvent, quelles que soient les voies empruntées pour cela, notamment toutes les formes de désengagement.
De nombreuses vérités écrites avec une clairvoyance certaine dans un style assez clair. Des écrits stimulants de par la pensée qu'ils développent. Mais aussi une lecture inconfortable car déstabilisante. Car le rejet de l'existant est total. Tout ce à quoi on croit voire ce dans quoi on est engagé (syndicalisme, altermondialisme, antipub, décroissance, etc.) est aussi concerné. Toutes les forces contestataires, progressistes ou révolutionnaires (ne s'inscrivant donc pas dans leur démarche) sont mises dans le même sac que les pires réactionnaires : leurs luttes contribuent à la perpétuation du pouvoir qu'ils combattent. À tel point qu'on croirait ci ou là déceler de la mauvaise foi ; mais non.

La seconde partie éclaire le propos. Elle est un mode d'emploi insurrectionnel dont l'objet est de sortir de la situation désastreuse précédemment exposée. Le Comité Invisible décrit la nécessité de se constituer en communes, des cellules d'autonomie au sein desquelles on se regroupe par affinités. L'autonomie permet de se passer de la société et de survivre à la rupture des flux qui l'alimentent, laquelle rupture résulte de l'insurrection qu'ils appellent de leurs vœux et que la multiplication des communes doit préparer.

Ces théories s'inscrivent donc dans une démarche anarchiste autonomiste.

Ce livre reste trop à la surface de son sujet. Peut-être les auteurs avaient-ils comme intention de proposer un ouvrage plus accessible (ce qu'il est) que ceux de Tiqqun, auxquels on peut évidemment reprocher un style parfois hermétique. Et si l'on n'a pas lu d'autres ouvrages de cette mouvance (ce que j'ai personnellement fait depuis), ce livre peut apparaître à tort comme le reflet d'une révolte adolescente mal digérée, d'une utopie certes réfléchie mais potentiellement aussi dangereuse que ce qu'ils dénoncent.
Donc, malgré son intérêt (il aide à réfléchir, à s'émanciper d'un discours potentiellement anesthésiant), ce livre est finalement moyennement convaincant : entre une première partie qui suscite un réel intérêt et une seconde qui ne fait que survoler les positions défendues.

(Krik, amazon.fr, 21/11/11)
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26 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Mouais.... à la rigueur si vous avez 16 - 17 ans ..., 1 mai 2009
Par 
crew.koos (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Etonnant qu'un livre si marginal (en marge) connaisse un tel succès en librairie, si l'on en juge par son classement dans les ventes d'Amazon.

Le constat que les auteurs dressent de notre socièté est assez juste et partagé par une grande part de nos concitoyens, là dessus rien à dire;par contre les solutions préconisées sont beaucoup plus contestables non pas tant par leur radicalité (aux grands mots les grands remédes) mais plutot par leur sectarisme dangereux: tous les mouvements alternatifs sont systématiquement décrédibilisés (juste pour vous donner un exemple au hasard, les casseurs de pub sont assimilés à une bande de vieux pubards en mal de reconversions, ce qui est peut être vrai (je n'en sais rien) mais qui n'enlève en rien la pertinence de leur combat et l'originalité de leur mode d'action). Aux écologistes, décroissants et autres altermondialistes de tous genres, les auteurs opposent le concept de "commune" jamais précisément défini mais dont il faut croire sur parole qu'il est la seule et unique solution viable.

Si l'assassinat de flic est votre tasse de thé, il se peut alors que vous trouviez un quelconque intéret à la lecture de cet ouvrage, si, par contre, vous souhaitez changer en profondeur la société en évitant, tant que faire se peut, la guerre civile et le chacun pour soi généralisé, je doute fort que ce pamphlet adolescent, au demeurant assez bien écrit, vous soit d'une quelconque utilité.

Si ce n 'est pas déja fait, précipitez vous plutot sur la stratégie du choc de Naomi Klein.
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9 internautes sur 12 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Plus provocateur que subversif, 12 avril 2009
Par 
Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)    (VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Cet opuscule anonyme serait sans doute passé inaperçu du grand public si les services de police ne lui avaient pas fait une publicité plus ou moins involontaire en cherchant à lier son ou ses auteurs inconnus à un petit groupe marginal accusé sans preuve de sabotage d'une ligne TGV pour cause de proximité géographique au prétexte que l'ouvrage questionne justement la possibilité d'un tel acte dans l'une de ses pages (p.101) sans pour autant rien préciser. Bon markéting. Mais, en attendant, il y a un innocent en prison.

Le livre lui même est plutôt bien écrit : son ou ses auteurs se sont surement frottés au milieu académique. Il présente deux parties inégales. La première expose les maux mortels de notre monde en sept chapitres, sept comme les septs cercles de l'Enfer de Dante : le moi anémié, l'école, le travail, la métropole, l'économie, l'environnement et la civilisation. Les titres donnés par l'auteur sont plus poétiques que les miens. On retrouve ici sous forme concentrée des idées disséminées et développées chez Lasch, Michea, Debord, Orwell, Kaczynski notamment, chacun dans son domaine. Il ne s'agit pas d'un travail théorique, mais d'une longue description du monde agonisant dans lequel nous sommes contraints de (sur)vivre.
La seconde partie de l'ouvrage (1/3) qui expose dans leurs grandes lignes les moyens d'organisation et d'action (techniques de sabotage) est plus discutable. En valorisant l'invisibilité (d'où le nom de l'auteur anonyme : le comité invisible), l'auteur se dénie d'ailleurs lui-même : il faut faire sans dire, et surtout, ne rien publier ! En outre, chacun sait que ce type de livre ne peut toucher à notre époque qu'une mince frange intellectuelle, autant dire, personne. Dans un mode où l'opposition n'est plus guère constituée que par des libéraux honteux, ça fait tout de même plaisir à lire.
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3 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Le doux rêve qui restera rêve, 12 avril 2010
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Comme pas mal de personnes, c'est le commentaire du type de la Fox qui circule sur internet, ce présentateur qui nous présente ce petit bouquin comme étant le Diable qui m'a donné envie de le lire.
Alors bon, rien de neuf à l'horizon. "Il faut, il faut , il faut ... " , les propositions alternatives sont farfelues et inappliquables.
Le style est bon, mais l'utopie est très "Tyler-Durdenienne" (si je peux reprendre l'expression d'un ami à propos du livre ) .
Tout casser, semer le chaos, etc ... La thèse anarchiste de base sans réelles évolutions.
Les auteurs de ce bouquin oublient beaucoup de choses (ou les ignorent) .

1) les émeutes de 2005 ( dont ils parlent) étaient des déclenchements de violences spontanées, mais absolument pas structurés et dans lesquels le peuple ne se reconnaissaient pas.

2) Le facteur humain, si l'on regarder l'Histoire, nous démontre que l'Homme ne peut se défaire de l'envie d'amasser, de capitaliser, d'acheter des trucs débiles à crédits, tout en s'imaginant que la richesse monétaire est semblable à la richesse de l'âme.

Très clairement, on ne peut appliquer l'ébauche de "programme" que le Comité invisible nous propose sans violence, donc sans abolir la démocratie. D'ailleurs certains Léninistes l'avaient très bien dit : "la démocratie est une invention du capitalisme, et on ne peut combattre l'ennemi avec ses armes."

Ce qu'il faut, ça n'est pas la sédition parce que la sédition n'est plus possible. Ce qu'il faut, c'est être en mesure de peser suffisamment lourd sur le système politique actuel pour tenter de le ré-équilibrer plus justement en faveur des plus faibles.
Mais du sang, tant qu'on peut éviter... Evitons.
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3.0 étoiles sur 5 Quelques fulgurances, mais la fin est ratée....dommage !!!, 16 septembre 2011
Par 
Darko (Bretagne - France) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
J'avais ce bouquin dans un coin depuis un certain temps et je me disais bien qu'il faudrait que je le lise un jour...Et bien voilà, c'est aujourd'hui chose faite !

Rendu célèbre par "l'affaire de Tarnac", ce petit opuscule écrit par un obscur "Comité Invisible" vaut vraiment son pesant de cacahuètes. Il rappelera aux plus anciens les libelles situationnistes que l'on pouvait trouver dans les années 60 et qui racontaient le plus sérieusement du monde les pires âneries de la création. Le plus drôle c'est que certaines personnes les prenaient très au sérieux et en appelaient au salutaire sursaut républicain des forces vives de la nation ! Evidemment,c'était le but recherché et c'était tordant !

Cette fois ci "l'insurrection qui vient" nous annonce que notre futur est bien sombre et qu'il va falloir prendre des mesures radicales, voire draconiennes, si l'on veut s'en sortir; au premier rang desquelles se débarasser de la démocratie et de ses forces d'occupation policières !!! On comprend mieux, dés lors, l'émoi provoqué par ce bouquin du coté de la place Beauvau !

Mais avant cela, le "Comité Invisible" s'emploie à nous exposer les raisons pour lesquelles rien ne va plus dans cette foutue société et utilise pour cela quelque chose qui ressemble rien moins qu'à une demonstration mathématique : le théorème des 7 cercles !!!

- 1er cercle, 1er ennemi : l'individualisme bourgeois. L'exacerbation du moi, le consumérisme effréné font de nous des êtres aliénés dont l'existence vaine ne tient plus qu'à force de tranquillisants...

- 2ème cercle, 2ème ennemi : l'école, le famille, le couple. Tous ces corps intermediaires de la société, dévolus au dressage de l'individu, se révèlent partout en crise et ne sont plus porteurs ni de sens, ni d'appartenance ...

- 3ème cercle, 3ème ennemi : le travail. Sa double nature, à la fois d'exploitation et de participation, font du travail le réceptacle de toutes les frustrations, parfois poussées jusqu'à l'hystérie en raison du mouvement conjoint de raréfaction et d'intensification qui le caractérise aujourd'hui...

- 4ème cercle, 4ème ennemi : la métropole. Il n'y a plus ni villes, ni campagnes, juste de gigantesques conurbations parcourues de multiples réseaux, mais sans lien social et promises à la guerilla urbaine...

- 5ème cercle, 5ème ennemi : l'économie capitaliste. Plus personne ne croit à l'économie, ni au capitalisme. Productivité, croissance, emploi sont devenus des mots vides de sens. Ne reste plus qu'un système déliquescent dont chacun attend la chute finale...

- 6ème cercle, 6ème ennemi : l'environnement. le nouvel horizon indepassable de notre temps c'est le totalitarisme vert : bio, traçabilité, transparence, certification, developpement durable, éco-taxes, "greenwashing"...Tout le monde doit se convertir à la nouvelle religion. Tout doit devenir vert...

- 7ème cercle, 7ème ennemi : la civilisation occidentale. L'Occident est mort. Démocratie, Etat-nation, République, sont devenus de mots creux, vidés de leur substance par le relativisme universel. Ce que l'Occident nous donne à voir désormais, "ce n'est pas la crise d'une société, mais l'extinction d'une civilisation "...

C'est joliment écrit. On y trouve quelques fulgurances dans ce style martial et abscons qu'affectionnaient les bolcheviks et qui sera repris avec succès, quelques années plus tard, par des situationnistes armés d'un féroce esprit de dérision...

Malheureusement, la deuxième partie du livre s'avère un peu ratée, car on y comprend que couic à toutes ces histoires de "commune autonome"...et l'on en vient à se demander si ce "Comité invisible" est vraiment aussi rigolo qu'on avait bien voulu le croire au départ ?!?

En tout cas, une chose est sûre : MAM, elle, elle nous a bien fait marrer !
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21 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Un comité trop invisible pour être honnête !, 20 août 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Lorsque l'on m'a parlé de ce livre, j'ai tout de suite émis un certain nombre de réserves sur la crédibilité réelle de ses intentions. Ce qui m'a intuitivement choqué c'est l'invisibilité de ses auteurs. Puis j'ai ouvert et parcouru les premières lignes et les premières pages de ce qui se voudrait être un soit-disant un pamphlet révolutionnaire et qui n'est, à mon avis, qu'un texte produit par le système pour justifier ses visées totalitaires et sécuritaires.
Le vecteur anarchisant a toujours fait la lie du fachisme et invariablement celui du système capitalisme contre lequel il prétend être en révolte. Inutile de rappeler, pour illustrer ce fait, l'origine de la couleur des chemises des squadristes de Mussolini, ni l'attachement qu'avait ce dernier à l'éducation libertaire qu'il reçut de son père et qui nourrit largement ses convictions politiques de jeunesse. Inutile de souligner que la violence des attentats anarchistes du début du 20ème siècle furent les meilleures armes que le système utilisa pour discréditer le mouvement.
L'anarchisme, ce nihilisme de la jeunesse, est mécaniquement le levier par lequel peut s'instaurer la dictature, l'histoire du siècle dernier l'a bien démontrée tant en Russie qu'en Italie et en Allemagne. Par son manque de contenu politique, par son absence de réel télos et son éthos ontologiquement biologique et nihiliste, l'anarchisme n'est qu'une force brute, qu'un contenu énergétique violent quasiment organique.
Car il y a du biologique dans l'anarchisme. De fait la propension à l'anarchisme se rattache au pulsionnel, à l'agressivité de la jeunesse dans sa quête de reconnaissance sexuelle. C'est un phénomène de jeunes mâles en manque de femelles qui cherchent à s'affirmer contre les mâles dominant pour leur ravir le droit de copuler, donc d'enfanter, donc de survivre. Par conséquent l'anarchisme n'a pour but que l'expression ultime d'un surcroît d'agressivité refoulée, (c'est à dire la violence) qui s'exprimera par la guerre, la révolte, la destruction. Malheureusement, toute cette énergie non maîtrisée est une énergie folle et sans but qui peut être récupérée par n'importe quelle puissance en état de la canaliser pour la retourner à son profit.

C'est tout l'objet de ce livre en définitive. En parcourant ces lignes, ce qui semble édifiant c'est ce manichéisme quasi caricaturale: Ce qui n'est pas "nous" doit être détruit. Pire, l'ostracisme qui est la matrice de tout le livre englobe un panel tellement large que la suspicion sur l'authenticité du propos révolutionnaire s'est immédiatement insinuée dans mon esprit. Qu'un collectif anarchisant s'attaque au patronat, aux politiques, aux classes moyennes embourgeoisées, à l'Etat ou à l'Ecole je suis d'accord. En revanche, qu'il s'attaque aux syndicalistes, aux décroissants, aux altermondialistes, aux forces de l'extrême gauche traditionnelle, là je commence à me poser des questions. Questions qui se renforcent quand je lis qu'en définitive, les seuls individus qui comptent aux yeux des prétendus révolutionnaires auteurs de ce livre sont les immigrés, les jeunes des banlieues, les islamistes, les jeunes révoltés d'Algérie et les palestiniens.

En refermant ce livre, j'ai eu comme un sentiment de malaise. Le logos délibérément jeuniste employé tout au long du livre, l'incitation récurrente à la violence d'une partie de la population désignée par défaut (jeunesse des banlieues et même jeunesse en générale) contre tout le reste de la société, le vide politique et l'anonymat des auteurs, tout cela m'a amené à considérer ce livre comme une imposture et un outil de propagande gouvernementale. Ce livre publié après la prise de pouvoir de Sarkozy me semble relever de la manipulation politique. Il me semble clair qu'il a été écrit par un collectif d'experts et de membres des R.G pour stigmatiser un peu plus une jeunesse jugée nocive et une population immigrée considérée comme violente afin de légitimer le sécuritarisme ambiant. En suscitant la peur par la spéculation sur la haine et la violence, en terrorisant une large frange de la population avec le spectre de la Guerre Civile, en stigmatisant par défaut et subtilement une population ciblée et minoritaire, on peut mettre en exergue la guerre de chacun contre tous, on peut justifier un surcroît d'atteinte aux libertés individuelles de tous, on peut diviser pour mieux régner.

Loin de la théorie du complot mon commentaire voudrait simplement inciter les éventuels lecteurs de cette imposture à la lire entre les lignes pour y voir ce qu'il s'y cache.
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49 internautes sur 72 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Super, 24 mars 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Chaque secteur spécialisé de la connaissance fait à sa manière le constat dun désastre. Les psychologues attestent dinquiétants phénomènes de dissolution de la personnalité, dune généralisation de la dépression qui se double, par points, de passages à lacte fou. Les sociologues nous disent la crise de tous les rapports sociaux, limplosion-recomposition des familles et de tous les liens traditionnels, la diffusion dune vague de cynisme de masse ; à tel point que lon trouve dorénavant des sociologues pour mettre en doute lexistence même dune quelconque « société ». Il y a une branche de la science économique - l« économie non autistique » - qui sattache à montrer la nullité de tous les axiomes de la prétendue « science économique ». Et il est inutile de renvoyer aux données recueillies par lécologie pour dresser le constat de la catastrophe naturelle.

Appréhendé ainsi, par spécialité, le désastre se mue en autant de « problèmes » susceptibles dune « solution » ou, à défaut, dune « gestion ». Et le monde peut continuer sa tranquille course au gouffre.

Le Comité invisible croit au contraire que tous les remous qui agitent la surface du présent émanent dun craquement tectonique dans les couches les plus profondes de la civilisation. Ce nest pas une société qui est en crise, cest une figure du monde qui passe. Les accents de fascisme désespéré qui empuantissent lépoque, lincendie national de novembre 2005, la rare détermination du mouvement contre le CPE, tout cela est témoin dune extrême tension dans la situation. Tension dont la formule est la suivante : nous percevons intuitivement létendue de la catastrophe, mais nous manquons de tout moyen pour lui faire face. Linsurrection qui vient tâche darracher à chaque spécialité le contenu de vérité quelle retient, en procédant par cercles. Il y a sept cercles, bien entendu, qui vont sélargissant. Le soi, les rapports sociaux, le travail, léconomie, lurbain, lenvironnement, et la civilisation, enfin. Arracher de tels contenus de vérité, cela veut dire le plus souvent : renverser les évidences de lépoque. Au terme de ces sept cercles, il apparaît que, dans chacun de ces domaines, la police est la seule issue au sein de lordre existant. Et lenjeu des prochaines présidentielles se ramène à la question de savoir qui aura le privilège dexercer la terreur ; tant politique et police sont désormais synonymes.

Linsurrection qui vient nous sort de trente ans où lon naura cessé de rabâcher que « lon ne peut pas savoir de quoi la révolution sera faite, on ne peut rien prévoir ». De la même façon que Blanqui a pu livrer les plans de ce quest une barricade efficace avant la Commune, nous pouvons déterminer quelles voies sont praticables hors de lenfer existant, et lesquelles ne le sont pas. Une certaine attention aux aspects techniques du cheminement insurrectionnel nest donc pas absente de cette partie. Tout ce que lon peut en dire ici, cest quelle tourne autour de lappropriation locale du pouvoir par le peuple, du blocage physique de léconomie et de lanéantissement des forces de police.
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10 internautes sur 16 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 de la désobéissance civile, 4 février 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
très bon livre, particulièrement le premier chapitre. il se lit très aisément. sa lecture est instructive et stimulante à une époque où des mots comme "démocratie", "totalitarisme", "droits de l'homme" s'affadissent et donnent lieu à un renouvellement des réflexions philosophiques et politiques. à lire en même temps que slavoy zizek, toqueville et thoreau. pour faire vite, tocqueville, référence classique en matière de démocratie, ne s'intéresse pas ou très peu à la notion de résistance face à la majorité, mais au risque démocratique. thoreau au contraire, comme aujourd'hui 'le comité invisible', met au premier plan l'idée de résistance ou de désobéissance.
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21 internautes sur 33 ont trouvé ce commentaire utile 
2.0 étoiles sur 5 Le livre prétexte, 2 avril 2009
Par 
Jules Alexandre Théophraste de Corvée de Ch.... (Aix-en-Provence, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'insurrection qui vient (Broché)
Un commentaire qui résume tout:

"Un jour Alain Bauer, conseiller spécial pour le terrorisme à l''Elysée et président de l''observatoire de la délinquance, a lu un livre. En conséquence de quoi, Julien Coupat un jeune philosophe qui veut changer la vie, est en prison depuis quatre mois, sans preuve.
Lire un livre, un vrai, cela n'a pas dû arriver souvent à ce tâcheron surdiplômé, Mozart du rapport insipide et surpayé mais authentique virtuose quand il s'agit de mettre en musique les paranoïas à la mode : terrorisme, délinquance, violences urbaines fin du monde, etc. Comme il les enveloppe avec des couvertures dont ne voudrait pas Gérard de Villiers, il attire l''attention de ceux qui aiment tout ce qui brille et qui fait peur, comme le président Sarkozy, car Bauer, franc-maçon venu de la gauche, ou disons de la droite extrême de la gauche est typiquement ce genre de spécialiste autoproclamé dont les concepts clinquants font rire les vrais experts et lui valent dans le milieu universitaire et criminologique une solide réputation de faiseur et de marchand de piano.

C'était à la fin de l'été 2007 et le livre s'appelait L'insurrection qui vient, signé par un mystérieux Comité Invisible. Alain Bauer avait dû lire trop de Tom Clancy sur la plage et se prendre pour Jack Ryan, cet analyste de la CIA qui depuis son bureau annihile à la force du cortex les pires menaces terroristes planant sur les USA : tout seul, avec ses deux ordis de rien du tout, il empêche Al Qaida de s'emparer de toute l''Asie, des suprématistes blancs de fomenter un poutche à Washington ou les Français d'y exporter du Roquefort.

Que fait Alain Bauer, une fois qu'il a terminé péniblement L'insurrection qui vient ? On peut imaginer sa perplexité : le texte est magnifiquement écrit et Alain Bauer est plus habitué à la poésie involontaire des rapports technocratiques qu''aux éclairs rimbaldiens et post-situ de ce chef d'œuvre. Oui, imaginons Alain Bauer, enseignant des disciplines n''existant pas dans diverses écoles de police se trouver tout à coup confronté à des phrases comme « On a brûlé en enfants perdus les premiers bibelots d''une société qui ne mérite pas plus d''égards que les monuments de Paris à la fin de la Semaine Sanglante, et qui le sait. ». Il ne peut pas comprendre mais, comme tous les Danubes de la pensée, il croit comprendre, ce qui est bien pire. Il va justifier la confiance mise en lui par le président qui lui a aussi demandé de conseiller MAM à propos de toute la toute nouvelle DCRI, fusion des RG et de la DST. Bauer n''hésite pas une seconde, casse sa tirelire et achète quarante exemplaires de L' 'Insurrection qu''il distribue illico à tous les patrons de la sécurité intérieure.

Il accompagne tout ça, non pas d''une boite de chocolats, mais d'une note circonstanciée où il explique que nous sommes potentiellement exposés au risque d''une dérive politico-militaire similaire à celle d'Action Directe à la fin années 1970. Il faut faire preuve d''une certaine nullité idéologique pour croire à ces sornettes, mais Alain Bauer connaît le marché. Il sait, comme on dit au poker, qu''il ne va pas falloir tarder à amuser le tapis pour occuper l''opinion qui voit le tsunami économique lui arriver dessus, dans un ralenti terrifiant. Bauer attend un prétexte, il l''a avec quelques sabotages de TGV en novembre. C'est l''invention de la fameuse mouvance anarcho-autonome, et le fiasco de Tarnac, en novembre, où l''on assiste au risible et terrifiant spectacle d''unités antiterroristes surarmées investissant une épicerie corrézienne sur de très aléatoires présomptions.

Ayant rejoint Jack Ryan au panthéon des sauveurs de l''Etat, Bauer se fait plus discret au fur et à mesure que le fiasco judiciaire est un peu plus manifeste. Il n''entend pas pour autant renoncer à son golden parachute: une chaire de criminologie créée à son usage aux Arts et Métiers (CNAM). Evidemment, la plupart de ses éventuels collègues mettent leur veto, arguant, les naïfs, de l''incompétence de ce Père Joseph de mauvais conseil. Mais bon, cela n''a pas suffi. Le décret créant cette chaire et l''attribuant à l'espion qui venait du rocardisme tiède vient d'être signé par le président lui-même.
Julien Coupat, lui, est toujours en prison."

(paru sur le Causeur)
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L'insurrection qui vient
L'insurrection qui vient de Comité invisible (Broché - 29 mars 2007)
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