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le 30 avril 2007
Dans Le livre des secrets d'Enoch, Pierre Jovanovic entend discuter du livre apocryphe d'Enoch mais avec une autre approche que celle développée dans son Enoch, dialogue avec Dieu et les Anges.

Son but est ici historique et philologique. A savoir, retrouver, derrière l'histoire d'Enoch la trace historico-archéologique de l'origine du texte. Proposant une analyse fouillée et passionnante, Jovanovic détermine l'origine sumérienne du personnage qui a inspiré Enoch (ce qu'il avait déjà fait dans le livre précédent), mais il précise les choses en nous plongeant dans l'histoire de Sumer : de la sorte, preuves scientifiques à l'appui, il retrouve trace d'un déluge ayant frappé Sumer et inspiré un mythe collectif à l'humanité dont la Genèse garde trace avec l'aventure de Noé. Cette assurance que la Bible ne serait pas un texte neuf, mais plutôt une mise en forme de mythes passés l'autorise à considérer le texte de la Genèse comme le récit trafiqué de mythes passés dans l'inconscient collectif de l'Homme. Cette remise en question de l'historicité du texte Juif entend dessiller le regard du croyant crédule. Le but étant aussi de souligner le caractère crédible du livre d'Enoch, plus crédible selon lui que des textes de la Bible puisque des versions qui nous sont parvenues, nous possédons un texte, le slavonique, dont le caractère court autorise à considérer qu'il serait fidèle à l'original sumérien.

Mais, Jovanovic ne nous avait pas expliqué dans Enoch, dialogue avec Dieu et les Anges qu'il existait deux versions slavoniques. Celle qu'il a traduite est dite de Belgrade. Celle présentée dans ce livre d'Uvarov. Pourquoi proposer cette nouvelle version ? Parce qu'elle offre un récit encore plus court que celui de l'ouvrage précédent et donc censément plus fidèle. Toutefois, cette seconde mouture présente des ajouts chrétiens tellement visibles qu'elle rend le texte quelque peu ridicule si l'on considère la version de Belgrade. En effet, la présentation de cette version Uvarov nous paraît pas assez explicite : il s'agit d'une mouture postérieure au Christ et non pas antérieur comme la version de Belgrade. Il faut, pour bien comprendre cela, lire l'introduction d'André Vaillant, professeur au Collège de France, à cette version Uvarov. Elle permet de bien saisir où se trouvent les apports et de connaître notamment les versions alternatives du texte, bien plus juives, détachées du corps même et proposées en appendice.

Remettons donc les choses au clair : à l'origine, existe une légende sumérienne concernant un roi enlevé par Dieu et conduit au Ciel - cette version a été perdue. Les Juifs ont retrouvés ce récit qui a été modifié selon leurs croyances, avec la version éthiopienne. Mais nous possédons deux versions plus fiables : la version slavonique de Belgrade et celle d'Uvarov. Celle d'Uvarov est postérieure au Christ comme l'explique André Vaillant : on ne peut donc accuser les Evangélistes de s'en être inspirés. Son intérêt réside dans le fait que la base même du texte semble n'avoir pas subi de rajout, donc serait plus proche de la version de Sumer. Quant à la version de Belgrade, aussi magique et impressionnante soit elle, on y ressent le caractère juif prouvant la retouche du texte. De fait, contrairement à ce que laisse sous entendre Jovanovic, ce texte paraît sujet à caution et l'expérience rapportée par Enoch remis en considération. Cette version est en tout cas antérieure au Christ ce qui explique qu'elle ait influencer les Evangélistes - Saint Jude cite même Enoch dans son épître du Nouveau Testament.

Au final, on regrette le peu d'intérêt de cette version Uvarov d'un point de vue littéraire. La version de Belgrade lui reste infiniment supérieure, comme le reconnaît d'ailleurs Jovanovic, même si finalement moins historique. Toutefois, ce récit sert surtout de prétexte à Jovanovic pour se livrer à une véritable enquête historique : cette déconstruction de la Genèse par la lecture des mythes sumériens vaut le détour. Mais elle ne résout pas l'énigme de la Bible, car comme l'a montré le documentaire de La Bible dévoilée d'Israël Finkelstein et Neil Sielberman, la Thora possède une existence proprement juive intrinsèquement liée à son histoire.
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