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On connaissait Pierre Berthomieu pour ses critiques et comme historien de cinéma: il est par exemple l'auteur d'un petit livre de référence sur Le cinéma hollywoodien : Le temps du renouveau et a contribué à l'appareil critique de dvd fort bien faits, comme The Other de Robert Mulligan (voir mon commentaire).

Rien pourtant ne nous préparait à cette somme de 600 pages, incroyablement stimulante, sur le cinéma hollywoodien classique. Et la quatrième de couverture annonce un tome 2, sans doute sur le même modèle: Hollywood moderne. Le temps des voyants. Mazette, quelle entreprise!

A l'image de la plupart des livres édités par la bonne maison Rouge Profond (voir mon commentaire sur 26 secondes : L'Amérique éclaboussée de Jean-Baptiste Thoret), Hollywood classique est un beau livre à la couverture semi-rigide, avec une mise en page réussie, l'illustration se composant de plusieurs photogrammes par double page, qui font idéalement écho au propos. Attention, si ce livre est bien une somme, son architecture n'est pas conventionnelle. Pas d'exploration chronologique ou par réalisateur la plupart du temps. L'auteur a fait des choix, et s'il n'est pas douteux que ces choix peuvent être, et seront, discutés, ils ont pour objet de définir un certain nombre de traits majeurs de ce qu'a pu être le cinéma hollywoodien classique en croisant les objets d'étude.

Par ailleurs, l'auteur ne fait pas mystère de ses goûts, quitte à froisser les tenants d'un cinéma ouvertement 'artistique'. Il affirme très vite, dans son introduction, que certes il aime ô combien Welles, Hitchcock, Hawks ou Ford, mais aussi, et sans doute à part égale Walt Disney ou Cecil B. De Mille, George Stevens ou David Lean. "Certains aimaient le cinéma américain, moi j'aimais le cinéma hollywoodien, il me parlait. Je savais que l'on pouvait aimer le premier, mais l'amour du second paraissait suspect. Tant mieux. Je trouvais que Citizen Kane ressemblait à Autant en emporte le vent et à King Kong. Que faire? Ces oeuvres, au lieu de les classer, de convoquer des noms grotesques comme l'académisme, la joliesse ou le kitsch, pourquoi ne pas commencer à saisir leurs liens de l'intérieur de leur création?"

C'est précisément ce que fait cet ouvrage avec une grande intelligence et un amour de la matière proprement ahurissant. Lire des analyses pénétrantes sur David O. Selznick, quand on n'est pas précisément un amateur de la plupart de ses productions comme c'est mon cas, est franchement stimulant et conduit à se poser des questions assez larges sur ses conceptions et sa hiérarchie personnelle. Dans ce livre, après un prologue consacré aux apports esthétiques des grands du muets (au premier rang desquels Griffith et Murnau) un certain nombre de chapitres est dévolu à l'exploration d'un canon attaché à un réalisateur particulier (certains attendus comme Ford, Hawks, Hitchcock, voire King Vidor, d'autres beaucoup moins comme Henry King, Cecil B. De Mille, George Stevens). Michael Curtiz a droit à une place à part. Chacun y trouvera à redire en fonction de ses goûts et de ses marottes: je trouve pour ma part qu'une fois de plus on ne consacre pas assez de place et d'attention à l'immense Raoul Walsh (voir mon commentaire sur L'enfer est à lui). Mais Berthomieu parle évidemment aussi des acteurs, de l'influence des hommes de théâtre, des musiciens - il est spécialiste de la musique de film, ce qui se sent (cf. La musique de film). Les chapitres suivants, regroupés sous l'appellation 'Hétérogénéité du style classique', vont de l'hybridation (héritage de l'opéra, le baroque hollywoodien = un retour sur Welles) à ce qu'il appelle l'expérimentation classique, dans laquelle il range aussi bien Walt Disney que les chorégraphies de Busby Berkeley!

Bref, il s'agit d'un livre étonnant qui ne ressemble à aucun autre, fort bien rédigé - il y a bien quelques passages un peu plus fumeux, mais dans l'ensemble le fait que le propos soit fouillé et qu'il comporte nombre de références n'empêche aucunement la clarté du style - et qui ne peut manquer d'aboutir à vouloir découvrir ou redécouvrir nombre des films ou des auteurs dont il fait l'analyse. Ce qui pour moi fait, in fine, l'immense réussite d'un ouvrage de ce type, en dehors comme je le disais du grand nombre d'analyses puissantes qu'il propose. Il se double aussi d'une réflexion sur le cinéma comme art et sur l'esthétique (réflexion de type hégélien, sur laquelle il se pose des questions valables dans l'introduction, mais je vous rassure, pas de fatras illisible sur la théorie des images dans ce qui suit).

Le tome 2 ne manquera pas de venir bousculer le jugement critique aujourd'hui établi - Berthomieu aime beaucoup Lucas et Spielberg par exemple. Quoi qu'on puisse trouver à redire à cela, il ne cherche jamais à déboulonner les uns pour installer les autres à la place, ce qui est aussi honnête que rafraîchissant. Tout est marqué au sceau de la connaissance des oeuvres et des auteurs, et de la passion. C'est assez remarquable pour être souligné. A mon avis, un livre appelé à devenir une somme incontournable (même si discutable), au même titre que les grands livres (relativement) récents sur le cinéma américain que peuvent être le 50 ans de cinéma américain de Tavernier et Coursodon, Amis Américains : Entretiens avec les grands Auteurs d'Hollywood du seul Tavernier, et le Splendeur du western de Jean-Louis Leutrat et Suzanne Liandrat-Guigues.

NB Les tomes suivants, tout aussi exceptionnels, sont désormais disponibles : Hollywood moderne - le temps des voyants /Hollywood - Le temps des mutants. Ne surtout pas hésiter à les acquérir également.
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le 3 décembre 2013
Passée la lecture de l'intro très hégélienne et par conséquent un peu ardue, c'est un livre dont le brio n'égale que le plaisir de sa lecture. Tout simplement brillant.
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le 4 janvier 2011
A conseiller aux amoureux du cinéma d'Hollywood. Beaucoup d'infos et de belles photos (bien qu'un peu petites). Et comme toujours, amazon est au top!!!
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le 11 août 2012
Ce n'est pas parce qu'on fait gros livre que c'est acquis. Berthomieu commence ainsi : "L'amour d'Hollywood est un amour d’enfance et doit le rester. (...)D'un geste naturel, les histoires que raconte le cinéma hollywoodien embrassent le monde ; elles tutoient l'univers. Les contes que l'on narre aux enfants les sidèrent et les transportent. Les images d'Hollvwood naissent de la même sidération. L'art hollywoodien est un art de l'évasion, de l'exotisme et du phantasme.(...) Culture noble, culture populaire : triste pensée. Or Hollywood, c'est la poignée de mains de Mickey Mouse et du grand chef d'orchestre Leopold Stokowski dans Fantasia. C'est la mise à niveau d'un grand roman deTolstoï et d'un feuilleton de gare, pour en tirer le cinéma le plus inspirant et le plus enthousiasmant possible. Attention : Hollywood ne prêche pas l'inculture, mais la transmission de la culture par les voies les plus séduisantes et les plus accessibles, conscient de la sérieuse barrière artistique que peut constituer l'absence de culture du public."

Mythe de l'enfance, ce gros ouvrage bien documenté certes, pêche par la naïveté de vue. Du coup, tout est mis en relatif dans les genres et les approches et l'on apprend plus sur le côté formel que sur la pertinence des approches des cinéastes. Comment mettre sur le même un happy end et une fin lucide ? On reste dans la mythologie romantisante alors que les grands cinéastes cherchent à dire des vérités pas bonnes à entendre (Welles). Un ouvrage bien universitaire.
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