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5.0 étoiles sur 5 Tome central de la plus gigantesque somme jamais écrite en français sur le cinéma hollywoodien, 20 mars 2011
Par 
LD (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Hollywood moderne - le temps des voyants (Relié)
A présent que le 2ème tome de la somme écrite par Pierre Berthomieu sur le cinéma hollywoodien a paru, on peut affirmer sans ambages qu'elle marque une date. Déjà plus de 1300 pages de grande qualité, et encore un tome à venir! Après Hollywood classique - Le temps des géants et ce Hollywood moderne - le temps des voyants viendra Hollywood - Le temps des mutants. Sans doute dépassés par la masse, Berthomieu et son excellent éditeur Rouge Profond ont remplacé les deux tomes prévus par trois. Pour notre plus grand plaisir.

Mais ce n'est pas seulement une question de nombre de pages ou de poids, bien sûr, même si ceux-ci impressionnent. Ce que j'écrivais du premier tome s'applique tout à fait à ce deuxième tome. Exactement sur le même modèle que le premier, y compris dans sa mise en page (texte dense, avec plusieurs petits photogrammes par page), ce "Hollywood moderne" se penche sur une période plus ou moins bien délimitée en alternant chapitres se penchant sur des figures majeures de la période (d'Elia Kazan à Clint Eastwood) et chapitres thématiques assez larges (l'érotisme hollywoodien moderne, le grand spectacle, etc.). Dans un cas comme dans l'autre, Berthomieu a toujours un point de vue singulier, voire iconoclaste. Comme dans son "Hollywood Classique", il accorde autant de place et d'intérêt à des auteurs aujourd'hui très prisés des cinéphiles - d'Otto Preminger à Stanley Kubrick en passant par John Huston, de Martin Scorsese à Terrence Malick en passant par Francis Ford Coppola et Brian de Palma - qu'à d'autres bien plus délaissés - John Frankenheimer et Richard Quine, Sydney Pollack et Robert Mulligan, etc. Sans parler de l'amour qu'il ne cache pas pour ceux qu'il est de bon ton de présenter avant tout comme des géants mercantiles et des pourvoyeurs d'images destinées à la consommation mondiale de masse, tant aimés et tant décriés (pour autant de bonnes que de mauvaises raisons, sans doute): Walt Disney, George Lucas, Steven Spielberg.

Précisons que si les auteurs considérés ont dans l'ensemble commencé leur carrière dans une période qui irait des années 60 aux années 80, le principe est que les cinéastes étudiés ici, s'ils ont entamé leur carrière avant, ont contribué à redéfinir leur propre cinéma en même temps qu'une esthétique plus large. Et que tout l'oeuvre des cinéastes retenus pour ce tome est pris en compte, jusqu'à leurs films les plus récents.

Partout sensibles: l'amour immodéré de l'auteur pour la matière, la connaissance profonde de laquelle ne fait aucun doute; la vision ô combien personnelle; la hauteur de vue et le sens du détail. Berthomieu emprunte des voies de traverse pour disserter d'auteurs très discutés, et réhabilite des auteurs peu prisés, donc, mais aussi des oeuvres peu prisées d'auteurs très aimés (ex. le "Cape Fear" de Martin Scorsese). Chemin faisant, il donne une définition grandeur nature de ce qui peut être considéré comme la modernité cinématographique, sous ses formes spécifiquement hollywoodiennes, mais aussi telles que profondément travaillées par l'évolution des formes en Europe, fort bien analysées dans un chapitre consacré à l'influence d'Antonioni. Berthomieu est tellement pénétré de la matière et tant de ses assertions nous semblent justes ou stimulantes que la lecture de son ouvrage laisse pantois. Sans compter que tenir un critique qui a de solides connaissances musicales et qui sait livrer des pages aussi compétentes sur la musique au cinéma que sur ses composantes littéraires, dramatiques et plastiques est assez inouï.

Devant une telle somme, on en oublierait presque quelques défauts. Il ne me viendrait pas à l'idée de remettre en question les points de vue de l'auteur le plus souvent, parce qu'au-delà de la diversité des goûts, il défend toujours avec talent les oeuvres et les auteurs qu'il admire. En revanche, on pointera comme dans l'ouvrage précédent quelques défauts d'équilibre, qui engagent pour le coup sa propre hiérarchie personnelle et le rapport à celle de l'auteur - Robert Altman, que Berthomieu ne laisse pas de côté, pouvait par exemple peut-être faire l'objet d'une plus grande attention, tant il est au point de jonction de nombre des questions qu'il creuse au fil de ses chapitres. On regrettera que l'introduction, certes fort intéressante dans la façon dont elle aborde le fond théorique présent en sous-main, tourne un peu au manteau d'Arlequin. Cette introduction, il faut préciser qu'elle se mérite, et qu'elle ne sera pas du goût de tous les lecteurs. Pas d'inquiétude: bien que ce qu'écrit Berthomieu vole assez haut, la suite n'est pas d'un abord aussi difficile. Dans le corps du texte, au-delà des inévitables lourdeurs pour un texte aussi dense, on aimerait bien que Berthomieu ne sorte pas le mot "canon" à tout bout de champ. Il s'en servait déjà beaucoup dans le 1er tome, mais dans certaines pages cela tourne au festival.

Il ne s'agit pas, de fait, de canoniser l'auteur de cette somme époustouflante. Mais de la recommander à tous ceux qui aiment particulièrement cette période du cinéma américain, mais aussi plus largement le cinéma américain, le cinéma, lire sur le cinéma, etc. Il y a dans ces livres tellement de pertinence et de mépris des jugements reçus que l'on tient là, à mon sens, un très grand ouvrage de réflexion sur le cinéma. Mais pas du genre qui prend le cinéma comme prétexte à une pensée philosophique plus ou moins fumeuse comme c'est trop souvent le cas, bien plutôt un livre d'esthétique aussi renseigné que dynamique dans sa réflexion. Qui est aussi, preuve ultime de sa réussite absolue, une déclaration d'amour constante à cet art aussi hybride que merveilleux.
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Hollywood moderne - le temps des voyants
Hollywood moderne - le temps des voyants de Pierre Berthomieu (Relié - février 2011)
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