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le 29 août 2013
Lettre d’une soixantaine de pages à Louis Jouvet par celle qui, jusqu’en 1941, fut sa secrétaire. Inachevée du fait de la mort de celui-ci en 1951. Et finalement publiée en 1975. Alors qu’elle se trouve en tournée en Amérique du Sud avec son patron, Charlotte Delbo apprend qu’un ami à elle, a été fusillé. Fille d’ouvriers, inscrite elle-même au parti communiste, elle rentre en France et dans un groupe de Résistance. Elle est arrêtée, son jeune époux fusillé, et après des longs détours elle est déportée à Auschwitz. Elle en revient, plus morte que vivante. Voilà, très brièvement, pour l’auteur.
Charlotte Delbo indique, vers la fin de sa lettre, qu’à son retour de déportation, des amis bienveillants lui portent des cadeaux, des livres…On songe à la chanson de Barbara, « le mal de vivre » : « ils ont beau vouloir nous comprendre, ceux qui nous viennent les mains nus…mais nous ne pouvons pas les entendre, on n’en peut pas, on n’en peut plus ».
Mais, quand, finalement, elle arrive à ouvrir des pages de livres, après l’expérience de plusieurs années qu’elle vient de vivre, les mots lui paraissent vides, futiles, sans réalité.
C’est un peu le sentiment que l’on peut avoir à écrire un commentaire sur cette lettre, fina lement brève ( une soixantaine de petites pages), mais donc chaque mot, chaque phrase porte une densité de douleur (confère le livre de Duras portant ce titre) intense, un poids de vérité sur des faits essentiels : la vie la mort, la survie face à la force apparemment invincible de l’anéantissement de l’être, de l’être en tant qu’humain, en tant qu’humain ressentant, en tant qu’humain pensant.
Depuis la solitude de son enfermement jusqu’à sa lente résurrection, en passant par l’horreur des camps de la mort, des spectres accompagnent soutiennent, Charlotte Delbo : des personnages de théâtre qu’elle a travaillé avec Jouvet : Ondine, Alceste, Don Juan…Ils émergent dans sa cellule, dans l’espace (mais peut on parler d’espace) des camps, lors de sa convalescence. Plus vivants, plus réels, que le monde mort qui l’entoure. Spectres portant la vie et avec lequels elle dialogue, ce qui lui permet de conserver à la fois le sens du langage et un minimum de capacité de penser. Son expérience fait d’elle-même un spectre. Mais quel spectre ! De ceux de l’Histoire de la culture humaine.
Je ne résiste pas à citer quelques lignes où au plus fort de l’horreur des camps Charlotte Delbo témoigne qu’elle reste une femme de théâtre : « Climat de l’inhumain, lumière dissolvante. La part de cette lumière étant grande dans l’anéantissement des personnages. Eclairage curieusement projeté en une nappe diffuse au ras du sol, sous un écran de ciel bas et gris foncé d’où tombait- mais par quelle brèche ?- une lumière décomposante. Rien n’y résistait et tout perdait, dans cet éclairage son épaisseur, sa réalité […] C’était juste le contraire de l’éclairage de théâtre qui donne aux personnages leur volume et leur poids. Ici meurent et se dissolvent les personnages, parce que la lumière de l’atroce les boit. »
On peut songer, à « Coma » de Pierre Guyotat. Ce n’est, ici, ni un récit, ni un essai, juste un début de lettre qui aborde- jamais frontalement- des questions essentielles ; j’en retiendrai plus particulièrement deux : comment des objets culturels tissent la matière de notre intimité psychique ? Qu’est ce que l’anéantissement, la survie, la ré- emergence de la vie psychique ?
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le 18 janvier 2014
Comme presque tout ce qu'écrit cette femme admirable, cette lettre adressée à son maître Louis Jouvet disparu est une jouvence d'intelligence et de sensibilité qui débouche, bien entendu, sur son effroyable expérience de la déportation.
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le 3 décembre 2015
Une prisonnière des Allemands pendant la seconde guerre mondiale survit grâce aux personnages de roman et de théâtre qui lui apparaissent et l'accompagnent. Une écriture poétique, un témoignage sur la nécessité de l'art (ici littéraire) pour rester un être humain.
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