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4.0 étoiles sur 5 Implacable, 2 juin 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Esclavage Moderne (Broché)
Voici un excellent ouvrage décrit le capitalisme dans ses fondements et ses conséquences néfastes pour l'être humain, et l'ensemble des êtres vivants (végétaux et plantes, insectes et animaux, êtres humains, …).
Léon Tolstoï (1828-1910), est un écrivain russe majeur, adepte de la simplicité et apôtre de la non-violence.
Dans ce livre (publié en 1900, soit environ 10 ans avant sa mort), Léon Tolstoï (1828-1910) décrit l'esclavage moderne et ses rapports avec le milieu du travail et du prolétariat* (qui sont intrinsèquement liés à l'industrie moderne), ainsi que les conditions de travail déplorables dans lesquelles se voient travailler la classe moyenne (surtout à son époque, où la plupart des métiers étaient manuels et essentiellement physiques).

Bien qu'écrit il y a plus d'un siècle, cet ouvrage reste encore d'actualité, aussi bien dans la forme (métiers mécaniques sans aucune participation active de la conscience humaine qui produit une déshumanisation programmée, et provoquant également une absence de la créativité ou de l'épanouissement, ou encore les travaux manuels épuisants dans différents secteurs du travail, où le nombre d'heures de travail prend un temps considérable sur une journée, loin des recommandations idéales en matière de productivité, de santé physique et mentale), - en dépit de quelques aménagements matériels pour le "confort" (et encore ce n'est pas le cas partout ou pour tous) -, que dans le fond (l'état d'esprit dans lequel sont maintenus les individus pour les épuiser à la tâche, aussi bien physiquement que mentalement, afin de rendre leur "cerveau" et leurs préoccupations disponibles au divertissement abrutissant de la télévision, de la radio ou des événements festifs qui leurs sont proposés, afin d'éviter qu'ils se mettent à réfléchir ou à se solidariser des injustices et des disparités socio-économiques qui leurs sont imposées par leur gouvernement, lui-même soumis aux influences et pressions économiques des banques et des multinationales qui leurs dictent ce qu'il faut faire ou interdire à la population).

Il explique que cette nouvelle forme d'esclavagisme qui ne dit pas son nom, détruit la société et la rend immorale et fragile. Les premières victimes en sont les femmes et les enfants. Comme il le dit lui-même, lors d'une visite qu'il avait faite dans une fabrique d'étoffes de soie : "Trois milles (3000) femmes, là-bas, au milieu du bruit assourdissant, se penchent sur les métiers. Pendant douze (12) heures elles enroulent, dévident et font courir les fils de soie pour la fabrication des étoffes.
Toutes, à l'exception de celles qui sont nouvellement arrivées de leurs villages, ont la mine souffreteuse" (p. 15).

Il continue ensuite d'évoquer les conséquences néfastes de cet esclavagisme moderne, et les nombreux problèmes que cela provoquaient chez les femmes : "La plupart mènent une existence déréglée et immorale, et même quand elles sont mariées, leurs enfants encore nouveau-nés. Elles les envoient soit au village, soit dans une maison d'assistance, et, de peur d'être remplacées dans leur emploi, se présentent à l'usine pour reprendre le travail dès le lendemain ou le surlendemain de leurs couches" (p. 16). Et cela ne peut que ruiner la santé spirituelle de la femme, tout comme sa santé mentale, sa condition physique et son état psychologique, ce qui affectera ses rapports conjugaux et familiaux, et par voie de conséquence, l'ensemble de la société, et même du monde professionnel.

Dans ses observations, il constate amèrement le fléau de cette forme d'esclavagisme qui affecte particulièrement les femmes : "On compte par dizaines de milliers les femmes qui, depuis vingt (20) ans, ont sacrifié leur jeunesse, leur santé, leur vie même et celle de leurs enfants pour fabriquer du velours et de la soie" (p. 16).
Loin d'être un environnement sain et honorable, il s'agit d'une situation catastrophique, assourdissante, déplorable, dégradante et malsaine, où l'angoisse, la monotonie, la "dé"-conscientisation, la rivalité malsaine, la jalousie blâmable, l'épuisement et la futilité règnent en maître, ce qui a pour conséquence, d'engendrer de nombreux maux psychologiques, des maladies physiques, de la fatigue systématique, des problèmes et conflits sociaux et familiaux, le mal-être et la tristesse.
Mais les femmes ne sont pas les seules victimes, puisque même les jeunes hommes, pourtant de bonne condition corporelle, tombent souvent malades, et le peu d'économie qu'ils possèdent, finissent par être dépensés que pour se nourrir (de façon limitée, et pas de meilleure qualité qui plus est), et pour se soigner en allant chez les médecins afin qu'ils soulagent leurs peines et qu'ils soignent les maladies qu'ils ont développé à cause du stress, de la mauvaise qualité de vie, des conditions déplorables d'hygiènes, etc.
C'est ce qu'on appelle "(sur)vivre comme des zombies", ou des robots ou encore des moutons, au choix.
Cette prise de conscience à travers cet état des lieux, ne peut que nous questionner sur notre avenir, notre origine, notre nature, et les alternatives que l'on peut (re)découvrir et développer, pour échapper à cette mort anticipée, à cette "zombification" et cette aliénation qu'imposent le système capitalisme, et ses autres avatars modernes. Là où la spiritualité (qui vififie l'esprit et également le corps, car sans esprit et sans conscience, le "corps" se meurt) demeure absente, les excès et les injustices apparaissent et affectent l'ensemble de l'humanité.

On pourrait résumer cette idéologie dévastatrice et médiocre (sur le plan des idées et des conséquences) par ces deux excellents passages décrivant l'essence-même du capitalisme dans ses ravages : "Il n'était que trop vrai que pour une petite somme d'argent, qui leur donne à peine les moyens de se nourrir, des hommes, qui se croient des êtres libres, se condamnent à un labeur que le maitre le plus cruel, au temps du servage n'aurait pas imposé à ses esclaves. Que dis-je, un cocher de fiacre se garderait d'y astreindre son cheval, car celui-ci vaut de l'argent, et il serait insensé d'abréger par un travail excessif de trente-sept heures (37) la vie d'un animal si précieux" (p.14).

Il continue en disant : "Par quel aveuglement singulier ne voyons-nous donc pas le misérable sort de ces millions d'ouvriers, qui, de tous côtés, meurent à la peine, d'une mort lente et souvent douloureuse, pour nous procurer par leur travail des commodités et des jouissances" (p. 19), en somme, pour des choses dont on pourrait très bien s'en passer (car étant un luxe souvent inutile et aliénant, ne concernant ni les besoins vitaux, ni les sensations et sentiments nobles ou importants, ni l'essentiel de l'existence), et qui de plus, contiennent également des désavantages (effets secondaires, atrophies cérébrales ou corporelles, etc.).
Il mettait également en garde contre la duperie des "maîtres capitalistes" : "Dans ces derniers temps, on a diminué les heures de travail [NDT : passant de 36h-18h d'affiliés, à 30h-12h à son époque], augmenté les salaires, et je ne vois pas cependant que la condition des travailleurs se soit améliorée. Car, pour le bonheur de leur vie, il importe fort peu qu'ils puissent se payer des fantaisies luxueuses : montres, mouchoirs de soie, tabac, "eau-de-vie", viande, bière, mais seulement qu'ils recouvrent la santé, la moralité, et surtout la liberté" (p. 27).

Si l'on souhaite comprendre les méfaits du capitalisme, ce qu'il implique et ce qu'il provoque, à partir des mécanismes fondamentaux de cette escroquerie devenue "mondiale", cet ouvrage permet d'apporter de très bons éclaircissements, avec des faits et des démonstrations qui agrémentent l'exposé de l'auteur de façon lucide et implacable. Il va à l'essentiel, il nous livre un discours sans concession et sans détours, et il avance des exemples parlants et concrets pour montrer l'incohérence et la monstruosité d'un tel système.

*Pour rappel, selon la définition de Marx et des marxistes, le prolétariat est constitué de l'ensemble des salariés et des chômeurs (considérés comme des salariés sans emploi) et le prolétariat est la classe sociale qui, pour avoir de quoi vivre, est obligée de vendre sa force de travail à la classe antagoniste, qui dispose du capital et des moyens matériels de production. (Cf. Maximilien Rubel, « La conception du prolétariat chez Marx », communication au 5e Congrès mondial de sociologie, Washington, 1962. Également Jacques Wajnsztejn, Après la révolution du capital, L'Harmattan, 2007, p. 138. De même Yvon Quiniou, Karl Marx, Le Cavalier bleu, 2007, p. 70).
« L'essence du système [capitaliste] réside, selon Marx, dans la relation entre le capital et la force de travail, la relation salariale. Le mode de production capitaliste se caractérise par la division de la société en deux classes antagonistes : propriétaires des moyens de production, qui achètent la force de travail en vue de réaliser un profit par la vente des marchandises produites, et prolétaires, contraints pour vivre de vendre leur force de travail». (Jean-Charles Asselain, dans « Le capitalisme : mutations et diversités », no 349 de La Documentation française, mars-avril 2009, p. 3).
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L'Esclavage Moderne de Léon Tolstoï (Broché - 18 juillet 2012)
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