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Alors âgé de soixante-trois ans, le pianiste Horace Tapscott (1934-1999) enregistrait là son dernier album avant de s'éteindre quelques mois plus tard des suites d'un cancer. « Thoughts of Dar Es Salaam » le présente dans la configuration du trio tout acoustique, format très prisé dans le jazz. Pour cette occasion, il est entouré de Ray Drummond à la contrebasse et de Billy Hart à la batterie (deux immenses musiciens bourrés de talents et possédant une palette sonore inouïe, au point que des musiciens comme Art Farmer et Kenny Barron pour le premier, Dave Liebman et Mark Turner pour le second, ont régulièrement fait appel à leurs services...). Le pianiste nous offre alors un set enregistré en studio qui mérite une attention toute particulière. La session fut enregistrée les 30 juin et 1er juillet 1996 à New-York pour le label Arabesque et fait suite à Aiee! The Phantom, enregistrée l'année précédente. Malgré le fait qu'il jouât un rôle crucial dans l'évolution du jazz west-coast (avec une carrière de près de quarante ans, quand même !), le pianiste se trouve encore à l'heure actuelle dans la position absurde d'exiger une petite introduction. De son vivant, Tapscott n'a pas été complètement négligé, enregistrant pour de petits labels ci et là (notamment à l'étranger), mais sa discographie témoigne du peu d'intérêt des majors pour une figure aussi importante que celle du pianiste. Longtemps salué comme un défricheur de talents dans le sud de la Californie (une figure analogue en somme à Barry Harris pour la scène de Détroit ou encore Richard Abrams pour celle de Chicago), Tapscott, on l'oublie souvent, possède deux dons qui le caractérisent vraiment: d'abord, celui d'être un musicien hors pair (dans son jeu singulier, on entendra parfois les influences d’un certain Thelonious Monk…). Enfin, Tapscott s'est révélé très tôt comme un compositeur d'une richesse inouïe, possédant une culture classique énorme.

Si de son vivant, il n'a jamais eu de réelle reconnaissance internationale (celle-ci était principalement locale), disons que c'est dû au fait que Horace avait choisi de rester à Los Angeles, auprès de sa communauté libertaire, le « Pan-African People Arkestra », laquelle joua un rôle déterminant quant à sa philosophie et sa musique (il ne se réclamait d'ailleurs ni des droits civiques ni du mouvement des black panthers...). Il s'agissait là d'un désir personnel et son collectif joua un rôle déterminant sur les jeunes défavorisés des banlieues en leur faisant découvrir les bienfaits de la musique. Bien que né à Houston (Texas), Tapscott a pratiquement vécu toute sa vie à Los Angeles (depuis 1961 pour être exact). Alors pourquoi 4 étoiles seulement? Et bien, je répondrai par une autre question: A quoi reconnaît-on un grand disque, voire un chef-d'oeuvre d'un disque banal? « Thoughts of Dar Es Salaam » est loin d'être banal. En fait, c'est simple, c'est un grand disque (4 étoiles) qui gagne en maturité au fil des écoutes. Mais comparé à ce que le pianiste a enregistré dans les années 60 et 70, « Thoughts of Dar Es Salaam » me paraît moins inoubliable. Cela dit, l'auditeur y découvre à chaque nouvelle écoute des pépites, de belles idées harmoniques. Autant de raisons pour lesquelles il aura envie d'y retourner justement. C'est le cas de cet opus qui n'a certes rien de révolutionnaire dans la configuration du trio mais possède néanmoins cette « magie », des compositions bien souvent inoubliables (en termes d’inspiration, aucune n'est en dessous de l'autre), cette élégance dans les constructions harmoniques (que de nuances!), ces histoires d'hommes mûrs qui connaissent le prix de la vie et de la liberté.

Quant au répertoire, l'album alterne compositions originales (toutes signées par Tapscott) et quatre standards, parmi lesquels « Now's The Time » de Charlie Parker, « Oleo » de Sonny Rollins, « Social Call » de Gigi Gryce et enfin « Lullaby in Black » de Thurman Greene. La rythmique est d'un soutien remarquable, cela va sans dire. Ray Drummond qui était membre régulier du trio de Kenny Barron est ici magnifique. Sonorités boisées, fermes et rondes, c'est du nectar. Quant à Billy Hart, ce batteur, on ne le dira jamais assez, mais il possède une pulse inouïe, d'une finesse remarquable. Il faut écouter ses relances et surtout son drive irrésistible. La résonance sur les toms et la caisse claire sont l'une des plus belles du circuit. Aussi, sa façon de propulser le trio a de quoi réveiller les morts. Enfin, bonne nouvelle: ce disque en rupture de stock sur amazon.fr, on pourra le trouver sur amazon.com à de très petits prix, chez des vendeurs respectables. Un disque pour lequel j'aurais voulu mettre 5 étoiles donc (disque exceptionnel ou historique et qui vous change à jamais, ou alors pour lequel vous avez une profonde affection), mais ma notation étant ce qu'elle est, 4 étoiles, ça reste fort honorable. « Thoughts of Dar El Salaam » s'approche à ce point de la perfection et m'apparaît tout aussi important que l'indispensable Wanton Spirit de Kenny Barron, pour vous donner un ordre d'idée de ce jazz à la fois classique et savoureux... Verdict final : un disque à ne surtout pas manquer.
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