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Enregistré en septembre 1958 à une époque où le hard bop faisait un tabac, ce disque du génial Max Roach se démarque toutefois de ses albums antérieurs, lesquels étaient fortement marqués par l’idiome et le format de ce genre si prisés à l’époque (que l’on songe ou mieux que l’on réécoute ces galettes qu'il avait enregistrées aux côtés de Clifford Brown dans la série historique parue sous le label Emarcy). Jouant beaucoup plus sur la ride qu'un Art Blakey par exemple et se privant de l'instrument harmonique par excellence, à savoir le piano, Max, figure centrale de ce collectif légendaire, met l'accent sur l'exploration mélodique et le raffinement harmonique tenu par les soufflants. Un côté « fanfare » aussi (rendu possible par la présence d'un tuba - Lester Bowie et même Dave Douglas diront s'être inspirés de cet opus (respectivement dans Odyssey of Funk & Popular Music et Brass Ecstasy At Newport). C'est enfin et surtout l'occasion pour notre batteur de présenter un jeune trompettiste (Booker Little) alors âgé de vingt ans et possédant déjà tous ses moyens ! Un son très généreux, d’une précision et d’une luminosité incomparables. Eric Dolphy allait bientôt, lui aussi, prendre le jeune trompettiste sous son aile (1).

Les autres intervenants sont George Coleman au saxophone ténor (un musicien hélas sous-estimé encore aujourd'hui, et pourtant, quel phrasé !), Ray Draper au tuba (il utilise ici l'instrument plus comme un témoin mélodique qu'harmonique - écouter son solo sur l’admirable « Filide » -), et enfin Art Davis à la contrebasse. Bref, on a là une quinte royale, et chose assez rare pour l'époque (même si Chet Baker et Gerry Mulligan avaient ouvert la voie quelques années plus tôt...), pas de piano ni de guitare par ici. Une conception atypique, ou disons une conception en marge du jazz « mainstream » et du hard bop tout simplement, avec un côté parfois hispanisant (« Filide »). Autre surprise: alors que Max enregistrait pas mal de galettes chez Emarcy et Mercury, il fait ici une incursion chez Riverside, le label d'Orrin Keepnews. Le producteur nous explique qu'à cette époque, Max voulait expérimenter d'autres sonorités et repousser les limites d’un jazz beaucoup trop consensuel. Pari réussi. Se tourner vers l'un des labels les plus aventureux et chaleureux de l'époque allait donc de soi (Keepnews a toujours eu beaucoup de respect pour les musiciens, et leur laissait beaucoup de liberté.). Quant au jeu de Max Roach, c’est toujours un régal.

Le répertoire est très alléchant: il débute sur « You Stepped out of a Dream », une « fausse » balade joué en 3/4 en ouverture... C'est doux, et d'un raffinement exquis, mais très vite, ça s’emballe, ça pulse, avec la précision du phrasé de Booker Little, ou encore la rondeur et la profondeur du ténor de Coleman (tout en contrepoint !), et puis toutes ces surprises (la contrebasse et le tuba servant d'appui rythmique sur les impros de Coleman et de Booker embarqués sur un tempo endiablé dont seul Max avait le secret !). Le travail d'Art Davis est impressionnant. « Filide » poursuit dans le raffinement harmonique et mélodique (couleurs et climats mystérieux). « It's You or No One » construit sur des harmonies casse-gueules donne à entendre un solo d'anthologie de Booker Little. Et tout cela vaut bien sûr son pesant de cacahuètes (comme disait Diz). « Jodie's Chacha » et « Deeds » sont du même tonneau (mettant en valeur le raffinement du jeu de George Coleman et celui de Booker Little). Quant à « Conversation », c'est un solo absolu de Max (tout en syncopes, avec des idées rythmiques à n’en plus finir !) et puis il y a cette plage en bonus, un duo avec le contrebassiste Oscar Pettiford, « There Will Never Be Another You », une pièce rajoutée pour l’édition du compact disque. L'ensemble est vraiment enlevé, et donne à entendre toute la cohérence d'un collectif exceptionnel. Après 43 minutes de bonheur, les souvenirs défilent comme des rouleaux de tambour.

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(1) Malheureusement, le jeune surdoué de la trompette allait nous quitter des suites d'une grave maladie quelques années plus tard... Une perte sans équivalent dans le monde du jazz (que l'on songe aussi à la disparition prématurée de Clifford Brown, décidément, Max Roach était maudit des dieux !). Booker Little nous a néanmoins laissés quatre albums en leadeur, dont « Out Front » qui me paraît comme le plus abouti des quatre. Enfin, aux côtés d’Eric Dolphy, il fut d’une inspiration jamais démentie (comme en témoigne les volumes baptisés « Live At the Five Spot »).
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