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27 Sonates pour piano
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25 sur 26 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 28 octobre 2009
Les mots manquent pour qualifier ce monument de l'histoire pianistique. Pourtant, la concurrence est rude, on s'en doute. Sauf qu'ici, il ne s'agit pas d'une compilation, mais d'une entreprise pharaonique, d'un travail titanesque de relecture et de réflexion sur les partitions. Une vision, une revisitation moderne, donc, mais par un artiste au bagage infiniment lourd, à l'expérience si longue qu'il s'épuisera avant même d'en finir avec ce labeur, et symboliquement, à l'orée de la 32e. Peut-on imaginer plus magnifique conclusion? Il ne saurait même être question de comparer cette somme avec telle ou telle autre (bon, disons Arrau, par exemple). Ce serait absurde. Comme si des alpinistes s'avisaient de comparer la Nanda Devi, le K2 et l'Alpamayo. D'ailleurs, Gilels ne se démarque pas fondamentalement des ses aînés, ni de ses contemporains. Il ne fait pas non plus, fondamentalement, tellement "mieux". Non, ce qui le distingue, c'est l'intégrité, l'homogénéité de son discours, des premières aux dernières sonates. Ce qui fait la valeur de cette quasi intégrale, c'est, tout simplement, qu'elle nous semble venir de Beethoven lui-même - comme si Beethoven se réincarnait dans Gilels, son caractère abrupt, rocailleux, mais aussi son amour de la danse, son côté "peuple" et même un peu ours. Oh, bien sûr, on peut sourire et argumenter que le Beethoven d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier ni celui de demain. J'ai la faiblesse de penser différemment. Il y a une telle humilité, une telle noblesse chez ce Gilels-là, un tel acharnement à "servir", et une telle amplitude de moyens, expressifs et digitaux, on se sent comme devant quelque chose de parfaitement abouti et, peut-être, de définitif. L'enregistrement est à la hauteur de l'interprétation, purement et simplement sublime.
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8 sur 8 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Que la maladie n'ait pas permis à Emil Gilels de finir cette intégrale.
Tout est en effet ici totalement en accord avec (ce que nous supposons être) la volonté du grand compositeur.
Quand Gilels et son grand ami et compatriote Svialoslav Richter ont commencé à enregistrer les sonates de Beethoven, beaucoup se sont insurgés devant tant d'audace et de vista.
Leurs interprétations semblaient révolutionnaires par rapports à celles des Backhaus et autres Schnabel.
Maintenant on s'apercoit que cette vision, plus rude, plus virile, plus abrupte aussi a fait école.
Cependant comme pour Richter, Gilels est loin de paraitre austère, la poésie est toujours présente,(le mouvement lent de la "Hammerklavier" le lyrisme toujours sous jacent et surtout on sent (comme chez Kempff ou Serkin) un amour et un respect quasi mystique de l'oeuvre.
Gageons que là haut Emil aura pu jouer la 32ème qui manque cruellement ici.
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4 sur 4 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
50 PREMIERS REVISEURSle 28 avril 2013
Avec Gulda, Serkin et Arrau, Emils Gilels fait partie de mes 4 pianistes beethoveniens préférés et ce coffret est le témoignage le plus abouti de ce pianiste dans Beethoven même si quelques sonates (dont l'opus 111!) manquent à l'appel, la mort ayant fauché Gilels avant qu'il puisse conclure ce qui demeure tout de même le couronnement de sa carrière discographique.

Qu'est ce qui fait la magie du jeu de Gilels dans Beethoven?

+ Une clarté architecturale, une précision rythmique et une qualité de toucher incroyables
+ Une absence d'alternances mécaniques temps forts / temps faibles pour produire une continuité trop rare chez la plupart des autres
+ Une différenciation et un contrôle stupéfiants: les pédales sont subtilement utilisés pour varier les timbres au lieu de créer des ambiances chopiniennes inadéquates
+ Une tension dramatique basée sur une précision chirugicale presque boulezienne qui dégage une force surnaturelle
+ Une clarté du discours et de l'intention musicale: une rhétorique parfaite
+ Une pesanteur, une frustration, une douleur, une solitude presque autiste qui s'expriment dans un lyrisme romantique aussi implacable qu'irrésistible

La grande frustration, pour l'auditeur cette fois, est l'absence de l'opus 111. Pour atténuer celle-ci, je vous conseille la version de Maurizio Pollini qui s'intègrera très bien à ce cycle.
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