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Il faut d'abord expliquer une apparente bizarrerie. Le visuel mentionne l'orchestre Philharmonia et aussi l'orchestre New Philharmonia. Il s'agit bien sûr du même. L'orchestre Philharmonia avait été fondé en 1945 par Walter Legge, le célèbre producteur d'EMI. Or le 10 mars 1964, Legge annonça la dissolution de l'orchestre, lequel décida tout aussitôt, avec d'ailleurs le soutien de son chef attitré, Otto Klemperer, de ne pas se séparer. L'orchestre, devenu indépendant d'EMI, se fit donc connaître sous le nom de New Philharmonia Orchestra avant d'obtenir le droit de reprendre son nom d'origine en 1977. Or, les premières sessions d'enregistrement datent de février 1964 et la suite de novembre 1964 et juillet 1966 : seule, la première période est au nom du Philharmonia, mais cela n'a guère d'importance au point de vue sonore et musical.

Pour mieux apprécier cet enregistrement, je l'ai comparé mouvement par mouvement avec ceux de Bruno Walter chez Decca en 1952 et chez CBS en 1960, ainsi qu'avec celui de Fritz Reiner en 1959. Je fais ce commentaire à partir de l'édition Mahler-Klemperer en 6 disques de 2011. Cette édition de 1990 ne bénéficie peut-être pas du même remastering en 24 bits.

A la fin de sa vie, Klemperer était un chef lent, ce qui se vérifie ici puisque ce Chant de la Terre atteint les 64 mn. Mais cette lenteur n'est pas uniforme : le premier mouvement est en effet fort rapide, ce qui semble être une habitude de Klemperer si on observe les minutages de son précédent enregistrement de 1951 avec les Wiener Symphoniker. L'Abschied est dans la moyenne. Mais les 3e et 4e mouvements, Von der Jugend et Von der Schönheit, pâtissent de cette lenteur : dans Von der Jugend, il y a quelque chose de compassé, trop haché, stable et métronomique, trop assis, qui détruit le charme de cette page gracieuse et nostalgique, que restaure certes un peu la chaleur de Fritz Wunderlich. On écoutera pour comparer ce qu'en fait Bruno Walter en 1952, aidé par l'élégance de Julius Patzak.

Mais globalement, Klemperer a réalisé un de ses disques les plus vivants, les moins solennels et hiératiques, doté d'une - très relative ! - souplesse, particulièrement dans l'Abschied. L'enregistrement est parmi les meilleurs de EMI à cette époque, une maison de disques en déclin technique, ce ne serait donc pas beaucoup dire. Mais enfin, la réverbération n'est pas excessive, la spatialisation est assez approximative, mais il y a au moins un étagement audible. C'est le mieux enregistré, le plus moderne des trois autres disques qui m'ont servi d'éléments de comparaison; il est vrai qu'ils sont plus anciens et que celui de CBS souffre d'une prise de son parfois un peu confuse. La beauté des interventions des solistes, la clarté et la précision de la direction de Klemperer font que c'est avec cette version qu'on peut suivre et admirer l'orchestration, à la fois scintillante et d'une moderne crudité, sans qu'elle soit brouillée par une prise de son trop approximative. Ces points, les mérites de l'orchestre, du chef, de l'enregistrement, sont essentiels et expliquent en partie la place qu'a ce Chant de la Terre depuis 45 ans dans la discographie.

L'autre mérite de ce disque est celui de ses solistes. Christa Ludwig, dont la tessiture est d'une mezzo, donne l'impression du timbre d'une alto, se plaçant pratiquement sur le terrain de Kathleen Ferrier et de Maureen Forrester, avec davantage de chaleur que la seconde. Il n'est pas question d'égaler l'émotion que procure Ferrier, mais ce qui caractérise Christa Ludwig, c'est une animation permanente par de petites inflexions, des gonflements de l'intensité parfaitement gradués, asservis cependant à la cohérence d'ensemble de la phrase. Le naturel apparent de cette articulation n'empêche pas d'en percevoir l'intelligence.

Quant à Fritz Wunderlich, c'était à l'époque, au moins pour le répertoire germanique, le plus beau ténor lyrique de son temps, ce qui ne l'empêche pas d'assombrir son timbre dans le premier volet de Das Trinklied vom Jammer der Erde. Si on lui a reproché parfois d'approfondir insuffisamment l'expression, de se contenter de la beauté de son timbre, de faire du Wunderlich comme à la fin de sa carrière Gabin faisait du Gabin, l'écoute attentive montre que ce n'est pas cette interprétation qui justifierait ce reproche. Il reste que Julius Patzak (version Bruno Walter-1952), bien plus âgé et doté de moyens vocaux bien inférieurs (mais d'une capacité extraordinaire à en dissimuler les limites) est allé bien plus loin dans l'amertume, la révolte, les nuances, l'élégance, la caractérisation (Der Trunkene im Frühling)... Mais que peut-on face au génie ?
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Hors de tout style, ce qui est une des définitions de la modernité, Otto Klemperer se place à une hauteur de conception vertigineuse et déploie des tempos d'éternité.
La voix d'une fraîcheur éblouissante de Fritz Wunderlich reste inégalable par sa verve (quel « Trinklied »!), et Christa Ludwig s'implique dans l'une des plus prenantes incarnations vocales de sa carrière lyrique.
Le Philharmonia trouve d'emblée la grandeur hiératique qui sied à ce cycle, et ouvre des abîmes de désolation déchirants dans « l'Adieu », mené au tombeau par un hautbois oraculaire.

D'un avis généralement partagé, voilà un des plus grands témoignages artistiques de toute la musique enregistrée.

Alors, Walter/Ferrier/Patzak/Vienne ou bien Klemperer/Ludwig/Wunderlich/Philharmonia ?!
Depuis des lustres, cette alternative des anciens contre les modernes agite le microcosme des mélomanes mahlériens.
Heureusement, rien n'oblige à choisir...
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Voilà qui va défriser les inconditionnels de Walter et Ferrier à Vienne (Decca), et ils ont des arguments, mais qui veut entendre une vraie belle voix de ténor sachant chanter et s'investissant à fond n'aura pas le choix : c'est ce disque-ci qu'il lui faudra. Chez Wunderlich comme chez Ludwig, on entend le même miracle : une voix idéalement adéquate, un chant impeccablement tenu et une intensité clouante. Klemperer, quant à lui, semble libéré des obsessions métronomiques de ses Beethoven, il impose un vrai climat en alliance avec les solistes. c'est peut-être la seule version de toute la discographie à n'engendrer aucune réserve, même après des années d'écoute.
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