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4.0 étoiles sur 5 un deuxième set presque aussi excellent que le premier..., 13 avril 2012
Par 
oiseau de nuit (Quelque part dans le Sud Ouest...) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Straight, No Chaser (CD)
Voici la suite de ce gig d'anthologie (1) dont le premier set figure dans Four!. Resté inédit de nombreuses années, ce concert sortit dans les bacs très tardivement (d'abord en 1994 puis en 1996) et tout amateur sérieux de jazz, ou amoureux de ce saxophoniste hors pair que fut Joe Henderson, se doit de se procurer les deux volumes. Dans la discographie de Joe (1937-2001), sax ténor que l'on ne présente plus si ce n'est pour rappeler qu'il fut quand même l'un des plus brillants de sa génération, aux côtés de Sonny Rollins, John Coltrane, Wayne Shorter ou encore Booker Ervin, ce live dans un club de Baltimore (les notes de pochette indiquent la date du 21 avril 1968, soit deux semaines après la mort de Martin Luther King...) indique clairement le niveau d'inspiration d'un quartette formé de façon improbable... On pourra toujours s'interroger sur la publication tardive d'un tel monument mais à une époque où le saxophoniste suscitait un regain d'intérêt (Lush Life et So Near, So Far furent d'énormes succès publiques et critiques), Verve, comme par magie, sortit de ses caves un premier set d'anthologie, puis deux ans plus tard, cette seconde et dernière partie.

Dans les notes de pochette, si Henderson se souvient de l'ambiance du club (électrique) et du défi que représentait une telle rencontre, il ne se rappelle pas comment il décrocha le contrat. En 1968, Wynton Kelly (1931-1971) possédait un trio redoutable qui rivalisait sans problème avec ceux d'Oscar Peterson, Bill Evans ou encore Ahmad Jamal. Celui-ci était alors constitué du contrebassiste Paul Chambers et du batteur Jimmy Cobb. Le pianiste possédait un jeu foncièrement ancré dans les racines du blues et outre ses collaborations avec Miles Davis, Cannonball Adderley et bien d'autres, il fut l'un des musiciens les plus prolifiques du label Blue Note. La longévité incroyable de son trio (1959-1963 chez Miles, puis de 1964 à 1970 en toute indépendance) est la preuve qu'aujourd'hui encore il faut du temps pour bâtir une identité bien trempée et créer une musique aussi télépathique.

Et pourtant, Joe Henderson n'avait croisé le trio qu'une seule fois auparavant. Celui-ci était tellement soudé qu'il craignait même de jouer les intrus en répondant favorablement à Wynton Kelly. Il est vrai que la qualité des arrangements trouvée par ce trio hyper soudé est d'un tel niveau que l'on peut comprendre les doutes du saxophoniste. Mais chose rare, la magie opère dès le premier set. Pour le second, le ténor fait toujours preuve d'autorité, mais il me semble en rajouter au fil des plages. Soutenu par une rythmique sans faille, Joe prend toujours de sacrés risques ("Days of Wine and Roses"), donnant les plus belles volutes jamais sorties de son ténor ("What is this Thing Called Love"). Sur "If You Could See Me Now", thème préféré du trio, Joe Henderson s'éclipse. La suite est du même acabit : dans "On a Clear Day", on entend un groupe clôturant la soirée, les musiciens font preuve d'une rare alchimie et rien ne semble les effrayer. Jimmy Cobb et Paul Chambers sont toujours inspirés pour relancer et le pianiste et le saxophoniste, ils ne laissent rien au hasard et reprennent des thèmes très connus à l'époque (rien d'étonnant alors que sur "Limehouse Blues" le public soit en liesse). A l'écoute des thèmes suivants ("Pfrancing", autre thème de Miles Davis), la nonchalance est là, c'est joué avec beaucoup de swing et de blues, forcément. Mais le final, bien que d'un excellent niveau, ne m'enthousiasme pas autant que le premier set.

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(1) Un gig, c'est une sorte de jam session, un concert où l'on joue essentiellement des standards. Le mot est un dérivé de l'anglais "engagement". Il sous-entend aussi un travail rémunéré. Les artistes étant payés pour leur prestation scénique.

(2) On garde deux autres traces de ce trio avec à chaque fois un invité de marque. D'abord aux côtés du guitariste Wes Montgomery dans l'excellent Smokin'At The Half Note (Verve, 1965), puis un autre aux côtés du saxophoniste George Coleman dans le très bon Live At The Left Bank Jazz Society Baltimore 1968.
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