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le 15 mars 2008
Opéra très méconnu mais un chef d'oeuvre absolu de son auteur et de l'opéra baroque en général. Néanmoins, c'est une oeuvre difficile d'accès, qui demande à l'auditeur de s'investir pleinement dans l'écoute. Charpentier et sa Médée vous apporteront des bonheurs inouis en retour!
De plus, il s'agit d'un des plus beaux enregistrements de Christie et Lorraine Hunt chante là le rôle de sa vie.
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On est en plein âge classique et Louis XIV est roi depuis plus de trente ans. Cet opéra ne manque pas à la tradition de ce temps-là. Un prologue à la gloire du roi victorieux dans quelque campagne militaire est d'abord déroulé pendant aussi longtemps que chacun des cinq actes va durer. Ce n'est pas une dédicace discrète mais un hommage soutenu, en plus dans un goût on ne peut plus éblouissant avec trois déesses au rendez-vous, celle de la victoire, celle de la guerre et celle de la gloire. Les quelques bergers, bergères et habitants, donc les quelques roturiers convoqués pour cet hommage, sont très petits à côté de ces déesses. Mais ce prologue conclu on peut passer aux choses sérieuses.

Médée de Pierre Corneille fut adapté en livret par le frère Thomas Corneille. La pièce du frère était une tragique revue sanglante de meurtres et de suicides parfois les deux pour la même personne, une Médée maléfique avec baguette magique et robe empoisonnée, sans compter les dragons et l'envol céleste. Une pièce plutôt faible mais qui contient une bonne douzaine de vers inoubliables. Qu'en a fait son frère ? Qu'en a fait Charpentier ?

Dès le premier acte nous sommes dans une autre histoire. Jason en opportuniste qui aime être aimé se plaint de l'être part trop et donc de ne pouvoir passer de l'une à l'autre sans que l'une ou l'autre s'en trouve prise de doute et de jalousie. Mais ici Jason, prince de Thessalie qui est à Corinthe chez Créon, amoureux et apparemment désiré par Créuse, le fille de Créon, est confrontée à une manœuvre guerrière de la Thessalie contre Corinthe et donc l'obligation de soutenir Créon, mais en plus Oronte, un prince d'Argos, est lui aussi amoureux de Créuse et se trouve donc devenir un rival de Jason en amour mais qui doit soutenir Créon dans son conflit avec la Thessalie. Jason est divisé entre Thessalie et Corinthe où il ambitionne de prendre Créuse, et Oronte qui veut lui aussi Créuse se trouve forcé de soutenir Créon et donc de combattre avec Jason : alliés en armes, rivaux en amour.

Le deuxième acte s'éloigne encore plus de Pierre Corneille. Créon lui-même négocie le départ de Médée pour des raisons politiques et pour essayer de régler à l'amiable la guerre avec les Thessaliens qui veulent se venger des méfaits de Médée. Si elle s'exile il n'y aura plus de cause au conflit. Médée prie Créuse de prendre en charge ses deux fils, ce que celle-ci accepte volontiers. Et Créon met les deux rivaux en amour au ,pied du mur de la guerre tout en encourageant sa fille à prendre Jason plutôt qu'Oronte. Toute la fin de cet acte est un épisode amoureux où Amour lui-même emmène Créuse sur son char pour l'inspirer à bien choisir celui qu'elle va aimer et fonder son choix sur la gloire de celui-ci. Et Amour ramène Créuse aux deux amants qui dans un gentil duo se font tous les deux pressants. Créuse bien sûr reste évasive et demande que chacun lui amène des titres de gloire.

Le troisième acte est l'acte des revirements. Oronte vient proposer à Médée de lui offrir un asile sûr à Argos avec Jason. En fait bien sûr il essaie d'éloigner Jason qu'il voit en rival amoureux. Mais Médée lui apprend la vérité : Créon a décidé de marier Jason à Créuse et que bannir Médée est le moyen sûr d'assurer la sécurité et de sa fille et de son gendre. Oronte découvre alors qu'il a été le jouet de Créon et de Jason. Médée dans une ultime confrontation avec Jason essaie de le convaincre de la suivre en exil à Argos sous la protection d'Oronte. Mais Jason refuse platement et fuit littéralement pour ne pas céder à des restes d'amour ou à des attraits incomparables et enchainant. C'est alors que la servante de Médée apporte la nouvelle sur le mariage arrêté. Médée furieuse prépare sa vengeance et l'acte se termine dans une scène de sorcellerie absolument époustouflante. Ce ne sont que démons et autres diables qui viennent à l'appel de Médée, des monstres qui sortent de toute part et meurent sous les poisons que Médée a préparés avec l'aide de ses alliés de l'enfer. Cette scène est époustouflante par la musique bien sûr, mais aussi par la présentation d'une séance de sorcellerie devant le roi qui a banni la sorcellerie non pas en brûlant les sorcières mais en interdisant les procès et les persécutions. Et ici, provocation suprême, on montre les méfaits de ces femmes. C'est tout dire l'horreur que cette scène a du déclencher dans certains esprits. Mais la musique fait de cette fin de troisième acte une danse sarabande si dynamique et violemment endiablée que musique, chant et effets galopent, d'un seul pas en même temps que de plusieurs mêlés, sur la scène devant le roi. Plus fort et odieux que Don Juan, il est vrai trente ans plus tard.

Le quatrième acte voit la robe cadeau, si belle, apportée et reçue. Jason l'a apportée et Créuse l'a reçue. Mais Oronte arrivant, Créuse s'enfuit et Oronte alors comprend qu'il a été floué. Il demande vengeance mais Médée lui promet que jamais Créuse n'aura Jason, ni l'inverse. Et après une faible hésitation, Médée se ressaisit et reprend la voie de la vengeance. Créon qui vient s'assurer qu'elle est sur le départ a la surprise de la voir exiger de lui qu'il marie sa fille à Oronte. Ce que bien sûr il refuse et il ordonne à ses gardes de saisir Médée, mais la baguette magique apparaît qui font que les gardes retournent leurs armes les uns contre les autres et même contre Créon. Médée fait alors intervenir des « phantomes » qui calment le jeu et entrainent les gardes deriières elles, car ces « phantomes » ont apparence féminine. Créon reste seul, furieux, ayant compris le pouvoir de Médée et incapable bien sûr de l'accepter.

Le cinquième acte est un acte de revirements. Médée pense enfin aux enfants et à la douleur que leur mort peut infliger à Jason. Elle hésite un instant mais rejette la nature au nom de la justice, sa justice bien sûr. Créuse venue mendier la libération de son père fou depuis la scène des « phantomes » se voit renvoyée avec l'ordre d'épouser Oronte. Mais trop tard. Elle assiste à l'arrivée d'Oronte devant son père qui le tue et se tue ensuite. Mais, touchée par la baguette de Médée quand elle l'a quittée juste avant, elle se met à brûler intérieurement et meurt dans les bras de Jason qui hurle à la vengeance et arrive chez Médée pour la voir s'envoler sur un dragon. Elle lui annonce alors la mort de ses deux fils. Et elle s'envole dans le ciel.

On est aux antipodes de Pierre Corneille. On allie magie, sorcellerie, folie et bien sûr cruauté à rivalité en amour dans tous les sens, jalousie et haine avec un seul objectif commun, la vengeance.

Mais la surprise la plus grande m'est venue de la musique. Il est sûr que William Christie avait mis du buffalo dans son interprétation, mais le choix d'une haute-contre (masculine) pour Jason est un choix judicieux de Chapentier. Il prend des accents de gamins capricieux dans ses envies soudaines et irrésistibles. Mais la composition dans son ensemble est surprenante. Charpentier évite les récitatifs lassants qui alternent avec des arias de virtuosité et il donne à l'entier du chant une dimension recherchée avec des moments plus forts qui sont des duos ou des moments de folie et de rage et là le chant s'amplifie d'une dimension discursive généralement agressive. Ce chant discursif est beaucoup plus fort que les arias de Haendel ou Purcell, ou même Bach. En fait ce type d'écriture musicale est moderne et cela explique peut-être pourquoi Charpentier ressort des cartons. Cet enregistrement est ancien (1995), pratiquement introuvable avec un livret contenant des erreurs. Un autre livret alternatif existe sur l'Internet, heureusement. Mais il est admirable et indispensable pour rééquilibrer l'opéra dans la période dite baroque, en fait la toute fin du 17ème siècle et une bonne moitié du 18ème siècle.

Dr Jacques COULARDEAU
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