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4,1 sur 5 étoiles
Script For A Jester'S Tear
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Vous connaissez probablement ce genre d'album si cher qu'on n'ose à peine le critiquer. Ceci ne veut pas dire que c'est le plus grand album du monde, juste une fondation, un pas déterminant vers l'affirmation d'un goût. Script for a Jester's Tear de Marillion est exactement ça pour moi. A l'époque où je l'ai découvert, ma palette était globalement resserrée sur le heavy metal et le hard rock et je méprisais tout ce qui contenait des claviers (comme la plupart de mes pairs). Souvenez vous, c'était une époque où, faute d'attrait pour la chose de la part de la communauté metal, Jon Lord était le champion sans rival de la catégorie claviers de chaque référendum de magazine spécialisé, on a fait du chemin depuis...

Et donc, nous sommes en 1984 et un jeune hardos se voit offert un surprenant cadeau d'anniversaire. Ca n'a rien à voir avec les Iron Maiden, Venom, Metallica, Judas Priest (etc.) sur lesquels il headbangue joyeusement, reprenant les paroles à la volée. La chose se décompose en six longues pistes chargées de claviers, de changements de tempo, de paroles poétiques, de guitares aériennes... Pas grand chose à "mâcher" pour quelqu'un de si peu préparé et pourtant il y a quelque chose, un je-ne-sais-quoi (et un relatif manque de nouveautés en stock, nous sommes avant internet) qui l'attire malgré les réserves d'usage. Bien sûr, il y a des éléments immédiatement accrocheurs, les magnifiques soli de guitare par exemple, et ce sentiment que ça va "clancher"... Et ça a, indubitablement.

Maintenant je sais que Marillion ne faisait que, basiquement, réarranger de vieilles recettes avec une production et une esthétique actualisées. Maintenant je connais Genesis, Pink Floyd, Camel, Yes, Jethro Tull, tous d'évidentes influences d'une formation de rock progressif londonienne alors en pleine ascension vers les sommets. Et, de fait, ils développeront encore plus avant leur côté moderne sur le successeur de Script for a Jester's Tear, Fugazi, avec de formidables résultats. Nous n'y sommes toutefois pas encore tout à fait sur ce qui ressemble vraiment à s'y méprendre à un exercice revivaliste qui n'est pas sans défaut, le premier desquels est un batteur (Mick Pointer, qui ne refera surface que bien des années après au sein de l'Arena de Clive Nolan) qui ne ruine pas la musique mais dont le jeu par trop mécanique et imprécis sera identifié comme le maillon faible par le reste du groupe, et son auteur remercié sans autre forme de procès. L'autre poids sur les épaules de Marillion est évidemment l'encombrante et récurrente comparaison avec Genesis qui, pour être valide, n'en demeure pas moins imprécise et, en vérité, un raccourci vraiment trop facile. Oui, Fish, frontman charismatique et parolier souvent cryptique, se servait alors d'effets rappelant le Peter Gabriel des seventies, le même genre de dramatisation post-adolescente fait de costumes de scènes extravagants, maquillages, masques qui, en vérité, allaient bien au teint d'une formation souhaitant développer son côté magique et différent et la théâtralité qui sied à toute entreprise progressive qui se respecte. Ceci dit, vocalement, avec des influences allant d'Alex Harvey à David Bowie ou Peter Hammill (Van der Graaf Generator), sans oublier le précité, Derek (de son vrai nom) affirme déjà sa propre identité, son propre personnage, son propre petit monde intérieur joliment posé sur la page et chanté avec passion. Aussi, la musique du groupe, nettement plus simple que celle du Genesis de la glorieuse période progressive 70s, pencherait plus vers Camel avec des bribes de Pink Floyd (les soli très gilmouriens de Rothery) dans une combinaison qui fonctionne d'autant mieux que le chanteur y amène un petit extra qui fera, logiquement, de Marillion le leader naturel du regain progressif britannique connu sous le nom de Néo-Prog (Pendragon, Twelfth Night, IQ, Pallas, etc.).

Au bout du compte, avec aucun signe de faiblesse du long de ses 47 minutes (même si j'avoue bien volontiers avoir vu ma passion des deux singles, He Knows You Know et Garden Party, s'émousser avec le temps), Scrip for a Jester's Tear est un formidable album de rock progressif méritant,29 ans après sa sortie, le statu de classique qui lui est désormais attribué. Un état de fait encore plus valide dans sa version remasterisée qui propose de roboratifs bonus comme le chouchou des fans de la première heure, l'épique Grendel et ses 19 minutes mais aussi ses compagnons de EP (Three Boats Down from the Candy et Market Square Heroes).
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le 16 novembre 2011
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST SEPTEMBRE 1983 N° 182 Page 79
1° Album 1983 33T Réf : EMI Pathé 1077151
Marillion a été élu meilleur nouveau groupe par les lecteurs de Sounds en février dernier, alors même que ce groupe britannique n'avait pas encore publié un seul album. Un single singulier, mais surtout des shows étonnants étaient à l'origine de cette nouvelle lubie anglaise. Toutefois, curieusement, Marillion n'a strictement rien à voir avec la new wave, si ce n'est par l'âge peu avancé de ses membres. En effet, ce gang tout frais ,n'a pas pour modèle ni Clash, ni Police, ni Cure, ni Ultravox, mais bien.....Genesis. Avec son nom emprunté à Tolkien, avec sa pochette au charme médiévalisant, avec surtout son rock dans le plus pur style progressif. Marillion nous transporte brutalement au milieu des seventies, en nous offrant un équivalent moderne à "Nursery Crime". Serait-ce là le signe avant-coureur d'un progressive revival ? Certes, beaucoup de monde va trouver que Marillion est avant tout une copie de Genesis du temps où Gabriel y oeuvrait Certains parleront même de plagiat. Mais en fait nous avons là un véritable équivalent de Genesis, un groupe aussi bon que l'était la bande à Gabriel au sommet de sa forme, composant aussi bien, jouant aussi bien. Mettez "Selling England By The Pound" dans un plateau de balance et "Script For A Jester's Tears" dans l'autre : l'équilibre sera parfait. Avec bien sûr en prime pour Marillion un son beaucoup plus moderne, et surtout plus hard (son premier single étant resté longtemps classé dans le Top Ten du heavy métal anglais). A la limite, si Genesis voulait revenir à une formation plus complète ou remplacer l'un de ses membres, il n'aurait qu'à se servir dans Marillion tant Steve Kothery a tout compris à Steve Hackett (et dépassé même le modèle dans sa version actuelle) ou Mark Kelly décroche des traits de synthétiseurs que Banks ne pourrait renier. Marillion est tellement dans l'esprit de Genesis que, en toute innocence, le final de "Forgotten Sons" réinvente naturellement celui de "Heathaze" !
Mais le plus extraordinaire est encore ce grand chanteur écossais qui les mène, l'étonnant Fish, aux grimages provocants, à la voix superbe à mi-chemin de Peter Gabriel et celle de Peter Hammill, une voix d'une sensibilité, d'une souplesse, d'une virulence stupéfiantes, une pure merveille que complètent des talents de parolier, d'interprète et de bête de scène. Fish est sans doute la personnalité la plus énorme du groupe, celui qui le projette au premier plan. Dans ces conditions, la presse anglaise commence à se dire, parfois avec réticences, que Marillion va devenir un groupe-phare. Il y a plus que du vrai dans cette prophétie.
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le 8 août 2001
« Script... » est le premier album de Marillion, sorti en 1982. Il ne renferme que 6 titres mais tous font plus de 7 minutes. Cet album est un album prog' par excellence, chaque titre comprend différents thèmes alternant chant, clavier, riff guitare et break de batterie. La richesse musicale est incroyable et la production excellente pour l'époque (chaque instrument est audible séparément et apporte sa pierre à l'édifice musical). On sent très clairement l'influence de Fish sur le groupe et ses parties vocales haut perchées sont reconnaissables entre mille, même si elles sont encore un peu brutes. Cependant, il existe quelques longueurs avec la triade « The web », « Garden party » et « Chelsea Monday », trois titres assez semblables. A mon sens, les meilleurs titres sont « Script.. », « He knows, you know » et « Forgotten sons ». Bref, un premier album solide, pas parfait mais qui laisse présager le meilleur pour la suite !
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le 25 juin 2014
Première introduction de Marillion vers une musicalité expansée d'une habile flambée créatrice, charmeuse et élimée, ou vont venir copiner une pop digital associé à un rock qui s'alimente au notes sonorisées en sialagogue de partitions analogues en captation mémorielle équivoque. Ils donnent ici sans échauffement, ni round d'observation, immédiatement le ton de ce qui va lentemement venir se configurer dans une sorte d'opéra pop-rock en six scènes successive, au nombre de titre certes succin, mais à la durée effective de chacun minutée à souhait. Altérer de schizophrénies et d'amertumes, puis alterner dans de l'espérence asperger d'un positivisme attenant , les textes exortent toutes les pensées néfastes ou joviales, pour se prêter au réactivités de l'existence fortifié en recrudescences, ou disséqué en dissonance. Avec la chanson titre qui inaugure le disque les pensées sont immédiatement décimées dans le négatif communicatif le plus acide ("Encore un autre suicide émotionnel qui faisait une overdose de sentiments en arrogances, je suis perdu sur le manège, le jeu est fini. Trop tard pour dire je t'aime, trop tard pour réctiver le jeu. Le jeu est fini") Puis le doute pour un amour espéré réciproque dont on crains qu'il se disloque va venir s'immiscer dans la partie pour le second morceaux ("Je n'écrirais jamais cette chanson d'amour, les paroles justes semblent à jamais couler maintenant tristement dans le reflet. Si je pouvais préserver ma sérénité pour toujours quand tu portes ta robe de mariée, dans le sience de ma disgrâce. Le sillence que chante la chanson des sirènes me faisait être seul dans le jour. J'ai disparu seul dans le jour. Peux tu me dire que tu m'aimes") Aussi l'espoir qui respire et l'envie de s'en sortir qui crépite vont ensuite venir par le biais de la troisième piste ("Je réalise que je peux trouver les clefs de la liberté. Je pourrais laisser ma vie être gouverner sur un fil. Le temps est arrivé de prendre des décisions"), avec l'attente qui s'intensifie dans un "Chelsea monday" des plus explicatifs ("Patience mon ange intense, patience mon parfum d'enfance. Un jour ton amour sera réel. Tu auras le charme avec le sourir. Mais pour le moment, il y a juste encore ce lundi frigorifique") Pour synthétiser, des textes intelligents et travaillés, bourrés en métaphores et symboles, sous la coupole de mots affinés et maitrisés, pour des compositions de la même trempe, restituées sous l'égide d'arrangements flottants et envoûtants, pour tout un ensemble et une suite logique qui s'affinera et se critallisera avec le disque qui suivra deux ans plus tard. Mais une première ébauche musicale plus qu'acceptable !
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le 21 mars 2014
Etant fan de la période Fish je me devais d'avoir ce premier album.
J'avais de grandes attentes, vu que les albums suivant me plaisent énormément : et je reste sur ma faim.
Tous les ingrédients sont là, mais pas aussi bien mélangés que par la suite.
Des idées, des sonorités, des thèmes, cependant confus et la magie n'opère pas de la même façon.
Il y a du très bon (la chanson titre) et du plus curieux (Garden Party) qui est bizarrement devenue une chanson plébiscitée et jouée souvent en concert... ? son rythme saccadé ne me parle pas...

En résumé, bien pour compléter sa collection, mais sinon voir avec Misplaced Childhood ou Clutching at Straws
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le 1 avril 2009
Rien que pour le titre éponyme, qui présente une des facettes de l'époque Fish, cet album est un incontournable. Script c'est un texte poignant, une mélodie déchirante et un chant torturé qui ne peut pas laisser indifférent. Tout Fish quoi. Avec toutes les qualités instrumentales de ses comparses. Mais il n'y a pas que Script. Le célèbre Garden party, le mélodique Chelsea Monday et le très engagé Forgotten sons sont là pour l'épauler et apposer le sceau Marillion. Quant à He knows you know et The web, à mon sens ils sont en retrait. A posséder absolument pour celui qui veut découvrir Marillion. Et quant à la comparaison Genesis / Marillion, il n'y a qu'à écouter l'un et l'autre pour se rendre compte qu'une voix similaire ne fait pas un groupe similaire.
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le 2 juin 2002
1er album du groupe, en 1985, et Fish annoncait la couleur avec une musique sombre. Ce dernier gardera d'ailleurs les caracteristiques musicales de cet album dans ses prochaines réalisations...
Le grand moment se situe assurément au début de l'album avec le morceau eponyme....un magnifique titre de plus de 8 minutes, comme seul Fish savait les faire, avec son timbre vocal si particulier, si attachant...Autre grand titre, Garden Party, qui figure aujourdhui encore comme l'un des meilleurs titres du groupe. Forgotten Sons, He Knows you Knows, et Chelsey Monday sont 3 autres belles réussites. Certaines trouveront que l'album a mal vieillit, mais personnellement, je trouve qu'il n'a pas pris une ride, même qu'il se bonifie avec l'âge tel un bon vin....
Un Grand premier album qui inaugure la musique d'un grand groupe....Script for a Jester's Tear est un indispensable dans votre "musiquothèque" progressive.
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Marillion est mon groupe de référence en ce qui concerne le Rock Progressif. Ce superbe album est le premier d'une longue lignée, sous l'ère du monumental chanteur : Fish. Ce disque est composé de longs morceaux mélancoliques à souhait. Marillion a créé un monde à part... Que du bonheur !"
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le 3 août 2014
Magnifique album que j avais racheté en vinyl il y a peu,mais ce genre de perle mérite différentes qualités d écoute !
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"Here I am once more to the playground of the broken hearts".... tout est annoncé dans cette intro pathétiquement "Hammillienne", Marillion, groupe sombrement romantique et torturé à l'image du jester de la pochette, avec ses larmes de passion, le double de Fish.
Ressituons l'époque... Les progueurs étaient désespérés, Genesis et Yes "FMisés", Gabriel parti dans la world music, VDGG atomisé..... La nuit, le néant musical du début des années 80. Puis arrive ce disque qui ravive nos vieilles mémoires avides de minimoogs et de rythmes délirants, au-delà du rock... Certes Marillion n'est pas Genesis (une palette sonore plus pauvre, pour cela il faudra attendre IQ), Fish n'est pas Gabriel, trop viril pour incarner un archange. Mais l'héritage est bien là : ces rythmes d'enfer, ces synthés aériens, ces solis de guitares déchirants... Marillion, et dans une moindre mesure Pendragon, recréent le prog et jettent les nouvelles bases du prog qui aujourd'hui encore est bien vivant. Les quatre premiers disques de Marillion sont des incontournables de la musique prog avec un son qui n'a pas vieillit d'autant plus avec la superbe remasterisation de 1997. "Clutching at Straw" reste pour moi le meilleur des quatre, ce qui rend d'autant plus râlant ce clash d'un groupe en pleine gloire car ni Marillion, ni Fish en solo ne me séduiront autant que ces 4 pépites.
Un mot des bonus : ici on a la première face de "B'side themselves" sorti après le clash. Avec des morceaux qui auraient sans honte pu figuerer sur l'original si le format de l'époque l'avait permis (Charting the single, Market square Heroes, Three boats down from the candy) et le seul "epic" que Marillion ait jamais écrit qui souffre quand même un peu d'originalité en offrant sur la fin un plagiat de "Apocalypse en 9/8 de Genesis. Sinon des interviews des protagonistes très intéressantes sur la génèse du disque.
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