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Il existe maintenant plusieurs intégrales des cantates de Bach, achevées ou en cours. Par son interprétation celle de Suzuki est souvent médiane entre toutes les autres, j'ai pu écrire "centriste". C'est ainsi que Suzuki est généralement plus rapide, léger et moins véhément que ses collègues de l'intégrale Teldec, mais qu'il est plus lent et moins uniformément joyeux que Koopman ou Junghänel. Mais cette position moyenne signifie-t-elle neutralité et absence de choix ? D'autre part, ces versions d'Extrême-Orient ne risquent-elles pas de nous apparaître comme exotiques, alors que, malgré la mondialisation du goût et des pratiques, il subsiste des différences de style entre des interprètes italiens et d'autres allemands ?

Ce disque très généreux ne comprend que des "grandes" cantates. Cette affirmation peut surprendre ceux qui pensent qu'avec les BWV 4, 51, 56, 56, 82, 140, 147, on en sait assez sur les cantates de Bach. En fait, plus on les approfondit, plus on est captivé et moins on pense que les pièces négligeables abondent dans ce corpus de 200 oeuvres. Quand j'écris "grandes" cantates, c'est parce qu'à mon avis la 62, par exemple, est moins importante que la 61, de même titre; mais j'apprécie aussi la 62. Ces quatre cantates ont en commun de dater de la période de Weimar (1708-1717), deux sont de caractère festif, deux autres sont empreintes d'une espérance joyeuse, la 63 étant destinée à Noël, les 61 et 132 à la période de l'Avent; la 172, cantate de Pentecôte, ne fait pas vraiment corps étranger.

Pour répondre aux questions ci-dessus, j'ai comparé numéro par numéro les cantates 61 et 63 par Suzuki à leurs équivalentes par Harnoncourt. Pour les deux autres, le résultat ne serait guère différent, mis à part quand un ténor très déplaisant, toléré trop longtemps par Gustav Leonhardt, apparaît chez Teldec; dans ce cas, Suzuki l'emporte par K.O. !

Pour la 61, Harnoncourt donne une dimension véhémente, même tragique que le texte plutôt serein n'appelle pas. Il va de soi que cette puissance volontiers angoissée convient tout à fait dans d'autres cas, alors que l'alacrité et la détente des interprètes postérieurs nous donne moins de sens religieux et de vérité historique. Il reste, pour revenir à la 61, que l'expressivité de Kurt Equiluz convainc davantage que la douceur plus neutre de Makoto Sakurada dans le n° 2. Globalement si Suzuki est plus léger, moins appuyé, qu'Harnoncourt, ce qui n'est pas un avantage dans des cantates tragiques ou à forte tension, ses solistes s'approchent de la neutralité, même si aucun, dans ce disque, n'est insuffisant vocalement; on apprécie la jolie voix, très jeune de timbre, de la soprano Ingrid Schmithüsen, celle du contre-ténor Yoshikazu Mera; mais tout cela n'a pas beaucoup de personnalité, quand on pense à certains participants de l'intégrale Teldec. Exception, mais il s'agit d'un Européen, la basse Peter Kooij, puissant et et très expressif, tout en maîtrisant bien les vocalises et la ligne de chant. Faut-il évoquer l'individualisme européen, qui facilite l'expression des personnalités, les civilisations asiatiques obligeant davantage l'individu à n'être qu'un fragment du projet social ? C'est bien possible, mais je me garde bien de trancher. J'ai donc répondu à la question de l'exotisme, j'ajoute que l'allemand des interprètes japonais est globalement de qualité, même si on peut ressentir une expression de flou et d'irrégularité pour la réalisation de certains phonèmes, ainsi le -ch- de Kirche pour le ténor. J'ajoute que, nous les Européens, nous pouvons être reconnaissants à ces gens d'un pays lointain de servir aussi bien notre musique.

Dans la BWV 63, on aura à choisir entre la robustesse presque rugueuse, parfois pas assez joyeuse ici, d'Harnoncourt et la finesse, la légéreté et la gaieté plus franche de Suzuki, sauf qu'on peut garder les deux. Le début très dansant de l'aria n° 5 manque un peu de tension et de puissance, ce sont les limites du Nippon, que l'on perçoit aussi ailleurs. Si les tempi sont plus rapides que chez le Viennois, il y a un choix de lenteur contemplative dans le duetto n° 3, preuve que Suzuki, loin d'être un simple épigone, a ses propres conceptions, ce dont on était déjà persuadé, notamment grâce à la cohérence et à la continuité de son interprétation, simplement très sobre.

L'enregistrement de 1997 est sans défaut perceptible (mais je ne suis pas du métier), l'acoustique de la Chapelle de l'Université féminine Shoin n'étant pas trop réverbérée. La notice est trilingue, anglais, allemand, français, le texte des cantates est ajouté, mais la traduction n'est qu'en anglais.
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Prenez un chef japonais de confession chrétienne, organiste et claveciniste, ayant poursuivi ses études en Europe avec Ton Koopman ; prenez un ensemble 100% japonais créé en 1990 dans le but de représenter au Japon les grandes oeuvres de l'ère baroque sur instruments historiques, comprenant une vingtaine d'instrumentistes et le même nombre de choristes, donnant quatre concerts Bach par an et accueillant des chanteurs européens ; prenez des enregistrements réalisés par les suédois à la chapelle de l'université féminine Shoin construite en 1981 à Kobe, avec une mise au point d'une acoustique exceptionnelle, pour les événements religieux et musicaux ; prenez le cinquantième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale ; prenez un rythme d'enregistrements assez lent mais régulier, des solistes japonais permanents et des invités européens, une suite chronologique des cantates, un livret en français très intelligent et très détaillé pour chaque oeuvre (mais les textes des cantates sont en allemand-anglais), une prise de son au service de la musique... et vous aurez certainement l'une des plus fabuleuses séries d'enregistrements consacrés à l'intégrale des cantates de Bach, passionnants à comparer avec leurs illustres aînés, d'un souci musicologique remarquable (les dilemmes instrumentaux sont à chaque fois justifiés par Suzuki lui-même). Une grande homogénéité donc qui fluctuera à peine en fonction du choix des solistes, et une exceptionnelle précision et justesse des instrumentistes. Il se dégage de ces enregistrements une impression d'évidence, un côté très « lisse », débarrassé des « tics » d'interprétation baroque habituels et de leurs cortèges d'instruments ne sonnant pas toujours très justes.

Les BWV63 et 172 sont des cantates avec trompettes et timbales, Suzuki les dirige de manière à être brillantes mais jamais « claironnantes ». La retenue sera donc le maître mot de cette série - parfois trop ? Toujours excellente prestation de Yoshikazu Mera et Peter Kooj.
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