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5.0 étoiles sur 5 TECHNIQUE / INSPIRE / NOVATEUR / CLASSE, 6 janvier 2011
Par 
Hellblazer (Nice) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Mental Vortex (CD)
Ah, la Suisse... son fromage, son chocolat, ses banques, ses horlogers... et son METAL ! Entre Samael et Coroner, la branche est dignement représentée. Les suisses frappent un grand coup en 1991 avec cet opus devenu culte, dont le clou sera enfoncé par leur chef d'oeuvre ultime : "Grin".

"Mental Vortex", avant-dernier disque du groupe avant le split qui a suivi, préfigure donc "Grin" par son coté dense, décalé, et surtout son approche très en marge de ce qui se fait ailleurs, même si le style est basé sur un trash classique, fortement influencé par les pères du trash (le Big 4). Mais "Mental Vortex" s'en émancipe vite, avec une sorte de classe mélée à une technique ébouriffante de ses 3 membres : Tommy T. Baron en tête avec des riffs de haut vol (de génie ?), Marquis Marky qui atomise ses fûts, et Ron Royce, dont la voix rampe comme un sombre serpent sinistre au fond d'une caverne. Coroner, ce serait un peu les Queensryche du trash... la grande classe, l'intelligence du propos, réussissant la fusion entre old school (gimmicks habituels du style) et futur, avec déjà des sonorités originales non sans rappeler Fear Factory ou encore SUP et Samael.

L'album se démarque de ses pairs grâce notamment à ses breaks déroutants, judicieux, et autres changements de rythme inattendus, époustouflants, parfois jusqu'à 3 ou 4 dans le même titre ("About Life" est hallucinant pour ça). Et puis surtout grâce à des riffs lumineux, pondus par le génial T. T. Baron (de son vrai nom Tommy Vetterli, qui ira ensuite faire bénéficier Kreator de son savoir-faire sur "Endorama" et "Outcast", 2 bijoux). La foison de mélodies, de riffs, d'idées, de breaks, et encore de centaines d'autres choses comme la maestria du batteur ou l'ambiance sulfureuse créée par le chanteur, donnent à cet album une densité rare, qui oblige l'auditeur à de plusieurs écoutes avant d'en capter la richesse complète (mais lui permet de prendre une baffe dès la 1ère...).

Loin de n'être qu'un simple titre d'album parce qu'il fallait en trouver un, "Mental Vortex" est une revendication, un avertissement et une invitation, façon Enfer de Dante : vous qui mettez dans votre platine ce disque, préparez-vous à être happé dans un dimension auditive à la fois hypnotique et sombre, à être entrainé dans les entrailles de superbes ténèbres par un tourbillon trash et beau, envoutant et technique. Et dans cette logique, le disque est un crescendo de folie, ou disons plutôt une progression du classique vers le verstatile pour permettre à l'auditeur de prendre doucement ses marques avant de se prendre une GROSSE claque. La pochette illustre parfaitement le concept, avec ces ondes soniques en direction du cerveau de cet homme qui se protège, apeuré.

Et je pense que l'on peut séparer le skeud en 2 parties distinctes :

La 1ère partie du disque démarre donc sur des bases old-school, avec "Divine Step (Conspectu Mortis)". Courte intro qui se passe dans une salle opératoire... le patient décède, le docteur le déclare mort... 1ère étape du voyage qui s'ensuit. Up-tempo sur rythmique binaire qui ramène aux premiers opus de Metallica. Solo fulgurant de T. T. Baron, vocaux écorchés et visqueux de R. Royce. M. Marquis atomise son kit. On sent déjà quelque chose de différent qui pointe... une atmosphère à part. "Son Of Lilith" prend la suite logique, pur trash rapide sans concession. Pas la meilleure, mais ça plante le décor. "Semtex Revolution", 3ème titre (et que je qualifierais de dernier titre de la 1ère partie), finit de saper les bases de l'auditeur tout en prônant l'ouverture, grâce à son refrain mortel axé sur un riff sauvage entrecoupé de la déclamation ravageuse de Royce sur fond de grosse caisse martyrisée. Ca commence à monter sévère.

La 2ème partie démarre avec "Sirens", basé sur un riff que seul Baron pouvait pondre... une merveille. Hypnotique est vraiment le mot. Derrière suit tout le reste... rythmique qui commence à changer doucement, vocaux toujours sombres. 1ère baffe. "Metamorphosis" continue la donne, avec breaks et soli dévastateurs, et s'enfonce dans la créativité. Nous sommes toujours en up-tempo, que des coupures syncopées mettent bien en relief. Avec "Pale Sister", on passe à la catégorie supérieure et le groupe nous emmène encore plus loin dans la recherche musicale, s'éloignant très fortement du trash classique. Mais avec "About Life", Coroner déchaine sa maîtrise technique et calme tout le monde. Ce titre montre à quel point ils sont loins au-dessus du panier. Le titre débute immédiatement avec un riff façon solo en intro rapide, suivi 15 secondes plus tard d'un break syncopé, puis re-riff rapide, re-break syncopé, refrain sur un 3ème rythme, puis pont en trash dément... un truc de fou, grandiose. Mention spéciale à Marky Marquis sur ce coup-là, car assurer un truc pareil avec une telle frappe n'est pas donné à tout le monde. Et final en apothéose avec "I Want You (She's So Heavy)" qui ponctue ce cirque organisé et flamboyant dans la plus belle grandiloquence. Un genre de slow/blues, qui, s'il avait été éxecuté par un groupe genre glam rock, aurait été mielleux à souhait en vue d'une heavy rotation sur MTV. Mais asséné avec le son de guitare rauque et les vocaux non-moins rauques, ce titre hallucinant à la Ubu Roi prend des allures de folie géniale, un peu comme si Frankenstein déclarait sa flamme à Medusa au fin fond de la Transylvanie avec Vlad comme témoin. Un pur bonheur d'incongruité, qu'il fallait une sacrée paire de balloches pour oser graver sur disque. Je ne me souviens pas avoir entendu ce genre de titre par quelque autre groupe de trash que ce soit (on est très loin d'un Nothing Else Matters de vous savez qui !).

Seul bémol à l'ensemble : la production un peu faiblarde, que les puristes qualifieront de vintage, et que les amateurs de belle prod taxeront de peut mieux faire, sans être non plus pourrie... disons 7/10. Dommage, car si ce disque avait bénéficié d'un son plus moderne, les vocaux de Ron Royce (malheureusement sous-mixés) en auraient pris du relief et la basse aussi, sans parler de la batterie cataclysmique. La part a été faite belle aux guitares de Tommy Baron qui s'en donne à coeur joie.

Différent de l'évidence jubilatoire de "Grin", ce "Mental Vortex" sophistiqué et technique (au service de la créativité) annonce la couleur d'une versatilité hors norme.

Merci Coroner d'avoir osé ce disque.
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