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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la meilleure Salomé de studio ?, 10 octobre 2008
Par 
earthlingonfire - Voir tous mes commentaires
(TESTEURS)    (TOP 500 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strauss,R.:Salome (CD)
Les rencontres discographiques de Karajan et des Wiener Philharmoniker ont toujours exacerbé le sensualisme latent du chef autrichien. La fête sonore est telle qu'on peut l'imaginer d'autant que pour enregistrer cette Salomé, EMI s'est fait aider par Decca, spécialiste du son spectaculaire et habitué en particulier à enregistrer l'Orchestre philharmonique de Vienne à la Sofiensaal. Dans ce fleuve de pure volupté, il n'y a que peu de place pour le théâtre, mais comment faire la fine bouche ? La distribution n'est peut-être pas la plus grande à avoir été enregistrée, mais ne démérite pas. Il faut d'abord connaître le Jochanaan de José Van Dam, adéquation absolue entre un rôle, personnage et musique, et une voix, noble, ronde et chaude. Agnes Baltsa, qui n'est pas la chanteuse du siècle, est encore jeune, tandis que Böhm oscille entre caractère et lyrique. Le couple Hérode-Hérodiade est en tous cas bien léger, pour ne pas dire impuissant à évoquer la corruption. Ce choix délibéré de Karajan peut laisser sceptique : on en regretterait presque les Dunn et Cassilly de Karl Böhm (DG). Quant au rôle-titre, le chef, soucieux de marquer l'ouvrage de son empreinte jusqu'au bout, le confie à une jeune "découverte", une certaine Hildegard Behrens. Dans un sens, son flair est certain, puisqu'elle allait être appelée à succéder à Gwyneth Jones comme hochdramatischer Sopran wagnérien du moment par défaut. En 1977 et dans Salomé, elle a encore une fraîcheur vocale et dramatique méritoires. La voix a quelque chose d'un peu fade, incolore, et cette absence de chair dans la masse peut lui donner un rien de dureté désagréable, mais après tout on n'est pas si loin de la "soubrette à voix d'Isolde" qu'est Salomé selon les mots de Strauss lui-même. Le rôle est de toute façon indistribuable, alors inutile de chipoter davantage. Un coffret de toute façon indispensable orchestralement, même s'il est judicieux de le compléter par une version en public avec Inge Borkh ou Ljuba Welitsch.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Karajan dirige Salomé de Richard Strauss, 13 février 2006
Par 
Julien Mosa "MosaJulien" (Saint-Jean Pied de Port, 64.) - Voir tous mes commentaires
(VRAI NOM)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strauss,R.:Salome (CD)
Richard Strauss composa son opéra "Salomé" en 1905, d'après la nouvelle d'Oscar Wilde (écrite en français). Le compositeur opta pour la traduction allemande qu'en fit Hedwig Lachmann (il raccourcit beaucoup le texte de sa compatriote, pour ne composer qu'un seul acte d'opéra). Il en résulte une Salomé non pas cruelle, mais naïve et sans scrupules, inconsciente de ses attitudes extrêmes à cause de son très jeune âge. Tous ses désirs sont obsessionnels. Sa mère Hérodias n'a pâs un rôle imposant, bien qu'elle préfère les obsessions de sa fille aux ordres de son second époux, Hérode.
Karajan dirigea l'oeuvre pour la première fois à Salzbourg en 1929 (à l'âge de 21 ans), avec un triomphe absolu (et ce pour une seule représentation, tant l'oeuvre était mal vu par les autorités, vu son sujet choquant pour l'époque). Puis il attendit non moins de 48 ans pour trouver enfin "la" Salomé qu'il imaginait. Ce fut Hildegard Behrens, une jeune soprano qu'il rencontra lorsqu'elle répétait à Dusseldörf "Wozzeck". Ce fut le coup de foudre artistique. L'oeuvre fut représentée au Festival de Salzbourg en 1977, et enregistrée la même année. Karajan a choisi la Philharmonie de Vienne, et des solistes vocaux de tout premier ordre. Hildegard Behrens, donc en tête. Elle incarne une Salomé fragile, adolescente mais déjà très sûre d'elle, loin de la cruelle démonne voulue par Wilde à l'origine. La palme vient ensuite à Karl-Walter Böhm, Hérode passionné et impliqué avec une fougue incroyable. José Van Dam campe un Jochanaan voyant - avec justesse - la mort pour seule issue. Agnès Baltsa est une Hérodias très convaicante malgré la brièveté du rôle. Les seconds rôles sont chantés à la perfection, Wieslaw Ochman est un ténor exalté, envoûté par Salomé. Les juifs, nazaréens et soldats sont campés par d'excellentes voix (entre autre, Heinz Zednik, Martin Vantin, Erich Kunz, Jules Bastin). L'orchestre rutile de mille feux sous la baguette plus qu'inspirée d'Herbert von Karajan, chaque mesure est un feu d'artifice de couleurs sonores (malgré une "danse des sept voiles" très plastique et de ce fait assez sage). Cette version rivalise sans peine avec les références absolues de Fritz Reiner dans les années 40. La prise de son est un tantinet lointaine, mais restitue fidèlement ce spectacle au charmes infinis. Que fut le résultat si Karajan avait enregistré l'oeuvre avec le même casting du "Chevalier à la Rose", Elisabeth Schwarzkopf et Christa Ludwig en tête ? Sûrement un autre miracle...
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5 Est-ce la moins mauvaise version "récente" ?, 25 juin 2014
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Strauss,R.:Salome (CD)
Au début, j'ai eu presque le mal de mer avec cette prise de son irréelle, qui correspond aux demandes du chef, et qui à d'autres moments, donne une extraordinaire beauté satinée à l'orchestre (mais bien sûr, on n'entendrait jamais ça au concert). J'ai écouté d'autres versions modernes, plutôt bien accueillies par la critique et le public (Dohnanyi, Sinopoli), pour avoir du recul. Etrangement, la comparaison, qui n'a pas été systématique, a été légèrement favorable à Karajan. Avec ce chef, l'élégance triomphe toujours, c'est vrai. Il se peut donc que ce soit donc la meilleure version "récente" (moins de 40 ans), ou une des meilleures. J'ai reconsidéré l'impression déplaisante que j'avais eue et j'ai admis que ce son presque poisseux convenait à l'évocation d'un Orient corrompu, louche, à la sensualité malsaine : il y aurait donc une vérité de l'œuvre, une cohérence avec le sujet, la musique et les personnages. J'ai employé la première personne parce que mon cheminement par rapport à cette version, que je n'aime qu'à moitié, n'a rien d'universel.

La Danse des Sept Voiles, très lourdement sensuelle, très érotique, confirme les options du chef. A d'autres moments, le son devient bien plus réaliste (mort de Jochanaan, dans une certaine mesure scène finale, etc) : il s'agit tout de même de permettre aux chanteurs de se faire entendre. Et là, j'en viens à un autre inconvénient de cette prise de son : elle défavorise le chant en le plaçant plus loin, en le noyant dans l'orchestre et dans une rumeur confuse. Tout ça nous éloigne du drame, du théâtre, et aggrave les défauts naturels du studio par rapport à la scène. Ce qui fait que tout ce qu'on peut dire de la distribution est à relativiser.

Les rôles secondaires (soldats, Juifs, Capadoccien, Nazaréens, Page, esclave) sont bien tenus, mais ça n'a rien à voir avec ce qu'on trouve dans la version mono de Krauss (1954); l'irréalité du son empêche de préciser davantage. Après, on a une Hérodias banale, un Hérode efféminé, très électrique, mais assez monolithique, un bon Narraboth (Ochman). Le Jochanaan de José Van Dam est subtil et varié, il séduit incontestablement pour ce qui est de la voix; mais trop doux et suave, il manque de la rudesse et de la rugosité nécessaires à un personnage qui est d'abord un fanatique pour Richard Strauss (dont je rappelle qu'il était extérieur à tout sentiment religieux); dès lors, ça ne fonctionne pas. Avec ce Jochanaan aussi, on reste dans l'esthétisme, dans la beauté formelle, on s'éloigne du théâtre.

Pas question de comparer Behrens aux grandes Salome, mais à cette époque, où on ne pouvait entendre Welitsch, Borkh ou Goltz, cette voix légère, ce qui est une manière d'évoquer la jeunesse (enfin, de loin), était sans doute assez adéquate pour ce rôle. La voix devient rêche lorsque Salome s'obstine à réclamer la tête de Jochanaan. Si la terrible scène finale ne facilite pas une bonne diction, là, on n'entend plus que des voyelles incertaines, des sons liquides, on serait bien en peine de suivre le texte.
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Strauss,R.:Salome
Strauss,R.:Salome de Richard Strauss (CD - 1999)
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