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5.0 étoiles sur 5 Six standards à la lueur de deux nuits endiablées, 6 juillet 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Highlights From The Plugged Nickel (CD)
Cet album de Miles Davis est une excellente compilation réalisée à partir de l’un des meilleurs concerts de son second quintet (1964-1968).
Ce concert mythique s’est déroulé en deux parties, les 22 et 23 décembre 1965, au «Plugged Nickel», feu club de jazz de Chicago. Ce qui est incroyable, c’est la dimension de cet événement musical. Les cinq musiciens ont ainsi joué trois sets lors de la première soirée qui s’est étirée tard dans la nuit. Le quintet a remis le couvert la nuit suivante pour quatre sets qui totalisent cette fois-ci plus de quatre heures.
Près de huit heures de musique (d’un niveau homogène incroyable) qui rebattent les cartes du jazz et vont redéfinir complètement la musique de Miles.
La totalité de ces deux nuits mémorables a été gravée sur support numérique en 1995 dans un coffret de 8 disques «The Complete Live at the Plugged Nickel 1965». Ce coffret n’est hélas plus disponible actuellement ou alors à un prix exorbitant.
On peut donc se consoler avec cette introduction de 73 minutes 23 qui nous donne un bel aperçu sonore de ces jam sessions.

SECOND QUINTET
Le début des années 60 est en pleine effervescence, pour la musique en général et pour le jazz en particulier. La production n’a jamais aussi élevée tant du point de vue quantitatif que sur le plan qualitatif.
Après son fameux quintet avec Coltrane (1955-1957) puis le choc de «Kind of Blue» (1959), le trompettiste se cherche, se perd un peu, expérimente sur le plan musical, mais sans grande conviction artistique, tout en se rassurant commercialement.
En 1963, Miles Davis pense tenir un nouveau quintet lorsqu’il réenregistre trois morceaux pour la sortie de l’album «Seven Steps to Heaven». Deux jeunes musiciens, Herbie Hancock 23 ans et Tony Williams 17 ans, se joignent au contrebassiste Ron Carter pour compléter une section rythmique qui fera exploser tous les repères musicaux de Miles Davis à partir de 1965. Seul l’excellent saxophoniste George Coleman est déjà très expérimenté mais est dans la veine — déjà classique — du Hard bop. Carter et Williams tancent leur leader pour trouver un cuivre plus moderne. John Coltrane suggère à Miles d’engager Wayne Shorter mais celui-ci est un membre incontournable des «Jazz Messengers» d’Art Blakey: le saxophoniste est le compositeur-arrangeur-orchestrateur majeur du fameux quintet Hard bop.
Ce n’est qu’en septembre 1964 que Wayne Shorter, libéré de ses engagements, peut rejoindre le quintet de Miles.

LE CONTEXTE DE L’ALBUM «HIGHLIGHTS FROM THE PLUGGED NICKEL»
L’explosion musicale du quintet a lieu à Berlin le 25 septembre 1964 lors d’un concert au festival jazz du Philharmonic Hall.
L’osmose est telle que le quintet enchaîne les concerts, les shows TV durant quatre mois.
Miles Davis décide au début de l’année de graver un premier disque en studio avec Les Quatre Cavaliers de l’Apocalypse. Le résultat est excellent mais «E.S.P.» ne satisfait pas complètement le trompettiste.
Un trou d’air de quelques mois fige le groupe du "Prince noir", ses sidemen étant occupés à graver pour eux-mêmes ou avec des leaders de leur âge. Herbie Hancock se permet même sur «Maiden Voyage» de faire jouer deux comparses du quintet, ce sans Miles, et surtout d’embaucher Freddie Hubbard, un jeune trompettiste virtuose qui commence à faire de l’ombre au «Prince noir». D’ailleurs, Wayne Shorter a été le premier à déceler le potentiel de Hubbard. Les deux grands albums «Speak No Evil» et «The Soothsayer» sont là pour en témoigner.
Miles revient à la charge et la fin 1965 voit enfin le quintet se ressouder pour les deux concerts mythiques du «Plugged Nickel» de Chicago.
La remastérisation numérique datant de 1995 est de bonne qualité compte tenu des conditions d’enregistrement dans ce club de jazz.

LE FAMEUX (SECOND) QUINTET
Miles Davis (trompette), Wayne Shorter (saxophone ténor), Herbie Hancock (piano), Ron Carter (contrebasse), Tony Williams (batterie)

LES SIX MORCEAUX DE L’ALBUM (73 minutes 23)
1. «Milestones» (11 minutes 37) - 23 décembre 1965 - Set 3
UN VOYAGE DANS LE TEMPS
Ce morceau est un grand classique composé par Miles Davis. Il apparaît pour la première fois en 1958 sur l’album éponyme. C’est la période du premier quintet avec Coltrane auquel s’ajoute un sixième musicien, le puissant saxophoniste Cannonball Adderley. L’interprétation très fluide est typique des débuts du Jazz modal qui laisse une large place à l’improvisation des solistes.
Sur l’interprétation de ce titre lors du «Plugged Nickel», il a été beaucoup écrit que Miles n’était pas au mieux de sa forme. Je pencherais — aussi — pour une remise en question radicale de sa manière de jouer. Ainsi, sur ce 3e set, le trompettiste est poussé dans ses retranchements, notamment par les jeunes pousses de sa section rythmique.
Miles Davis démarre le morceau de manière hésitante, presque poussive. La fluidité et le lyrisme des dix années précédentes s’éloignent dès les premières notes, à tel point qu’on a l’impression d’écouter un vieux standard de Louis Armstrong, période années 1920, mais c'est un Satchmo comme écorché vif qui grésille dans nos tympans. La section rythmique piano-batterie puis contrebasse en rajoute d’ailleurs dans la citation. Seul Wayne Shorter joue au présent mais sans opposition, plutôt avec l’envie de jeter des ponts sonores avec la période des années folles.
Tancé par la batterie frénétique de Tony Williams, le solo de Miles finit aussi par franchir le Rubicon de l’improvisation. La mélodie se décompose, se déchire, se fracasse, pour finir par se recomposer dans les tourments dissonants du piano.
Puis Wayne Shorter se lance dans un chorus vertigineux, loin, très loin de son phrasé tout en subtilité et en retenue. Les accents coltraniens des expérimentations de l’année 1964 ont été largement assimilés. Il en ressort un style d’improvisation qui, dans la deuxième partie de ce long solo de quatre minutes, se dégage de ces influences.
Herbie Hancock, comme à son habitude, s’est immiscé subrepticement dans les soli, jetant çà et là quelques sortilèges sonores. Dès le début de son propre solo, il revêt ses habits de «sorcier». La contrebasse de Ron Carter qui était tombée dans les limbes des cuivres s’enflamme à nouveau et propose au pianiste une foultitude de citations plus virtuoses les unes que les autres: Thelonious Monk, McCoy Tyner, Bill Evans, Claude Debussy… Blues, Rythm & Blues, Jazz modal, Classique… Quelle maîtrise d’autant plus qu’il change de tempo à la vitesse de la lumière pour finalement retrouver la mélodie et ses cuivres dans les quarante ultimes secondes.

2. «Yesterdays» (15 minutes 10) - 23 décembre 1965 - Set 4
ANTI JAZZ OU NON
Un standard de jazz dont la musique a été écrite en 1933 par le grand Jerome Kern, compositeur moins connu que George Gershswin mais qui a eu autant d’influence pour les musiciens de jazz en général et les trompettistes en particulier. Miles Davis l’a déjà enregistré pour une session de mai 1952 en étroite collaboration avec le tromboniste JJ Johnson.
«Oyé, oyé, gentes auditrices et auditeurs ! Voici la ballade du fameux trompettiste», semble annoncer Tony Williams par ses coups de boutoir.
Miles Davis reprend la mélodie là où il l’avait laissé treize ans plus tôt. Mais rapidement les longues phrases lyriques font place à des balbutiements d’écorché vif, comme pour dire aux cordes qui accompagnaient sur le même morceau le grand trompettiste Clifford Brown que l’émotion peut éclore dans la simplicité. Même le cool Chet Baker est battu à plate couture dans la mélancolie poétique et fragile.
Une dernière éruption sonore de Miles lance le solo de Wayne Shorter à la 6e minute. Le saxophoniste semble aussi hésitant que son leader mais sa fragilité est différente car plus solaire. Lors de ces deux nuits, le quintet avait le désir de répondre à la provocation de Tony Williams qui voulait «jouer anti jazz», avec la volonté de dynamiter les standards en les interprétant sans préparation, l’improvisation étant le fil conducteur des sets. Wayne Shorter réalise ici une traduction étonnante de «Yesterdays» en citant dans un premier temps son aîné Sonny Rollins qui, en 1963, l’avait interprété en duo avec Coleman Hawkins, le père du saxophone ténor. Puis il pulvérise la mélodie en alternant les spirales de notes, les piaillements dissonants et les susurrements de serpent à sonnette. La section rythmique reste discrète comme pour lui laisser le champ libre des citations irrespectueuses.
Herbie Hancock qui n’avait pu s’empêcher de lancer quelques piques sonores à ses cuivres répond à l’exhortation de son batteur par une provocation déroutante. Son solo ne sera pas anti jazz, il sera non jazz. Seul en piste avec la section rythmique qui s’efface progressivement (pour mieux revenir), il enchaîne avec virtuosité les citations insolites de musique classique, mêlant les styles musicaux, préfigurant ainsi les albums expérimentaux des années 70, œuvres qui désorienteront ses plus fidèles admirateurs. Le «sorcier» comme le surnomme Miles Davis n’est décidément jamais là où on l’attend.

3. «So What» (13 minutes 39) - 23 décembre 1965 - Set 2
UNE COURSE HALLUCINÉE
Que va faire le quintet de la célébrissime composition de Miles Davis de l’album mythique «Kind of Blue»? Est-il possible de jouer de l’anti jazz à partir de cet emblème du style modal qui a amené bon nombre de personnes au jazz?
Sept claquements de doigts saccadés et la section rythmique (contrebasse, piano, puis batterie) répond à ces questions de manière inattendue. Autant le rythme de l’original était extrêmement lent, autant ici le tempo est ultra rapide. Les cuivres suivront-ils ?
Miles Davis et Wayne Shorter font preuve d’une osmose parfaite et la mélodie langoureuse défile à la vitesse du vent cuivré. En 30 petites secondes, c’est plié. Le leitmotiv de «So What» ne reviendra plus avant la fin du morceau. Âmes sensibles s’abstenir, le quintet est complètement déjanté, les repères disparaissent, oreilles délicates passer votre chemin.
Le solo de Miles est une nouvelle incursion dans l’introspection torturée. Les tourments hallucinés de la trompette sont excités par la frénésie polyrythmique de Tony Williams.
Mais le plus surprenant est à venir. Le fantôme de Charlie Parker surgit du saxophone de Wayne Shorter. Les sonorités Bebop sont telles que le public sort de sa léthargie. Shorter enchaîne avec la «New Thing» de Coltrane, le Free d’Ornette Coleman, les mugissements de Pharoah Sanders, les sonorités plaintives d’Archie Shepp. Puis, excité comme une puce par les soubresauts de la rythmique, il invente son propre registre chaotique avec un phrasé aux tempi aléatoires auxquels succèdent des silences comme suspendus au fil du rasoir. Les cadences sont fractionnées et brutales, la mélodie surgissant çà et là du maelström des notes désarticulées.
Les leçons de l’album «Ascension» de John Coltrane ont été retenues. Tony Williams se permet même de réaliser un solo vertigineux de trois minutes qui transcende tout ce qui a précédé. L’anti jazz est à son paroxysme, le batteur réinvente les percussions, plus de références ni de citations, la liberté est totale, le tempo disparaît sous le fracas des coups de tonnerre, une guerre sans merci s’engage contre les traditions rythmiques et les habitudes de métronome.
De cette canonnade multidirectionnelle surgit le solo d’Herbie Hancock qui décide de renouer avec la sérénité, la plénitude. Le public étourdi peut enfin respirer. Le «sorcier» apaise les consciences en se lançant un blues virtuose. Le rythme est soutenu mais l’enchaînement des notes est d’une fluidité qui dépasse tout entendement musical. Et puis du ciel bleu succède une pluie rafraîchissante qui retrouve la sublime mélodie dans les ultimes secondes. Les cuivres sont à l’unisson et la contrebasse si présente sur l’originale de 1959 retrouve des couleurs.

4. «Stella by Starlight» (13 minutes 12) - 23 décembre 1965 - Set 1
LE CALME APRÈS LA TEMPÊTE
Ce morceau est une création de Victor Young pour «The Uninvited», un film de 1944. Young est d’ailleurs un grand compositeur de musiques de films (Cecil B. de Mille, John Ford…). «Stella by Starlight» va devenir au cours des quinze années suivantes un merveilleux standard pour les jazzmen. Ainsi Miles lui-même se l’accapare pour son album «1958 Miles», session qui annonce «Kind of Blue» et le Jazz modal.
Comme pour le n°2 «Yesterdays», le trompettiste commence «Stella by Starlight» là où il l’avait laissé le 26 mai 1958. Les notes de la mélodie semblent sortir d’outre-tombe. Accompagné seulement par Herbie Hancock, le leader susurre des notes d’une fragilité au bord de la fausse note. À tel point qu’il est obligé de s’y reprendre à deux fois, relancé par les pincements de la contrebasse de Ron Carter. Les autres musiciens hésitent à le pousser dans ses retranchements.
Tony Williams est d’un calme olympien ce qui n’est pas dans ses habitudes, quelques éclats ici et là mais juste ce qu’il faut pour amener son leader à prendre le chemin des écoliers. La flânerie chaotique dure près de 4 minutes 30 et puis soudain Miles prend l’improvisation à souffle le corps, la tempête orageuse semble repartir de plus belle, Tony Williams secoue ses cymbales, violente ses caisses.
Il faut tout le doigté d’Herbie Hancock pour retrouver l’apaisement et passer le flambeau du solo à Wayne Shorter. Le saxophoniste s’écarte immédiatement de la mélodie. Tantôt son jeu s’éloigne du duo Coltrane-Adderley, tantôt il s’en rapproche progressivement par quelques volutes tout en rondeur. Lui qui n’est pas un adepte du Jazz modal réussit ici une performance digne de ses aînés.
La sérénité se poursuit avec le chorus d’Herbie Hancock qui rend un hommage appuyé à son modèle Bill Evans. L’interprétation est d’une fluidité retrouvée et la section rythmique semble se plier à la tradition du swing.
Le «Prince noir» fait mine de l’entendre de cette oreille mais cette nuit du 23 décembre est décidément placée sous les auspices de l’âme à fleur de peau.

5. «Walkin’» (11 minutes 02) - 23 décembre 1965 - Set 1
UNE COURSE CONTRE LE TEMPO
Cette composition de Richard Carpenter est un morceau que Miles a enregistré en 1954 pour l’album éponyme avec ses «All Stars» de l’époque. Cet opus va lancer le Hard bop pour les dix années qui suivent. Deux des musiciens qui accompagnent Miles, Art Blakey et Horace Silver, créent à la même période le mythique quintet «Jazz Messengers».
La reprise de «Walkin’» au Plugged Nicked est l’antithèse de la session originale. Si l’on s’en tenait au titre, le passionné de Hard bop sera interloqué par son sens. On devrait le renommer «Runnin’». Dès le début, Miles Davis décide en effet de brutaliser le tempo et il n’en faut pas plus pour exciter Ron Carter et Tony Williams.
Le solo du leader est un déluge de notes écorchées qui tournoient sur elle-même comme pour fracasser la mélopée. Il faut signaler que ce titre s’articule dans la continuité «Stella by Starlight» précédent morceau. Mais l’auditeur (comme sûrement le public d’avertis de la nuit du 23) ne s’est rendu compte de rien. Quelques secondes suffisent au trompettiste pour rompre avec ce qui a précédé, on pense alors à une improvisation «à la lumière des étoiles». Mais rien à faire, le mélomane a perdu ses repères, l’étoile du berger a disparu et Stella n’est plus qu’un rêve évanescent.
Le plus surprenant survient avec le long solo de Wayne Shorter qui est l’exacte réplique de celui de Miles, tant dans la durée, dans l’improvisation ou les effluves sonores. Si l’on plaçait ses 4 minutes sur celle de Miles, on obtiendrait un unisson parfait mais d’une dissonance qui frôlerait la cacophonie Free.
Y-a-t-il de la place pour un dernier solo après tant d’exubérance, de débordements voire de folies sonores? Comme à son habitude, Herbie Hancock est imperturbable. En s’appuyant sur sa formation classique, il parvient à canaliser le rythme éruptif de Tony Williams tout en maintenant un tempo très rapide. Ce n’est pas possible, ce pianiste enchanteur est un adepte de la quatrième dimension. Il est capable de tout assimiler, de tout s’approprier, de transformer la matière volcanique qui a surgi des soli des cuivres en or massif, de méditer ce qui a précédé et de le traduire en un langage intelligible. Sa puissance de jeu est telle qu’il parvient en deux minutes à traverser tous les styles de ses aînés pianistes pour finalement entraîner les autre membres du quintet sur la voie de la sagesse mélodique. Avec son alter ego Ron Carter, Herbie Hancock canalise les errements des trois autres, fait le lien entre les personnalités mais est aussi celui qui distille le venin de l’improvisation radicale. C’est la marque d’un génie entouré de quatre virtuoses tout aussi visionnaires.

6. «'Round About Midnight» (8 minutes 42) - 22 décembre 1965 - Set 2
BIEN APRÈS MINUIT
C’est le seul morceau de la première nuit présent sur cette compilation.
Cette célèbre composition de Thelonious Monk (dont le nom est légèrement différent) est devenue au fil des décennies un emblème du standard de jazz et Miles n’y est pas étranger puisqu’il contribue à la populariser en 1956-1957 à travers deux albums dont l’opus éponyme.
Miles Davis suit les traces de Monk en mettant immédiatement de côté le «'Round About Midnight» Hard bop de 1957. Comme le pianiste, il chahute puis s’écarte de la mélodie originale. Son jeu d’une lenteur chaotique tente d’escalader un nouveau sommet de l’improvisation. Herbie Hancock le soutient à bout de clavier pour éviter la chute définitive. De temps en temps, Tony Williams entretient le suspens par ces célèbres coups de boutoir.
Et la manière de Wayne Shorter d’intervenir sur le morceau est superbe de subtilité et de tempérance. Il retrouve, dans un premier temps, les accents, les phrasés des ses aînés saxophonistes (Bird, Ben Webster, Sonny Rollins…) puis se fraye un chemin jusqu’à la «New Thing» coltranienne.
Cette première nuit est placée sous l’égide des grand anciens et des classiques que le quintet hésite encore à malmener. La fureur surviendra le lendemain soir. Ainsi d’Herbie Hancock qui, sur son solo, imite à la perfection Thelonious Monk. Et la section rythmique reste résolument dans son tempo. Le trio permet à Miles Davis de conclure le morceau par une belle fragilité retrouvée.
Tout de même bizarre d’avoir placé ce titre à la fin de cette compilation.

LES PRÉMISSES DE DEUX GRANDS MILLÉSIMES
Ces deux sessions nocturnes en public annoncent trois grands disques que Miles enregistrera les deux années suivantes en studio avec ce second quintet: «Miles Smiles», «Sorcerer» et «Nefertiti».
Peut-être que, lors de ces sets, le leader a senti que le public était prêt à le suivre dans l’expérimentation de nouvelles sonorités. En tout cas, les personnes présentes ces soirs-là adhérèrent très largement aux trouvailles musicales du quintet.
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