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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 No one will force us to our knees !, 11 décembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blazon Stone (CD)
Mesdemoiselles, si par hasard vous passiez le mois d'août 1997 au Cap d'Agde et qu'en revenant de la plage vous vous êtes retournées sur un beau gosse excentrique, cheveux au vent, arborant, menton haut, un collier Tour-de-Cou indien orné d'os et de perles bleues, mettant en valeur un caleçon Quicksilver orange motif piranhas; que ce mec singulier croulait sous le poids de sachets en plastique bleu Dream Records remplis de vinyles sortis après 1990, tout porte à croire que nos chemins se sont croisés, peut-être le temps d'un clin d'œil furtif, et que vous auriez pu avoir l'immense privilège de me rencontrer dans ma période Running-Wild-Die-Hard-Fan.

Quoi de neuf sur le galion ? Le capitaine Rock N' Rolf, que je ne vous ferai pas l'affront de présenter, a profité une fois de plus d'une escale - consécutive cette fois au "Death or Glory Tour"- pour se débarrasser dans une taverne de quelques matelots n'ayant pourtant pas démérité. Mr. AC, ancien drums-technician du roadcrew, gravit ainsi un échelon en remplaçant Ian Finlay, alors que Majk Moti laisse sa guitare à Axel Morgan. Seul le bassiste Jens Becker survit - pour cette fois - à l'intransigeance du commandant de bord, nous rappelant si besoin était que Running Wild est bien le groupe de Rock N' Rolf et de personne d'autre. Une manie qui jouera d'ailleurs des tours au flibustier quelques années après, chacun arrivant tôt ou tard aux limites de son inspiration.

Allez, replongeons nous en Décembre 1990. Peut-être est-ce le terrible son du "From Over Yonder" de Zed Yago, autre groupe boucanier d'Hambourg, qui pousse les allemands à changer de port d'attache, les précédents albums ayant été mis en boîte au Sky Trak Studio de Berlin; toujours est-il qu'imitant leurs voisins et comparses du combo fronté par la charismatique Jutta Weinhold, les musiciens de Running Wild investissent le Studio M. d'Hildesheim-Machtsum, situé à 40 kilomètres de Hanovre, pour y débuter l'enregistrement de leur sixième full-length qui succède à l'indispensable EP "Wild Animal". Rock N' Rolf quitte d'ailleurs Hambourg pour emménager à Hanovre dans la foulée. Et bien lui en prend, car si "Port Royal " et "Death or Glory" demeurent les références inégalées et incontestées du groupe en matière de composition, c'est à partir de "Blazon Stone" que le son devient irréprochable, massif, moderne, enterrant définitivement les productions désormais désuètes des 80s. Et s'il vous paraît aujourd'hui quelconque et peut-être légèrement impersonnel, finalement typique de l'école allemande des 90s, je vous invite à le comparer par exemple à celui du U.D.O ou du Rage sortis l'année précédente, vous y entendrez les pas de géant réalisés dans le domaine de la production [germanique] en quelques mois. Je déplore uniquement un peu trop de chorus dans le mix de la voix, mais on passera facilement sur ce petit défaut, assez récurent d'ailleurs dans la discographie du groupe.

1991 est une année bien particulière, marquée par l'explosion médiatique du Metal via les albums de Metallica et de Guns N' Roses [oserais-je ajouter le Red Hot Chili Peppers ?], mais surtout par la déferlante Grunge et l'omniprésence de Nirvana. Dans cette période bordélique, le Glam se meurt alors que le Death se porte au mieux. Le renouveau devient obligatoire pour les grands groupes pionniers ayant vécu cette décennie magique durant laquelle chaque nouvel opus était inspiré, incroyablement novateur. Mais tout a été dit. Alors le public cherche autre chose. Et la Musique change, s'ouvre... Les frontières entre différents courants deviennent plus fines. De nombreux thrashers ralentissent le tempo alors que certains groupes Heavy incorporent des growls dans leurs compositions et délaissent le Mi pour s'accorder plus bas; d'autres s'essaient au Funk, au Rap ou au Progressif. Tout ce qui est susceptible de casser la routine fait l'affaire... "Powerslave" et "Ride The Lightning" étant tous deux de 1984, on pourrait presque dire que le Metal traverse sa crise des 7 ans de mariage : il faut aller voir ailleurs pour pouvoir retrouver son public.

Mais de tout cela, Rock N' Rolf n'a rien à faire.

Oui, il est difficile d'avoir des nouvelles du Monde au large des Caraïbes, et puis, après avoir percé son dernier tonneau de Rhum, le boss a certainement oublié ce qu'il avait entendu. Contre vents et marées, toutes voiles dehors, tricorne enfoncé sur le crâne, le pirate poursuit donc la route tracée sur son Livre de Bord il y a déjà quinze ans, en 1976, alors que son gang se nommait encore Granite Heart... C'est évidemment du Running Wild pur jus qu'on peut entendre sur cette galette. Et tant mieux !

L'intro, une harmonie ThinLizzienne, classique mais superbe, nous met en jambes avant que le morceau éponyme nous asphyxie littéralement. On navigue en terre connue, certes, mais quel niveau, quelle aisance, quel bonheur... Ça me surprend toujours. Ce premier morceau est la quintessence absolue de ce dont est capable Running Wild, et quand, entre deux riffs assassins, le patron nous garantit " No one will force us to our knees", on y croit dur comme fer et on en est prêt à en découdre, à sauter sur le rafiot d'en face et à vendre sa vie pour quelques écus et le sentiment d'être Libres !

L'autre missile de cet opus est le single "Little Big Horn", irrésistiblement entraînant, narrant bien évidemment la fameuse bataille de Juin 1876 entre la Cavalerie de l'armée américaine et une coalition d'Indiens Sioux et Cheyennes, qui tourna contre toute attente au massacre des soldats du Lieutenant Custer. Les pirates de Hambourg, craignant peut-être de lasser leurs fans avec le thème de la Flibuste, élargissent en effet les horizons de ce nouvel opus à plusieurs domaines, la culture amérindienne donc, mais également la Guerre des Roses (Bloody Red Rose) ou la vie en tournée (Rolling Wheels). Le leitmotiv récurrent à Running Wild, à savoir les injustices de ce triste monde qui perdurent malgré les soi-disant avancées de notre société revient évidemment très souvent pour notre plus grand plaisir (Blazon Stone, Lonewolf, Slavery et j'en passe).

La suite est logique pour peu qu'on connaisse un peu nos teutons, chaloupant entre mid-tempi énergiques (Lonewolf), morceaux speed (Bloody Red Rose), cavalcades endiablées (White Masque), hymnes à la Defenders (Heads Or Tails) sans oublier un petit instrumental très agréable (Over The Rainbow) basé sur une ligne de basse alambiquée du fidèle lieutenant Becker. C'est du très bon, voire de l'excellent Heavy mélodique, mais en étant bien difficile, lorsque la marée redescend, on peut commencer à sentir une légère pointe de lassitude. Certes, il n'y a rien à jeter (Straight To Hell est la composition la plus moyenne), Rock N' Rolf évitant en capitaine chevronné les récifs et écueils qui rendent pourtant la navigation difficile dans ce style particulier, mais la messe a été dite sur "Port Royal". On ne fait donc que profiter du vent pour se faire plaisir un peu plus longtemps, hurlant sur le gaillard d'avant notre jouissance primale aux requins qui suivent le vaisseau. Et c'est une raison amplement suffisante pour posséder ce disque à l'heure où certains imaginent que Alestorm a inventé le Pirate Metal.

Quant à ce tricorne que je faillis acheter dans une boutique d'Odéon en revenant de vacances, c'est une autre histoire... Il ne faut pas lier un navire à une seule ancre, ni une vie à un seul espoir !
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1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Hissez le pavillon!, 23 décembre 2008
Par 
orion (Vinland) - Voir tous mes commentaires
(TOP 100 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blazon Stone (CD)
La cuvée 1991 de nos pirates préférés. Les permanentes sont toutes fraiches mais ne vous fiez pas aux apparences, le contenu de l'album est en béton armé.
Passons donc cette faute de goût au niveau du look des musiciens et entrons dans le vif du sujet, à savoir le premier titre "blazon stone" avec son intro typiquement Running wildienne et sa batterie qui claque comme des coups de canons avant un abordage. Vient ensuite "Lonewolf", tout aussi efficace puis "slavery", titre à reprendre tous en coeur (une grande habitude du groupe). Quant à "Little big horn", ce titre nous emmène du côté du far-west avec son gimmick western (c'est le cas aussi de "billy the kid", titre bonus de l'album). "Rolling wheels" fait office de rouleau compresseur et "straight to hell", titre très speed, achève les derniers rescapés de l'abordage.
Riffs lumineux, refrains-hymnes imparables, tout le savoir-faire du groupe est encore bien représenté dans cet album. Laissez-vous embarquer!
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Aucun internaute (sur 3) n'a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 Sacré album mousaillon !!, 28 août 2011
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blazon Stone (CD)
Quel plaisir de réecouter cet album encore meilleur je trouve lol comme le bon vin après quelques années

A consommer sans modération !!

Vince
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Blazon Stone
Blazon Stone de Running Wild (CD - 2006)
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