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Dès ses jeunes années, (30 ans) Martha Argerich confiait au disque une sonate en si mineur marquante. Pour les besoins d'un article paru dans un Blog musical le jour du bicentenaire de Liszt, j'ai réécouté son disque en parallèle de la version de Krystian Zimerman, une confrontation au sommet, on s'en doute...

Cette sonate, dont la structure tourne le dos à la forme classique, puise sa thématique dans le mythe de Faust qui inspira tant les poètes et compositeur du Romantisme.

Dans l'introduction, les accords isolés, hésitants et sombres évoquent la tristesse et les regrets qui gagnent le vieux Faust. Martha Argerich fait exploser les premiers thèmes. Faust se débat, songe au suicide. Il maudit la « nature cruelle » que chante le Faust de Berlioz. Le noble thème du refus de la fatalité se déploie sous les doigts de Martha. Il s'oppose à la résignation, idée présente lors de la reprise de motifs introductifs. La musique s'écoule, les trilles se fracassent contre les accords. Seul un musicologue ou le pianiste peut se confronter avec l'analyse d'une telle œuvre. Concentrons-nous sur ce jeu de séduction entre les notes. Martha fait le choix de s'approprier les personnages à travers la partition. Loin de subir la technique pianistique diabolique, elle affronte les mesures pour mettre en scène les personnages. Dans toute son interprétation, la musique se fait théâtre. Là où les poètes comme Goethe apposaient des mots, Martha Argerich entrechoque les sentiments, les interrogations des personnages. Faust, Marguerite et le vil Méphistophélès deviennent des héros sonores qui s'agitent, espèrent ou crient. Martha Argerich jouent sur le temps, le mouvement alors que Krystian Zimerman choisira la mise en avant des évènements. Il se fera narrateur.

Dans l'andante, les mains caressent les touches, Marguerite s'interroge, douce, sensuelle mais avec pudeur, un peu timide. Les notes s'égrènent, pensives. Les arpèges se font tour à tour violents et doux pour évoquer les avances de Faust (nouveau leitmotiv du début) et les doutes de Marguerite. Le tempérament impétueux de la pianiste se métamorphose en féminité volcanique quand Faust comprend qu'il a tout perdu, en chatoiement lors de la libération de Marguerite.

L'histoire de Faust connaît diverses conclusions suivant les auteurs quant au destin paradisiaque ou infernal des personnages. Martha les accompagne dans leurs affres à travers une danse diabolique plutôt legato. Un legato qui transporte le jeu du piano vers un monde quasi symphonique sans perdre cependant une belle clarté dans le discours.

Le disque de Martha Argerich continue avec une dansante et débonnaire Rhapsodie N° 6 de Liszt. La sonate de Schumann N° 2 et deux Rhapsodies Opus 79 de Brahms vaillantes et racées prolongent merveilleusement et dans un registre moins dramatique la Sonate de Liszt.
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L'enregistrement de la sonate de Liszt par Martha Argerich date de juin 1971. Il a été réalisé à Munich. La pianiste venait d'avoir trente ans (elle est née, s'il est permis de le rappeler, le 5 juin 1941).

Ce qui frappe le plus, quarante ans après, plus encore que le fort tempérament, la maîtrise ou la « musicalité » de l'interprète (quoi qu'on puisse entendre par là), c'est la manière dont le jeu intuitif de la pianiste, beaucoup moins spectaculaire qu'on ne pourrait s'y attendre, fusionne tous les épisodes en un tout sans coutures ni raccords. Qui songerait encore à distinguer des mouvements enchaînés ? La sonate est devenue l'expression d'un courant de conscience où les idées s'appellent et se répondent par libre association. Rarement l'oeuvre aura paru aussi concise, accessible mais non édulcorée. Comme une improvisation.

S'il y a encore plus de démonisme avec Horowitz dans son premier enregistrement, plus de puissance et de souffle épique chez Simon Barère ou Krystian Zimerman, plus de capacité à restituer la filiation beethovévienne avec Arrau, avec Argerich la beauté svelte de l'oeuvre apparaît en pleine lumière. Moins encensé que d'autres, Geza Anda me paraît aujourd'hui comme une synthèse remarquablement aboutie de tous ces élémentsSonate pour piano.

Fièrement idiomatique, la 6e rhapsodie hongroise se passe de longs commentaires.

La seconde sonate de Schumann culmine avec un mouvement lent nocturne, rêveur et délicat à souhait, Lied sans paroles où la plus haute poésie apparaît en filigrane.

Parmi les meilleurs moments de ce disque, les deux généreuses rhapsodies de l'op. 79 de Brahms semblent là pour nous faire plus amèrement regretter que la pianiste n'ait pas davantage enregistré la musique pour piano de ce compositeur (rêvons un peu : la sonate n°3 op. 5, qui semble faite pour elle, ou le 1er concerto).
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