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5.0 étoiles sur 5 LE `CONCERTO' FRANCAIS DU XVIII° : SPLENDEURS ET AMBIGUITES, 20 avril 2011
Par 
Gérard BEGNI (Toulouse, France) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
CES CONCERTI EN SONT-ILS ? MAIS DANS LE FOND, QUE NOUS IMPORTE-T-IL ?

Durant la première moitié du XVIII° Siècle, le terme `Concerto' reste ambigu. Certes, les aeuvres de Vivaldi, par exemple, ou les concertos pour violon de Bach fixent le genre tripartite et le rôle du soliste que l'on retrouvera jusqu'à l'orée du XXI° Siècle et posent les questions formelles sous-jacentes (ex au XX° Siècle : les 3 concertos de piano et celui de violon de Bartók, concerto pour violon de Schoenberg, la plupart de ceux de Jolivet le concerto pour violon de Carter), les aeuvres `déviantes' sur la forme restent fidèles au genre sur le fond (Liszt, 4° de Saint-Saëns, Schoenberg/piano, Berg, Ravel/main gauche, Chostakovitch, Dutilleux, Ligeti ...). Un Beethoven, qui révolutionnera le quatuor à cordes et la sonate pour piano, restera prudent dans le domaine du concerto (l'innovation du 4° Concerto de piano - la courte intervention de soliste au début - existait déjà dans le K. 271 de Mozart). Ce qu'ila apporté, c'est la dimension symphonique et l'étrangeté quasi improvisée des mouvements centraux du 4° Concerto de piano et du concerto de violon - similaire à celle de la sonate pour piano op. 57, la `Waldstein').

Mais même chez Bach, on peut traduire `concertos brandebourgeois' ou `concerts brandebourgeois'. Cette ambiguïté (inhérente à la langue allemande) entre `Concert' et `Concerto' existe dans la musique française. Si par exemple les splendides Concertos pour violon de Leclair sont clairement dans la tradition évoquée, beaucoup d'aeuvres - dont celles enregistrées sur ce disque - souffrent de cette ambiguïté syntaxique... et stylistique. Naturellement, cette ambiguïté - qu'elle soit le fait de la volonté de l'auteur qui a le recul de l'histoire ou liée au fait que le genre était en gestation - n'est pas a priori un `défaut' mais au contraire peut conduire à des aeuvres singulières qui empruntent avec originalité et cohérence. Ceci est particulièrement vrai en France, où la sonate, la cantate (à l'italienne) et le Concerto sont importées d'Italie et secondairement d'Allemagne, (alors que le `concert' est un genre français - et anglais) et où la bataille entre nationalistes et partisans des `goûts réunis' - avec Couperin en porte-étendard faisait rage (ce combat portait aussi sur d'autres plans, comme l'art du chant, ou viole de gambe contre violoncelle). Ce disque réunit de très intéressants exemples.

PETITS MAITRES ET GRANDE MUSIQUE.

Ce disque révèle également un point que j'ai déjà souligné à propos d'un des auteurs enregistrés ici : l'intérêt des `petits maîtres' (Six sonatas for flute and harpsichord, Op.91 (Boismortier)). Ils n'atteignent certes pas le génie des `grands', mais ce sont très souvent des compositeurs accomplis dont les aeuvres peuvent nous fournir de grands plaisirs. Et par ailleurs, ils posent une question générique : l'art d'une époque se résume-t-il à celui de quelques génies supposés avoir créé un style `ex nihilo', ou existe-t-il un style typique d'où émergent ces génies ? Il n'y a évidemment pas de réponse générique, mais le seul fait de se poser la question prouve qu'il y a un intérêt certain à écouter ces `petits maîtres'. Ce disque contient des aeuvres excellentes, d'une grande inventivité mélodique et formelle, dont il serait dommage de se priver. D'un certain point de vue, même l'aeuvre qui suscite de ma part de fortes réserves (Corrette) traduit une certaine tendance artistique regrettable, mais qu'il faut connaître pour comprendre les `goûts' (bons et mauvais) de l'époque.

Pierre-Gabriel BUFFARDIN (1690 - 1768)

Ce compositeur mérite plus que le sort d'illustre inconnu qui lui est réservé. Le `vrai' concerto présenté ici, de type vivaldien, ne manque ni d'intérêt ni de charme. Dans le premier mouvement, les tutti sont vigoureux, relativement originaux et forment un harmonieux contraste avec les solos de flûte, charmants, souvent subtilement accompagnés par l'orchestre. Par courts instants, il faut bien l'avouer, le compositeur cède à la `formule toute faite' (gammes, arpèges), mais jamais au point de lasser ou traduire un vide de la pensée... et certaines aeuvres fort appréciées de Haendel, per exemple, en sont pleines ! Le mouvement lent est une longue mélodie pour flûte, que l'on dirait d'une seule coulée, dans un style typique du milieu du XVIII° siècle français mais en même temps originale voire complexe. Elle est accompagnée de bout en bout par les cordes pizzicato, et parfois doublée par une partie des cordes arco. Le dernier mouvement débute - comme le premier - par un tutti d'une belle énergie. Les solos de flûte conservent ce style, de sorte que finalement le mouvement semble plus homogène que le premier (mais c'est aussi la loi du genre).Les gammes et arpèges `passent' plus facilement dans ce style énergique. Mais incontestablement, le mouvement lent est le joyau de ce concerto ; les mouvements extrêmes sont son écrin.

On réalise à l'écoute combien le grand talent des interprètes permet de mettre en évidence à la fois tel ou tel détail qui serait inaperçu, et la structure d'ensemble. La partition est à la fois fouillée et maîtrisée. Ceci est finalement un compliment tant pour le compositeur que pour les interprètes.
Il faut croire que Buffardin est condamné à l'anonymat, car dans le catalogue Amazon, à part le présent disque, on trouve uniquement - attention à l'erreur ! - des aeuvres d'autres compositeurs interprétés par des flutistes ayant judicieusement décidé de se nommer `les buffardins'.

Joseph BODIN de BOISMORTIER (1689 - 1755)

J'ai dit à propos des sonates pour flûte et clavecin op. 91 (l'aeuvre ... la moins méconnue de ce compositeur) tout le bien que je pensais de lui (Six sonatas for flute and harpsichord, Op.91 (Boismortier)). Ce n'est pas ce concerto (pour violoncelle) op. 26 n°6 qui me fera changer d'avis. Il s'agit bien d'un concerto, mais à la différence du précédent (et de la plupart des concertos vivaldiens, voire d'époque bien ultérieures - Chopin, Rachmaninov), il ne s'agit pas d'une alternance de tutti et de long solos très légèrement accompagnés. Peut-être l'homogénéité des cordes joue-t-elle, mais on a le sentiment d'un concerto très équilibré, d'une écriture très resserrée entre soliste et orchestre. Si l'on cherche des influences étangères, ce concerto est plus d'esprit germanique qu'italien - mais beaucoup d'oeuvres françaises sont conçues dans cet esprit. On s'en étonne vu l'image superficielle que l'on se fait du compositeur et plus généralement de la musique française à cette époque (hors quelques génies considérés comme surannés, type Rameau). A cette qualité de l'écriture concertante répond une égale qualité de la musique, tout simplement. C'est un petit chef d'aeuvre que nous avons ici - petit parce que ne durant que 6' 20.

Michel CORRETTE (1709-1795).

Je connais ce compositeur depuis longtemps et sincèrement je ne le porte pas en très haute estime. Il est essentiellement connu pour ses 25 `concertos comiques' qui ne m'ont jamais fait sourire (je sais, le nom vient du fait qu'ils servaient d'intermèdes à la Comédie Française). Pire, ils ont éclipsé ses aeuvres `non comiques', de valeur - pour le peu que j'en connais (aeuvres pur orgue, par exemple).

Le premier mouvement du concerto part des célèbres `Sauvages' des Indes Galantes de rameau - musique de qualité s'il en fut. Le début, très carré d'écriture, est fidèle. En revanche, là où Rameau nous entraîne dans ses somptueuses modulations fulgurantes et accords altérés dont il a le secret, Corrette nous sert des traits de virtuosité violonistiques assez creux - un peu comme le Liszt des pires paraphrases, mais Liszt savait introduire des originalités harmoniques, rythmiques, ou d'écriture que l'on chercherait en vain ici.

Le second mouvement - clavecin avec cordes pizzicati et doublement occasionnel du `dessus' par la flûte déroule mécaniquement une musique sans le moindre intérêt mélodique, harmonique, ou rythmique. C'est le degré zéro de l'imagination. Il faudra attendre Ligeti et les minimalistes américains pour écrire quelque chose d'intérêt dans cet esprit (on aime ou on n'aime pas, that is another question). Dit (un peu plus) méchamment : ce sont les Variations Diabelli sans les variations de Beethoven - et encore je préfère le thème de Diabelli. Ironiquement, ce mouvement s'intitule `Quand on sait aime et plaire'. En ce qui me concerne, ce n'est ni l'un ni l'autre.

Le troisième mouvement est comme le premier : démarrage très `à la Rameau', puis perte rapide d'intérêt dans la banalité (qui - probablement par hasard - évoque ponctuellement la formule désolante du second mouvement).

Cette analyse peut paraître sévère, mais cette appropriation de la musique du grand Rameau dans laquelle le génie harmonique est châtré au profit d'une agitation violonistique sans le moindre intérêt ni originalité est extrêmement frustrante. Du point de vue du genre `concerto', nous sommes également en présence d'une pensée très pauvre : le violon surgit pour remplacer un développement génial par des traits d'une désolante banalité, puis revient dans l'anonymat. Il y a certes dans le baroque français (comme dans la musique de tout pays et toute époque) des aeuvres simplettes mais charmantes et bien faites pour lesquelles nous pouvons avoir de l'affection (exemple de cette époque: les noëls pour orgue de d'Aquin, que j'ai toujours eu plaisir à jouer - mais aussi certaine pièces que Couperin et rameau introduisaient dans leurs `ordres' et livres pour clavecin pour marquer une détente). Mais elles ont usuellement une cohérence stylistique interne et ne consistent pas à défigurer des aeuvres des grands génies.

QUENTIN le JEUNE (1709-1795).

Deux aeuvres sont présentées, selon moi de grande qualité.

La première est une sonate à quatre, en quatre parties. Le premier, deuxième, et quatrième mouvement, ont quelques caractères du concerto, notamment la claire mise en valeur du `dessus' et le plan d'ensemble, Pour autant, l'écriture est nettement plus resserrée que celle d'un concerto, et le compositeur n'exige pas du violon une virtuosité particulière. Disons plutôt que cette sonate met en valeur le `dessus' par une écriture de type antiphonale avec les autres parties. Le quatrième mouvement tend un peu plus vers l'écriture concertante, mais dans un passage c'est la violoncelle qui devient l'instrument concertant, et la ritournelle présente un caractère plus agité aux parties `d'accompagnement' qu'à la partie soliste. C'est le troisième mouvement - de loin le plus long - qui est le plus extraordinaire. Comme le choral dans certaines variations et partitas allemandes, une très longue phrase passe aux diverses voix avant d'être variée vers la fin. Mais (classiquement) cette longue phrase est composée de séquences, qui semblent être des variations les unes des autres, elles-mêmes composée de cellules, qui semblent également être des variations les unes des autres (en prenant beaucoup de recul, on pense à Webern...). On a donc en fait trois niveaux de variations qui interfèrent de sorte que l'on ne peut plus dire quoi est la variation de quoi - la réalité étant que plusieurs réponses restent possibles selon le niveau auquel on s'intéresse. Cette définition de la forme par emboîtements successifs est très moderne. C'est la technique fondamentale de Bartók avec la section d`or, et de nous jours de Ferneyhough). Le tout paraît très naturel (la première variation où la mélodie plonge vers le grave et est contrepointée par une volubile arabesque de premier violon me fait irrésistiblement penser à la première variation du `Kaiserquartett' de Haydn). Cette aeuvre est séduisante par le naturel de ses savantes ambiguïtés. Voilà un compositeur méconnu qui maîtrisait fort bien son métier !

La deuxième est un concerto en quatre mouvements - selon moi tout à fait remarquable par sa diversité dans l'unité. Il est des mouvements où le soliste se tait - ou du moins n'est pas mis en vedette - et d'autres où il est aussi éclatant que dans un concerto de Vivaldi ou de Leclair. Ce type d'alternance dans l'écriture concertante se trouve parfois chez Corelli, et jusque dans l'op. 6 d'Haendel. Le premier mouvement, sans caractère concertant, a tout le côté poignant d'un tombeau ou d'une lamentation en style typiquement français (l'interprétation, avec ses notes filées aux cordes et son clavecin de continuo en premier plan, est somptueuse). C'est peut-être le plus beau mouvement de tout le disque. Le nécessaire contraste est apporté par un mouvement rapide, de caractère concertant à l'italienne, mais où le style relève des `goûts réunis'. Le premier tutti est riche thématiquement, le premier solo le développe thématiquement, puis le dialogue tutti/soliste est très serré, jusqu'à la cadence finale, virtuose à souhait mais sans exhibitionnisme ni longueurs et un ultime `tutti' très développé. Le troisième mouvement est une très longue mélodie du soliste au dessus d'une courte figure obstinée. L'ensemble est parfait : on ne saurait dire si c'est la marche de la basse qui conditionne la mélodie ou l'inverse. Le finale, d'une construction simple mais rigoureuse, apporte l'animation attendue tout en gardant un style `français' dont l'expression reste mesurée. L'ensemble résout parfaitement le `challenge' redoutable d'unité dans la diversité en cohérence avec l'extraordinaire premier mouvement. J'insiste. Quentin le Jeune - ici comme dans le troisième mouvement de la sonate discutée ci-dessus, apparaît comme un architecte hors de pair. Ce concerto est composé selon le plan de type italien avec un premier mouvement ajouté, rappelant les `tombeaux' français. Cela aurait pu composer un tout complètement hétérogène. Or, tout au contraire, l'ensemble donne le sentiment d'une progression parfaitement maîtrisée de l'ombre vers la lumière. Le plan lent/vif/lent/vif en est évidemment la condition principale, et peut être considéré comme une rareté (je sais : le mythe du plan de la sonate et du concerto da chiesa....... Mais regardez le modèle universellement adopté à l'époque : les concerti op. 6 de Corelli : six `da camera' et six' da chiesa' - et parmi ceux-ci, composés souvent en mosaïque, AUCUN ne suit ledit plan `standard'). Un point extrêmement subtil dans cette progression est l'utilisation du soliste : indiscernable dans le premier mouvement, puis de plus en plus brillant. Il y a certes une écriture similaire dans les concerti grossi de Haendel op. 6 (certains n'utilisent jamais de solistes et ne semblent là que pour compléter le recueil...) mais les raisons qui guident Haendel sont tout autres.

Ces deux aeuvres montrent donc chez Quentin le Jeune un génie architectural singulier. Il est inexplicable que ce compositeur soit si peu connu, alors que d'autres plus médiocres tiennent de l devant de la scène. Et le Concerto est son op. 12 n°1... Messieurs les interprètes et éditeurs, le reste, vite, il y urgence !!!

Michel BLAVET (1706 - 1769)

Blavet avait une réputation de flûtiste virtuose. Le concerto à 4 enregistré ici, de plan typiquement italien, est très beau mais il y a probablement moins à en dire. Le premier mouvement commence classiquement par un tutti, thématiquement très riche, adroitement varié par le premier solo (On a l'impression que, dans ce premier tutti, un soliste secondaire fantôme émerge, mais peut-être est-ce un effet - remarquable - de la direction d'orchestre) Le dialogue entre soliste et orchestre devient de plus en plus serré au fur et à mesure de la progression du mouvement (en grande partie grâce à cette richesse thématique). La traditionnelle cadence a le bon goût de n'être ni trop longue, ni exhibitionniste et la récapitulation de l'ensemble du matériel thématique donne au mouvement un sentiment de plénitude. Le mouvement central remplace le traditionnel solo discrètement accompagné par une écriture clairement antiphonale entre soliste et orchestre, et ce de deux façons (a) par effets d'écho, si prisés (au moins depuis Sweelinck) avec de discrets changements permettant la marche harmonique et (b) en beaucoup plus original, le tronçonnement d'une phrase en deux par l'orchestration, la première partie étant confiée au soliste et la seconde à l'orchestre ou vice-versa. Le mouvement est bien dimensionné : ni trop long pour sue cet effet ne devienne lassant (particulièrement l'effet d'écho, reproche souvent adressé à certaines musique d'orgue), ni trop court pour que le musicien puisse aller au bout de son initiative. Le finale, de coupe très classique, présente au moins deux particularités : (a) l'articulation à micro-échelle du tutti initial par des `rallantendi' marqués repris ensuite pour l'articulation de la forme à moyenne échelle et (2) le même resserrement de u dialogue entre soliste et orchestre que dans le premier mouvement, en laissant toutefois à la flûte plus d'espace pour d'épanouir - ce qui est logique pour un finale. Comme dansle premier mouvement, la cadence est parfaitement adaptée.
Nous avons donc ici un concerto d'une réelle beauté, d'une belle inventivité formelle à l'intérieur des cadres établis et d'une cohérence d'ensemble convaincante, ce qui n'est pas toujours le cas des concerti italiens (Albinoni mis à part), qui privilégient d'autres aspects, de l'écriture, souvent plus extérieurs.

L'INTERPRETATION

L'interprétation est remarquable de bout en bout. Elle met en évidence sans effet artificiel toutes les subtilités que j'ai relevées. Elle pèse sur une balance d'homéopathe les `goûts réunis' français et italien (avec une pointe de germanisme). Il est prodigieux et tellement réjouissant qu'à l'ombre sévère des tours de la cathédrale de Cologne des musiciens soient sensibles comme un sismomètre de précision aux moindres détails d'écriture et de sensibilité de ces `petits maîtres' qui - à l'exception signalée - ont écrit là des chefs d'aeuvre. On aura compris que pour moi les sommets sont l'aeuvre de Boismortier el le concerto de Quentin le Jeune.

Dans une discothèque bien fournie des `grands' du baroque français, ce disque a certainement toute sa place. Je lui accorde les cinq étoiles en dépit d'une aeuvre manifestement plus faible que les autres, mais que les interprètes ont servi avec probité.
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7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une splendide anthologie consacrée aux derniers feux du Concerto baroque français, 23 mai 2007
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
Avec les instruments d'époque de son ensemble « Musica Antiqua » qu'il avait fondé à Cologne dix ans auparavant en 1973, Reinhard Goebel enregistra cet album qui reste à ma connaissance la plus belle anthologie consacrée au Concerto baroque français, dont on sait qu'il résista opiniâtrement à l'influence italienne malgré les voeux de « réunion des goûts » qu'avait formés François Couperin.

La plupart des contributions au genre furent d'abord écrites comme musique d'entracte pour l'exécution des motets au Concert Spirituel, puis des représentations de la Comédie française (d'où l'appellation de "Concerto comique" de Corrette, qui exploite ici dans le n°25 le célèbre « air des Sauvages » qu'utilise Rameau dans ses "Indes Galantes").

Le splendide "Concerto à 5" de Buffardin met en valeur la virtuosité éblouissante de Wilbert Hazelzet à la flûte traversière.

Les autres oeuvres révèlent la rigueur stylistique des archets réunis autour du violon de Goebel dans des pièces qui, outre une vélocité sans faille, nécessitent un goût très sûr pour servir les ultimes vestiges de ce "Grand Siècle" qui privilégiait la noblesse du ton et l'élégance des formes.
Elles sont ici animées par une sensibilité qui vibre déjà d'une émotion préromantique, comme l'illustre le sentiment élégiaque du sublime adagio du Concerto opus 12 de Quentin le Jeune.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Très beau florilège, 22 avril 2012
Par 
Henrard "ivan henrard" (france) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
Je n'aurais pas la prétention de commenter aussi bien ce disque que les deux commentaires précédents.

J'y apporterai juste mon impression de mélomane amateur et amoureux du baroque.

Un enregistrement de Reinhard Goebel, c'est un gage de qualité. Qui plus est avec ses comparses du Musiqua Antiqua Koln, ce superbe ensemble qui nous a fait découvrir avec bonheur les "petits maîtres" de l'Europe centrale du siècle des lumières.

Mais un disque de Goebel consacré au baroque français, voila qui est plus rare et qui peut attiser la curiosité.

D'autant que les cinq compositeurs qui sont portés ici au disque sont peu voir pas connu du tout.

Pierre Gabriel Buffardin livre un superbe concerto à 5 qui puise son inspiration dans le concerto vivaldien, à n'en point douter.

Joseph Bodin De Boismortier, qui fut un prolifique compositeur et un mélodiste géniale, nous offre ici un concerto remarquable qui tend vers des intonations plus clacissisantes.

Je passerai sur Michel Corrette qui est un peu plus léger et qui reprend comme souvent des airs d'autres compositeurs dont il adapte des variations, ici les fameux "sauvages" des indes galantes de Rameau.

Jena Baptiste Quentin, mort très jeune et c'est bien dommage, livre une sonate et un concerto pour violon du niveau d'un Jean Marie Leclair.

Enfin Michel Blavet et son concerto à quatre parties indique le caractère virtuose de flutiste du compositeur.

Ces cinq compositeurs sont heureusement sortis de l'oubli et se dégage de ces oeuvres une atmosphère radieuse et mélancolique à la fois, à l'image du tableau de Fragonard qui orne la jolie pochette du CD.

Les interprètes sont commme presque toujours irréprochables, la prise de son impeccable.

C'est avec un rel plaisir et une écoute sans ennui que l'on se délecte de ces mélodies suaves et élégantes, alliant la danse française et la virtuosité italienne, les fameux "gouts réunis" dont Couperin s'était fait le précurseur une génération plus tôt.

Vous complèterez ce créneau avec les concertos de Jean Maris Leclair Leclair - Concertos pour violon ou les sonates de Mondonville Six Sonatas & Symphony et vous aurez ainsi une vision de l'apport français au concerto au XVIII eme siècle.

Pour ma part j'adore.
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5.0 étoiles sur 5 Une bonne compilation., 17 juin 2013
Par 
Gerard Muller "médicactus" (Nouvelle Caledonie) - Voir tous mes commentaires
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
Concertos baroques français/Musica Antiqua Köln/Reinhard Goebel
C’est à Joseph Bodin de Boismortier, né à Thionville en 1689 et mort à Roissy en 1755, que revient le mérite d’avoir promu le concerto au goût italien à la Torelli et Vivaldi, et ce dès 1727. Son concertoN°6 opus 26 en atteste par son engouement et sa jovialité.
Comme Boismortier, Michel Corette, né à Rouen en 1707 et mort à Paris en 1795, fut un promoteur du goût italien. Son concerto comique N° 25 reprend initialement l’Air des Sauvages de Rameau avec des variations jouées avec brio par le violon.
Pierre Gabriel Buffardin est né en 1690 à Marseille et mort à Paris en 1768. Compositeur il fut aussi un virtuose flûtiste. Il composa ce plaisant et techniquement difficile concerto à 5 à l’intention de son brillant élève Johann Quantz.
Michel Blavet, né en 1700 à Besançon et mort à Paris en 1768, fut le plus grand flûtiste de la première moitié du XVIII é siècle. Il jouait également du basson. Son concerto à 4 nous est proposé ici. Il est le seul qui soit parvenu jusqu’à nous sur l’ensemble de son œuvre concertante. Ami de Quantz, il fréquenta aussi Telemann qui eut une certaine influence sur lui.
Jean Baptiste Quentin le Jeune est né en 1718 et mort en 1750. Le concerto N°1 opus 12 est marqué par une grande virtuosité au violon. La sonate à 4 parties est très vivaldienne.
Cinq compositeurs qui ont illuminé l’art baroque dans la France du XVIIIé siècle.
Reinhard Goebel dans sa très grande maîtrise nous offre ici un beau récital très plaisant à écouter avec son ensemble Musica Antiqua Köln.
A recommander à tous les amateurs de musique baroque.
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5.0 étoiles sur 5 Des concertos déconcertants, 21 octobre 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
Comme il est expliqué dans le livret, le concerto est loin d'être une spécialité du baroque français. Les pièces connues du genre ne dépassent pas la vingtaine, on en fait quasi le tour avec ce CD. Le concerto est italien, et la France n'apprécie guère ces débordements d'affects et d'effets divers.
Les quelques auteurs qui l'ont abordé ont dû acclimater la forme, au point de la rendre méconnaissable. Loin du modèle vivaldien, le concerto français n'alterne pas mouvements rapides et lents. Comme tout le baroque français, les mouvements sont tirés de danses : rondeaux, menuets, etc. L'orchestration parfois très simple fait hésiter au point que l'une des œuvres est présentée comme une sonate, bien qu'ayant des caractères très concertants.
Enfin, les auteurs rassemblés ici ne sont pas restés dans l'histoire au même titre que Lully, Charpentier, Couperin et autre Rameau, même si des airs des Indes galantes de ce derniers sont repris sans vergogne (à l'époque il n'y avait pas la SACEM, et de toutes façons c'était une façon de rendre hommage à un confrère).
Voici donc une facette peu connue et rare de l'histoire de la musique française, très loin des sentiers battus à bien des égards. A découvrir
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1 internaute sur 2 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5 LE PLAISIR GALANT, 2 juillet 2012
Par 
BAGRATION "MOLTO LENTE" (FRANCE) - Voir tous mes commentaires
(COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Concertos baroques français : Blavet, Boismortier, Buffardin, Corrette, Quentin (CD)
Fragonard, le Rococo et une période lumineuse, brillante dédiée aux Plaisirs...Sorte de Pause luxuriante avant la GrandeHoule..L'Eté et ses jouissances...Magnifique d'allant et de beauté...
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