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6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Rêve éveillé, 21 février 2009
Par 
Mélomaniac (France) - Voir tous mes commentaires
(#1 CRITIQUE au Tableau d'HONNEUR)    (TOP 10 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Variations Goldberg (CD)
La notice signée de Dennis Collins contrecarre la fallacieuse légende selon laquelle cette musique proviendrait d'une commande de l'insomniaque Comte Kaiserling qui aurait voulu que son claveciniste Johann Gottlieb Goldberg la lui joue pendant des nuits privées de sommeil.

Nulle envie de s'assoupir en écoutant l'interprétation de Pierre Hantaï, dont le livret nous apprend que cette oeuvre « ne quitta pas son chevet » pendant les années qui précédèrent l'enregistrement de juin 1992.
Dans des propos recueillis par le magazine Diapason (n°558 p.35), Hantaï relatait que ses premières leçons auprès de Gustav Leonhardt évoquaient « la question de l'intensité du jeu éveillé qui capte l'attention par sa variété et sa qualité de diction » : toutes vertus qui s'illustrent ici par des phrasés aussi transparents que fluides et sensibles, comme suivant une infaillible inspiration recueillie à la source même de la pensée du Cantor.

La pénétrante conduite des lignes polyphoniques montre son autorité dès la première Variation, clarifie le contrepoint des Canons, éblouit par sa maîtrise des pages virtuoses (l'impeccable vélocité de la n°6, les fringants rythmes pointés de l'Ouverture à la française, les trilles obsédants de la n°28 !) mais sait aussi s'attendrir dans les espaces élégiaques (dont les sublimes n°21 et 25) sans rompre le fil structurel.
L'idée chemine, infragmentable, subsumée à l'intelligence de l'architecture globale ; le moindre ornement, chaque voix se montre partie au service du tout.

Tout au long de ce labyrinthe où l'agrément s'habite de la plus haute spéculation conçue par le dernier Bach, le magnifique clavecin ici entendu (un modèle construit par Bruce Kennedy d'après un original berlinois de c1702) tient l'oreille en haleine par son homogénéité, sa limpidité, sa luminosité prodigieuses.

Sans ignorer les éminentes versions précédemment gravées par Ralph Kirkpatrick, Gustav Leonhardt, Bob van Asperen, Scott Ross ou Lars Ulrik Mortensen, je considère le présent disque comme l'incarnation d'un modèle absolu.
Je sais aussi que Hantaï a réenregistré les Goldberg pour le label Mirare. Oserais-je avouer que je n'ai osé les écouter de crainte d'être comparativement déçu ?
Mais n'imitez pas mon idiote superstition, car j'ai ouï dire que cette nouvelle mouture pourrait bien disputer à l'ancienne le sommet de l'excellence. Pourrait-elle lui ravir la palme ? Nul besoin d'y croire tant les plus beaux rêves demeurent imperméables aux autres.
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Variations Goldberg
Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach (CD - 1999)
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