4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Nice jazz, 24 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Nice Guys (CD)
Le premier morceau, « Ja », donne le ton sans ambigüité : après une longue introduction minimaliste, d'une mélancolie recueillie, les cinq nice guys de l'Art Ensemble of Chicago laissent éclater un groove réjouissant aux couleurs de Jamaïque, saupoudré de couplets chantés complètement délirants...
Une nouvelle preuve de la diversité du catalogue ECM, que beaucoup ont voulu réduire à un sanctuaire sonore pour productions excessivement éthérées...
Preuve aussi que les joyeux drilles de l'AEC n'ont rien perdu de leur verve, de leur humour et de leur inspiration collective pour cet album (enregistré en mai 1978).
Toujours à la barre, le trompettiste Lester Bowie, les saxophonistes Joseph Jarman et Roscoe Mitchell, le contrebassiste Malachi Favors et le batteur Don Moye, font preuve comme toujours d'une vaste polyvalence et tâtent également de clarinettes, flutes et diverses percussions...
Pour un résultat sonore assurément déjanté et fier de l'être !
Le morceau-titre offre 1'45 de plaisir intense avec son clin d'oeil à l'institution du swing, alors que des plages plus allongées offrent à l'auditeur de vastes déliriums tremens musicaux :
« Folkus » notamment, une composition de Don Moye extrêmement progressive, contenant des traces lunaires de marimba, et dans laquelle les instruments à vent sont réduits à des apparitions fantomatiques. Difficile de rester insensible à cette musique si on se laisse imprégner complètement...
On peut encore déguster « 597-59 », fresque sonore endiablée, taraudée par des désirs brûlants de liberté, ou « Cyp », confrontation décharnée de multiples chants instrumentaux.
Le disque s'achève sur un dernier bijou, « Dreaming of the master » (une composition de Joseph Jarman), qui commence comme un hommage bleuté à Miles Davis puis se métamorphose en un bouillonnement incandescent.
Un album varié et captivant, idéale introduction à la musique bigarrée de l'Art Ensemble of Chicago, formation-clé du free-jazz, lequel n'est pas forcément synonyme d'austérité.
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