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le 10 février 2009
Déterminés dans leur ambition, maniaques dans leur éclectisme, les Clash offrent en 1980 une révolution musicale de 36 chansons, "Sandinista !", en hommage à la révolution en cours au Nicaragua. Originellement publié sous la forme d'un triple album, Sandinista est gargantuesque. Il s'agit quasiment d'un exercice d'endurance pour l'auditeur, non pas en raison d'un matériel musical laissant à désirer - au contraire la plupart des pistes sont exceptionnelles - mais parce que les Clash s'acharnaient à passer d'un style à l'autre... et aussi parce que c'est assez long d'une seule écoute. Certains disent que Sandinista aurait été supérieur s'il n'avait été qu'un double album. Il y a certainement quelques chansons qui ne sont pas "essentielles". La version gag de « Career Opportunitees » chantée par des enfants était-elle nécessaire ? Et le dingo et swingant « Look Here » ? Timon Dogg, venu chanter en guest sur « Lose This Skin », ruine par son ennui ce qui aurait pu être une chanson décente. Et oui la diversité des genres musicaux est souvent une bonne surprise mais quand même, la blague du gospel « The Sound Of Sinners »... et même si elle est à prendre au seconde degré. Mais il y aura toujours des chansons meilleures que d'autres, spécialement sur cet album de cette taille. En fait, les chansons les plus faibles ne font que mettre en valeur les sommets atteints sur l'album et je n'échangerais pour rien au monde la baffe initiale que j'ai reçue quand j'ai écouté toutes ces chansons ensemble contre un éventuel « Best of Sandinista » tronqué. Jamais ! Quand tu relèves des défis musicaux comme les Clash l'ont fait, les cicatrices contribuent seulement à faire briller les bijoux de manière plus éclatante. Les seuls albums semblables à Sandinista sont le « White Album » des Scarabées et les travaux des Beastie Boys sur le label Grand Royal, lesquels ont aussi produit des morceaux dispensables mais qui ont constitué le meilleur lien possible avec les autres morceaux stellaires. Personne ne pinaillerait si ces quelques faux-pas avaient été assignés sur des faces B, alors pourquoi pinailler ici ?

Personnellement je préfère trop que pas assez. Quand tu as un double album rempli seulement à moitié de chansons qui tuent, c'est bien plus impressionnant et surtout plus généreux. Or, les Clash ont été ultra généreux avec Sandinista et nous devrions leur en être reconnaissants. Reconnaissants du fait qu'ils ont osé l'expérimentation et qu'ils ont maintenu les choses excitantes par l'élargissement de leur vocabulaire musical. Reconnaissants du fait qu'ils ont fait partie des quelques groupes qui ont introduit un commentaire politique et social à leur œuvre musicale, tout en conservant un sens de l'humour et du fun - qui d'autre oserait faire une chanson disco sur la Guerre Froide (« Ivan Meets G.I. Joe ») et illustrerait ses lyrics par des bandes dessinées ? Et nous devrions surtout être reconnaissants de leurs morceaux suivants qui atteignent une qualité exceptionnelle.

« The Magnificent Seven ». La claque ! Comme Blondie avec "Rapture", les Clash montrent combien ils étaient branchés en faisant du hip-hop avant que la plupart des blancs ne sachent ce que c'était. Il faut admettre qu'à cette époque tout le monde tentait d'imiter la ligne de basse de Bernard Edwards (du groupe Chic), mais Paul Simonon le faisait mieux que quiconque. Il s'agit bien d'un vrai funk ici ! Les paroles de Joe Strummer aussi - sa dissection plein d'esprit du simple travailleur - se rapprochent des meilleurs jeux de mots de Dylan. Le mec arrive tout de même à faire rimer "lobster" ("homard") avec "robster" ("gangster"). Le morceau anti-guerre "The Call Up" ressemble à un "Into The Groove" en plus lent et plus sombre avec une production - à l'instar du travail de Brian Eno avec les Talking Heads - qui a contribué à donner forme au son pop des années 80. « Junco Partner » est un morceau de reggae entêtant et joyeux. « Police On My Back » est un morceau déchaîné, un rock old school à la Clash, mais plus tranché et plus concentré sur le chant. « Kingston Advice » sonne encore aujourd'hui comme rien de ce qui a pu être déjà enregistré; je ne sais même pas comment décrire la chanson... vraiment bizarre, c'est le mieux que je puisse dire. Avec des morceaux purement expérimentaux comme "Mensforth Hill" et "Silicone on Sapphire", les Clash reprennent la main là où les Beatles s'étaient arrêtés avec "Revolution 9" et présagent fortement le son électronique des quinze dernières années. L'influence stylistique qui prévaut le plus est jamaïcaine, mais contrairement aux musiciens blancs qui ont essayé de faire du ska cool (mais en réalité ringard) - comme trop souvent cela s'est produit à la fin des années 90 - les Clash nous offrent un reggae profond et même un dub plus profond. Un des meilleurs moments de l'album est la transformation du génial « One More Time » en un superbe "One More Dub". Dans l'ensemble, les chansons de Mick Jones ne sont pas aussi bonne que ces créations placées sur "London Calling" (il n'y a rien qui atteint le niveau de "Train In Vain" ou "Lost In The Supermarket"), mais ses morceaux restent croustillants et restent dans la tête. « Hitsville U.K. » se rapproche du style Euro-pop et me fait à chaque fois sourire. Et ses morceaux rocks "Somebody Got Murdered" et "Up In The Heaven" maintiennent l'album à une grande allure. Un rôle plus important accordé à Simonon et Headon permet de donner au groupe une plus grande force rythmiquement, tandis que Strummer atteint son sommet le plus féroce, le plus charismatique en tant que porte-parole des Clash.

Je le redis encore : soyez reconnaissants envers Sandinista ! Oui reconnaissants qu'à une époque il y avait des artistes dans l'industrie musicale qui se souciaient d'être les meilleurs. Les Clash se souciaient du monde et de leur musique - à un tel point qu'ils se sont ouverts à tout. Et avec tant de rien de nos jours, nous pourrions prendre un peu de ce tout... même si cela provient d'un album vieux de 29 ans.
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Personne ne peut réussir un double-album parfait de bout en bout. Le Clash l'a fait (LONDON CALLING) ! Mais alors un triple, nul ne peut y parvenir' et le Clash non plus ! En fait, le groupe, fidèlement atypique, voulait publier un single par mois pendant une année et, subissant le frein de CBS, finira par accumuler la valeur d'un triple-album qu'il exigera de sortir en un bloc ! Ce sera la teneur la plus punk de ce disque qui, sur pression du Clash (qui renoncera aux royalties des 200'000 premières ventes britanniques), sera vendu pour le prix d'un seul !
Pour le reste, SANDINISTA! (clin d'œil aux communistes nicaraguayens) est le versant futuriste de LONDON CALLING. Lâché par la presse anglaise et désormais renégat du punk, le groupe résume ici toutes les années 90/2000 avec dix ans d'avance. A l'aide de basses énormes (le génial Paul Simonon est devenu prédominant), le Clash laisse transpirer ses influences blacks en les mêlant à ses élans défricheurs et invente des poncifs qui résonneront pendant au moins trente ans, posant les prémices du rap (THE MAGNIFICENT SEVEN, LIGHTNING STRIKES), mixant la voix de chat siamois de Joe Strummer dans des dubs gras comme des vapeurs de ganja (ONE MORE TIME, THE CALL UP) et, sans éviter certaines complaisances sur une telle longueur, groove comme aucun autre groupe anglais avant lui, devenant ainsi l'un des rares cas de musiciens blancs à peser sur la Black Generation qui suivra.
Tops : THE MAGNIFICENT SEVEN, SOMEBODY GOT MURDERED, THE CALL UP, POLICE ON MY BACK, THE LEADER
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le 26 décembre 2010
Après London Calling qui n'est autre que le meilleur album de tous les temps, les Clash reviennent et nous donne une grosse claque en sortant Sandinista! qui nous montre que les Clash sont simplement le meilleur groupe de tous les temps. Les Punks anglais sur cette album se font maître d'à peu près toutes les styles de musiques existants à l'époque. Dès le commencement cet album plonge l'auditeur dans un univers merveilleux, un voyage qui lui sera surement inconnu jusque la. Un mixage parfait et une maîtrise totale de la musique caractèrise cet album, tant fantastique par sa richesse culturelle et sociale. L'album mélange: reggae, ska, dub, soul, gospel, jazz, rock'n'roll, Punk, pop, rap, blues. C'est surement la polivalence extraordinaire de ce chef-d'oeuvre qui a derangé les critiques et les fans des Clash à l'époque.
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le 23 mars 2015
"Je ne veux aucune discussion avec toi au sujet des notes. Je te laisse le soin de juger par toi-même. Surtout, n'oublie pas d'écouter tes "CLASH". A toi de voir pour ton avenir!!!!" Voici le petit mot doux et acidulé découvert posé sur le lit de ma chambre un jour de juin 1983, alors que je rentrais du lycée. Il faut dire que mon bulletin trimestriel, reçu pas la poste (internet n'existait pas encore), était pitoyable. Ma maman chérie nourrissait les plus grandes inquiétudes quant à mon devenir.

Que voulez-vous, j'étais entré en religion CLASH et the CLASH était ma raison de vivre ou pas... Je ne suis pas assez ingénu pour déclarer qu'il a changé ma vie (quoique…), mais toujours est-il qu'il a contribué à me galvaniser, me faire aller de l'avant, moi l'ado mièvre, sans personnalité avérée, emprunté et tellement gauche' Même à mon pire ennemi s'il existe, je ne lui souhaite pas de vivre l'adolescence qui fût mienne. En ce sens, il a certainement été pour moi une thérapie salvatrice ! Je me souviens, déambulant dans les rues, flanqué de mon T SHIRT à l'effigie du groupe, la tête haute et tellement fier de compter parmi leurs fans...

Ecouter the CLASH a été une formidable découverte et notamment SANDINISTA ! que certains ont injustement moqué en raison de sa longueur et, soi disant, de sa lourdeur responsable disaient-ils d'une indigestion' Je me demande encore laquelle ? Pour autant, il m'a permis de découvrir le Reggae, la Funk, la Soul et tant d'autres musiques dont le schéma musical, pensais-je à tort, me rebutait. Aussi, a-t-il été un formidable opus pédagogique et un révélateur de mes goûts dissimulés. Je peux dire que SANDINISTA ! m'a ouvert la voie du REGGAE, musique dont je suis devenu féru.

Le groupe aura mené une lutte homérique et acharnée contre leur label afin que cet opus sorte à un prix réellement cassé. Cela inspire, en ce qui me concerne, un respect stratosphérique. En Angleterre, il était vendu à moins de 6 livres et en France on pouvait le dégotter à un peu plus de 70,00 francs. N'oublions pas qu'il était triple ! Non content de cette exigence, il a accepté de ne percevoir aucune royaltie sur les 200000 premières copies vendues pour qu'un tel dessein se réalise. Oui, vous avez bien lu, pas 2000, ni 20 000, mais bien 200 000 pour un disque qui de par son format n'était pas destiné à faire un carton commercial. Il n'y avait donc aucun coup de pub, ni stratégie pécuniaire ourdie liée à cette démarche qui était complètement intègre. D'aucuns parlèrent alors d'un suicide en bonne et due forme. De même, la tournée mondiale qui s'en suivit fut baptisée "IMPOSSIBLE MISSION", les donneurs d'ordre de CBS n'ayant pas voulu soutenir le groupe financièrement, si bien qu'à la fin de celle-ci, il en est sorti complètement exsangue, débiteur et dépité, d'autant qu'il s'engageait scrupuleusement toujours à payer lui-même les artistes qui assuraient sa première partie ! Subséquemment, Joe STRUMMER se verra refuser un prêt immobilier pour l'acquisition d'une bicoque à la fin 1981.

La presse anglaise fut impitoyable et s'acharna tant et plus à démolir SANDINISTA ! comme rarement elle l'avait fait auparavant et même après. Le groupe y fut qualifié de "CLASH poseur", "CLASH guimauve". On lui reprocha d'avoir trahi la cause et retourné opportunément sa veste. Pourtant, difficile d'être plus PUNK au niveau de la démarche et de l'intransigeance, marque de fabrique du quatuor. On se souvient que le groupe y fit face avec dignité et sans se dégonfler. Ailleurs, l'accueil réservé fut plus positif avec notamment l'obtention du prix de la rock critique en France en 1981.

Après le choc de LONDON CALLING, le CLASH se devait de sortir un disque marquant et je pense qu'il remplit largement son office. Prenez la face 6. A l'époque, je me disais mouais' les CLASH ont un peu exagéré, avec ces versions instrumentales, ces dubs truffés d'écho, ces reprises alternatives, pourtant réellement sublimes (VERSION PARDNER, notamment). Or dorénavant, c'est peut-être une des faces que je préfère. LIVING IN FAME est un reggae dont on ne soupçonnerait pas l'origine des musiciens, blancs de surcroît. La section rythmique, SIMONON et HEADON, est aussi incandescente qu'un stiff rougeoyant qui passe fébrilement de main en main dans un studio des bas fonds de KINGSTON. D'ailleurs, le CLASH a entrepris d'enregistrer quelques pistes in situ qu'il n'a pu mener à son terme du fait de la violence et corruption inouïe qui y régnaient à ce moment, marquées par une campagne électorale qui sentait le soufre. Seul, le fantastique JUNCO PARTNER a pu être gravé au studio CHANNEL one, antre légendaire d'enregistrement de cette île à l'attractivité éprouvée. De fait, il exprime cette frustration dans le morceau KINGSTON ADVICE, morceau au style inimitable et flamboyant ! A l'époque, beaucoup ont cru que le regretté MIKEY DREAD était devenu le 5e CLASH. En effet, il est archi présent sur le disque et a superbement aidé le groupe à s'affranchir de ses limites en offrant des morceaux de choix : ONE MORE TIME/ONE MORE DUB, l'un des sommets du disque et quel sommet qu'il a coécrit avec les 4 londoniens. Mais pas seulement, figurent aussi LIVING IN FAME, justement, dont il est au chant, IF MUSIC COULD TALK fabuleux dub/reggae aux cuivres luxuriants, sans oublier THE EQUALISER. De plus, l'expérience se poursuivait sur scène où il était cordialement invité par le groupe à interpréter les lyrics de BANKROBBER et ARMAGEON TIME, autres immenses morceaux reggae pour une orgie musicale de très grande classe.

Ben, vous me direz, et le rock and roll dans tout ça ? Il est présent. SOMEBOBY GOT MURDERED, mélodieux à souhait dont le texte est magnifique. Il a inspiré STRUMMER après qu'il ait découvert en bas de chez lui la commission d'un crime horrible d'un pauvre veilleur de nuit, assassiné juste pour quelques livres. POLICE ON MY BACK reprise fort réussie des EQUALS avec ces guitares qui carillonnent et appellent à l'urgence. Eddy GRANT, le compositeur du morceau, dira que les CLASH en avaient parfaitement saisi toute la substance et les adoubera pour cette version. UP IN HEAVEN est également remarquable, mélodieux et solaire, THE LEADER assure complètement dans une mouvance rockabilly, de même que MIDNIGHT LOG. Il faudrait encore beaucoup écrire pour évoquer ses 36 morceaux ! Comment toutefois, ne pas mentionner le magique MAGNIFICEN SEVEN dont le texte pessimiste préfigurait les conditions de travail que beaucoup connaissent actuellement. A un degré moindre, bien qu'assez proche musicalement, il est permis de citer LIGTNING STRIKES dans un style débridé de funk/rap. THE CALL UP est une grande chanson, anti militariste. La pop émerge aussi à la faveur des morceaux tels que STREET PARADE (que les BEATLES à leur apogée auraient pu écrire), CHARLIE DON'T SURF dont la mélodie est irrésistible. Ces quelques notes de piano en introduction annoncent un morceau à la structure étonnante : il débute par le refrain ! REBEL WALTZ est une valse étonnante que j'associe au fameux GOLDEN BROWN des STRANGLERS dans un tempo plus échevelé. Il y a aussi ces titres à l'influence caribéenne dont LET S GO CRAZY qui a dû décontenancer plus d'un PUNK ! WASHINGTON BULLETS et son texte vindicatif envers toutes les dictatures, qu'elles soient de droite ou de gauche. BROADWAY est également une grande chanson à l'introduction jazz recelant un texte noir et dépressif. HITSVILLE UK est cette mélopée pop, traversée de choeurs d'enfants célébrant l'arrivée des labels indépendants en Angleterre. SOMETHING ABOUT ENGLAND dans une belle expression pop s'inquiète de la montée de l'intolérance et de la mise à l'index de l'étranger au Royaume Uni. VERSION CITY semble aller dans tous les sens pour finalement toucher sa cible : une mélodie intrusive qui chatoie les esgourdes les plus récalcitrantes ! LOOSE THIS SKIN, interprété par Tymon DOGG, vieux complice de STRUMMER, tutoie le rock punk celtic déjanté que les géniaux POGUES coucheront plus tard sur vinyle. Le FUNK explose aussi, avec notamment IVAN MEETS GI JOE dans un style iconoclaste, interprété par Topper HEADON, musicalement au sommet de sa forme.

Enfin, je trouve que cet opus a magnifiquement vieilli, lui qui peut s'enorgueillir d'une production non datée, ce qui est un gage de qualité d'autant qu'il a été produit par le groupe lui-même aidé de MIKEY DREAD. Le dernier morceau SHEPHERDS DELIGHT qui clôture l'album est remarquable dans un style non identifiable ou presque. S'agit-il sans doute d'un dub acoustique aux arpèges cristallines. Il m'évoque la nostalgie et la fulgurance du temps qui passe. Fulgurance toujours et encore 35 ans après, je suis fan du CLASH et SANDINISTA ! conserve une place particulière dans mon coeur. Alors, objectivement, combien cet album regorge de mauvais morceaux ? Certes, il n'est sans doute pas PARFAIT, mais il respire la joie de vivre, l'envie de créer, de s'affranchir du carcan stéréotypé du rock et de la volonté d'aller de l'avant, sans se retourner sur le passé ou tenter opportunément de le capitaliser. A quoi bon, refaire un LONDON CALLING bis ? Bien sûr, ses contempteurs ironiseront sur ce surplus, coupable à leurs yeux d'une auto complaisance narquoise et inappropriée. Au moins, ont-ils eu le courage d'aller jusqu'au bout de cette démarche. Cependant, l'ensemble est une réussite totale si l'on tient compte également de la volonté du groupe d'avoir mis tout en oeuvre, à son DETRIMENT, afin de le rendre accessible du plus grand nombre. Sans doute, n'a-t-il pas la cohérence d'un LONDON CALLING, ni même sa verve' pourtant il le dépasse en raison de son ouverture musicale, de sa probité inaltérable et de sa foi en ce qu'il offre un album réellement unique et magnifié par une cohorte de styles qui laisse pantois et parfois admiratif.

Même l'objet est magnifique dans sa livrée vinyle. La photo de la pochette en noir et blanc représente le groupe, cliché pris dans un endroit sombre et désaffecté de LONDRES. Un beau livret comportant les textes des paroles, avec une BD en guise d'illustration y figure aussi ! Un bien bel objet.

Je voudrais dédier cette chronique à Sylvie C professeure d'anglais émérite qui m'a fait découvrir et aimer passionnément the CLASH. Je la dédie également à mes parents qui ne sont plus de ce monde et qui ont souvent fait preuve d'une grande tolérance lorsque j'écoutais cette "musique de dingue", "il nous barbe avec ses CLASH" qu'ils disaient... Qu'ils en soient éternellement remerciés. Et bien sûr au groupe lui-même, responsable de m'avoir fait passer de réels moments de bonheur.
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Après le triomphe d'un London Calling resté dans les annales, plus rien ne semblait devoir arrêter un Clash toujours plus ambitieux, toujours plus désireux d'explorer tous les possibles musicaux se présentant à eux quitte à, comme ici, sur le triple Sandinista!, en faire tout de même un peu trop avec le vrai risque de l'éparpillement.
Dans les faits ? Sandinista! est un beau bordel qui aurait mérité d'être un peu débroussailler pour déboucher sur, au moins, l'égal de son fameux devancier, London Calling. Un beau bordel évidemment révolutionnaire dès un titre à lourde connotation, un Clash plus rouge que jamais, du rouge de colère au rouge baiser. Parce qu'il y a dans cet album l'évolution logique de Joe Strummer parolier bien-sûr mais songwriter surtout, un mec qui vient de rajouter la corde soul à un manche qui commence à ressembler à un sitar à force d'empiler les diversités. Du coup, parce que chaque autre membre du groupe à voix au chapitre, le précieux side-kick Mick Jones un peu plus que les deux compagnons rythmiques, forcément, le triple vinyle a des airs d'auberge espagnole, sensation encore plus renforcée pas une sélection d'invités/employés riche et multiple (d'un violoniste qu'on retrouvera chez les Mescaleros de Joe, Tymon Dogg, d'un Gary Barnacle, saxophoniste déjà croisé chez les excellents Ruts, à une Ellen Foley auparavant entendue sur le Bat Out of Hell de Meat Loaf, si c'est pas du grand écart, ça !). Conséquemment, parce qu'on ne pond pas 36 titres en une année déjà bien remplie par de nombreux concerts, il y a à boire et à manger sur Sandinista!, mais de vrais beaux sommets aussi, assurément.
Un petit bilan global ? Allez, commençons par ce dont on se saurait volontiers passé, qui vient allourdir, handicaper presque, un album trop ambitieux (triple, quelle folie !) pour son bien, qu'on peut séparer en deux catégories : "mouais, bof..." et "pouah ! beurk !", méchant que je suis c'est sur les horreurs que je vais m'attarder, dans le désordre (c'est de circonstance). Clash qui se la joue gospel ? The Sound of Sinners saura vous donner la nausée. Career Opportunities chantée par des enfants, parce que c'est mignon, n'en demeure pas moins une mauvaise chanson. Look Here, un mauvais jazz repris d'un inconnu notoire (Mose Allison). Version Padner, un rare ratage dub par les Clash pour ce remake de Junco Partner. Corner Soul et Broadway qui démontrent que si le Clash sait faire beaucoup de choses, les digressions de type "comédie musicale américaine" ne lui vont pas plus au teint que le gospel. L'espèce de rock ivre de Lose This Skin, seule chantée par Tymon Dogg heureusement, rate complètement sa cible. Et que dire de Mensforth Hill si ce n'est que, dans un exercice similaire, il n'est pas meilleur que le Revolution 9 des Beatles tout en ayant l'avantage d'être tout de même plus court. Autant de "machins" qui auraient dû être rayés de l'œuvre finale. Et pour ceux qu'on remarque à peine et oublie rapidement, on citera, en vrac : The Leader (rockab' bof), Rebel Waltz (entre folk reggae et pop mais pas marquant), Up in Heaven Not Only Here (un rocker trop facile), Let's Go Crazy (un caribéen bidule sans grand intérêt), Living in Fame (un reggae pour une fois moyen) et un Shepherds Delight qui fait un peu sourire mais n'apporte rien... Pas franchement affreux tout ça mais pas bien affolant non plus, du Clash anonyme, en somme.
Heureusement, ce n'est que la minorité parce qu'il y a ce qui brille, ce qui épate, et là, la liste s'allonge : The Magnificent Seven à la pointe d'une fusion rock/hip hop et surtout un titre irrésistible, Hitsville Uk en parfait exercice de blue-eyed soul, Junco Partner en roots reggae d'une incroyable crédibilité, Ivan Meets G.I. Joe en reggae funk urbain et synthétique réussi, Something About England en rocker soft bien troussé où le leader et son adjoint "duottent" joliment, The Crooked Beat en reggae atone de compétition, Somebody Got Murdered en rocker accrocheur et malin, One More Time/One More Dub en inséparable duo reggae/dub lourd et suant, Lightning Strikes en "grooverie" péri-punk de qualité, If Music Could Talk qui vient grossir les rangs des reggae réussis de Clash, ici un rien jazzy, Police on My Back qui vient fugitivement rappeler que ces gars-là on commencé par le punk, Midnight Log en courte étrangeté pleine d'allant et d'énergie, The Equaliser en reggae/dub plus jamaïcain que nature, The Call Up en forme de preuve qu'un bon message mérite une bonne mélodie, Washington Bullets qui conclue l'expérimentation caribéenne de Let's Go Crazy en réussi cette fois, Charlie Don't Surf en fusion rock et soul impeccablement menée, Junkie Slip et Kingston Advice en beau duo de reggae revisités dynamiques, The Street Parade en déraillement savoureux et inquiétant, Version City en reggae/funk de première classe, et Silicone in Sapphire en dub futuriste extrêmement distrayant... Une sacrée collection !
Au bout du compte, chronomètre et compteur en main, on se rend compte que, le bon grain trié de l'ivraie, demeurent 22 chansons et 1 heure et demie de musique soit un généreux double album qui, donc, sans ses inutiles et ses ratages, avait largement le potentiel de reproduire l'exploit de son prédécesseur. Empesé de ces "machins" et autres "qui-ca ?", ça n'en reste pas moins un excellent album d'un groupe qui a encore beaucoup de choses à dire, a les "balls" d'essayer tout ce qui le meut (au risque de se tromper) et produit, présentement, une énormité absolument inégale mais ultimement sympathique, la dernière grande œuvre du Clash, aussi, et, ça, ça n'est pas rien.

CD 1
1. The Magnificent Seven 5:28
2. Hitsville U.K. 4:20
3. Junco Partner 4:53
4. Ivan Meets G.I. Joe 3:05
5. The Leader 1:41
6. Something About England 3:42
7. Rebel Waltz 3:25
8. Look Here 2:44
9. The Crooked Beat 5:29
10. Somebody Got Murdered 3:34
11. One More Time 3:32
12. One More Dub 3:34
13. Lightning Strikes (Not Once but Twice) 4:51
14. Up in Heaven (Not Only Here) 4:31
15. Corner Soul 2:43
16. Let's Go Crazy 4:25
17. If Music Could Talk 4:36
18. The Sound of Sinners 4:00

CD 2
1. Police on My Back 3:15
2. Midnight Log 2:11
3. The Equaliser 5:47
4. The Call Up 5:25
5. Washington Bullets 3:51
6. Broadway 5:45
7. Lose This Skin 5:07
8. Charlie Don't Surf 4:55
9. Mensforth Hill 3:42
10. Junkie Slip 2:48
11. Kingston Advice 2:36
12. The Street Parade 3:26
13. Version City 4:23
14. Living in Fame 4:36
15. Silicone on Sapphire 4:32
16. Version Pardner 5:22
17. Career Opportunities 2:30
18. Shepherds Delight 3:25

Joe Strummer – lead vocals, guitars
Mick Jones – guitars, vocals
Paul Simonon – bass, vocals
Topper Headon – drums, vocals
&
Tymon Dogg - vocals & violin on "Lose This Skin", violin on "Lightning Strikes (Not Once but Twice)", "Something About England", "Mensforth Hill" and "The Equaliser", keyboards on "Sound of the Sinners"
Mickey Gallagher - keyboards
Norman Watt-Roy - bass
Ellen Foley - co-lead vocal on "Hitsville U.K."
Davey Payne - saxophone
Den Hegarty - vocals
Luke & Ben Gallagher - vocals on "Career Opportunities"
Maria Gallagher - coda vocals on "Broadway"
Gary Barnacle - saxophone
Arthur Edward Barnacle - trumpet
Jody Linscott - percussion
Ivan Julian - guitar
Noel 'Tempo' Bailey - guitar
Lew Lewis - harmonica
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le 5 août 2015
Les cCash, c'est avant tout du Punk, du bon gros punk des années 70/80s... mais ce qui fait la particularité de ce groupe, c'est cette facilitée déconcertante de passer d'un style musical à un autre sur le même album sans jamais renier leur origine musicale. Pas le meilleur album, mais des morceaux plus que savoureux; pour ma part "Police on my back ", "Ivan meet G.I.Joe" et "Magnificiant seven" sont des titres de choix...
ça reste un album d'initiés.....
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le 12 juillet 2015
Déroutant si on s'attend à du Clash façon "London kalling" bien typé punk,cet album est sublime. Sur les 36 morceaux,rien à jeter ou à écouter d'une oreille distraite.
Je l'ai acheté également en vinyle,hold schull,quand on aime...
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le 16 septembre 2014
certes le charme du vinyle n'est plus là mais la puissance des chansons est restituée sur ce CD .
Un vrai bonheur et une petit madeleine de Proust.

A écouter encore et encore .
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le 5 décembre 2013
Un mélange de tout les genres : reggae, ska, dub, soul, gospel, jazz, rock'n'roll, Punk, pop, rap, blues. Que dire, un petit bijou. Après toutes ces années, les morceaux ont de la gueule, leur musique reste une référence. Album pour les fan et ceux qui le deviendront.
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le 15 mars 2006
Les Clash ont réalisés un album éclectique qui garde un son coherent du début à la fin malgrès tous les styles abordés. Un très grand triple album, vendu au prix d'un simple à l'époque, les clash ayant laissés leur droits sur les ventes pour que le plus grand nombre puisse acheter leur disque ... on est bien loin du mercantilisme des artistes contemporain !
Des tubes, du rap, du funk, du rock, du gospel, du punk, des expériences musicales et le tout avec beaucoup de gout et de maîtrise. Un ENORME album.
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