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5.0 étoiles sur 5 L'élargissement du temps, 28 février 2011
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ballades op.10 / Sonate D.537 / Sonate n°4 op.7 (CD)
Je connais ce CD sous sa forme ancienne, qui contient seulement les Ballades de Brahms et la sonate de Schubert, ce qui correspond d'ailleurs au 33 tours; mais la radio m'a permis de capter la sonate de Beethoven, ce qui fait que je peux évaluer l'ensemble de l'article. On avait donc deux CD au minutage réduit, alors qu'on peut bénéficier maintenant de 80 mn de musique.

Ce qui étonne d'abord, c'est la perfection du toucher du pianiste, ces notes rondes, nettes et bien individualisées, dont chacune est une musique en elle-même. Chaque note semble se placer comme prévu à l'avance avec une précision extraordinaire. Pourtant, même si tout semble calculé, le contrôle n'est pas contrainte ou rigidité, chacune des notes, pourtant dotée d'indépendance par rapport aux autres, s'inscrit dans un phrasé d'ensemble souple. Le cerveau d'Arturo Benedetti Michelangeli devait avoir intégré ce qu'il voulait exactement et ensuite le résultat pouvait donner l'impression d'une totale liberté, qui n'était pas improvisation. L'écoute au casque permet de se concentrer sur les détails et ceux-ci sont si riches qu'on s'imagine avoir écouté plus longtemps que le minutage ne le dit. Le temps s'est élargi.

Ce piano marmoréen pourrait d'une part être froid, d'autre part soumettre les compositeurs et l'individualité des mouvements au caractère de l'interprète, à la fois solaire et introverti. Je crois qu'il n'en est rien. Les Ballades opus 10 font entrer dans l'intériorité et les tortures naissantes du jeune Brahms. La Sonate D 537 de Schubert a peut-être un habit un peu large, pourtant les passages de tendresse, de nostalgie ou d'abandon sont donnés avec une sorte de nudité, comme une spontanéité au second degré. Les surgissements soudains typiques de Schubert apparaissent avec une rare netteté. L'ardeur beethovénienne pouvait sembler hors d'atteinte pour le pianiste, mais il faut noter que ABM, qui n'était nullement un homme d'intégrales, mais de quelques oeuvres ciselées avec perfectionnisme, avait choisi la sonate n° 4 opus 7, "Die Verliebte", "L'Amoureuse", qui devait lui convenir plus que d'autres. Il ne se refuse d'ailleurs pas, à l'occasion, une certaine violence percussive. L'interprétation est une véritable recréation, qui n'est pas trahison, dans des tempi amples, surtout pour les mouvements extrêmes. Le résultat est magnifique et convainc qu'on est bien chez Beethoven.

La prise de son d'environ 1980 est réussie et met en valeur ce pianiste d'une exceptionnelle beauté formelle. Dans Brahms et Schubert au moins (pour Beethoven, je n'en sais rien), un piano d'une soixantaine d'années, c'est à dire datant d'environ 1920, a été utilisé. Sans être tout à fait un instrument d'époque, il se rapproche de celles des compositeurs.
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2 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Opus 10, 29 novembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ballades op.10 / Sonate D.537 / Sonate n°4 op.7 (CD)
Ces mélopées nordiques, chaloupées et chancelantes, heurtées et inconsolables...ne sont que l'opus dit 10 du piano solo de Johannes Brahms. Dix opus dans la lignée des Chants de l'Aube du maître et ami Robert...avant la virtuosité des Variations et la contemplation, l'intériorité des Klavierstücke. Les ballades de l'opus 10 préfigurent ces dernières...mais à 21 ans, l'inspiration est moins du côté de la douleur du passage...inévitablement (et heureusement) plus livresque...et c'est Edward, poème écossais justement perdu dans la nuit des temps, qui suscite le voyage, statique et immémoriel.
Ce sublime opus 10, Michelangeli le prend de l'intérieur, avec un poids, un délié qui emménent loin. Plus amène que Gould, plus rageur (une rage languide) que Katchen...Les trois sont de toutes façons extraordinairement idiomatiques...du grand piano, et surtout de la grande musique.
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Ballades op.10 / Sonate D.537 / Sonate n°4 op.7
Ballades op.10 / Sonate D.537 / Sonate n°4 op.7 de Arturo Benedetti Michelangeli (CD - 2000)
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