undrgrnd Cliquez ici Litte nav-sa-clothing-shoes nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos cliquez_ici Soldes Cliquez ici Acheter Fire Acheter Kindle Paperwhite cliquez_ici Jeux Vidéo Montres soldes Bijoux Soldes

Commentaires client

4,7 sur 5 étoiles20
4,7 sur 5 étoiles
5 étoiles
17
4 étoiles
0
3 étoiles
3
2 étoiles
0
1 étoile
0
Format: DVDModifier
Prix:13,00 €+ Livraison gratuite avec Amazon Premium
Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article


Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

500 PREMIERS RÉVISEURSle 8 décembre 2006
En 1939, les spectateurs qui se rendirent au cinéma voir le dernier Renoir, ne s'attendaient certainement à une telle charge, tantôt truculente, tantôt virlulente. Alors que le pays est inquiet de ce qui se passe outre-Rhin, que le bon peuple n'a le choix que de s'en remettre à ses élites. Et voilà le spectacle qu'en donne Renoir ! Une bande de joyeux drilles, insouciants, snobinards, qui se réunissent dans une propriétaire en Sologne, pour une partie de chasse. Sous le vaudeville, la comédie, se trame des drames beaucoups plus sombres. Tromperies, trahisons, duperies, la palette des sentiments et des caractères décrits par Renoir à de quoi inquiéter. Le film fut évidemment un échec, le metteur en scène fut trainé dans la boue, et "La règle du jeu" mise au rebut pendant 20 ans. Les jeunes loups de la Nouvelle vague, cinéastes en rupture eux aussi, firent du film de Renoir leur étendard, et l'imposèrent aux yeux de tous comme le chef d'oeuvre qu'il est.

Renoir y déploie son immense savoir-faire, en dirigeant sa troupe d'acteurs dans des plans séquences d'une maîtrise absolue pour l'époque. Les déplacements des acteurs s'harmonisent aux mouvements de caméra, dans une valse nonchalente. Toutes les scènes de l'appartement, au début, sont placées sous ce signe de la fluidité, de la futilité. Le cynisme pointe le bout de son nez lorsque les protagonistes rejoignent La Colinnière. Deux mondes s'y croisent, s'entrechoquent : à l'étage les maîtres, au sous-sol les domestiques. Et les comportements des premiers n'a rien à envier aux seconds. Renoir les renvoit dos à dos. Cette idée figurait déjà dans "La Grande Illusion" avec les soldats prolo et les officiers aristo). La partie de chasse, cruelle, réaliste, annonce le drame. Le vaudeville vire à la tragédie. Le marquis voit le monde et les hommes comme un théatre de marionnettes, et c'est bien ainsi que Renoir l'observe aussi. La charge est vraiment féroce.

"La règle du jeu" est aussi un festival d'acteurs, de répliques savoureuses (Carette est son "quoi j'ai pas d'mère moi ?"). C'est un ton, ce ton que l'on ne retrouve que chez Renoir, où tout semble simple, facile, limpide. Il y a évidemment derrière tout cela un travail technique énorme, sur la profondeur de champs notamment (la scène du couloir, où chacun se souhaite bonne nuit) et de direction d'acteurs au millimètre. Robert Altman s'en est inspiré pour son "Ghosford Park" lui qui aimait aussi ces films chorale, fluide, où le vitriol pointait sous la légèreté. "La règle du jeu" est un des films les plus importants qui soit, et qui dépasse le cadre du cinéma français. C'est un des plus grands films jamais réalisé.
22 commentaires47 sur 49 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
500 PREMIERS RÉVISEURSle 23 septembre 2009
Un film chorale mythique qui résume tout ; pas seulement la haute bourgeoisie d'avant-guerre, pas seulement le morcellement de la France en castes psychosociales, mais la condition humaine dans son ensemble : théâtre, jeu de miroirs, jeu de dupes, jeu de massacre, chasse à courre où un innocent doit toujours être sacrifié pour que la farandole des vains Dieux de L'Olympe se poursuive.

La perfection transpire de partout : pas un acteur (Marcel Dalio, Nora Gregor, Jean Renoir, Roland Toutain) qui ne fasse une performance, pas un personnage qui ne soit négligé, pas un plan qui ne soit magnifié, pas une parcelle du scénario qui ne soit la pièce d'un puzzle totalement jouissif, atrocement lucide. Trop lucide sans doute : le public de 1939 n'était pas prêt pour un reflet si violent et si pessimiste de sa glorieuse patrie. Il faudra attendre vingt ans, avec l'arrivée de la nouvelle vague, pour que ce marivaudage sanglant soit enfin compris, admiré, porté en étendard.

Truffaut disait qu'il faudrait retourner voir ce film adamantin tous les soirs pour voir s'il s'y passe la même chose. A l'ère du magnétoscope numérique, on peut le faire indéfiniment depuis son canapé. Pourquoi se priver ?
33 commentaires28 sur 29 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 23 février 2012
Je conseille aux amateurs de belle image de privilégier la version Blu-Ray US éditée par Criterion de ce film, bien qu'elle soit plus chère ; Le transfert effectué par les éditions Montparnasse n'est pas laid, loin s'en faut, mais l'image a fait l'objet d'un traitement assez lourd, mélangeant et mixant les sources HD originales à des sources SD pour les passages où la bande était abîmée (la même bande a été utilisée par les deux éditeurs, sauf erreur), l'image obtenue s'en trouvant un peu trop lissée/scalée à mon goût.

L'édition Critérion respecte la déontologie habituelle de l'éditeur : présenter une image semblable à celle projetée en salle à l'époque de la sortie de la bobine, avec du grain s'il y en avait, en privilégiant le nettoyage minutieux des bandes à la mimine plutôt que le recours à des artifices de traitement informatisé de l'image.

je déplore la tendance actuelle pour le transfert HD de films "anciens" à vouloir nous présenter une image lissée à tout prix : on n'aborde pas un film en noir et blanc de 1939 dans le même état d'esprit que l'on regarde Transformers, on n'en attend pas non plus le même rendu en terme de définition.

Tout cela ayant été dit, le fait que cette édition "économique" permette au plus grand nombre de (re)découvrir ce chef d'oeuvre en haute définition reste une bonne nouvelle.
55 commentaires39 sur 41 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Ce film extraordinaire du grand Jean Renoir sorti en 1939 avec une distribution magnifique, à savoir entre autres (je ne peux pas tous les citer): Marcel Dalio (le marquis de La Chesnaye), Nora Gregor (Christine, la marquise de La Chesnaye), Jean Renoir (Octave), Roland Toutain ( Le pilote André Jurieux), Mila Parély (Geneviève de Marrast), Paulette Dubost (Lisette), Gaston Modot (Edouard Schumacher, le garde-chasse et mari de Lisette) ainsi que Julien Carette (Marceau, le braconnier) est un film de genre qui s'attaque aux bases mêmes de la société.
L'histoire en bref: André Jurieux qui vient de traverser l'Atlantique et a établi un nouveau record est attendu par la foule et les journalistes. Mais ce dernier est amère. Christine pour qui il a effectué cet exploit n'est pas venue. Son ami Octave après la tentative de suicide d'André le fait inviter chez Christine et son époux, pour une partie de chasse en Sologne dans le domaine de la Colinière.
Le Marquis de la Chesnaye entretien une relation avec Geneviève de Marrast et bien sur sa femme qui est d'origine Autrichienne n'est pas au courant.
En sologne, le garde chasse contrôle les bois et tombe sur le braconnier Marceau qui vient d'attraper un lapin avec un collet. Plus tard le petit groupe rencontre le Marquis de la Chesnaye qui sympathise avec le rusé Marceau et lui offre un emploi de domestique au château.
Peu après son arrivé dans la propriété, le braconnier courtise Lisette, la femme de Shumacher.
Les invités viennent d'arrivée et la partie de chasse peut commencer. J'arrête là l'histoire.
Ce chef-d'oeuvre considéré comme l'un des plus grands film de l'Histoire du cinéma fut pourtant un long-métrage qui n'obtint absolument aucun succès à sa sortie. Il faudra presque 25ans pour que l'on s'y intéresse.
Voyant la guerre approchée à grand pas, Renoir décide de faire un film léger mais très symbolique sur l'état de dégradation du système bourgeois replié sur ses valeurs considérés comme hiérarchiquement établies, sur la légerté des moeurs de l'époque et bien sur de sa vie en complète autarcie.
Jean Renoir nous décrit la fin d'une époque mais est également très critique au sujet des domestiques.
Il faut également souligné je pense, l'extraordinaire travail des caméramans et du réalisateur qui donnent une fluidité évidente et une grande profondeur de champ à ce film.
Ce long métrage est un chef-d'oeuvre intemporel. Magnifique.
Le DVD a été entièrement restauré et nous propose une image et un son de bonne qualité. Les bonus sont également intéressants.
Adanson Marco.
22 commentaires3 sur 3 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
En 1939, les spectateurs qui se rendirent au cinéma voir le dernier Renoir, ne s'attendaient certainement pas à une telle charge. Alors que le pays est inquiet de ce qui se passe outre-Rhin, le bon peuple n'a le choix que de s'en remettre à ses élites. Et voilà le spectacle qu'en donne Renoir ! Une bande de joyeux drilles, insouciants, snobinards, qui se réunissent dans une propriété de Sologne, pour une partie de chasse. Après un départ en vaudeville, la comédie bourgeoise vire au drame. Sous son microscope, c'est les français que Renoir dissèque. Insouciance, tromperies, lâcheté, jalousies... la palette des sentiments et des caractères décrite par Renoir n'est pas du goût du public. Le film fut évidemment un échec, le metteur en scène fut traîné dans la boue, et LA REGLE DU JEU mise au rebut pendant 20 ans. Les jeunes loups de la Nouvelle vague, cinéastes en rupture eux aussi, firent du film de Renoir leur étendard, et l'imposèrent aux yeux de tous comme le chef d'oeuvre qu'il est.

Renoir y déploie son immense savoir-faire, en dirigeant sa troupe d'acteurs dans des plans séquences d'une maîtrise absolue pour l'époque. Les déplacements des acteurs s'harmonisent aux mouvements de caméra, dans une valse nonchalante. Toutes les scènes de l'appartement, au début, sont placées sous le double signe de la fluidité et de la futilité. Le cynisme pointe le bout de son nez lorsque les protagonistes rejoignent La Colinnière. Deux mondes s'y croisent, s'entrechoquent : à l'étage les maîtres, au sous-sol les domestiques. Et le comportement des premiers n'a rien à envier aux seconds. Renoir les renvoie dos à dos. Cette idée figurait déjà dans LA GRANDE ILLUSION avec les soldats prolo et les officiers aristo. La partie de chasse (qui dans l'esprit de l'auteur annonce la guerre, qu'il pensait inévitable, et qui éclatera quelques mois tard), est cruelle et réaliste. Renoir filme l'agonie d'un oiseau. Le vaudeville vire à la tragédie. On ne rit plus. Le marquis voit le monde comme un théâtre, les hommes comme des marionnettes. Et c'est bien ainsi que Renoir l'observe aussi. Des pantins dérisoires. La charge est vraiment féroce.

LA REGLE DU JEU est aussi un festival d'acteurs, de répliques savoureuses (Carette est son "quoi j'ai pas d'mère moi ?"). C'est un ton, ce ton que l'on ne retrouve que chez Renoir, où tout semble simple, léger, limpide. Il y a évidemment derrière tout cela un savoir-faire technique énorme, sur la profondeur de champs notamment (la scène du couloir, où chacun se souhaite bonne nuit), les déplacements de caméra (des monstres de 50kg à l'époque !), sur le rythme de la narration, le montage, et la direction d'acteurs. Tous sont époustouflants, Marcel Dalio en tête.

LA REGLE DU JEU est un des plus beaux films de Jean Renoir. Film de chevet d'Orson Welles, avec LA CHEVAUCHEE FANTASTIQUE de Ford, quand il s'attaquait au tournage de CITIZEN KANE. C'est un des films les plus importants qui soit, dans sa forme, dans son propos, qui dépasse largement le cadre du cinéma français. C'est tout simplement un des plus grands films jamais réalisé.

Robert Altman s'en est inspiré pour son GHOSFORD PARK, lui qui aimait aussi ces films chorale, fluide, où le vitriol pointe sous la légèreté.
66 commentaires16 sur 18 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 16 janvier 2016
Commençons par balayer deux légendes, dont cette édition collector montre que Renoir les a soigneusement entretenues :

1 - "La règle du jeu" est un film maudit, qui a déclenché un scandale lors de sa projection en salle. Ce sont Renoir lui-même et ses admirateurs de la Nouvelle Vague qui ont accrédité cette version fantasmatique. C'est plus qu'exagéré : au départ, Renoir, qui est son propre producteur, par l'intermédiaire de la Nouvelle Edition Française, dispose d'un budget confortable, d'autant que la distribution ne comporte pas de vedettes ; les dépenses de décor, de costumes (confectionnés par Coco Chanel), mais aussi les frais de promotion très élevés conduisent à doubler le budget, ce qui l'oblige à faire appel à Gaumont, à leur concéder la distribution et un droit de regard sur le film. Mais Gaumont n'intervient pas sur le montage initial et les coupures effectuées à ce moment-là par Marguerite Houllé le sont sous la supervision de Renoir ; ce n'est qu'après la sortie en salle qu'elle procèdera à d'autres coupures, à la demande des directeurs de salle, avec l'accord de Renoir, mais sans sa participation. A la sortie du film, qui avait fait l'objet d'une promotion manquant peut-être de modestie et qui était très attendu, la réaction majoritaire, parmi la critique et les spectateurs, est la déception plus que l'hostilité ; il ne s'est trouvé qu'une poignée d'excités pour crier au scandale et une partie non négligeable du public soutient le film. Ce qui aurait pu n'être qu'un demi-échec tourne à la catastrophe, parce que la sortie du film s'est faite au cours du dernier été avant l'autre catastrophe, la guerre.

2 - "La règle du jeu" est un film politique, qui dépeint une classe sociale égoïste et insouciante dansant sur un volcan, à la veille du déclenchement de la seconde guerre mondiale. Cette thèse, illustrée jusqu'à la caricature par le documentaire tourné par Pierre-Oscar Levy sur des textes de Jean Douchet dits par Lucien Melki, inclus dans cette version collector, est parfaitement ridicule et le fait que Renoir lui-même ait tenté d'avaliser cette interprétation a posteriori ne change rien à l'affaire. Au contraire, "La règle du jeu" illustre la volonté de Renoir de s'émanciper du compagnonnage de la CGT et du PCF et de son image de réalisateur engagé. Pour ce qui est de la critique des classes possédantes et dirigeantes, dans "La règle du jeu" comme dans la comédie classique dont se réclame Renoir pour ce film, le peuple n'est représenté que par les domestiques (et par un braconnier qui rêve de devenir domestique !). Quant aux références à la situation internationale, qu'on en juge : le premier synopsis du film est déposé en octobre 38, mais l'écriture du scénario s'étale jusqu'en février 39 ; le tournage se déroule de février à juin 39, le montage et le mixage en juin et le film sort en salle le 7 juillet. Rappelons l'actualité de l'époque : l'Anschluss date de mars 38, Munich de septembre 38 ; en Espagne, Barcelone tombe en février 39, Alicante en avril 39 ; en mars, Hitler occupe la Bohême-Moravie, la Slovaquie devient "indépendante", la Lituanie cède Memel à l'Allemagne ; en avril, Mussolini envahit l'Albanie ; en mai, l'Allemagne et l'Italie forment le Pacte d'Acier ; la guerre commence le 1er septembre, avec l'entrée des troupes nazies en Pologne. Depuis Munich, quasiment tout le monde la pensait inévitable. Le film n'y fait pas la moindre allusion.

Par ailleurs, la restauration des chefs d'œuvre mutilés, ça commence à bien faire. Outre qu'on prolonge ainsi l'exclusivité des droits d'exploitation, je me demande dans quelle mesure la restauration opérée en 1958 par Jacques Maréchal, Jean Gaborit et Jacques Durand est plus représentative de ce que voulait réaliser Renoir que le montage effectué sous sa direction en 1939.

A mes yeux, le film est effectivement splendidement mené jusqu'à la fête ; il perd ensuite de sa concision, mais reste remarquable jusqu'à la séquence du limonaire ; il le redevient de la séquence d'affût devant la serre de Schumacher et Marceau jusqu'au mot fin. En revanche, je ne considère pas que ce soit le cas du très long, trop long espace qui sépare ces deux séquences et je pense que ce fut également le sentiment de Renoir, qui semble avoir été incapable de maîtriser l'avalanche de péripéties si bien introduites par sa géniale exposition. Le foisonnement des actions des uns et des autres installe un désordre, mais un désordre sans rythme. Je ne mets pas en cause les deux leitmotivs burlesques (la poursuite chaplinesque de Marceau par Schumacher et les déambulations d'Octave dans sa peau d'ours), mais Jurieux se battant successivement avec Saint-Aubin et de la Chesnaye, Christine s'offrant successivement (mais sans conclure) à Saint Aubin, Jurieux et Octave, c'est peut-être un peu trop et c'est surtout un peu trop long, en particulier le duo Christine-Octave, interminable jusqu'à l'insupportable. Je comprends donc que Renoir en ait coupé de larges fragments, mais le résultat n'était pas satisfaisant pour autant, pour lui en tout premier lieu, d'où un certain désintérêt de sa part quant au devenir de son film.
De mon point de vue, c'est son projet de cinéma total, de représentation d'une société entière qui est utopique : l'art, ce n'est pas la vie, mais une abstraction de la vie, un concentré de vie ; ce qui signifie qu'on en coupe non seulement des aspects non signifiants ou insignifiants, mais aussi des aspects seulement moins signifiants. Si Renoir se réfère à Marivaux, Beaumarchais et Musset, en général, les œuvres dont il s'inspire plus particulièrement sont "Les caprices de Marianne" et "Le mariage de Figaro ou la folle journée" ; il se trouve que, de mon point de vue, cette dernière pièce est très inférieure au "Barbier de Séville" sur le plan de la pure dramaturgie, du fait précisément de l'inflation d'intrigues et de personnages.
Ce à quoi il faut rendre hommage également, c'est au professionnalisme de l'équipe technique, exceptionnel dans le cinéma français de l'époque, la grande maîtrise de la prise de vue, des angles, des cadrages et des raccords, mais aussi de la bande-son, d'autant plus remarquable que le patron, qui fait partie de la distribution, n'est pas à même de tout superviser.
Ladite distribution, sans vedette, est finalement très satisfaisante, même si le jeu et surtout la diction des acteurs demeurent très ancrés dans la tradition théâtrale. Renoir a retouché son scénario en fonction de sa distribution ; c'est évident dans le cas du rôle de Christine, adapté à l'accent et à la nationalité de Nora Gregor. Mais je me demande aussi à quel moment Renoir s'est rendu compte du fait que Diallo n'incarnait qu'imparfaitement le personnage d'un aristocrate et lui a attribué un père juif, d'où les réflexions antisémites à la table des domestiques, que seul relève et réprouve le chef, du reste pas de façon très véhémente (être un métèque n'empêche pas le marquis d'être un homme du monde). Notons au passage que l'antisémitisme ne s'exprime que parmi les domestiques et non parmi les invités du marquis, ce qui est sociologiquement peu vraisemblable, mais symptomatique du réalignement idéologique de Renoir.
0Commentaire1 sur 1 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 17 janvier 2005
Renoir peint ici le tableau d'une société en pleine décomposition. Toutes les règles de la bourgeoisie d'avant-guerre sont ici triturées et décortiquées dans tous les sens jusqu'à leurs limites. Les dialogues sont d'une finesse rare, le jeu de Renoir et Dalio succulents, le scénario ficelé comme une une paupiette de veau. Tout dans ce film est à prendre et à déguster: les plans, les sons, les arrières-plans... Plus on le voit, plus on l'aime!
0Commentaire27 sur 33 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 2 novembre 2011
Dans un château,des grands bourgeois se livrent à un chassé-croisé hypocrite,signe d'un monde sclérosé qui n'a pas pris la mesure des catastrophes à venir...
Totalement rejeté à sa sortie cette oeuvre magnifique fait l'objet d'une réédition en Blu Ray.
Complétée par une interview de Renoir (1966)et décryptée par de grands spécialistes;trois heures de suppléments.A voir où revoir!
11 commentaire5 sur 6 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
le 13 septembre 2011
Tout a été dit sur ce chef-d'oeuvre du cinéma français. Je n'ai rien à ajouter aux commentaires justement louangeurs ci-dessous, je voulais simplement souligner le superbe travail de restauration effectué sur le film dans sa version Blu-ray. Une restauration qui permet d'apprécier toute la beauté des images de ce film, ce qui n'était pas le cas dans les versions précédentes. Du beau travail!
0Commentaire7 sur 9 personnes ont trouvé cela utile. Ce commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus
Un excellent film de Renoir datant de 1939 et quel bonheur de voir Dalio dans ce rôle de marquis cynique et désenchanté. La restauration de l'image et du son sont d'une qualité absolument exceptionnelle;
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonSignaler un abus