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le 25 novembre 2006
Sandor Vegh savait ce qu'il faisait lorsqu'il enregistra les quatuors en 1972 de celui qui fut pour lui un maître et un ami; depuis Beethoven, rien n'a été fait de mieux en matière d'expressivité et de maîtrise du langage si particulier à la formation en quatuor. Les premier et deuxième quatuor, composés d'une traite, laissent libre cours à l'inspiration brahmsienne de Bartok. Dans le toisième s'amorce ce coup de griffe propre au compositeur qui restitue à la musique folklorique sa place d'inspiratrice originelle. Le quatrième confirme ce sentiment d'être en territoire hongrois: la campagne et les danses voisinnent magiquement avec la surdité cosmique de Beethoven( écouter l'incroyable mouvement tout en pizzicato). Quant au cinquième quatuor, au lyrisme nocturne mais aussi lumineux, il atteint à la perfection formelle absolue:le génie dramatique de Bartok préfigure le Chostakovich des quatuors sept et huit. Le sixième et ultime quatuor boucle la boucle: la tristesse du thème repris en tête de chaque mouvement cède par moments la place aux danses hongroises ou au jazz brutalement singé par un homme malade, exilé aux Etats-Unis, et dont la dernière joie sera de composer sa sonate testamentaire pour le violoniste Yehudi Menuhin.
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500 PREMIERS RÉVISEURSle 13 décembre 2014
Le coffret des 6 quatuors à cordes de Béla Bartók, paru chez Naïve en 2001. Mais leur enregistrement original eut lieu en avril et juillet 1972. De leur côté leur écriture s'échelonna de 1908 à 1939.
Le célèbre critique musical Harry Halbreich propose ses commentaires pertinents dans un long livret, dont les citations ci-après sont extraites.

Il commence ainsi : « Il n'est pas fréquent qu'un compositeur doive sa plus grande notoriété à ses oeuvres les meilleures et les plus difficiles. Grâce à ses six Quatuors (...), la place de ces six chefs-d'oeuvre dans l'histoire semble bien celle de l'ensemble le plus important du genre depuis Beethoven. (...) Il est peu d'exemples depuis Beethoven d'un équilibre aussi accompli entre le fond et la forme, entre l'audace et la tradition. Chacun d'eux s'impose avec une lumineuse évidence comme l'expression hautement nécessaire d'une étape de son développement artistique et spirituel. La courbe d'évolution de l'art de Bartók est d'une clarté et d'une rectitude exemplaires : les six « Quatuors » en jalonnent les étapes essentielles sans qu'il y ait jamais double emploi entre eux. »
« La lumineuse et évidente perfection des six Quatuors résulte de la synthèse extraordinairement complexe d'une quantité d'influences et d'éléments contradictoires autant que complémentaires. »

L'esprit « hongrois » est-il encore mieux incarné par une formation du pays même ? Ce rendu n'est pas obligatoire mais inconsciemment il joue en sa faveur.
Il est littéralement fascinant d'appréhender le panorama d'évolution du style et des idées d'un compositeur, le long de son parcours, et ce par une même formation.
Six quatuors, c'est déjà assez pour s'apercevoir d'une évolution. Dans le cas du compositeur, 30 ans séparent le 1er du dernier.

Le 1er quatuor ouvre cet ensemble en une seule plage de tout juste 30 minutes.
Il commence par un lyrisme « sage et pur », tranquille - « indéterminé » précise le livret - qui se déploie tout au long de l'unique mouvement mais dont 3 parties le constituent. Son unique constitution peut apparaître déroutante puisque privée des repères traditionnels d'un mouvement bien identifié. Mais déjà toute la puissance expressive de Bartók y est, avec un lyrisme démonstratif mais où des libertés se faufilent quand au quatuor brahmsiens. Une tension qui monte progressivement et avec accélération (du lento à l'allegro) avec une moiteur qui y est sous-jacente ?
Première apparition des « cordes percutantes que nous rencontrerons si fréquemment dans les quatuors suivants. » [livret]
« Ce premier essai n'est ni parfait, ni totalement homogène dans son langage. Bartók, par la suite, lui reprochera, non sans raison, un certain manque de discipline et d'économie, fatal de la part d'un compositeur si jeune et doué d'un tempérament aussi généreux et exubérant. » [livret]

2ème quatuor : ici les mouvements deviennent bien séparés. Un peu plus agité et plus âpre, notamment au sein du 2ème mouvement. Au sein du 1er, beaucoup de changements d'atmosphères, de la plus tendre à la plus tendue. Le 3ème mouvement est plus lyrique, et finit comme par une suspension de l'accord final, très doucement, « exprimant une désolation et une solitude ». « Peut-être le plus lyrique, le plus romantique des six, le plus séduisant à la première audition, en particulier dans son premier morceau » précise le livret. Il continue : « Jamais la musique de chambre n'avait connu pareille explosion de vitalité saine et sauvage. »

3ème : « le plus bref, le plus tendu, le plus concentré, le plus difficile d'accès » s'enfonce encore dans l'aigreur, la gravité, avec des grands coups d'archers et parfois des glissandi. Cinglant. Mais aussi des plages lyriques, le tout au sein du même mouvement car ce quatuor est également écrit d'une seule traite. Une densité extrême dans ce modèle du genre, qui finit très abruptement. « L'épisode médian se déroule dans cette atmosphère mystérieuse et raréfiée, faite de souffles imperceptibles, de crissements d'insectes, d'interjections d'oiseaux, de mille petits détails, et par laquelle Bartók évoque l'envoûtement poétique de la nuit. »
« Les 3ème et 4ème, sans doute les plus parfaits et les plus audacieux. (...) Ce sont d'ailleurs les moins tonaux des six Quatuors. »

4ème : un pur chef-d'oeuvre. On se complait avec le compositeur et on se laisse littéralement envoûter par ce rythme hypnotique, tendu, qui nous amène dans tous les recoins possibles, et on le suit avec délice...
Une maîtrise exemplaire et parfaite s'élève. Un pur plaisir de grande écoute, d'invention. Une agitation toujours à l'oeuvre ; des dissonances superbes, mais toujours concises et très denses. « Une terrifiante intensité » qui signe un vrai modèle du genre. La fin lente du 3ème mouvement procure un doux répit avant la reprise.
L'allegro pizzicato du 4ème mouvement est exemplaire, comme l'allegro qui le suit, très vif, allant, en dégradés subits, avec une ritournelle presqu'élégante dans son genre. Et toujours ce côté grinçant, grimaçant, ricanant, avec ces accords raclés, toujours prêts à s'exprimer et surgir avec rage. « Le 4ème Quatuor est plus varié de sentiment, plus généreux dans ses contrastes, moins farouchement introverti que le 3ème. Ne serait-ce pas le plus riche de la série ? »

5ème : composé en un mois seulement. On le sent « très maîtrisé » et moins sombre, plus « propre » et simple. « Il témoigne d'une inspiration moins rude et moins agressive que celle des Quatuors précédents, plus détendue et plus mélodieuse aussi. » Avec des unissons au cours du lent adagio, parfois serein. Des bribes de mélodies qui se déforment progressivement en 3 et 5. Le 4 laisse entendre l'archet rebondir sur le violon.

6ème : dernière oeuvre écrite en Europe avant son exil américain. « La mort de sa mère vint en perturber la composition », et Bartók ne s'en remit jamais vraiment, comme de son exil.
La synthèse des autres, avec un retour au classicisme et avec des pizzicati et de brusques accélérations de tempo au sein du 3ème mouvement. Le dernier mouvement est très recueilli voire pesant et amère ; un peu comme un testament... On reconnaît indéniablement sa « patte » lors de l'accord final, avec cette poussée de l'archet, qui finit dans un contentement presque inachevé, lassé. « Il ne reste plus qu'une solitude obscure et glacée » finit le livret.

On ne sourit pas beaucoup dans ces quatuors, toujours enveloppés d'une pensée sombre, une gravité sérieuse. Un ressenti âpre, torturé et à la fois serein et plein de vie, pour la plus austère des formations musicales.
Ce coffret a obtenu un « Choc de la Musique » et un « Diapason d'or » mérités.

La photographie de la pochette fait référence aux fameux bains et sources d’eau chaude de Budapest et plus généralement de Hongrie ; typiques des villes thermales. En Hongrie, aller au bain faisait partie en temps-là de la culture locale.
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