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Au Conservatoire de Budapest, Georg Solti (1912-1997) eut notamment pour professeur... Bela Bartok !
Ses tous premiers microsillons avec le London Philharmonic pour Decca incluaient déjà les œuvres de son compatriote ("Musique pour cordes, percussion et célesta" en avril 1955, "Suite de danses" en novembre 1952...) qu'il réenregistrera quatre décennies plus tard avec le Symphonique de Chicago.
Nous entendons ici les célèbres versions intermédiairement gravées avec le London Symphony au milieu des années 1960, qui demeurent d'inexpugnables classiques de la discographie bartokienne.

Clarté de la mise en place instrumentale, goût du contraste dynamique (écoutez les coups de boutoir dans le volet central de l'Elégie...), direction mordante (les trombones de l'Intermezzo) : cette lecture du "Concerto pour orchestre" résume les ingrédients stylistiques du maestro hongrois.
Un peu moins poétique que la précédente mouture de 1952, l'interprétation de la "Suite de danses" exacerbe le modernisme grinçant et les couleurs crues de cette partition qui puise dans le folklore d'Europe orientale : la farouche véhémence de l'orchestre anglais (les cuivres fulminants du finale !) montre à quel point sa baguette savait galvaniser ses pupitres, tout en veillant impérieusement à la netteté rythmique.

Quant à cette version de la Suite du "Mandarin merveilleux" (Solti ne grava hélas jamais le ballet complet), préférable selon moi au remake aseptisé de Chicago, elle parvient à concilier la hargne et l'opulence à un niveau qui la place toujours au sommet des comparaisons, aux côtés de Ormandy (EMI) et Dorati (Mercury).
Précisons que les prises de son se révèlent stupéfiantes de transparence et de réalisme.
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