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9 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Une Offrande bienvenue, 19 août 2013
Par 
GERARD Dominique "KANTATEN" (Alpha du Centaure) - Voir tous mes commentaires
(TOP 500 COMMENTATEURS)   
Achat vérifié(De quoi s'agit-il ?)
Ce commentaire fait référence à cette édition : L'Offrande musicale BWV 1079 (CD)
Donner son opinion sur une captation d'une œuvre aussi importante et complexe que « L'offrande Musicale » de JS Bach n'est pas chose aisée. Au moins faut il tenter de garder une bonne dose d'objectivité et d'humilité.

En évoquant ce « monument » de la Musique, certains utilisent souvent le mot de « testament musical » A ce terme répond le triptyque constitué de « L'offrande musicale » (1747), de « La messe en si » (achevé en 1748 ou début 1749) et l'ultime « Art de la fugue ». Bach décédant en 1750.
En ne se tenant qu'aux œuvres profanes (donc en excluant « La messe en si ») on peut constater une gémellité intentionnelle entre celles ci(« Art de la fugue » et « Offrande musicale » )au delà des différences évidentes de composition et d'objectif :
- des œuvre qui portent en elles mêmes une dimension pédagogique : « voilà, à mon avis de Cantor, comment il faut procéder »
- une éblouissante synthèse d'un savoir et d'un savoir-faire de JS Bach dans l'art nu de la composition.
- une mise en actions de son extraordinaire capacité de l'utilisation du contrepoint doublé d'un jeu complexe mêlant avec une unique originalité l'inventivité, le sens de la forme et du nombre fondant le rythme.
Ce sens du rythme, quasi cardiaque, donc corporel car issu de la danse, fera dire à certains, qui n'ont pas tout compris des fondamentaux de Bach, que sa musique relevait des mathématiques !
La réalité semble bien plus profonde.
On peut écrire que JS Bach construit ici des images musicales mentales, comme des sculpteurs et des peintres le feront à partir du 20em siècle. Il va jusqu'à une forme d'abstraction, mais ne s’exonère jamais de l'humain et du spirituel.
La musique, comme tous les arts permet de dire ce que l'on ne peut pas exprimer avec le langage habituel.
Digressions penserez vous ? Non, car pour comprendre le fruit encore faut il connaître un peu l'arbre.
Comme pour « L'art de la fugue » les musiciens du 19em siècle auront bien du mal avec « L'offrande Musicale », certains la considérant même comme injouable. Il n'est pas majoritaire, mais Berlioz traitera la musique du Titulaire de Leipzig de « sotte et ridicule psalmodie »
On revient de loin, mais justement, revenons à « L'offrande musicale » (enfin!!!)

Courant Mai 1747, JS Bach, âgé de 62 ans, voyage vers Berlin pour rendre visite à son talentueux fils Carl Philipp Emmanuel alors engagé à la Cour de Frédéric II, le roi musicien particulièrement amateur de flûte traversière. Dés son arrivée à Potsdam, résidence du roi aux alentours de Berlin, ce dernier invite notre illustre voyageur pour lui présenter sa collection de « piano-forte ». Bach improvisera avec tant de brio que Frédéric II lui demandera de lui composer une fugue plus élaborée exploitant un thème de sa propre composition et d'improviser une fugue à 6 voix en laissant au Cantor le choix de la thématique.
Commande étonnante et complexe..mais royale (dans tous les sens du termes)
Bach relève le défi et va livrer l'année même une partition bien plus élaborée que celle promise, intitulée « Offrande musicale dédié à sa majesté le Roi de Prusse.... »
Il va placer en tête du second fascicule de la partition une mention acrostiche en latin qu'il souligne de sa main : le mot ricerar (un des des plus ancien nom de la fugue), référence explicite à la recherche et la dimension savante de la composition : Regis Iussu Cantio Et Reliqua Canonica Arte Resoluta. ( Morceau réalisé à la demande du roi et autres morceaux résolus suivant l'art canonique)
Tout est écrit.
Le manuscrit original est malheureusement égaré (heureusement qu'existent des copies) et on ne connaît pas exactement l'ordre de jeu des pièces si tenté, c'est l'hypothèse du musicologue Philippe Spitta, qu'il en existe un.

Jordi Savall (on y arrive!) s'empare de cette œuvre originale et saintement complexe avec un profond respect et un sens aiguë de l'importance de celle-ci et de ses enjeux musicologiques.

Il apporte du reste sa contribution à la captation en jouant de la viole de gambe altus et basse.
Notre Catalan va d'abord savoir s'entourer. A titre de simples exemples, on peut citer Pierre Antaï fabuleux au clavecin, Pablo Valetti remarquable au violon et Bruno Cocset gorgé de talents au violoncelle et basse de violoncelle.

On sort de la première écoute « chamboulé » mais conquis.

Une des clés de la réussite de Jordi Savall dans cette affaire réside dans le fait d'avoir réussi une véritable conjugaison de talents individuels ancrés dans des personnalités différentes et bien trempées.
Le mot « offrande » n'est pas ici vain.

Plutôt que de s'enfermer dans une option uniquement multi-instrumentale, Savall opte avec sagacité pour celle de l'alternance et de la diversité : morceaux en solo ou à plusieurs instruments se succèdent et donnent, presque paradoxalement, à cet enregistrement une forme magique d'homogénéité par le biais d'une diversité finalement unique dans son esprit. Et son expression musicale.
Quelques illustrations :
La captation débute par un clin d’œil superbe au commanditaire de la composition : un « Thema Regium » prenant servi à la flûte traversière par un Marc Hantaï habité.
Tout le reste est de la même tonalité subtile et délicatement boisées
Pierre Hantaï repousse très loin les tonalité un peu métalliques du clavecin dans le « Ricerar a 3 » ou encore le « Canon 1 a 2 » ; Son « toucher » colore l'instrument de douceurs et de profondeurs fascinantes.
Le « Canon 2 a 2 Violini in unisono » qui réunit Manfredo Kramer (violon), Pablo Valetti, Pierre Hantaï et Jordi Savall sidère par sa justesse et la limpidité du jeu.

Voici donc, à mon goût, une réussite complète dans la « manière » du Cantor me semble t'il.
Comme une autre facette d'un inaltérable diamant, elle vient rejoindre les versions de Goebel-Bach : L'Offrande Musicale (Musikalisches Opfer)et Leonhardt- Bach: L'Offrande musicale ~ Musikalishes Opfer, BWV 1079, toutes trois différentes mais superbes.

Cette captation touche profondément le corps, l'esprit et, si vous y croyez, l'âme. Car avec Bach le spirituel, dans sa plus noble définition, n'est jamais bien loin.

Ne manquez pas cet enregistrement, ce serait dommage.
Somptueux et juste. Plus que chaudement recommandé...mais ça, ce n'est pas une surprise !!!
Bonne et enrichissante écoute.
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L'Offrande musicale BWV 1079
L'Offrande musicale BWV 1079 de Johann Sebastian Bach (CD - 2007)
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