undrgrnd Cliquez ici Toys NEWNEEEW nav-sa-clothing-shoes Cloud Drive Photos FIFA16 cliquez_ici Rentrée scolaire Shop Fire HD 6 Shop Kindle cliquez_ici Jeux Vidéo

Commentaires client

107
4,4 sur 5 étoiles
Stanley Kubrick Collection : Shining
Format: DVDModifier
Prix:7,42 €+Livraison gratuite avec Amazon Premium
Votre évaluation :(Effacer)Evaluez cet article


Un problème s'est produit lors du filtrage des commentaires. Veuillez réessayer ultérieurement.

19 sur 21 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
"The Shining", à sa sortie, fut plutôt mal accueilli et trente ans plus tard il se trouve encore des gens pour penser que c'est l'un des grands ratages de Kubrick. Personnellement, je pense que c'est au contraire une de ses grandes réussites. A première vue, c'est un simple film d'horreur qui n'hésite pas à nous resservir un thème éculé du genre, celui de la maison hantée, laquelle devient ici un vaste hôtel perché on ne sait trop où. Mais Kubrick n'était pas homme à faire du réchauffé. Quand il s'attaquait à un genre cinématographique, c'était pour y apposer sa griffe unique, pour le marquer d'une empreinte indélébile. Cette histoire d'hôtel mystérieux où semblent errer d'étranges fantômes est en réalité une toile de fond sur laquelle se joue le véritable enjeu du film: la lente et inexorable descente d'un homme dans le cauchemar de sa propre folie.

Tout en gardant les personnages et les grandes lignes narratives du roman de Stephen King, Kubrick les subordonne ici à son propre univers, à son esthétique, à son projet. 2001 était une odyssée spatiale et philosophique, Barry Lyndon une odyssée historique. "The Shining", lui, est une odyssée mentale. C'est un voyage dans le labyrinthe du cerveau humain. Un labyrinthe dont l'hôtel Overlook, avec ses couloirs interminables, sa constante symétrie, ses moquettes aux motifs géométriques, offre une métaphore évidente, métaphore que file le labyrinthe de verdure attenant à l'hôtel lui-même.

Ce film n'assène pas des effets-choc. Il suggère. Distille. Déstabilise. Il crée le malaise par son décor, son atmosphère, sa musique. Bien sûr, il y a des scènes spectaculaires, comme celle des flots de sang qui jaillissent des ascenseurs, mais c'est malgré tout l'ambiguité qui domine, une ambiguité qui croît peu à peu, scène après scène, qui envahit le spectateur à mesure que la folie envahit Jack Nicholson. Le rythme du film est lent, mais c'est une lenteur lourde de menace, car très vite on sent que s'opère en Nicholson une évolution, une métamorphose. Coupé du monde, coupé de son inspiration de romancier, il se coupe progressivement de sa famille, se déconnecte de la réalité pour sombrer dans un univers de visions, de fantasmes et de voix intérieures.

Le tournage de ce chef-d'oeuvre de l'horreur fut, paraît-il, épique, Kubrick réclamant de ses acteurs ce qu'il réclamait de lui-même, à savoir la perfection, mais quand le résultat final est aussi majestueux, tous les efforts se trouvent justifiés. Du plan d'ouverture rythmé par la Symphonie Fantastique de Berlioz au mystérieux plan final que chacun peut interpréter à sa guise, ce film porte tout bonnement la marque du génie. A la vingtième, à la trentième vision, on continue de lui découvrir des subtilités, des interprétations nouvelles. C'est un film qu'on n'a jamais fini de voir, qui vous interpelle, qui vous interroge, qui vous ramène à lui. C'est un film universel et intemporel, car il parle de la folie qui sommeille en tout être humain. Et qu'un rien, hélas, peut réveiller.
88 commentairesCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
2 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 25 février 2015
Mon commentaire fait référence à cette édition : Shining [Blu-ray]. Il s'agit de la version américaine dont le contenu propose le film en version longue, pour une durée totale de 144 mn (25 mn de plus que la version européenne).
La très bonne nouvelle pour les francophones réside dans le fait que cette version allongée est entièrement disponible en VF d'époque, puisque le film avait été traduit avant d'être recoupé. Il a également retrouvé son cadrage initial en 16/9° et le résultat en HD est proprement fabuleux, peut-être encore supérieur à la version blu-ray européenne. Nul doute que si Mr Kubrick était encore en vie, ce serait un director's cut.
Bref, une édition "zone free" (pouvant être lue sur n'importe quel lecteur blu-ray) qui, en ce qui concerne le film, rend caduque toutes les autres éditions sur le marché !
En revanche, les nombreux bonus (un commentaire audio, trois documentaires et un making-of, ainsi qu'une bande-annonce) ne sont pas sous-titrés. Ce qui est finalement logique pour un produit venu d'outre-Atlantique...

Tout le monde a vu ce film culte aujourd'hui, non ?
Réalisé en 1980 par le grand Stanley Kubrick, il s'agit de l'une des premières adaptations cinématographiques d'un roman de l'écrivain Stephen King (le deuxième, après Carrie).
Le pitch : Une petite famille (le père, la mère et le tout jeune fils) s'installe pour l'hiver dans un grand hôtel de luxe qui n'est ouvert que l'été. Car Jack Torrance (le père), voit ainsi l'opportunité, en acceptant la maintenance de l'hôtel durant sa période hivernale de fermeture, d'achever l'écriture de son roman.
L'hôtel "Overlook", doté d'une conscience et habité par des esprits malveillants, va bientôt posséder Jack. Mais Danny, le fils de Jack, possède le "Shining" (le "don de lumière"), une faculté de médium, qui le rend sensible aux forces surnaturelles et lui permet de voir l'avenir. Il parvient ainsi à percer les secrets de l'hôtel.
En plein cœur de l'hiver et alors que l'hôtel est quasiment inaccessible en raison de la neige qui l'isole, Jack finit par devenir un danger pour sa famille...

Dans son roman, Stephen King développait une intrigue horrifique qui n'était finalement que le vernis derrière lequel il dressait une éprouvante mais passionnante toile de fond sur la détérioration de la cellule familiale (l'un de ses thèmes de prédilection). L'hôtel, qui isole la cellule familiale du reste du monde social et la confronte à elle-même, canalisait ainsi toutes les menaces qui pulvérisent son équilibre (l'alcoolisme, les déviances du quotidien comme la maltraitance de l'enfant due aux colères parentales, l'effritement des sentiments amoureux, la précarité financière et la perte de confiance) en les exacerbant, afin de déverser sa malveillance naturelle, comme une métaphore de cette détérioration.
Kubrick n'a gardé que la surface de cette passionnante toile de fond, se focalisant essentiellement sur la perte de repères des personnages et leur basculement vers la folie. A ce titre, le réalisateur n'a évidemment pas son pareil pour magnifier une simple épure de la trame du roman initial. Ne gardant que quelques éléments du script originel, il parvient ainsi à en proposer une relecture simplifiée mais dont les effets purement cinématographiques tirent l'ensemble par le haut.

Avec un tel réalisateur, tout est affaire de mise en scène conceptuelle. Le thème du labyrinthe, véritable métaphore de l'esprit torturé des principaux personnages, s'impose ainsi de manière physique et allégorique, comme une mise en abîme : Dans l'esprit des personnages, dans les couloirs de l'hôtel, dans le jardin. Il est décliné partout.
L'équilibre entre la présence et l'absence des habitants de l'hôtel est également mis en scène de manière complexe et maniaque : Tandis que les fantômes n'apparaissent dans le cadre que de manière ponctuelle mais centrée, les vivants se reflètent sur tous les coins de l'image par un jeu de reflets de tous les instants (sur les miroirs, dans les fenêtres, etc.). Soit une façon purement cinématographique de développer certains des thèmes puisés ici et là dans le roman initial, auxquels s'ajoutent des effets horrifiques saisissants, qui n'ont pas pris une ride contrairement à la plupart des films d'horreur de la même époque...

C'est un fait établi : La peur en iconographie ne survit pas au poids de l'âge, et le cinéma, qui allie l'image et le son (deux vecteurs de peurs s'il en est), n'échappe pas à cette règle indéniable : Ce qui nous faisait peur il y a des décennies ne nous fait plus peur aujourd'hui. La peur "vieillit" mal, car elle est dépassée dans le temps par de nouvelles itérations.
Mais ce Shining de 1980 demeure toujours assez effrayant, et ce malgré une image surannée qui semble directement surgir des années 70 ! Les effets sont pourtant simples, voire archétypaux quand on y pense : Deux petites filles fantomatiques qui apparaissent brutalement dans un couloir au tournant d'un virage ; des flots de sang qui dégoulinent d'un escalier ; un gros plan sur le visage d'un enfant déformé par la peur ; une vieille femme décrépite qui avance vers la caméra en exultant d'un rire sépulcral ; une musique à faire pâlir d'angoisse un mur de pierre... Mais effectivement, rien que d'y penser on en frissonne d'angoisse ! Au point que, bien des décennies plus tard, la plupart des réalisateurs de films d'horreur continuent de réutiliser de tels effets !

Mais cette débauche de trouvailles cinégéniques s'oppose à une certaine "trahison" de l'intrigue imaginée par Stephen King. Raison pour laquelle de nombreux lecteurs n'ont pas apprécié cette adaptation, qui fait l'impasse sur beaucoup trop d'éléments issus du roman, et en transforme beaucoup d'autres.
Stephen King lui-même regrettera ce manque de fidélité envers son œuvre, au point qu'il sera l'initiateur d'une nouvelle adaptation en 1997 (près de vingt ans plus tard), dont il écrira le scénario en personne, en plus de produire le film (en réalité une mini-série télévisée) et de superviser sa mise en scène. Le résultat (Shining (mini-série)) sera à la fois très différent et très complémentaire de la version de Stanley Kubrick, substituant à l'expérience sensorielle de l'un (la première version de 1980), la richesse thématique de l'autre...

Et c'est là qu'intervient cette "version longue"...
Effectivement, les 25 mn supplémentaires rajoutées au montage ramènent beaucoup d'éléments jadis écartés en provenance du roman. L'alcoolisme de Jack Torrance est réhabilité, pour ainsi dire, de même que l'épisode tragique où il est raconté qu'il a brutalisé Danny un soir de beuverie, installant ainsi le terreau de "l'homme potentiellement colérique" sur lequel l'esprit malfaisant de l'hôtel va s'appuyer afin de posséder le pauvre homme.
D'autres scènes sont rallongées, en particulier celle de la visite de l'Hôtel avant sa fermeture. D'autres sont sensiblement différentes. Mais dans l'ensemble, le film gagne ainsi une nouvelle image, plus proche du roman initial.
Evidemment, comme personne n'est jamais content, cette version longue déplait à certains cinéphiles qui considèrent que le film est moins épuré, et donc moins intéressant artistiquement (mais il y en a également qui trouvent le film ridicule et surjoué !). A moi qui aime autant le roman que le film de Stanley Kubrick et même la version télévisée de 1997, cette version longue me convient parfaitement. Et c'est cette dernière que je reverrai désormais...
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
13 sur 15 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 23 septembre 2006
Le maître KUBRICK a encore une fois sidéré le monde cinématographique en 1980 lors de la sortie de "THE SHINING" en réinventant le film dit "d'horreur". Pas, ou peu, d'hémoglobine ; pas, ou peu, d'armes trachantes, aucune scène gore, et pourtant cette oeuvre est horrifique du début à la fin. La "faute" aux acteurs, tous plus remarquables les uns que les autres, à commencer par NICHOLSON, et ses célèbres sourcils diaboliques, la fragile Shelley DUVALL, elle-même diminuée pendant le tournage du film, ce qui contribua à "l'efficacité" de ses larmes, et le jeune Dany LLOYD (dont ce sera l'unique film) et son petit copain "tony". Sans oublier l'un des "personnages" centraux : ce fameux hôtel délicieusement rétro mais terriblement inquiétant, dont les longs couloirs et les immenses salles de réunions, nous font frémir. KUBRICK avec l'emploi de la steadycam (une première pour l'époque) nous fait suivre pas à pas (au sens propre) les errements des parents et du fiston, dans cette immensité désertique. 36 ans plus tard, l'oeuvre n'a pas pris un ride et nous laisse toujours autant pantois lors de la dernière prise de vue. De plus, cet édition nous offre un petit making of, particulièrement rare, quand on connaît le culte de secret dont aimait s'entourer KUBRIK. Il fallait que cela soit sa fille pour qu'il accepte ainsi de se laisser filmer. Un DVD a posséder impérativement dans sa cinémathèque.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 9 août 2015
Ce commentaire fait référence à la version américaine de Shining, longue de 144 minutes, au contraire de celle européenne raccourcie à 115 minutes par Kubrick lui-même, suite au démarrage très décevant du film d'abord sorti au US.

Tout est dans le titre : cette version est tout simplement indispensable tant elle change de celle que nous avons l'habitude de visionner dans nos contrées. Et oui, Kubrick a tout de même coupé presque 30 minutes de pellicule de son premier montage ! Si l'histoire reste la même, la profondeur des personnages, l'enchainement des événements, la cohérence et la force narrative, et donc la tension qui s'en dégage, n'ont plus rien à voir.
Pour tout dire, grand fan du film et l'ayant vu un grand nombre de fois, c'est la première fois où j'ai vraiment eu peur à la vue de ce Shining.

Maintenant, la version européenne me parait du coup bancale, certains passages, certaines transitions me paraissent depuis obscures ou sans véritable mobile tant cette version tend à ne garder que l'essentiel de l'action au détriment de toute profondeur et de tout développement.

A force d'ellipse le film en est devenu moins efficace, beaucoup moins crédible, et du coup moins effrayant !

Pour quelques euros, en zone free et avec sous-titres français, n'hésitez plus, achetez d'urgence cette version si vous ne la connaissez pas encore !
11 commentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
1 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Il y a deux versions de Shining, celle ci de Stanley Kubrick mais qui s'éloigne de trop du roman, une deuxième supervisée par le maitre Stephen King qui a voulu une version plus proche de ses écrits..
Celle de Stanley Kubrick s'éloigne beaucoup de l'esprit que Stephen King a donné à son roman pour qui Danny Torrance (Danny Lloyd) est le personnage central,
Alors que Stanley Kubrick a réalisé son film en donnant à Jack Torrance (Jack Nicholson) le rôle central de l'histoire..

Même si il s'agit d'un bon film j'ai moins aimé la version de Stanley Kubrick que celle supervisée par Stephen King

Comme dans tous mes commentaires concernant les films tiré des romans de Stephen voici la liste de ceux que je pense etre les meilleurs:
Chambre 1408,Cujo, Les Langoliers, Rose Red, Le journal d'Ellen Rimbauer,The Mist, Les vampires de Salem (il y a deux versions), La tempete du siecle, Les Tommyknockers, Contretemps, Les evades, Shining (il y a deux versions),Christine, Dreamcatcher, Ca, Coeur perdu en Atlantide, Desolation, Le bazaar de l'epouvante, La peau sur les os, Simetierre, La nuit dechirée, La part des ténébres, The mangler, Le fleau, Dolores Claiborne, La ligne verte, Misery....
Il y en a encore d'autres mais ceux la sont, à mon avis, à voir par tous les fans du maitre!
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
12 sur 14 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
Cette édition blu ray de Shining est sortie depuis pas mal de temps maintenant mais j'ajoute tout de même que la section image de ce transfert HD reste une des toutes meilleures pour un film ancien depuis l'avènement du support. Dès les premières séquences, quelle claque ! Master nettoyé, colorimétrie et contrastes claquants, piqué de haut vol et effet 3D palpable à plusieurs reprises sur les gros plans, on croirait presque le film tourné hier tant l'image est impressionnante. Le grain est très limité et les défauts de compression rares. On peut vraiment parler de renaissance pour ce monument de Kubrick.
33 commentairesCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
22 sur 27 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
SHINING (1980) est le plus grand succès public de Stanley Kubrick, qui a d'ailleurs participé à renflouer les caisses de la WarnerBros. Tiré d'un roman de Stephen King, c'est un film de genre, très abordable, populaire, et voulu comme tel par le réalisateur, qui souhaitait tout simplement réaliser un film qui fasse peur. Mais peur en plein jour, en pleine lumière, à l'opposé de ce qui se faisait dans ce genre, jusqu'à présent.

SHINING s'appuie sur une trame dramatique très simple : Jake, un écrivain, accepte un poste de gardien dans un hôtel fermé au public pendant l'hiver, pour y travailler sereinement à son prochain livre. Il y emmène femme et enfant. Le temps passe, et chacun se retrouve face à sa solitude, ses angoisses, ses fantasmes... Kubrick y traite ses thèmes de prédilection, la perte de contrôle, la folie, l'opposition raison/émotion, et la famille (à partir de LOLITA, et à l'exception de FOLAMOUR, tous les films de Kubrick mettent en scène un couple et un enfant).

Le générique nous montre très astucieusement, vu d'hélicoptère, la voiture de la famille serpenter dans la montagne jusqu'à l'hôtel Overlook. En découvrant ce paysage, le spectateur comprend de suite la difficulté qu'il y aura à en repartir, en cas de tempête de neige... Le générique défile à l'écran mais... à l'envers ! Sensation d'étrangeté, dès le début, accentuée par la partition contemporaine de Wendy Carlos, d'après Berlioz. SHINING est un long compte à rebours. Des intertitres décomptent les mois, puis les jours, puis les heures qui nous séparent du dénouement. L'étau se resserre. Une fois les premières scènes d'exposition passées, mais loin d'être anodines, Kubrick va nous distiller sa science de la mise en scène, et amener le spectateur vers l'horreur.

L'utilisation du décor est primordiale. Kubrick y promène sa caméra de manière rectiligne, il affectionne la symétrie des éléments, pour mieux faire ressortir les dérèglements psychiques. Ces longs couloirs vides et silencieux parcourus en travelling par la caméra, sont comme le réseau de neurones de notre cerveau. Pour cela Kubrick avait commandé une caméra spéciale, que l'opérateur tenait grâce à un harnais. Elle permettait de réaliser des travellings sans rails, très fluides. On la connaît maintenant sous le nom de SteadyCam. Cette caméra s'immisce partout, comme un serpent venimeux dans tous les recoins de l'hôtel. Que se cache-t-il derrière ces portes de chambre ? L'hôtel est-il vraiment vide ?

Le film bascule dans le fantasmatique, l'irréel, et le génie de Kubrick est de parvenir à nous faire douter de tout. Jake est-il paranoïaque, schizo, le fils Danny est-il perturbé, affabulateur ? Qu'est ce qui est vrai, qu'est ce qui est faux, qu'est ce qui est inventé ? La force de Kubrick est de filmer le fantasme et le réel sans distinction. La scène où Jake commande à boire, au bar, est l'exemple type. Ou la discussion dans les toilettes. Kubrick parvient à nous faire adhérer à un point de vue, que l'on sait ne pas pouvoir être réel. Il nous amène à un tel état d'esprit que nous acceptons, à la fin, que Jake soit libéré de la chambre froide, alors nous avons vu Wendy en verrouiller la porte.

Une fois le spectateur définitivement perturbé, Kubrick passe la vitesse supérieure, et nous assène des morceaux de bravoure à couper le souffle. Jake menaçant Wendy d'une batte de base-ball, Jake défonçant la porte de salle de bain à la hache en chantant "little pigs, let me go in !" (décomposer cette scène, plan par plan, c'est diabolique !), ou encore les portes des ascenseurs s'ouvrant sur les hectolitres de sang, l'apparition des jumelles (absentes du roman), la chambre 237... autant d'images terrifiantes, traumatisantes, conçues pour nous hanter, davantage que les situations en elles-mêmes. Kubrick veut nous emmener sur les rives de la folie, dans un crescendo d'épouvante. Le point culminant étant la scène du labyrinthe végétal (absent dans le roman de King) avec ce travelling descendant incroyable, et encore une fois, l'utilisation judicieuse de la SteadyCam. Quant à ce qui se passe dans ce labyrinthe, je ne vous en dirai rien...

SHINING est un film ludique, qui joue avec nos nerfs, servi par un duo d'acteurs formidables : Jake Nicholson est au sommet de son art. Il singera le personnage de Jake dans de nombreux films ensuite. Shelley Duval (vue chez Altman) est bouleversante, malmenée par Kubrick qui la poussait à bout de nerf pour obtenir le résultat souhaité à l'écran. Le nombre de prises exigé par Kubrick dans SHINING dépasse l'entendement. Le dénouement énigmatique soulèvera beaucoup de questions, presque autant que 2OO1 et nous force à revoir le film sous un autre angle. Comme MULHOLLAND DRIVE (D.Lynch) autre labyrinthe cérébral, dont on ne peut pas nier la filiation.

Pour finir, quelques infos en vrac : si une version de SHINING de 145 minutes est disponible en DVD, le montage définitif souhaité par l'auteur est de 120 minutes. Fidèle à sa technique, Kubrick avait finalement coupé les scènes "explicatives". Le seul making-off disponible sur Kubrick a été réalisé par sa fille, sur le tournage de SHINING. Ne le rater pas. Ces images sont rares. Stephen King s'estimant trahi par Kubrick, supervisa un remake pour la télé en 1997 (no comment !).
2323 commentairesCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
9 sur 11 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 17 mars 2006
"Shining" est à mon sens l'une des meilleures adaptations cinématographiques d'une oeuvre de Stephen King.
Réalisé par le maître Kubrick, ce film reste très fidèle au roman, tout en étant sublimé par les décors grandioses dans lesquels il a été tourné (les Rocheuses), ainsi que par la magistrale interprétation de Nicholson, en père de famille qui basculera progressivement dans la folie.
Considéré par beaucoup comme l'un des films d'horreur les plus flippants de tous les temps, la force de "Shining" ne réside pas dans ses effets gores (très peu nombreux), mais plutôt dans l'angoissante atmosphère distillée tout au long du film, où chaque élément du décor a son importance.
A signaler une très belle BO!!!
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
9 sur 11 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 4 juillet 2006
Shining posséde toutes les qualités des autres chefs d'oeuvre de Kubrick: la mise en scéne rigoureuse, la photographie exceptionnelle, le jeu impeccable des acteurs et un scénario solide comme un roc. Adapté du livre éponyme de Stephen King, Shining reprend les thémes chers au célébre romancier: l'écrivain psychotique, la vie de couple, et le surnaturel en toile de fond, cela va de soi. Je ne peux pas dire si le film est fidéle au livre que je n'ai pas lu. Je pense que c'est sans importance compte tenu du résultat excellent. Ce qui m'a le plus marqué dans ce film culte est incontestablement la prestation de Jack Nicholson: son visage est d'une expressivité que je n'ai jamais rencontré ailleurs. On y lit l'intensité du drame qui se noue. Ce film fait définitivement partie des grands classiques.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
le 17 août 2015
Réalisé par un maître du 7ème art en la personne de Stanley Kubrick, Shining est une somptueuse adaptation du roman de Stephen King en dépit de pas mal d'infidélités (ce qui provoqua à sa sortie le mécontentement de l'auteur). Le film jouit toujours d'une très belle renommée, considéré comme l'un des meilleurs films d'horreur de tous les temps. Personnellement, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus effrayant, mais je n'ai vraiment pas regretté de voir ce film remarquablement réalisé par Kubrick. Mais le point fort du film demeure incontestablement Jack Nicholson dans ce qui reste comme probablement son rôle le plus marquant de sa carrière. Nicholson nous offre une performance absolument bluffante. Il porte le film sur ses épaules. Le passage culte où il défonce la porte à coup de hache, le visage déformé par un rictus satanique, est un pur moment d'effroi, teinté d'humour noire. Shelley Duvall (qui après ce film réalisera la série de contes de fées Faerie Tale Theatre) est excellente elle aussi, elle fait parfaitement ressortir la terreur qui habite son personnage.

Cependant, "Shining" n'a pas que des qualités. En effet, bien que la longue durée du film soit justifiée pour que l'un des personnages sombre dans la démence (vous aurez deviné lequel), le film est tout de même un peu trop long. Par conséquent, des baisses de rythme se font ressentir et on se met parfois à attendre que cela bouge un peu plus.
0CommentaireCe commentaire vous a-t-il été utile ?OuiNonEnvoi de commentaires en cours...
Merci de votre commentaire.
Malheureusement, nous n'avons pas réussi à enregistrer votre vote. Veuillez réessayer
Signaler un abus
     
 
Les clients ayant consulté cet article ont également regardé
2001 : l'odyssée de l'espace
2001 : l'odyssée de l'espace de Daniel Richter (DVD - 2001)
EUR 7,49

Stanley Kubrick Collection : Barry Lyndon
Stanley Kubrick Collection : Barry Lyndon de Ryan O'Neal (DVD - 2001)
EUR 8,37

Orange mécanique [Édition Collector]
Orange mécanique [Édition Collector] de Malcolm McDowell (DVD - 2007)
EUR 8,99