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5
4,4 sur 5 étoiles
Dvorak - Symphonies n° 8 et n° 9 "du Nouveau Monde"
Format: CDModifier
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Presque un demi-siècle sépare les six faces 78tours gravées en mars 1940 des sessions viennoises de janvier-février 1985 où furent captées la n°8 et la n°9 (parues en CD chez DG et en vidéo chez Sony).
Sa première Huitième remontait à septembre-octobre 1961 pour Decca, aussi avec le Wiener Philharmoniker.
Tous ses autres enregistrements dvorakiens furent réalisés avec le Berliner Philharmoniker : la n°9 en mai 1958 (Columbia), mars 1964 (DG), janvier-février 1966 (vidéo DG) et janvier 1977 (EMI). C'est cette dernière qui se trouve rééditée dans le présent CD, couplée avec la n°8 de janvier 1979.

L'interprétation de celle-ci s'embue dans un lyrisme nostalgique, rêvant à de vieilles légendes qui rappellent le "Vysehrad" de Smetana.
Une telle évanescence dissipe le brio de l'Allegro, transmué en atmosphères poétiques au long souffle, et adoucit le paysage de l'Adagio. L'Allegretto s'anime à une allure plus rapide que la partition (noire pointée =58 au lieu de 50 jusque la mesure 86), toutefois sans brusquerie tant Karajan nous tient sous le charme de ses violons agiles et souples (les trilles !)
En revanche, la même délicatesse assoupit abusivement l'accalmie centrale du Finale : noire =68 au lieu de 108 entre 4'58-7'54 !
Au tout début de ce passage (mesure 253-), le pianissimo (pp) amène ici les violoncellistes aux limites d'une confidence silencieuse.
Ensuite, les fougueuses embardées (1'56-, 8'58-) se déploient avec une profusion privée d'éclat comme de netteté car trop pesantes, encombrées. Réécoutez Antal Dorati ou Witold Rowicki, tous deux aux commandes d'un LSO chauffé à blanc !
Globalement, voilà une approche très cohérente, lisse et soyeuse, d'une étonnante séduction mélodique, mais qui tend à escamoter le caractère dramatique de cet opus 88 dont la joie lumineuse deviendrait crépusculaire sous cette baguette.

Hélas dans la Neuvième, on déplore les tics stylistiques du maestro autrichien, qui dénaturent la lettre et l'esprit de l'oeuvre.
Des « effets luxuriants sont étalés comme des couches successives de chantilly sur de la crème au beurre » écrivait Christophe Huss dans un Hors Série du magazine Répertoire.
Emphase, mollesse, maniérisme (legato et ritardando injustifiés) contrecarrent l'influx de l'Allegro solennisé comme une caricature de Bruckner.
Le Largo survit à une lecture très lente, déroulée comme méditation funèbre où frémit pourtant une sensibilité endeuillée (le Poco piu mosso 4'29-8'01)
Le Scherzo parait amorphe, enferré, ne trouve aucune pulsation convaincante. Le Poco sostenuto (1'40-), le Trio (3'22-5'23) ne s'avivent pas de l'entrain nécessaire, pour ne rien dire d'un sévère ton germanique.
Dans le Finale, Karajan surprend par la prestesse et l'inflexibilité de son tempo (noire à 144 jusqu'au Meno mosso à 5'56), par l'intensité des climax traités en palier (le fortissimo 8'24-9'20), par la ferveur extatique du Meno ritardando (9'53-10'24). Tout cela saurait-il échapper à l'emprise de la grandiloquence ?
On ne s'attardera pas à vanter la virtuosité et l'opulence de l'orchestre berlinois : comme souvent en écoutant ce chef, c'est moins la technique d'exécution que le style qui pose problème.

Si vous cherchez ces deux Symphonies couplées en série économique, je vous recommanderais plutôt Rafael Kubelik avec le même orchestre mais plus familier de la musique de son compatriote, le somptueux romantisme de George Szell à Cleveland. Pour quelques deniers supplémentaires (à vérifier selon le cours du jour), voyez aussi l'énergique et séductrice version d'Istvan Kertesz, et bien sûr l'historique témoignage de Vaclav Talich avec la Ceska Filharmonie.
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29 sur 36 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 10 août 2003
Ce fut le premier enregistrement que j'ai entendu de la symphonie du Nouveau Monde, et j'avoue que j'adore cette oeuvre et cette version. C'est un "coup de maitre" de la part de Karajan. On peut regreter que sa version de 1957 n'est pas réédité en CD, mais celle ci, enregistrer vingt ans plus tard reste aussi bonne que sa "grande soeur". Il y a de la vie et de l'émotion, c'est l'essentiel
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2 sur 3 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 26 février 2012
Pour moi, bonheur de découvrir cette 8ème symphonie de Dvorak que je n'avais jamais entendue. Elle a ajouté à entendre une autre interprétation de la 9ème, très connue. Comparer est aussi du plaisir et j'affine mon oreille et mes préférences.
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1 sur 2 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 18 juillet 2013
l'oeuvre n'est plus à découvrir mais l'interprétation de Karajan lui donne une autre dimension

je recommanderais ce disque à des amis
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0 sur 1 personnes ont trouvé le commentaire suivant utile
le 26 février 2014
CD acheté pour offrir , j'avais déjà cet enregistrement, une musique qui donne une telle énergie c'est presque un devoir de la partager
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