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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 la référence moderne, 5 mai 2007
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Cantates sacrées vol.18 BWV 66, 134, 67 (CD)
Prenez un chef japonais de confession chrétienne, organiste et claveciniste, ayant poursuivi ses études en Europe avec Ton Koopman ; prenez un ensemble 100% japonais créé en 1990 dans le but de représenter au Japon les grandes oeuvres de l'ère baroque sur instruments historiques, comprenant une vingtaine d'instrumentistes et le même nombre de choristes, donnant quatre concerts Bach par an et accueillant des chanteurs européens ; prenez des enregistrements réalisés par les suédois à la chapelle de l'université féminine Shoin construite en 1981 à Kobe, avec une mise au point d'une acoustique exceptionnelle, pour les événements religieux et musicaux ; prenez le cinquantième anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale ; prenez un rythme d'enregistrements assez lent mais régulier, des solistes japonais permanents et des invités européens, une suite chronologique des cantates, un livret en français très intelligent et très détaillé pour chaque oeuvre (mais les textes des cantates sont en allemand-anglais), une prise de son au service de la musique... et vous aurez certainement l'une des plus fabuleuses séries d'enregistrements consacrés à l'intégrale des cantates de Bach, passionnants à comparer avec leurs illustres aînés, d'un souci musicologique remarquable (les dilemmes instrumentaux sont à chaque fois justifiés par Suzuki lui-même). Une grande homogénéité donc qui fluctuera à peine en fonction du choix des solistes, et une exceptionnelle précision et justesse des instrumentistes. Il se dégage de ces enregistrements une impression d'évidence, un côté très « lisse », débarrassé des « tics » d'interprétation baroque habituels et de leurs cortèges d'instruments ne sonnant pas toujours très justes.

La BWV66 contient une partie extrêmement virtuose dans le choeur initial réalisée ici avec brio. Le style de BWV134 tient plus du profane que du religieux (absence de choral, duos entre solistes et duos solistes/choeur), esprit que l'on retrouve dans BWV67 tout à fait non conventionnelle dans l'air de basse/choeur « Friede sei mit euch ! » et donne une idée de ce que Bach aurait pu faire dans le domaine lyrique s'il avait jamais composé un opéra. Bach a parodié cet air dans sa messe BWV234.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
4.0 étoiles sur 5 Une expression un peu discrète, 2 septembre 2010
Par 
Pèire Cotó (Occitània) - Voir tous mes commentaires
(TOP 50 COMMENTATEURS)   
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Cantates sacrées vol.18 BWV 66, 134, 67 (CD)
Chaque disque de cantates par Masaaki Suzuki pourrait appeler les mêmes commentaires, tant la qualité, bonne, est constante et le style régulier, le chef ayant approfondi ses conceptions et s'y tenant. Est-ce à dire que l'enthousiasme soit toujours au rendez-vous pour l'auditeur ? J'essaierai d'être nuancé.

Suzuki occupe toujours une position centriste parmi les chefs, centriste de fait parce que rien ne manifeste une volonté de rester dans le juste milieu. Aérien et refusant d'appuyer, de pousser les nuances, d'articuler de façon marquée, Suzuki est à l'image de son maître Koopman et s'oppose à ce qui est maintenant la vieille école de l'intégrale Teldec, Harnoncourt et Leonhardt, dont on constate, je le dis à l'occasion, que leurs ressemblances l'emportent sur leurs différences, comparés aux interprètes plus récents, et dont le style était bien plus véhément. De fait, si l'engagement de Suzuki est réel, il s'exprime de façon parfois un peu discrète à mon goût, tout en évitant l'hédonisme décoratif qui marque certains disques de Koopman et la neutralité qu'on regrette souvent chez Gardiner et chez d'autres. Sans avoir l'ascétisme de Herreweghe (pour schématiser), Suzuki n'a pas l'humeur joyeuse de Junghänel, Fasolis ou Koopman. Pour ce qui est des tempi, ils sont légèrement plus rapides que chez Teldec, sans atteindre la vélocité de ceux déjà cités. Les choeurs sont moins nombreux qu'avec Harnoncourt et Leonhardt, déjà moins massifs que Richter ou Ramin, mais Suzuki n'a pas adopté le principe d'une voix par partie. Suzuki apporte beaucoup de soin au choix de ses solistes mais le niveau actuel est ce qu'il est, le déclin est réel malgré la maîtrise du style baroque et je suis par exemple moyennement enthousiasmé par le contre-ténor Robin Blaze; sur ce plan là, c'était plutôt mieux chez Teldec, malgré la tolérance de Leonhardt pour certaines voix bien ingrates. Suzuki n'utilise plus des sopranos petits garçons, mais on garde les altos masculins, alors que d'autres se montrent maintenant aussi... féministes que Richter ou Münchinger. La démonstration suffit-elle ? Toutefois la perfection des détails et la justesse des instruments et des solistes sont au dessus du lot et sur ce point Suzuki est peut-être le premier.

En général, Suzuki, tout fiable qu'il soit, n'entraîne pas mon enthousiasme sans que j'ai grand chose à critiquer. Je préfère pour telle ou telle cantate une interprétation aux caractères plus marqués, qui a plus de personnalité. Pour qui veut l'intégrale des cantates, ce serait bien de les avoir en kit : parfois Harnoncourt et Leonhardt, parfois Koopman, Junghänel, etc, même si Suzuki résume tout le monde, mais il est plus enrichissant d'avoir plusieurs conceptions, plusieurs styles. Dans les conventions d'Amazon, je n'ai jamais envie de descendre sous les quatre étoiles mais je peux hésiter devant les cinq; 4,5 serait l'idéal. Comme j'ai donné cinq étoiles l'autre jour, j'en mets quatre aujourd'hui, ça fera une moyenne. Un autre jour, avec un autre état d'esprit, j'aurais mis cinq étoiles, mais peu importe.

Pour ces cantates 66, 134 et 67, j'ai comparé numéro par numéro avec Leonhardt, plus Koopman pour la 67. Un autre aurait eu une opinion différente, mais le plus souvent pour moi Suzuki est deuxième sur deux ou troisième sur trois. Prenons l'exemple de la 66.

Dans le choeur initial, il y a plus de joie avec Leonhardt, ce qui correspond au texte; en revanche plus de justesse avec Suzuki. Le premier récital est plus expressif par Van Egmond que par Kooij. Si l'aria de basse est plus lent chez Leonhardt, il a plus de charme et d'expression, une articulation plus marquée, moins de neutralité, ce que je préfère. Victoire enfin pour Suzuki dans le n° 4, mais de justesse : le ténor Makoto Sakurada a une sorte d'innocence qui m'a plu. Dans l'aria en duetto n° 5, l'introduction instrumentale séduit chez Suzuki, mais le tempo plus lent de Leonhardt permet plus de nuances et de charme. Le choeur final, rapide et décidé, me fait conclure par une préférence nette accordée à Leonhardt. En gros, c'est du 5 à 1, car la version Leonhardt est plus épanouie.
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